dimanche 30 septembre 2012

Francophonie: Risquer de…

Risquer de… Risquer de (et infinitif), est l’une des expressions dont raffolent les Congolais, mais, malheureusement qu’ils utilisent très mal. Le verbe ‘’risquer de’’ (+ un infinitif) veut dire « courir le risque de », « s’exposer » ou « être exposé à », « courir un péril, un hasard, un aléa, qui peuvent comporter des conséquences malheureuses ». Exemple : Risquer de tout perdre en voulant tout gagner. Pour un événement présumé heureux, on emploie la locution avoir des chances de… Alors, après toutes ces explications, je vous invite à réfléchir sur cet exemple : « Si tu démissionnes, je risque d’être nommé ministre de l’Information ». Question : entre la personne qui va démissionner et celle qui pourra être nommé ministre de l’Information, qui est censé courir un risque ? Réponse : la personne qui va démissionner. Une autre question : Alors, pourquoi, la personne qui est censée être nommé ministre de l’Information peut-il courir un risque ? Donc, au lieu d’écrire : …je risque d’être nommé ministre de l’Information, il faut plutôt dire : « j’ai des chances d’être nommé ministre de l’Information ». Car, entre nous, devenir (être nommé) ministre, est une bonne chose derrière laquelle courent bon nombre de personnes ! Améliorons notre parler et notre écriture, car nous risquons d’être pris pour de faux francophones ! Kléber Kungu

Des témoins du procès Germain Katanga placés sous l’autorité de la justice néerlandaise

Cour pénale internationale Des témoins du procès Germain Katanga placés sous l’autorité de la justice néerlandaise Trois témoins congolais du procès Germain Katanga à la Cour pénale internationale (CPI) ont été placés sous l’autorité de la justice néerlandaise. Après leurs témoignages, ces témoins avaient demandé l’asile politique aux Pays-Bas, disant craindre pour leur sécurité s’ils retournaient en RDC. Il s’agit de Pierre Mbodina, Floribert Njabu et Charif Mbanda. Pierre Mbodina, Floribert Njabu et Charif Mbanda motivaient leur crainte du fait que, dans leurs déclarations, ils avaient pointé du doigt la responsabilité du gouvernement congolais dans les crimes commis dans l’Est de la RDC. Depuis plusieurs mois, les trois Congolais demandaient à être placés sous l’autorité de la justice néerlandaise pour faire valoir leur droit concernant leur demande d’asile. Les trois Congolais avaient été appelés à déposer dans le procès de Germain Katanga en 2011. Aujourd’hui, Pierre Mbodina, Floribert Njabu et Charif Mbanda font notamment valoir que, suite à leur déposition devant la Cour pénale internationale, leur sécurité ne peut plus être assurée. Selon eux, c’est notamment parce qu’au cours de leurs témoignages, ils avaient clairement pointé la responsabilité des autorités de Kinshasa dans les crimes commis à l’Est du pays. Dans un premier temps, les autorités néerlandaises avaient estimé que l’affaire n’était pas de leur ressort puisque ces témoins étaient venus déposer pour la CPI. La Haye affirmait donc que les trois hommes devaient être renvoyés à Kinshasa, mais les juges néerlandais en ont décidé autrement, estimant que cette procédure d’asile peut être traitée par la justice néerlandaise. La décision rendue cette semaine est une nouvelle étape, mais les juges doivent d’abord décider si les trois hommes peuvent, ou non, obtenir l’asile. Les autorités néerlandaises, comme les responsables de la CPI, craignent qu’une réponse positive incite d’autres témoins à demander à leur tour l’asile aux Pays-Bas. Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo Chui sont deux anciens chefs de guerre congolais accusés de sept chefs d’accusation de crimes de guerre (utilisation d’enfants de moins de quinze ans pour prendre une part active à des hostilités, attaques dirigée contre des civils, homicide volontaire, destruction de propriété, pillage, esclavage sexuel, et viol) et trois chefs d’accusation de crimes contre l’humanité (meurtre, viol, et esclavage sexuel) qui auraient été commis à Bogoro, village de la province de l’Ituri à l’est de la RDC, de janvier à mars 2003. Germain Katanga a été arrêté le 10 mars 2005 et détenu par les autorités congolais dans le cadre d’un autre incident. Il était encore détenu sans charge lorsque la Cour pénale internationale (CPI) a lancé un mandat d’arrêt contre lui et il a ainsi été directement livré à la Cour le 17 octobre 2007. Mathieu Ngudjolo Chui a été arrêté le 3 février 2008 avant d’être le 7 février 2008. Le procès des chefs de guerre congolais Germain Katanga, présumé commandant de la milice des Forces de résistance patriotique en Ituri (FRPI), et Mathieu Ngudjolo Chui, présumé ancien dirigeant de la milice du Front des nationalistes et intégrationnistes (FNI), s’est ouvert le 24 novembre 2009. Il a été décidé que les deux accusés seraient jugés conjointement car ils faisaient face aux mêmes charges de crimes et crimes contre l’humanité en rapport avec la même attaque contre le village de Bogoro, district de l’Ituri, en Province Orientale. Thomas Lubanga, chef de la milice Hema Union des patriotes congolais (UPC), transféré à la CPI en mars 2006, avait été condamné le 10 juillet dernier à 14 ans de prison, après avoir été reconnu coupable de crimes de guerre pour avoir utilisé des enfants soldats de moins de quinze ans et de les avoir fait participer activement à des hostilités dans les rangs de sa milice lors de la guerre civile en Ituri entre 2002 et 2003. C’est le juge Adrian Fulford qui a annoncé ce verdict lors d’une audience publique à la Haye. Il a précisé que le temps passé en détention provisoire par Thomas Lubanga depuis 2006 sera déduit de cette peine. Donc, Thomas Lubanga Dyilo ne fera que 8 ans de prison. Ce verdict est le premier prononcé par la CPI depuis sa création en 2002. Lors de son plaidoyer, le procureur de la CPI, Louis Moreno Ocampo, en retraite aujourd’hui, avait requis trente ans de prison contre Thomas Lubanga. La CPI a depuis lors lancé deux mandats d’arrêt contre un autre chef militaire Hema, Bosco Ntaganda, qui reste toujours en fuite. On estime que le conflit de l’Ituri a causé la mort d’au moins 50.000 personnes et le déplacement de centaines de milliers de civils. Il reste encore une certaine violence de basse intensité en Ituri jusqu’à ce jour, en partie due à l’activisme de groupes armés étrangers dans la province. Kléber Kungu

Adolphe Onusumba condamné à 12 mois de prison et 100 000 USD d’amende

Accusé de viol sur mineure Adolphe Onusumba condamné à 12 mois de prison et 100 000 USD d’amende Le verdict est tombé sur l’affaire Onusumba accusé de viol sur mineure. Le député national Adolphe Onusumba a été condamné à 12 mois de prison ferme et au paiement de 100 000 dollars américains d’amende pour viol. C’est ce verdict que la Cour suprême de justice (CSJ) a rendu vendredi 28 septembre à Kinshasa au terme d’une audience de flagrance. Les juges ont finalement établi, en droit et en fait, une infraction de viol à l’issue de cinq audiences émaillées de débats houleux et contradictions entre le Procureur général de la République (PGR), la défense et le conseil de la victime. Auparavant, le Procureur général de la République, Flory Kabange Numbi, avait requis une peine maximale de 20 ans et une amende de 108 dollars américains contre l’élu de Lodja. Adolphe Onusumba a bénéficié des circonstances atténuantes, qui ont réduit sa peine à une année d’emprisonnement. L’avocat de la victime a regretté une occasion ratée de « faire un exemple » à l’intention de ceux qu’il qualifie de « prédateurs », selon radiookapi.net. « Le ministère public a requis 20 ans, mais la Cour a décidé 12 mois. Donc, nous ne sommes pas vraiment satisfait par rapport à ce volet parce qu’il aurait fallu que cela serve d’exemple aux autres prédateurs. Nous allons saisir le Tribunal de grande instance pour les dommages-intérêts de la fille car elle a été abusée sexuellement », a-t-il affirmé. Du côté de la défense, l’on est plutôt résigné en acceptant le verdict, estimant que la Cour a rendu son verdict en toute souveraineté. Mi-figue mi-raisin, les avocats de la défense s’inclinent devant le verdict de la Cour. Adolphe Onusumba avait été arrêté en flagrance par la police dimanche 23 septembre soir dans un hôtel de la place. Ainsi condamné, c’est-à-dire reconnu coupable de viol sur mineure, Adolphe Onusumba perd ainsi son mandat de député national. Le PGR requiert 20 ans de prison Le procureur général de la République a requis 20 ans de prison et 100 000 francs congolais (108 dollars américains) d’amende contre le député national Adolphe Onusumba, au terme d’un réquisitoire prononcé à l’audience de jeudi 27 septembre à la Cour suprême de justice. Adolphe Onusumba est jugé pour viol sur mineure. Le conseil de la victime présumée a appuyé ce réquisitoire. Le ministère public établissait ainsi en fait et en droit le viol sur Mlle Mireille, la victime présumée, est bel et bien établi. Mais il a par ailleurs reconnu la persistance du doute sur l’âge exact de la jeune fille, qui ne dispose d’aucune pièce d’identité. La photocopie de la carte électeur de la victime, présentée par l’accusé, et censée provenir de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) donnait à la victime prétendue l’âge de 19 ans. Ce que le PGR a attaqué en estimant qu’Adolphe Onusumba avait frauduleusement obtenu ce document, étant donné que les informations sur les électeurs restaient discrètes et personne ne pouvait, par conséquent, y accéder. La mère de victime présumée, de son côté, avait d’abord affirmé que sa fille est née en 1995, donc qu’elle avait 17 ans, avant de se dédire en parlant de 1993, confirmant les dires de l’accusé. Tous ces écueils n’ont pas empêché le Procureur général de la République de qualifier l’acte sexuel d’« illicite et illégal » par lequel le prévenu a, selon lui, exercé une ascendance psychologique sur la fille. Celle-ci a affirmé, en outre, avoir été déflorée par l’accusé en 2007, alors qu’elle n’avait que 14 ans. Adolphe Onusumba a plaidé non coupable, arguant que c’était lui qui était sexuellement harcelé par la victime présumée. A supposer que cela se soit passé ainsi, pourquoi, devrait-on se demander, M. Onusumba, député national de surcroît, et considéré comme parent de la Mireille pour l’avoir fait déplacer de son village pour Kinshasa et pris en charge sa scolarisation, n’avait-il pas refusé les avances de sa protégée ? La salle d’audience, a-t-on appris, était remplie de partisans du député Adolphe Onosumba, dont des collègues députés et des militants de son parti, l’Union des Congolais pour le progrès. Selon le secrétaire général de ce parti, Bienvenu Akilimali Mungaga, le procureur général de la République n’ayant pas prouvé la minorité de la fille, on ne peut pas parler de viol sur mineure. Une salle qui s’est posé mille et une questions sur la véracité de certaines déclarations et pièces produites par l’accusé. Comment est-ce qu’une fille de 17 ans peut avoir décroché un diplôme d’Etat et détenir une carte d’électeur que la CENI a délivrée en 2011 ? Onusumba, ancien ministre de la Défense Ancien président du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) et ancien ministre de la Défense durant la période de transition dite 1+4, Adolphe Onusumba Yemba est né en 1965 dans la province du Kasaï oriental. Il y a vécu toute son enfance dans l'environnement d'une mission méthodiste à Oyembo Nyama, où il a suivi les cours des missionnaires et leur enseignement religieux. Il va poursuivre ses études secondaires à Kananga (Kasaï occidental) et choisit la médecine par vocation. Il choisit d’aller étudier à Kisangani, chef-lieu de la Province Orientale où vivait sa sœur plutôt qu'à Kinshasa. En avril 1990, il participe au mouvement étudiant qui a commencé à Kisangani au moment de la Conférence nationale souveraine. A cause des troubles, le gouvernement ferme l'Université et rapatrie les étudiants dans leur famille. Comme il voulait devenir médecin, il part pour Lubumbashi finir ses études. Comme beaucoup de ses compatriotes, son diplôme en poche, Adolphe Onusumba se rend en Afrique du Sud pour exercer sa profession. Admis à l'ordre des médecins en 1996, il exerce à Spring une petite banlieue de Johannesburg, après avoir passé un an dans les townships. La deuxième guerre de libération en RDC du 2 août 1998 contre le régime de Kabila va le surprendre au pays de Mandela. C’est là qu’il va décider de rallier le mouvement rebelle et se retrouve à Goma, le quartier général du RCD en avril 1999. Inconnu des milieux politiques congolais, ignoré par le principal allié du RCD, le Rwanda, il vit quelques temps à Goma, sans poste. Agé de 34 ans, marié à une Kasaïenne selon la coutume (sa femme vit en Afrique du Sud après avoir fui Kinshasa), il se retrouve dans un camp militaire rwandais avec 250 autres aspirants officiers rebelles congolais pendant huit mois. Après sa formation "politico-militaire", à Kigali, au Rwanda, Adolphe Onusumba, un grand gaillard de 1,90 m aux allures de boxeur, est nommé vice-gouverneur du Kasaï, aux côtés du défunt général Célestin Ilunga, avant de remplacer Alexis Ntambwe Mwamba à la tête du département des Relations extérieures du RCD. Le président du RCD, le Dr Adolphe Onusumba Yemba, révoqué mardi 16 juin 2003 à l’issue d’une réunion du collège des Fondateurs, sera remplacé par Me Ruberwa Azarias Manywa. Adolphe Onusumba condamné, même à une peine que la conscience vertueuse juge peu exemplaire compte tenu de la faute commise, et par rapport au verdict requis par le PGR, il y a lieu, pour celles des personnalités qui aiment qu’on les affuble des titres ronflants comme ‘’Excellence’’ ou ‘’ honorables’’ de réfléchir désormais avant de poser un quelconque acte. Quelle honte lorsque l’opinion se rend compte que certains de ses dirigeants n’ont rien d’excellent ni d’honorable dans leur comportement quotidien. Depuis des lustres, leur immunité et l’impunité dont elles jouissaient leur permettaient de se comporter comme elles entendaient, sans aucune inquiétude, estimant qu’elles se trouvaient au-dessus de la loi. Maintenant, tout Congolais est convaincu que le cas Onusumba va certainement servir de leçon aux autres prédateurs qui courent encore et qui se disent que la justice est loin d’être leur affaire…Pour qu’il se dise que la justice congolaise est en train de tourner la page sombre d’impunité en faveur des forts. Kléber Kungu

jeudi 27 septembre 2012

GKV TV de Mbanza-Ngungu fermé, sommé de payer…15 000 dollars

Ainsi en a décidé le ministère des Médias GKV TV de Mbanza-Ngungu fermé, sommé de payer…15 000 dollars C’est depuis le mercredi 26 septembre que la chaîne de télévision Global Kin Video Network Television (GKV) installée à Mbanza-Ngungu, dans la province du Bas-Congo, n’émet plus. Elle a été contrainte de fermer. La balle empoisonnée et enflammée qui a atteint ce média en plein cœur, se nomme la lettre n° 046.3/DIVI.P. MED.RP.INC/BC/0130/2012 du 20 septembre 2012. Elle porte la signature du chef de Division provinciale du ministère des Médias, Relation avec le Parlement et Initiation à la Nouvelle citoyenneté, François Mukiadi Mfumu-a-Nanga. La télé des habitants de Mbanza-Ngungu est sommée de payer…15 000 dollars américains endéans les 3 mois. Oui, ainsi que nous l’avons annoncé dans notre édition du jeudi 27 septembre, la nouvelle de la fermeture de ce média, le seul dans ce district, qui fait la fierté et même l’orgueil de ses habitants, a fait l’effet d’une nouvelle de mort. Oui, pour ses nombreux téléspectateurs, GKV TV vient d’être assassiné. L’Etat congolais vient de bâillonné la seule voix qui était capable d’informer la région, de former et éduquer une jeunesse qui, en manque de repère, ne savait plus à quelles autorités s’adresser. Il ne peut plus émettre pendant 3 mois. En dépit de toute la volonté et la détermination du numéro un du district des Cataractes, la sanction de la Division provinciale du puissant ministère des Médias, Relation avec le Parlement et Initiation à la Nouvelle citoyenneté. « Eduquer la population du Bas-Congo par la télévision, l'informer et la former objectivement, tel était le combat au quotidien de l’initiateur de ce média qui y a investi tous ses avoirs. Aujourd’hui, José Mambwini est inconsolable à l’idée de ne plus être utile à ses frères et sœurs des Cataractes. Avec GKV TV, une chaine de télévision communautaire, cet enseignant a cru redonner vie et espoir à la jeunesse du Bas-Congo. En créant une chaîne de télévision dans le Bas-Congo, en pleine brousse de Mbanza-Ngungu, ce digne fils du pays, a cru contribuer à lutter contre l'analphabétisme et l'ignorance. Ainsi comme il l’avoue lui-même, avec ce mail qu’il a fait parvenir à la rédaction pour exprimer sa tristesse, son abattement moral, sa mort dans l’âme. "J'ai voulu aider un peuple, celui du Bas-Congo quotidiennement gagné par l'ignorance de ce qui se passe dans le monde; j'ai voulu aider une jeunesse déscolarisée, j'ai voulu aider les mamans analphabètes, j'ai voulu aider ces jeunes filles que la société a marginalisées… ». Oui, la volonté désintéressée de José Mambwini vient d’être étouffée car, se demande-t-il, où sa télévision pourra trouver ces 15 000 dollars dans 3 mois, alors que « cette chaine communautaire n’encaisse même pas 100 euros par jour... » ? A l’origine, le dernier séjour à Mbanza-Ngungu Daniel Mukoko Samba Selon une source proche de la direction de GKV TV, la chaîne de télévision bâillonnée serait en train de subir les conséquences du courroux du vice-Premier ministre et ministre du Budget, Daniel Mukoko Samba. Lors de son dernier séjour dans cette région, il aurait déboursé 10 000 dollars pour son séjour. Mécontent de n’avoir reçu (perçu) aucun dividende de cette manne – car Daniel Mukoko Samba aurait remis cette somme à ses services – oubliant les autorités locales, le chargé de communication du district des Cataractes, un certain Jeamy, pour exprimer son mécontentement, aurait utilisé GKV TV pour fustiger ce comportement. Il aurait poussé plus loin son outrecuidance en faisant des leçons à Daniel Mukoko Samba, selon lesquelles à la prochaine occasion qu’il aura à se rendre dans le district, il devra apprendre à se servir des autorités locales… Informé de cette situation par ses hommes de Mbanza-Ngungu, Daniel Mukoko n’aurait pas digéré un tel écart de langage de la part des autorités du district. Et ce qui devait arriver, va arriver. C’est le média à travers lequel l’outrecuidant Jeamy a eu à vomir sa colère qui devait subir les conséquences. 75 000 dollars en 2011 Il y a une année, GKV TV avait subi la même menace. La chaîne avait été sommée de fermer 24 heures après la fin de l’essai technique, car elle était obligée de payer… 69 226 000 FC, soit 75 000 dollars américains de taxe pour l’exercice 2011 à la Division provinciale des postes, téléphones et télécommunications du Bas-Congo. Cette décision émanait du chef de cette Division par sa note n° DP/PTT/BC/01/021/2011 du 9 juin. A l’époque, la population de Mbanza-Ngungu avait accueilli cette nouvelle comme une bombe. Elle avait jeté un émoi glacial auprès de nombreux téléspectateurs, particulièrement des Ngungois qui menaçaient de manifester contre cette décision qu’ils avaient qualifiée d’inique. Le personnel de GKV TV reste étonné de la manière dont son média a été fermé. Souvent, une telle mesure est précédée d’un avertissement ou d’une sommation de nature à permettre à la chaine de se préparer. Mais curieusement, la mesure est tombée sans crier gare, surprenant tout le monde, surtout les téléspectateurs qui ne peuvent plus vivre sans leur chaîne de télévision. Découragé, abattu, presque au bord de la dépression, José Mambwini nous a fait parvenir un courriel qui en dit long. Le choc consécutif à la fermeture de sa chaîne de télévision dans laquelle il a investi tout son avoir d’enseignant, est tel qu’il a décidé de la vendre…Ce dont les nombreux téléspectateurs du district des Cataractes, des étudiants des universités de la cité de Mbanza-Ngungu, en particulier, ne veulent pas entendre parler. Aussi des messages d’encouragements ne cessent de lui parvenir pour le soutenir dans ces moments très éprouvants. Kléber Kungu

Francophonie : Dommages et intérêts

Dommages et intérêts Que de fois avons-nous déjà entendu prononcer ou écrire, par exemple, ceci : « La victime a exigé le versement des « dommages et intérêts » importants pour le préjudice que cette affaire lui a causé… », sans que nous nous rendions compte que l’auteur a commis une faute très grave. Une faute grave ? Oui, elle est grave bien que ce soit un petit mot – de deux lettres seulement !- de trop qui est à la base de cette faute. C’est la conjonction ‘’et’’. Explication : on ne dit pas « dommages et intérêts », quoi que l’usage quotidien et fréquent nous pousse à croire au caractère correct de ce mot juridique. On dit plutôt ‘’dommage-intérêts. Car le sens de ce mot est : des intérêts (versés à la victime) pour les dommages (qui lui ont été causés). Il est par conséquent très absurde de penser qu’à la victime on doit verser à la fois des intérêts et des dommages. Donc, les dommages-intérêts - mot souvent utilisé au pluriel - représentent une somme d’argent due par le débiteur et destinée à réparer le dommage subi par le créancier en raison de l’inexécution, de la mauvaise exécution ou de l’exécution tardive d’une obligation. A bon entendeur, salut. Mais si cela continue, les Français, lassés, arriveront un jour à exiger de ceux qui massacrent leur langue des dommages-intérêts pour le préjudice qu’ils lui (à cette langue) font subir. Kléber Kungu

mercredi 26 septembre 2012

Le Rodhécic souhaite l’installation d’une plénière au sein de la Céni

Restructuration de la Commission électorale nationale indépendante
L’idée de la restructuration de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) a été accueillie avec beaucoup de satisfaction par la majorité des Congolais et des ONG de droits humains, dont le Rodhécic (Réseau d’organisation des droits humains et d’éducation civique d’inspiration chrétienne en République démocratique du Congo).Celui-ci a « accueilli avec satisfaction les pas posés en vue de l’amélioration de l’organisation des élections… » Mais comme un chat échaudé par la malheureuse expérience des élections de 2011, le Rodhécic, par la voix de son secrétaire exécutif, Jean-Baptiste Ndundu, propose quelques suggestions, dont la plus importante, doter la Céni d’une plénière et d’un bureau pour permettre un contrôle ou une surveillance. Dans une conférence de presse tenue le mercredi 26 septembre au siège de cette ONG, dans la commune de Lingwala, Jean-Baptiste Ndundu a salué l’annonce par le gouvernement du projet de loi sur la restructuration de la Céni et l’étude par l’Assemblée nationale de cette question au cours de sa session de septembre ouverte le 15 septembre. Cependant, les expériences malheureuses du scrutin de novembre 2011 a mis le Rodhécic sur ses gardes en devenant très précautionneux, d’autant plus que « ces actes constituent des avancées significatives en vue d’une restructuration rapide de la Céni dans un contexte de guerre et d’organisation du XIVe sommet de la Francophonie ». Aussi a-t-il appelé tous les acteurs impliqués dans le processus de reformulation de la loi sur la Céni, en particulier les députés nationaux et les sénateurs à s’investir pleinement et sérieusement sur les modifications à apporter à cette loi en vue d’assurer la dignité de la RDC et la respectabilité des Congolais dans le choix de leurs dirigeants. Il en outre suggéré que la Céni soit constituée de deux organes, la plénière et le bureau aussi bien pour réduire sa forte politisation que pour faciliter le contrôle interne de la Céni. « Le Rodhécic, a insisté J.-B. Ndundu, souhaite qu’il y ait un deuxième organe, la plénière, en plus du bureau, pour atténuer la politisation de la Céni », ajoutant que ce n’est pas le fait qu’il n’ y ait que 11 membres qui a dérangé la Céni, mais le fait qu’il n’ y ait pas un 2ème organe – la plénière – qui aura pour mission le contrôle interne de la Céni. Montrant le danger de la politisation de la CEI entre 2003 et 2006, il a souligné le fait que la plénière a existé au temps de l’ex- CEI, mais qu’elle avait été étouffée par la forte politisation. Et qu’aujourd’hui, ce sont les spécialistes de la Céni qui sont les plus farouchement opposés à la plénière. Conséquence : aujourd’hui, la crédibilité des élus est remise en cause en raison de l’absence de la plénière, donc du contrôle. Une Céni pléthorique ? Quant à la composition de la plénière, le Rodhécic souhaite qu’elle comporte 21 membres, à raison de 14 membres désignés par les forces politiques suivant la proportionnalité des résultats des élections de 2011 et 7 membres désignés par la société civile en respectant la parité homme-femme. Lorsqu’on lui demande si de 7 membres de la Céni, le Rodhécic souhaite en avoir une vingtaine, qu’il ne craigne pas une inestitution pléthorique, M. Ndundu répond qu’il n’y a aucune crainte à ce sujet car la Céni souffre d’un problème de contrôle sur le management. Ce qui nécessite la mise en place des mécanismes de surveillance pour éviter les erreurs et les défaillances de 2011. Il a souligné que l’organisation des élections reste une affaire collective et non d’un seul individu. En conclusion, il faut un nombre suffisant pour permettre l’expression de toute la population. L’élargissement du nombre des membres permet ou favorise le bon fonctionnement de la Céni. Dans tous les cas, quelles que soient personnes ou quel qu’en soit le nombre, on ne peut pas oublier le contrôle pour la bonne gouvernance, a conclu le secrétaire exécutif du Rodhécic. Le Rodhécic souhaite en plus que les membres du bureau de la Céni soient désignés par les membres de la plénière. Cependant, précise-t-il, les choix politiques devront protéger l’expertise congolaise acquise dans la gestion des élections en RDC. Quant aux critères sur la base desquels seront choisis les membres de la société civile, J.-B. Ndundu a déclaré que l’indépendance et l’impartialité sont les plus en vue, estimant que la société civile dispose quand des personnes capables de relever ce défi. Mais pour une société civile plurielle, qui prendre, qui ne pas prendre, pour éviter des déchirements? Pour Jean-Baptiste Ndundu, il n’ y a aucun risque de déchirements entre les ONG de la société civile à craindre car celles-ci savent dialoguer entre elles. L’incorporation au sein de la Céni des membres de la société civile est de nature à montrer que la Céni n’est pas une institution politique, mais une institution citoyenne. Ce qui aura pour avantage de lui procurer la crédibilité et la confiance de la population. Kléber Kungu

Francophonie : Au revoir

Au revoir Au revoir est une locution interjective qui s’écrit en deux mots. Mais nous nous permettons parfois, pour certains, et souvent, pour d’autres, en un seul mot. Une grosse faute, pas même une erreur. Cette locution s’utilise pour prendre généralement congé de quelqu’un. Etymologiquement, elle vient du verbe revoir qui était couramment utilisé en ancien français avec une valeur substantive. Selon certains puristes en matière de langue, la locution semble ainsi être la contraction de adieu jusqu’au revoir. Elle pourrait également être la contraction de au plaisir de vous revoir, mais cette hypothèse ne semble pas avérée. Au revoir et à demain. Kléber Kungu
Restructuration de la Commission électorale nationale indépendante Le Rodhécic souhaite l’installation d’une plénière au sein de la Céni L’idée de la restructuration de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) a été accueillie avec beaucoup de satisfaction par la majorité des Congolais et des ONG de droits humains, dont le Rodhécic (Réseau d’organisation des droits humains et d’éducation civique d’inspiration chrétienne en République démocratique du Congo).Celui-ci a « accueilli avec satisfaction les pas posés en vue de l’amélioration de l’organisation des élections… » Mais comme un chat échaudé par la malheureuse expérience des élections de 2011, le Rodhécic, par la voix de son secrétaire exécutif, Jean-Baptiste Ndundu, propose quelques suggestions, dont la plus importante, doter la Céni d’une plénière et d’un bureau pour permettre un contrôle ou une surveillance. Dans une conférence de presse tenue le mercredi 26 septembre au siège de cette ONG, dans la commune de Lingwala, Jean-Baptiste Ndundu a salué l’annonce par le gouvernement du projet de loi sur la restructuration de la Céni et l’étude par l’Assemblée nationale de cette question au cours de sa session de septembre ouverte le 15 septembre. Cependant, les expériences malheureuses du scrutin de novembre 2011 a mis le Rodhécic sur ses gardes en devenant très précautionneux, d’autant plus que « ces actes constituent des avancées significatives en vue d’une restructuration rapide de la Céni dans un contexte de guerre et d’organisation du XIVe sommet de la Francophonie ». Aussi a-t-il appelé tous les acteurs impliqués dans le processus de reformulation de la loi sur la Céni, en particulier les députés nationaux et les sénateurs à s’investir pleinement et sérieusement sur les modifications à apporter à cette loi en vue d’assurer la dignité de la RDC et la respectabilité des Congolais dans le choix de leurs dirigeants. Il en outre suggéré que la Céni soit constituée de deux organes, la plénière et le bureau aussi bien pour réduire sa forte politisation que pour faciliter le contrôle interne de la Céni. « Le Rodhécic, a insisté J.-B. Ndundu, souhaite qu’il y ait un deuxième organe, la plénière, en plus du bureau, pour atténuer la politisation de la Céni », ajoutant que ce n’est pas le fait qu’il n’ y ait que 11 membres qui a dérangé la Céni, mais le fait qu’il n’ y ait pas un 2ème organe – la plénière – qui aura pour mission le contrôle interne de la Céni. Montrant le danger de la politisation de la CEI entre 2003 et 2006, il a souligné le fait que la plénière a existé au temps de l’ex- CEI, mais qu’elle avait été étouffée par la forte politisation. Et qu’aujourd’hui, ce sont les spécialistes de la Céni qui sont les plus farouchement opposés à la plénière. Conséquence : aujourd’hui, la crédibilité des élus est remise en cause en raison de l’absence de la plénière, donc du contrôle. Une Céni pléthorique ? Quant à la composition de la plénière, le Rodhécic souhaite qu’elle comporte 21 membres, à raison de 14 membres désignés par les forces politiques suivant la proportionnalité des résultats des élections de 2011 et 7 membres désignés par la société civile en respectant la parité homme-femme. Lorsqu’on lui demande si de 7 membres de la Céni, le Rodhécic souhaite en avoir une vingtaine, qu’il ne craigne pas une inestitution pléthorique, M. Ndundu répond qu’il n’y a aucune crainte à ce sujet car la Céni souffre d’un problème de contrôle sur le management. Ce qui nécessite la mise en place des mécanismes de surveillance pour éviter les erreurs et les défaillances de 2011. Il a souligné que l’organisation des élections reste une affaire collective et non d’un seul individu. En conclusion, il faut un nombre suffisant pour permettre l’expression de toute la population. L’élargissement du nombre des membres permet ou favorise le bon fonctionnement de la Céni. Dans tous les cas, quelles que soient personnes ou quel qu’en soit le nombre, on ne peut pas oublier le contrôle pour la bonne gouvernance, a conclu le secrétaire exécutif du Rodhécic. Le Rodhécic souhaite en plus que les membres du bureau de la Céni soient désignés par les membres de la plénière. Cependant, précise-t-il, les choix politiques devront protéger l’expertise congolaise acquise dans la gestion des élections en RDC. Quant aux critères sur la base desquels seront choisis les membres de la société civile, J.-B. Ndundu a déclaré que l’indépendance et l’impartialité sont les plus en vue, estimant que la société civile dispose quand des personnes capables de relever ce défi. Mais pour une société civile plurielle, qui prendre, qui ne pas prendre, pour éviter des déchirements? Pour Jean-Baptiste Ndundu, il n’ y a aucun risque de déchirements entre les ONG de la société civile à craindre car celles-ci savent dialoguer entre elles. L’incorporation au sein de la Céni des membres de la société civile est de nature à montrer que la Céni n’est pas une institution politique, mais une institution citoyenne. Ce qui aura pour avantage de lui procurer la crédibilité et la confiance de la population. Kléber Kungu

GKV TV fermé, la voix de Mbanza-Ngungu bâillonnée !

Tout Cataractes en ‘’deuil GKV TV fermé, la voix de Mbanza-Ngungu bâillonnée ! Ceux qui ont toujours cherché du mal de la population de Mbanza-Ngungu, en particulier, du district des Cataractes en général, sont en voie de réussir leur dessein funeste. Celle de bâillonner la seule voix du district des Cataractes, œuvre d’un enseignant, José Mambwini ! Les nouvelles qui nous sont parvenues de Mbanza-Ngungu, chef-lieu du district des Cataractes, alors que nous bouclions cette édition, sont aussi fort décourageantes qu’étonnantes. La chaîne de télévision GKV TV (Global Kongo Vision Network Television) vient d’être interdite d’émettre pendant…trois mois. Raison : la chaîne de télévision de José Mambwini est sommée de payer…75 000 dollars américains au titre des redevances (taxes) à la Division provinciale des postes, téléphones et télécommunications du Bas-Congo. Un vieux dossier de 2011 qui vient d’être exhumé une année après. Donc, une année plus tard, le dossier vient d’être exhumé. Comme en 2011, la nouvelle est tombée comme celle annonçant la mort d’un parent de premier degré. Tout Mbanza-Ngungu est émoi à l’annonce de cette triste nouvelle. Entre temps, la direction de la chaîne de télévision, la seule dans le Cataractes, est en pourparlers avec le commissaire de district des Cataractes au moment où nous bouclions cette édition. Nous reviendrons sur ce dossier avec force détails dans notre édition de vendredi 28 septembre… Kléber Kungu

mardi 25 septembre 2012

Francophonie : A dieu, Coco Tande : la presse congolaise te pleurent.

A dieu, Coco Tande : la presse congolaise te pleurent. « A dieu, Coco Tande : la presse congolaise te pleurent », c’est une information en boucle que je suis un jour sur CNTV. Ma réaction ne tarde pas : le français est en péril. Le péril est tel que ceux qui sont considérés par l’opinion comme les détenteurs de la connaissance et de la maîtrise de la langue de Voltaire se complaisent à l’enterrer à petit feu par des massacres à grande échelle. Voyons comment cette courte phrase a été massacrée. Premièrement, le mot « adieu » que nous aimons prononcer ou écrire à l’occasion du décès d’un parent, un ami ou une connaissance, s’écrit toujours en un seul mot. En l’écrivant en deux mots « A dieu », mes confrères ont certainement pensé que ce mot s’écrit en deux mots car, en le prononçant, on s’adresse à une personne qui s’en va à Dieu… Adieu est un terme de civilité et d’amitié dont on se sert en prenant congé de quelqu’un qu'on ne reverra plus pendant une longue période, si ce n'est jamais. Deuxièmement, « … te pleurent ». Quelle monstruosité que l’accord fait au verbe pleurer ! Question : quel est le sujet du verbe pleurent ? Pour terminer, à ceux qui ont pris la liberté d’orthographier adieu en deux mots, je dirai ceci : adieu à ce type de monstruosité linguistique.

La RDC, le Mali, la Syrie, le nucléaire iranien… au menu

Assemblée générale de l’Onu à New York La RDC, le Mali, la Syrie, le nucléaire iranien… au menu La 67ème session de l’Assemblée générale des Nations unies s’est ouverte Le mardi 25 septembre à New York. Plusieurs dossiers seront au menu de cette rencontre à laquelle prendront part plus de 120 chefs d’Etat, Premiers ministres et ministres des pays membres. Au menu, les dossiers de la République démocratique du Congo (RDC), le Mali, la Syrie, le nucléaire iranien, la Somalie. En plus, plusieurs discours y seront prononcés dont ceux du secrétaire général de l’Onu, Ban ki Moon, des présidents américain, Barack Obama, français François Hollande. Ce dernier y participe pour la toute première fois depuis son élection en mai dernier. Mais également celui du président congolais Joseph Kabila, qui certainement parler de la guerre dans son pays. Les participants à la 67ème session de l’Assemblée générale de l’Onu auront fort à faire car plusieurs dossiers les attendent. La RDC confrontée depuis avril dernier à la guerre que les mutins du M23 s’affrontent avec l’armée régulière, le Mali dont le territoire est divisé en deux parties avec le Nord occupé par des islamistes radicaux et où la Cédéao peine à envoyer une armée pour les combattre en vue de la conquête de la partie occupée, la Syrie presque en guerre civile avec environ 30 000 victimes à ce jour, le délicat dossier du nucléaire iranien, la Somalie qui vient d’avoir son président il y a quelques semaines, voilà autant de dossiers plus scabreux les uns que les autres qui doivent être traités au cours de la 67ème session de l’Assemblée générale de l’Onu. République démocratique du Congo Les présidents congolais Joseph Kabila et rwandais Paul Kagame, doivent participer jeudi 27 septembre à une réunion sur la RDC et plus largement la région des Grands Lacs. Les relations entre Kinshasa et Kigali se sont refroidies depuis que des experts de l’Onu ont publié un rapport qui accuse le Rwanda - qui dément - de soutenir en RDC les mutins du Mouvement du 23 mars (M23), un groupe rebelle constitué de Tutsis. En guerre contre l’armée régulière depuis avril dernier, ceux-ci ont établi, selon le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix Hervé Ladsous, une «administration de fait», une administration parallèle, dans le Nord-Kivu, où il a effectué une visite en septembre. Plus de 500 000 personnes ont été déplacées par les combats dans cette zone depuis longtemps instable, où la Monusco a déployé une force de 17 000 hommes pour protéger les civils. Les onze pays de cette région tentent, en vain jusqu’ici, de mettre sur pied une force «neutre» pour surveiller la frontière RDC-Rwanda. L’Onu a préconisé un mini-sommet entre les deux pays en marge de cette 67è session. De plus en plus, l’on parle d’une solution négociée dans la guerre au Nord-Kivu entre les rebelles du M23 et les FARDC. Ce qui est loin d’être du goût des Congolais qui estiment que cela serait une énième humiliation pour leur pays agressé à plusieurs reprises par le Rwanda qui a toujours nié les faits. L’Assemblée générale de l’Onu va également se pencher sur le dossier du Mali. Le temps presse au Nord-Mali, où les groupes islamistes alliés à la branche maghrébine d'Al-Qaïda s’enracinent profondément alors que les jours passent. Après de longues tractations, les autorités de Bamako et les Etats d’Afrique de l’Ouest ont fini par s’accorder sur l’envoi d’une force panafricaine sous mandat de l’ONU. «Les troupes de la Cédéao appuieront les troupes maliennes» dans «les opérations sur le terrain au nord» du pays, indique cet accord. La Côte-d’Ivoire, le Nigeria et le Burkina Faso pourraient y participer en troupes. Le texte entérine ensuite un soutien matériel, notamment aérien, par le Nigeria, la France «et d’autres pays de la communauté internationale dotés de ces moyens». La situation du Mali s’est détériorée après le coup d’Etat militaire qui avait renversé en mars le président malien Amani Toumani Touré. Depuis, les groupes islamistes alliés à la branche maghrébine d'Al-Qaïda ne se sont pas fait prier deux fois pour occuper le Nord du Mali et y imposer leur loi : la charia. Syrie : l'Assemblée générale de l'ONU paralysée La Syrie constitue le plus crucial et le plus brûlant des dossiers que l’Assemblée générale de l’Onu va étudier. La Syrie est la priorité de mon agenda", assurait, il y a quelques jours, le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, en allusion aux réunions bilatérales qu'il aura avec les chefs d'Etat, les Premiers ministres et les ministres de plus de 120 Etats-membres en marge de la 67e session annuelle de l'Assemblée générale des Nations unies. Le conflit syrien, avec ses 29 000 victimes, ses 250 000 réfugiés et ses 2,5 millions de civils dans le besoin, devrait être présent dans tous les esprits lors de ce grand raout diplomatique. Aucune réunion de haut niveau ne lui sera pourtant formellement consacrée. Ce conflit sera probablement de tous les discours, mais surtout pour la forme. C’est le reflet de l’impuissance de l’Onu à faire cesser les combats, aucune réunion formelle au sommet n’est prévue. Si bien que le dossier devrait être surtout abordé en coulisses. Une décision forte ne pourrait venir que du Conseil de sécurité, l’organe exécutif. Mais les veto opposés à trois reprises par la Chine et la Russie sur des projets de résolution soumis au Conseil ont échaudé les Occidentaux. Ceux-ci ne tiennent pas à aller au devant d’un nouvel échec. Quant à la Russie et à la Chine, elles n’enverront à New York que des ministres. Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, dont le pays accueille des milliers de réfugiés syriens, a renoncé à venir. On ignore aussi encore quel sera précisément le plan du nouveau médiateur sur la Syrie, Lakhdar Brahimi. Le seul vrai espace de discussion pourrait finalement être la réunion, vendredi, des Amis de la Syrie, groupe de pays occidentaux et arabes qui soutiennent l’opposition à Bachar al-Assad. L'organe exécutif des Nations unies n'a plus les moyens de sa politique. Sur la Syrie, il est contraint de déroger à son mandat de garant de la paix et de la sécurité dans le monde. C'est l'aveu d'un échec. "Un de plus, ce ne sera pas la première fois", déclare, cynique, un diplomate, qui rappelle l'impuissance de l'Onu quant au processus de paix au Proche-Orient et au conflit en Afghanistan. La seule vraie concertation sur le drame syrien sera celle des Amis de la Syrie, qui regroupe des dizaines de pays occidentaux et arabes, déterminés à soutenir l'opposition syrienne. Cette absence d'initiative à haut niveau sur la Syrie, alors que les violences font désormais plus de 1 000 morts par semaine selon les ONG, est une aubaine pour le président syrien Bachar Al-Assad : divisée, la communauté internationale n'a même plus la force d'être simplement menaçante. La Somalie avec son nouveau président Les grandes puissances ont salué l'élection le 10 septembre du nouveau président, Hassan Cheikh Mohamoud, aboutissement d’une transition politique complexe parrainée par l’Onu depuis 2000. Mais elles lui demandent d’agir vite pour empêcher son pays de replonger dans le chaos. Le Conseil de sécurité l’a encouragé à intensifier la lutte contre les islamistes shebab – qui ont tenté de l’assassiner deux jours après son élection – et contre les pirates somaliens et à combattre la corruption. Le Premier ministre britannique, David Cameron, et Hillary Clinton devraient répéter ce message mercredi lors d’une conférence sur la Somalie. Selon l’ONU, deux millions de Somaliens affectés par la sécheresse et les combats incessants ont encore besoin d’une aide alimentaire, soit le quart de la population. Le nucléaire iranien A peine arrivé, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a condamné lundi les puissances occidentales qui «violent les droits et libertés d’autres nations» en imposant des sanctions à l’Iran contre son programme nucléaire. Dans son collimateur : les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni, déterminés à faire monter la pression sur Téhéran, toujours soupçonné de vouloir acquérir l’arme atomique sous couvert d’un programme nucléaire civil. Etats-Unis, Royaume Uni, France, Chine, Russie et Allemagne doivent se concerter jeudi avec la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, sur ce dossier, en marge de l’Assemblée elle-même. Les six pays composent le groupe dit «5 + 1» chargé de négocier avec l’Iran. Les spéculations autour de frappes israéliennes sur les installations nucléaires iraniennes ont ces derniers temps fait monter la tension et crispé les relations entre Israël et son allié américain. Mahmoud Ahmadinejad doit s’exprimer demain mercredi devant l’Assemblée. Comme à son habitude, il devrait faire grincer un certains nombre de dents. Ce sera son dernier discours à l’Assemblée, puisqu’il doit quitter le pouvoir en 2013 après deux mandats. Kléber Kungu

Hollande effectuera un voyage éclair en RDC et au Sénégal en octobre

XIVe sommet de la Francophonie Hollande effectuera un voyage éclair en RDC et au Sénégal en octobre Le président français s’entretiendra avec Kabila, les opposants et les ONG à Kinshasa A quelques jours de la tenue du XIVe sommet de la Francophonie à Kinshasa, les choses se précisent petit à petit quant au voyage du président français. Pour son premier voyage en Afrique, le président français effectuera un voyage éclair au Sénégal et en République démocratique du Congo (RDC). Les services de l’Elysée sont en train d’organiser le premier périple du président français en Afrique et sa présence au prochain sommet de la Francophonie à Kinshasa du 12 au 14 octobre prochain. Il est prévu une escale au Sénégal avant de venir en RDC. Pour un premier voyage en Afrique, François Hollande envisage d’effctuer un voyage éclair. Avant de participer au XIVe sommet de la Francophonie à Kinshasa, François Hollande projette une escale express à Dakar, capitale du Sénégal, où il devra arriver le vendredi 12 septembre en fin de matinée. A l’étape de Dakar, apprend-on, il est prévu un discours qu’il prononcera devant l'Assemblée nationale sénégalaise avant de s'entretenir avec son homologue sénégalais Macky Sall. Rendez-vous avec l'opposition congolaise De la capitale sénégalaise, le président français atteindra Kinshasa, capitale de la RDC, un peu plus tard, dans la nuit. Le samedi 13 octobre, au petit matin, François Hollande envisage de boucler en un tour de main un programme serré. Donc, il veut, en une heure et demie, rencontrer son homologue congolais, Joseph Kabila au Palais de la nation puis se rendre à la résidence de l'ambassadeur de France en RDC pour discuter avec les ONG et les opposants politiques congolais. François Hollande va ainsi répondre à l'une des conditions de sa présence au sommet de la Francophonie dans la capitale congolaise. Cela ne voudrait pas dire qu’en dehors de ces rencontres, il n’y ait pas d’autres demandes d’audiences de la part des Congolais. Le séjour de François Hollande est si bref que le temps fait défaut pour satisfaire à toutes les demandes. «Il y a beaucoup de demandes et peu d'élus», indique-t-on du côté de Paris. Seuls les proches de l'opposant Etienne Tshisekedi affirment être en contact avec les services de l'Elysée : «ça s'organise tranquillement mais nous avons une exigence : un rendez-vous en tête à tête.» Cependant une question reste posée : François Hollande accédera-t-il à l’exigence du président national de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) ? Ensuite, François Hollande suivra l'ouverture du XIVe sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) au Palais du peuple, avant de prononcer un discours très attendu de 7 minutes. L’agenda de François Hollande prévoit également une rencontre avec les Français vivant en RDC avant de regagner Paris dans la même nuit du 13 octobre. Ce sera le premier voyage qu’effectuera le président français sur le sol africain après son élection au mois de mai dernier. C’est lundi 27 août que le président français avait annoncé qu’il participerait au XIVe sommet de la Francophonie prévue en octobre prochain. Il avait ainsi mis fin à long suspense sur sa participation ou non à cette rencontre. «Je me rendrai dans quelques semaines au sommet de la Francophonie à Kinshasa. J’y réaffirmerai que la Francophonie n’est pas simplement une langue en partage mais aussi une communauté de principes et d’idéaux dont le rappel à chaque occasion est nécessaire, et notamment en RDC mais pas seulement là », avait-il déclaré au cours de la Conférence des ambassadeurs français au palais de l’Elysée mettant fin à une polémique entre les partisans et les opposants à sa venue à Kinshasa. Kléber Kungu

Adolphe Onusumba en résidence surveillée

Poursuivi pour viol sur mineure à la Cour suprême de justice Adolphe Onusumba en résidence surveillée L’affaire renvoyée au jeudi 26 septembre Le député national Adolphe Onusumba est poursuivi pour viol sur mineure après avoir été attrapé en flagrant délit d’adultère dimanche 23 septembre par un proche parent de la victime dans une chambre de l’hôtel Dom III, vers l’immeuble Un-Deux-Trois dans la commune de Kinshasa. L’affaire est renvoyée au jeudi 26 septembre, le temps pour la justice de vérifier l’âge exact de la fille présentée par l’élu de Lodja au Kasaï oriental comme étant mineure, car âgée de 17 ans. La Cour suprême de justice (CSJ), qui siégeait en matière pénale en procédure de flagrance, a statué lundi 24 septembre sur l’affaire RP 012/RCE/02/012 opposant le Ministère public et Mlle Mireille Owale Kalema au député Adolphe Onusumba poursuivi pour viol sur mineure. L’élu de Lodja aurait fait passer cette fille ‘‘mineure d’âge’’ sous sa tutelle, pour sa partenaire sexuelle. L’audience a tourné essentiellement sur deux sujets, à savoir : l’âge de la victime et son consentement ou pas lors de l’acte sexuel, le dimanche 23 septembre dernier, date à laquelle le ‘‘couple’’ a été surpris en flagrance par un proche parent de la victime, dans une chambre d’hôtel Dom III, dans la commune de Kinshasa. 17 ans ou 22 ans ? Quant à l’âge de la fille, sa famille a déclaré qu’elle était âgée de 17 ans, alors que le député Adolphe Onusumba a attaqué cette affirmation en produisant une pièce attestant que sa ‘‘compagne’’ était âgée de 22 ans puisque détentrice d’une carte d’électeur. Donc, la fille était majeure. A l’annonce de cette bouleversante affaire, c’était l’étonnement total aussi bien chez les amis et connaissances de M. Onusumba que les rares Congolais encore empreints d’un peu de valeurs cardinales. Y compris dans les milieux de ses collègues députés nationaux. Bref, cette affaire a alimenté les discussions dans divers salons dans la nuit du dimanche et, même, toute la journée de lundi. Par conséquent, le lundi, la salle d’audience Marcel Lihau de la Cour suprême de justice était prise d’assaut par une foule nombreuse, spécialement par les députés nationaux qui voulaient en savoir un peu plus. Prononçant un avant- dire droit, la Cour suprême de justice a assigné le député Adolphe Onusumba à résidence surveillée. L’affaire a été donc renvoyée à jeudi 26 septembre 2012, à 10 heures, pour permettre la contre-expertise. La justice mettra cette pause au profit pour vérifier l’âge de la ‘’victime’’. Un officier de justice, sur recommandation du Procureur général de la République (PGR), a été dépêché, le matin du mardi 25 septembre, à la Commission électorale nationale indépendante (Céni) pour que celle-ci reconnaisse avoir émis une carte d’électeur en faveur de Mlle Owale lors des opérations d’enrôlement de 2011. L’âge de la victime étant mis en cause par le député Adolphe Onusumba, Me Pascal Alomba a indiqué que : «l’affaire a été renvoyée à jeudi prochain pour permettre la contre-expertise parce que, comme le prévoit la procédure en la matière, à défaut de pièce d’état-civil, on peut produire même un bulletin ou un certificat. Nous avons eu à déposer des pièces obtenues en un temps non suspect. » Il sera également question pour la fille supposée violée de se présenter devant un médecin légiste pour qu’il détermine son âge car, les différentes pièces produites devant la Cour, ont fait l’objet de contestation de part et d’autre. Devant la Cour, le prévenu Adolphe Onusumba a déclaré qu’il aurait demandé à l’école secondaire où la fille devait être inscrite en 2007 de réduire son âge et cela, devant l’organe de la loi qui est resté complaisant devant une telle attitude. Par ce même fait, la fille a déclaré et l’Honorable Onusumba l’a reconnu que c’était bel et bien lui qui aurait demandé à la mère de la victime de la faire venir à Kinshasa, accompagné de son grand frère pour les prendre en charge. Ce qui a été fait, à la grande satisfaction du ‘’généreux’’ député. La fille et son grand-frère ont été scolarisés par ce député qui a également signé comme parent les bulletins de la victime, alors élève à l’internat de Mbanza-Boma, dans le Bas-Congo. «C’est par peur que j’ai cédé» Dans son exposé des faits, la victime supposée a indiqué qu’elle est abusée depuis 2007. Aussi y a-t-elle été contrainte sous peine d’être renvoyée à Lodja. «C’est par peur que j’ai cédé», a-t-elle avoué. L’accusé va rejeter cette affirmation en se défendant qu’il n’ait jamais eu de relations sexuelles avec la fille en 2007. Cependant, comme pour essayer de se disculper, il a affirmé avoir eu à 3 reprises des relations sexuelles consenties avec la fille depuis le début de l’année 2012. Comme pour dire qu’en ce moment la fille était devenue majeure. Sans scrupules, le député Adolphe Onusumba a ajouté : « La relation sexuelle était consentante et demandée par elle-même. La fille m’a envoyé des SMS pour solliciter la rencontre». Donc, pour lélu de Lodja, cette affaire ne pouvait être qu’un montage grossier. Présentant ses moyens de défense, Onusumba a fait savoir à la Cour qu’il n’a pas eu d’intentions préméditées de faire quoi que ce soit avec la victime présumée. «Ce sont ses harcèlements qui m’ont séduit», a-t-il lancé. Selon les avocats de Mlle Owale Kalema, si le député Onusumba était condamné, il perdrait son immunité parlementaire et son statut de député national. Et par conséquent, il serait condamné à une peine allant de 7 à 20 ans de servitude pénale. Mais comme tuteur de la victime, l’accusé encourrait le double de la peine requise. Ce, conformément à l’article 170 portant protection de l’enfant. L’affaire Onusumba met à nu le comportement très léger de certaines personnalités, à tous les échelons, qui dirigent ce pays et montre, en même temps, pourquoi certaines choses sont restées collées à la République comme une sangsue. Pourquoi, en dépit de toutes les dénonciations ainsi que les condamnations de la population congolaise contre les accoutrements très sexys des jeunes filles et des chansons scandaleusement obscènes, avec des clips presque pornographiques, cela ne prend jamais fin ? Pourquoi les autorités congolaises font tout pour que cela perdure ? Adolphe Onusumba a eu la malchance de se faire attraper. Connaît-on le nombre de ceux qui continuent à abuser les mineures tout en condamnant en même temps les violences sexuelles faites à la femme congolaise, surtout celles de la partie orientale de la RDC ? Kléber Kungu

lundi 24 septembre 2012

Union européenne annonce une aide de 20 millions d’euros

Lutte contre les violences sexuelles L’Union européenne annonce une aide de 20 millions d’euros L’ambassadeur de l’Union européenne en RDC, Jean-Michel Dumond, a annoncé une aide financière de 20 millions d’euros pour les victimes des violences sexuelles après sa condamnation de violations de droits de l’homme dans l’Est de la RDC par les groupes armés. «Nous essayons aussi d’intervenir. C’est ainsi que nous allons débloquer quelque 20 millions d’euros supplémentaires dans les semaines à venir pour lutter contre les violences sexuelles», a déclaré Jean-Michel Dumond, précisant que ces violations n’étaient pas seulement l’œuvre de la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23), mais aussi de différents groupes armés opérant dans la région. «Nous condamnons les violences qui interviennent dans cette région. Malheureusement, elles ne sont pas limitées au M23. Nous avons aujourd’hui des témoignages, par exemple, dans la région de Pinga dans le Masisi au nord du Sud-Kivu, des massacres qui ont lieu à l’heure actuelle et qui sont le fait des groupes armés autres que le M23», a-t-il affirmé. Selon lui, les exactions que commet le M23 sont connues. A ce sujet, il a déploré la «mesure d’enrôlement forcé des mineurs». Ce mouvement avait déjà été indexé par le récent rapport de l’ONG Human Rights Watch (HRW). Selon ce rapport, des témoins ont affirmé à cette ONG qu’au moins trente trois nouvelles recrues et d’autres combattants du M23 avaient été sommairement exécutés alors qu’ils essayaient de s’enfuir. Certains avaient été ligotés et abattus devant les autres recrues à titre d’avertissement. L’une des jeunes recrues a déclaré à HRW: «Quand nous étions avec le M23, ils nous ont dit [que nous avions le choix] entre rester avec eux ou mourir. Beaucoup ont tenté de s’enfuir. Certains ont été retrouvés et pour eux, cela a été la mort immédiate», d’après radiookapi.net. Dans leur déclaration du 15 juin, les membres du Conseil des Nations unies avaient aussi condamné «fermement les massacres et les violences commis à l’encontre de civils, des femmes et des enfants pour la plupart, par des groupes armés, dont les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda». Combien de fois la communauté internationale va-t-elle condamner ces exactions sans que ces violences ne prennent fin ? Faudra-t-il continuer tout simplement à condamner, même énergiquement ou avec la dernière énergie et s’arrêter là ? Ne faudra-t-il pas aller plus loin que la simple condamnation. Que vaut une condamnation, de quelque manière qu’elle puisse être faite si elle n’est pas suivie de sanctions contraignantes ? En outre, l’on se demande si l’on doit continuer à condamner les exactions des groupes armés sur les populations civiles en RDC avant de financer des projets visant à venir en aide à ceux qui sont victimes au quotidien de ces violences ? Comme qui dirait, certaines ONG tant nationales qu’internationales peuvent vivre grâce à la présence des groupes armés dont l’activisme se caractérise par des violences. Un cercle vicieux qui a encore beaucoup de jours devant si la situation doit continuer de cette manière. Kléber Kungu

Francophonie:‘’Il n'y a pas péril en la demeure" ou ‘’ il y a péril en la demeure’’

‘’Il n'y a pas péril en la demeure" ou ‘’ il y a péril en la demeure’’ Cette expression, nous qui vivons dans un pays constamment agressé, sommes habitués à l’utiliser, malheureusement, à tort. Parce que notre innocence ignorante, pardon, notre ignorance innocente, nous fait croire que ‘’demeure’’ veut dire maison. Le « demeure » ici date du XVIIe siècle et est un substantif qui vient du verbe demeurer, rester. Par conséquent, il signifie rester sans bouger. C’est que ‘’la’’, ce petit mot qui se place devant demeure sert à compliquer une langue déjà compliquée et capricieuse comme une belle fille qui se tape la tête de nombreux aspirants ! Que de fois n’avons-nous pas ainsi entendu dire « il y a péril en la demeure » lorsque la RDC est attaquée. Donc, ceux qui s’expriment de cette manière erronée veulent nous faire croire que la maison (la demeure), c’est—à-dire la RDC est en danger, court le risque de connaître des pires événements…. si on ne fait rien pour arriver à la sauver de cette situation dangereuse ! Alors décortiquons cette expression qui peut être utilisée affirmativement ou négativement : ‘’ il y a péril en la demeure’’ ou ‘’Il n'y a pas péril en la demeure" . Lorsque nous disons qu’’’ il n’y a pas péril en la demeure’’, nous sous-entendons qu’il n'y a pas de gravité à être inactif. C’est-à-dire rester inactif n'est pas un drame. En d’autres termes, si nous disons « il y a péril en demeure » Récapitulons : « Il y a (il n'y a pas) péril en la demeure » veut tout simplement dire « Il y a (il n'y a pas) des risques à rester sans agir, à ne pas trouver une solution à un problème. Alors, chers amis locuteurs de la langue française, je vous préviens qu’il ya péril en la demeure si nous continuons à massacrer le français que le concours du hasard historique nous a donnée comme langue officielle. Kléber Kungu

pasteur Alfred Mbuta accrédité formateur-superviseur en clinique pastorale

Au siège de l’Eglise du Christ au Congo Le pasteur Alfred Mbuta accrédité formateur-superviseur en clinique pastorale Le pasteur Alfred Mbuta Kabamba de la 25ème Communauté évangélique du Kuango (CEK) de l’Eglise du Christ au Congo (ECC) est devenu formateur-superviseur dans le domaine de la clinique pastorale training, à l’issue d’une cérémonie solennelle d’accréditation, qui s’est déroulée lundi 24 septembre dans la chapelle de la présidence nationale de l’ECC. Lorsque le pasteur Alfred Mbuta Kabamba , accompagnée de son épouse, fait son enttrée à 15h49, la chapelle, déjà sous l’emprise de l’animation de la chorale, s’enflamme sous des coups des sifflets et autres cris de joie et d’allégresse de la foule en liesse composée de nombreux invités, amis et connaissances. Les pasteurs suisses Jean-Claude Schwab et Klaus vont tour à tour présenter l’enjeu de la formation pastorale clinique dont le lauréat du jour – le pasteur Alfred Mbuta –, ce finaliste de la faculté de théologie de l’Université protestante au Congo (UPC), a bénéficié d’une formation en Suisse, avant de suivre la formation des formateurs pendant plus de 5 semaines. Le pasteur Jean-Claude Schwab a exprimé sa joie de vivre ces moments comme accomplissement pour l’Eglise et les hôpitaux. Ce projet va commencer en 2010 à l’hôpital général de référence de Kinshasa, ex-Mama Yemo avec 10 pasteurs. La formation en clinique pastorale vise la prise en charge spirituelle des malades à l’hôpital. Pour le pasteur Jean-Claude Schwab, le pasteur Alfred Mbuta est le chef de ce projet, devenu vivant aujourd’hui. Il est en même temps, l’initiateur qui a mis les choses en route. A ce titre, a-t-il dit, il est l’initiateur et l’initié, avec une particularité : le premier à être formé. En quoi consiste cette formation ? Pour le pasteur Klaus Volmi, comme superviseur, le lauréat a reçu une transformation intense de sa propre personne à travers les hôpitaux. Dans ces endroits, les apprenants sont exposés à la souffrance, aux difficultés, bref, à beaucoup de choses qui font mal, mais aussi à la compassion. Aussi, l’expérience de la souffrance les a placés comme devant un miroir qui les a montrés eux-mêmes. Ils sont très proches des sentiments qu’ils n’aiment pas (souffrance, peur…) et ils ont besoin de se faire accompagner pour accompagner les autres. Selon le pasteur Jean-Claude Schwab, le pasteur Alferd formé et devenu, à cette occasion formateur-superviseur, comme par effet d’entraînement, d’autres pasteurs vont lui emboîter le pas et petit à petit, comme une toile d’araignées, le cercle des formateurs des formateurs va aller croissant. Les malades sont les premiers bénéficiaires, y compris les pasteurs eux-mêmes et les hôpitaux. Mais dans la foulée de ceux qui seront formés, il y aura les soignants et les pasteurs de paroisse. Mgr Pr Ngoy Boliya, recteur de l’université où a étudié le pasteur Mbuta, s’est exprimé pour féliciter le lauréat qui va bientôt recevoir le papier qui va l’autoriser à devenir superviseur des aumôniers des hôpitaux. Une tâche délicate qui nécessite que le superviseur dispose d’outils pour arriver à mieux exercer ce travail. A ce spécialiste, le recteur de l’UPC a adressé ses félicitations pour avoir tenu bon et lui a souhaité bonne chance pour la suite. Le pasteur Mbuta a plusieurs choses à apprendre Le pasteur Mbuta a plusieurs choses à apprendre. Le professeur Masiala ma Solo a lâché ce qui attend le lauréat durant sa carrière. Plusieurs choses attendent le pasteur Alfred Mbuta qu’il doit apprendre. Il y en a au moins cinq. Durant sa carrière qu’il vient d’entamer avec cette cérémonie, le pasteur Mbuta doit apprendre aussi bien à parler d’une manière active qu’écouter d’une manière active et compréhensive. Il doit également apprendre à partager tout en prenant du temps pour autrui et pour soi-même. En plus, il doit apprendre à pleurer et saisir le sens et la signification des larmes qui coulent sur ses propres joues et sur celles d’autrui. En bref, le nouveau formateur-superviseur, dans sa nouvelle vie, doit apprendre à accompagner sans se blesser soi-même et approfondir la peur, l’inquiétude, la tristesse du vieillard malade désespéré et désorganisé. Ce qui, pour le professeur Masiala ma Solo, paraît une tâche ardue. D’autant plus que accompagner les êtres tourmentés, éveiller la paupière des autres pasteurs acceptent d’aller œuvrer en milieu hospitalier, un lieu perçu comme celui des souffrances, des gémissements, et pourtant un lieu pour naître plus renaître, d’apprentissage à s’accepter pour guérir, se réconcilier, et de renaissance pour une autre vie, celle d’un ancien souffrant, d’une résurrection et d’un nouveau départ. Le professeur Masiala prévient le formateur-superviseur : puisqu’il est un être humain fait de corps, d’esprit, d’âme et de cosmos, le pasteur Mbuta fera de toute cette litanie de souffrances son lot quotidien. Mais il doit souffrir par empathie, c’est-à-dire souffrir avec, comprendre ce que sent l’accompagné sans porter à sa place la souffrance du malade, car le pasteur Mbuta est loin d’être le Christ. Comme on le dirait à un enfant qui quitte ses parents pour voler de ses propres ailes, le Pr Masiala va lâcher ces quelques paroles d’encouragement à celui que Jean Claude Schwab, Klaus Volmin et lui-même André Masiala ont demandé de croître et de produire bien d’autres personnes compétentes et capables. « Enfin, vous n’avez dans vos mains ni seringues ni comprimés ni un carnet d’ordonnances ni un recueil de conseils ni un relevé de dernières plantes médicinales, vous n’avez que votre langue, vos mains et quelques principes méthodologiques du reste déjà transformés par ce que vous avez compris et choisi. Allez de l’avant, soyez fier et conséquent de votre formation et d’avoir été accrédité ». Cela dit, le secrétaire général en charge de l’administration et des finances de l’ECC, Rév. Dr Mazaburu Moïse, parlant au nom du président de l’ECC empêché, a presque confessé pour dire qu’il était loin de savoir que le pasteur Mbuta pouvait devenir ce qu’il est devenu aujourd’hui, lorsque, quelques années plus tôt, alors directeur de cabinet du président de l’ECC, il avait contribué pour que le pasteur Mbuta travaille avec le pasteur Soko dans l’évangélisation. C’est des mains du pasteur Mbaya que le lauréat va recevoir son accréditation après qu’une quinzaine de stagiaires ont reçu leurs certificats des mains de Klaus Volmi. Kléber Kungu

Plus de 200 tonnes de farine de froment avariée saisies

Lukala/Bas-Congo Plus de 200 tonnes de farine de froment avariée saisies Plus de 200 tonnes de farine de froment avariée viennent d’être saisies à Lukala par l’Office congolais de contrôle (OCC). Ce produit est contenu dans des emballages de la Minoterie de Matadi (Midema). Le Bas-Congo est désormais la bonne porte par où peuvent entrer tout produit périmé ou avarié de nature à intoxiquer les Congolais, sans que les mafieux ne s’en inquiètent. Un produit que les Congolais ont consommé car déjà en circulation à Kinshasa depuis deux semaines. L’Office congolais de contrôle dit avoir intercepté plus de deux cents tonnes de farine de froment avariée contenu dans les emballages de la Minoterie de Matadi (Midema). Selon le responsable de l’Office congolais de contrôle à Lukala, Théophile Selumbanzi, ce produit était en circulation à Kinshasa depuis plus de deux semaines. La Midema dit de son côté avoir déjà saisi la justice congolaise à ce sujet. Théophile Selumbanzi affirme que ce produit impropre à la consommation proviendrait de l’Argentine et de la Turquie via l’Angola. Il est vendu sur le marché de Kinshasa en gros et en détail. « Nous voyons plus la porte d’entrée de l’Angola mais en amont on sait que ces marchandises viennent de l’Argentine et la Turquie. L’OCC a consigné ces marchandises depuis samedi », a-t-il dit. Les consommateurs, de leur part, se plaignent aussi de la mauvaise qualité de cette farine dont la préparation est loin de donner de bons résultats. « Moi-même j’ai déjà acheté cette farine plus de cinq fois. C’est du froment pourri. Je n’arrive pas à obtenir de bons beignets à la cuisson. Il faut qu’on interdise de vendre cette farine », a déclaré une vendeuse des beignets rencontrée au marché Gambela, citée par radiookapi.net. Quant à la Midema, elle ne reconnait pas détenir un stock de farine de froment avariée. Son conseiller juridique, Jean-Pierre Kabessa déclare avoir déjà saisi la justice contre ce qu’il pense être une contrefaçon. « Nous avons déjà saisi des lots importants de farine visiblement importée dans un emballage donné, mais pour être écoulées dans des sacs de réemplois de la Midema. C’est vraiment un acte de contrefaçon. Tous les inciviques sont en train de faire l’objet des poursuites judiciaires en ce moment », a-t-indiqué. Ce n’est pas la première fois que des produits avariés donc impropres à la consommation sont saisis par l’OCC Lukala. Dans un climat de compétition concurrentielle, bien des sociétés congolaises sont soit victimes de contrefaçon de leurs produits, soit d’une concurrence qui fragilise leurs activités. Le domaine du ciment est l’un des marchés les plus concurrentiels qui puissent exister en RDC avec plusieurs autres marques de ciment importé qui sont vendues. Kléber Kungu

samedi 22 septembre 2012

Francophonie : Au niveau de…

Au niveau de… La langue parlée se met à massacrer le français en y introduisant des expressions qui s’ancrent comme si elles y ont droit de cité. Parmi celles que j’entends le plus souvent, c’est la locution prépositive « Au niveau de… » «Au niveau de l’attaque, les Léopards ne convainquent pas encore…, le Tout Puissant Mazembe va peiner ‘’au niveau de’’ de la finale, ‘’Au niveau de’’ l’Assemblée nationale, les députés vont débattre, au niveau de son économie, le pays ne se porte pas mieux, cet étudiant a beaucoup de difficultés au niveau des (en) mathématiques, nous avons encore du travail à faire au niveau de (en ce qui concerne) la salubrité publique en RDC..., ne cesse-t-on d’entendre. Non seulement cette locution prépositive est le plus souvent utilisée à tort au lieu de celles qui conviennent, mais encore elle serait fréquemment inutile si la phrase où elle apparait était mieux construite. Pourquoi ne pas dire simplement ‘’l’attaque des Léopards ne convainc pas encore, le Tout Puissant Mazembe va peiner à la finale, à l’Assemblée nationale, les députés vont débattre, l’économie du pays ne se porte pas mieux, cet étudiant a beaucoup de difficultés en mathématiques, nous avons encore du travail à faire en ce qui concerne la salubrité publique en RDC… « Au niveau de » ne doit être employé que... lorsqu’il y a plusieurs niveaux déterminés. Mais, ces vingt dernières années, un désagréable tic de langage a conduit à l’employer à tout propos (mais hors de propos, malheureusement) comme équivalent de la simple préposition ‘’à’’, ‘’au sein de’’, ‘’en matière de’’. La locution « au niveau de » signifie proprement à la même hauteur que, à la hauteur de. Le seul usage correct de cette expression est d’exprimer une idée de hauteur, de comparaison ou une hiérarchie. S’il est employé au sens de « en ce qui concerne » ou « au sujet de », au niveau de constitue une impropriété sémantique que l’on devrait remplacer par : à propos de…, au sujet de…, dans le domaine de…, du point de vue de…, en ce qui à trait à…, en ce qui concerne…, en ce qui touche…, en matière de…, pour ce qui est de…, sur le plan de… Donc l’emploi de « au niveau de » pour exprimer : en ce qui concerne, dans le domaine de, en matière de, quant à, etc., est un abus condamnable, lorsque cette locution n’introduit aucune notion d’échelle. Au niveau du vécu, au niveau du réel, au niveau de la communication, sont à proscrire absolument, si l’on ne veut pas descendre au-dessous du niveau de la langue correcte. Mais, comme le disait Pierre Dac, Parler pour ne rien dire et ne rien dire pour parler sont les deux principes majeurs et rigoureux de tous ceux qui feraient bien mieux de la fermer avant de l’ouvrir. Je crains vraiment que si toutes les mises en garde contre le mauvais usage de « Au niveau de » n’ont aucun effet, ce qui était dans toutes les bouches finisse par en sortir pour avoir droit de cité dans le langage parlé. La paresse intellectuelle qui consiste à ne pas rechercher l'expression juste est en voie de devenir une norme. Voilà le risque que la langue française est en train de courir. Kléber Kungu

jeudi 20 septembre 2012

La Force d’intervention régionale de l’UA fin prête

Lutte contre la LRA La Force d’intervention régionale de l’UA fin prête La Force d’intervention régionale de l’Union africaine (UA) pour combattre les rebelles ougandais de l’Armée de résistance du seigneur (LRA) est fin prête. Elle peut désormais compter sur 2500 effectifs, dont 2 000 issus des Forces de défense du peuple ougandais et 500 autres de l'Armée populaire de libération du Soudan. Les troupes ont été regroupées au quartier général du contingent, à Yambio, localité située à plus de 350 km de Juba, capitale du Soudan du Sud, prêtes à intervenir. Pendant ce temps, dans la ville sud-soudanaise de Nzara, le commandement du contingent africain a été formellement conféré au major ougandais Alex Ahabyona. La création de cette Task Force contre la LRA, qui devrait compter 5 000 hommes d’ici à décembre, avait été annoncée il y a plusieurs mois mais n’avait toujours pas été mise en place, faute d’effectifs et de moyens suffisants. Le contingent s’inscrit dans le cadre d’une stratégie de l’Onu et de l’UA, et soutenue par les Etats-Unis sur les plans de la logistique et de la politique. Depuis mardi 18 septembre, 2 000 soldats des Forces de défense du peuple ougandais (UPDF) et 500 hommes de l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA) sont opérationnels. La cérémonie de Yambio fait suite à celle organisée à Obo, dans l'Est de la République centrafricaine, où 360 militaires des Forces armées centrafricaines (Faca) ont été déployés le 12 septembre dernier. L'envoyé spécial de l'Union africaine pour la LRA, Francisco Madeira, a révélé mardi que la République démocratique du Congo envisageait la mise à disposition, dans un délai qui reste à préciser, de troupes à Dungu, dans le nord-est du pays. Pendant le dernier semestre de 2011, les méfaits de la rébellion de l’Ougandais Joseph Kony ont connu une nette diminution au Soudan du Sud, en Ouganda et en RDC, mais se sont intensifiés depuis le début de cette année en République centrafricaine. En mai dernier, par exemple, le numéro trois de la LRA, Caesar Achellam, a été capturé : il est considéré comme l’un des principaux généraux du groupe armé sous commandement de Joseph Kony et actif pendant une vingtaine d’années en Ouganda du Nord. En outre, alors qu’on l’a annoncé mort vers fin août à la suite d’un accrochage avec l’armée ougandaise, Dominic Ongwen, un autre lieutenant de Joseph Kony, est toujours vivant. Satisfaction de l’Onu Les Nations unies ont salué mercredi 19 septembre la mise à disposition de l'Union africaine de 2.500 soldats, qui intégreront sa Force régionale d'intervention chargée de lutter contre l'Armée de résistance du Seigneur (LRA). « Ce moment important marque l'aboutissement de nos efforts collectifs visant à mettre définitivement fin aux activités de la LRA, mouvement tristement célèbre pour ses exactions à l'encontre des populations civiles », a déclaré Abou Moussa, le représentant spécial du secrétaire général et chef du Bureau régional des Nations Unies pour l'Afrique centrale (UNOCA), qui assure la coordination des efforts onusiens dans la lutte contre ce groupe armé. Abou Moussa a rendu hommage aux pays contributeurs de troupes, malgré les défis auxquels ils font face sur le plan national. Il a indiqué que les Nations unies continueront de soutenir l'Union africaine avec laquelle elles sont engagées dans la mise en œuvre de la stratégie régionale de lutte contre la LRA, adoptée par le Conseil de sécurité le 29 juin 2012. Le représentant spécial a plaidé pour un renforcement de la coordination entre la Force régionale d'intervention et toutes les parties prenantes, y compris les missions et représentations onusiennes concernées. Une démarche qui a pour principal objectif de protéger les populations civiles, mais aussi de contribuer au développement des régions touchées. La cérémonie de Yambio fait suite à celle organisée à Obo, dans l'Est de la République centrafricaine, où 360 militaires des Forces armées centrafricaines (FACA) ont été déployés le 12 septembre dernier. L'envoyé spécial de l'Union africaine pour la LRA, Francisco Madeira, a révélé mardi que la République démocratique du Congo envisageait la mise à disposition, dans un délai qui reste à préciser, de troupes à Dungu, dans la Province Orientale, dans le nord-est du pays. Mais la guerre au Nord-Kivu où l’armée congolaise combat depuis avril dernier les rebelles du M23 et où est focalisée toute l’attention de Kinshasa, risque de retarder la concrétisation de la promesse du gouvernement congolais. Kléber Kungu

Pr José Dianzungu : « 95% d’étudiants n’ont jamais lu un seul livre depuis leur naissance ! »

Membre du Conseil d’administration de l’UPC
Dans une mini-enquête réalisée dans quelques universités de la RDC, notamment dans les universités de Luozi, de Mbanza-Ngungu, de Kimpese, de Kinshasa (ISP Gombe, UPN, UPC), le professeur à la retraite Dianzungu dia Biniakunu José, membre du Conseil d’administration de l’Université protestante au Congo (UPC) révèle que le niveau de l’enseignement en général en RDC est catastrophique. Selon ce spécialiste en statistiques, sur 100 étudiants interrogés, seulement moins de 5 % ont lu un livre entier, tandis que les 95% autres n’ont jamais lu un seul livre depuis leur naissance ! « Quand j’ai rapporté ces résultats à mes amis professeurs de Suède, du Canada, des Etats-Unis avec qui je corresponds sur le niveau de l’enseignement supérieur et universitaire, ils m’ont dit : ‘’N’appelez pas ces gens des étudiants ; parce que pour nous, ils ne sont même pas des écoliers.’’ Le niveau des étudiants congolais est si bas que le professeur Dianzungu en a rencontré qui ne savent pas lire. Docteur en planification de l’éducation, Dianzungu dia Biniakunu a étudié à Nivelles, à l’Université Libre de Bruxelles (Belgique), à l’Université de l’Etat de New York à Buffalo aux Etats-Unis d’Amérique. Professeur retraité de l’université Marien Ngouabi à Brazzaville, Pr Dianzungu dia Biniakunu enseigne comme professeur visiteur à Bujumbura, à Libreville, à Kikwit, aux Etats-Unis. Aujourd’hui, cet homme de sciences se consacre dans l’environnement. Il est l’auteur de ‘’Nsi yankatu ngongo eto’’ (1989, Nous refusons un pays désert, NDLR) et ‘’Endiguer la désertification’’ (1991), la version française de la première œuvre. Il vient d’écrire une pièce de théâtre satirique dans laquelle les jeunes critiquent les adultes, de manière acerbe, sur leur gestion du pays. L’Observateur s’est entretenu avec cet homme de sciences qui nous a révélé bien des maux qui minent l’enseignement congolais. Professeur José Dianzungu, vous êtes un enseignant d’université à la retraite. Que pouvez-vous dire sur le niveau actuel de l’enseignement supérieur et universitaire ? Comme je ne suis plus un enseignant actif depuis bientôt 20 ans, même si je réalise des visitings dans d’autres pays comme les Etats-Unis, je n’ai vraiment pas pour le moment un état des lieux, mais je suis resté en contact avec les étudiants en milieux supérieur et universitaire, donc notamment par certains aspects de l’acquisition des savoirs et des savoir-faire supérieur et universitaire comme la lecture. Donc à partir de la lecture, je peux dire que l’état des lieux est terriblement fâcheux, parce que j’ai rencontré des étudiants qui ne savent pas lire, à l’université, s’il vous plaît… Vous parlez des étudiants qui ne savent pas lire. Que voulez-vous dire ? Je veux dire ceci : la lecture comme ayant 3 niveaux principaux : il y a la compréhension littérale, qui consiste à lire un texte et à prononcer ou intérioriser les mots qui sont dedans. C’est l’étape numéro un par laquelle passent tous ceux qui apprennent à lire : les centres d’alphabétisation, les écoliers du primaire, etc. Puis, l’étape de compréhension qu’on appelle la compréhension critique, parce que de la même manière que nous pouvons dire des faussetés, mentir, exprimer lorsque nous parlons et nous pouvons faire autant lorsque nous écrivons, il ne suffit pas à un apprenant et à un enseignant d’apprendre à ses apprenants la compréhension littérale. Elle est importante, tout doit passer par là, mais on ne peut pas s’arrêter là, autrement, on ne forme pas parce que dans ce qu’on va lire ou écrire, on doit pouvoir se critiquer soi-même ou l’auteur qu’on lit pour dire que c’est une opinion qu’il érige en fait. Et le 3ème niveau – il intéresse plutôt les artistes – c’est la compréhension esthétique, d’apprécier la beauté d’un texte, les images, la formation des phrases, les figures de style… Donc, quand je dis que beaucoup d’étudiants ne savent pas lire, j’en ai rencontré qui n’ont même pas encore acquis entièrement la première étape, c’est-à-dire la compréhension littérale. J’ai fait cela à peine une semaine à Luozi, parce que je suis en train de recruter des alphabétiseurs. Donc, je les ai soumis à un test de lecture française, un test de lecture kikongo, une dictée française et une dictée kikongo. J’ai constaté que la plupart d’entre eux n’ont même pas encore acquis la totalité de la première phase : la compréhension littérale. C’est qu’ils lisent mais ne comprennent pas ou ne peuvent même pas lire. A qui incombe cette responsabilité ? J’ai écrit une pièce de théâtre en kikongo que j’ai intitulé : « Tubebele ». Ce sont des adolescents qui parlent et qui disent qu’ils en ont marre de la manière dont la société est gérée, de la manière dont ils sont encadrés par les adultes, de la manière dont ils sont encadrés dans les écoles. Vraiment une critique acerbe par la jeunesse de la gestion de notre pays. Premièrement, la faute incombe à l’Etat. Parce que c’est l’Etat qui est garant de l’acquisition par chaque citoyen et chaque citoyenne de ce pays d’un niveau de culture. La Constitution stipule que l’école primaire est obligatoire et gratuite. Or, la fonction primaire de l’école primaire, c’est les 3 objectifs fondamentaux : l’écolier doit acquérir la lecture (surtout les 2 premiers niveaux), l’écolier doit acquérir l’écriture (quand vous voyez comment nos jeunes écrivent, c’est incroyable) et l’écolier doit acquérir le calcul. Parce que ce n’est pas tout le monde qui fera l’enseignement secondaire et encore moins l’enseignement supérieur et universitaire. Il faudra donc qu’au sortir du secondaire, cet écolier ait acquis l’essentiel des outils intellectuels d’acquisition de connaissances ou de savoir-faire. Qu’il devienne charpentier, fermier ou agriculteur, etc., il devra lire. C’est vrai que ça ne se passe pas ainsi chez nous, parce que le pays est mal géré. Mais ailleurs, c’est-à-dire les pays que nous voulons imiter lorsque nous parlons de devenir pays émergent, les choses se passent tout à fait autrement. Vous allez aux Etats-Unis, chaque fermier a un abonnement à au moins un périodique de son domaine et aux Etats-Unis, les périodiques spécialisés, domaine par domaine, c’est innombrable. C’est là qu’il va apprendre comment il va adapter son équipement, son matériel par son travail. C’est vrai qu’il va retourner de temps en temps dans des centres d’encadrement (des fermiers, des éleveurs), mais l’essentiel de ses nouvelles connaissances, il les acquiert par la lecture. Donc, la lecture, pour moi, dire qu’un étudiant, c’est-à-dire quelqu’un qui a fait six ans au primaire, 6 ans au secondaire, ne sait pas lire, c’est simplement une hécatombe, c’est inadmissible. Et aujourd’hui, il y a des écoles où les notes [de l’examen d’Etat] sont comprises entre 50 et 52%. Or, au départ, en 1967, quand vous n’aviez pas 60%, vous n’avez pas un diplôme, vous avez un certificat. Ce qui veut dire dans la plupart des écoles, nos élèves échouent. On n’accorde des diplômes à des gens qui ne le méritent pas. Je vais vous donner un exemple d’un pays développé où j’ai étudié. L’année où je quittais les Etats-Unis en 1980, il ya un ancien bachelier de l’Etat de New York où j’ai étudié qui a porté plainte contre l’Etat de New York. Pour le motif qu’on lui avait décerné un diplôme (un baccalauréat, le diplôme de secondaire là-bas) qui ne signifiait rien. La raison ? Il est passé par plusieurs entreprises pour chercher de l’emploi. Or, aux Etats-Unis quand vous cherchez de l’emploi, on vous fait lire. Et partout, on lui a dit qu’il ne savait pas lire [rires]. Alors, il a intenté un procès à l’Etat de New York au motif qu’on lui avait décerné un baccalauréat qui n’avait aucune signification. Il a gagné le procès [rires] et a été dédommagé à coups des millions de dollars. C’est pour vous dire que la lecture est tellement fondamentale que si on n’a pas acquis cette capacité-là, on n’est pas grand-chose dans la vie. Donc, pour vous dire que, le premier responsable c’est l’Etat car c’est lui qui organise l’enseignement, c’est un monopole. Il peut, bien sûr, accorder le pouvoir à d’autres personnes, mais sous son contrôle. Il l’a fait chez nous, il a attribué des écoles à des Eglises, à des associations, mais toujours sous la surveillance et le contrôle de l’Etat. Parce que c’est l’Etat qui doit organiser, l’Etat qui doit former, recruter les enseignants. Or, quand j’étais préfet des études dans les années 1960, pour utiliser un G3 comme professeur au cycle long, en 5e et 6e secondaires, il fallait détenir l’autorisation du ministère de l’Education nationale. Parce qu’un G3 n’est pas habilité, d’après nos textes, à enseigner au cycle long. Il peut enseigner seulement entre la première année du cycle secondaire et la 4ème année, c’est-à-dire le cycle court. Ce sont les licenciés et seuls les licenciés qui enseignent au cycle long. Et aujourd’hui, les instructions n’ont pas changé. Or, aujourd’hui, dans nos écoles, surtout en milieux ruraux, enseignent en 5ème et 6ème secondaires, des diplômés d’Etat, même les cours de spécialité sont remis à des diplômés d’Etat. L’Etat voit et accepte ça. Pour moi, c’est incompréhensible, pour moi, c’est un Etat irresponsable, d’après nos propres textes, c’est dans la Constitution, c’est dans les directives du ministère de l’Education nationale. Quand on ne fait pas ce qui revient dans le cahier des charges, on est à côté. La responsabilité de l’Etat se situe à un tel niveau qu’elle englobe presque le reste. Parce que même les parents, c’est l’Etat qui doit les encadrer. Or, ce sont les mêmes parents qui sont dans cette situation dans laquelle on pousse l’école à faire monter de classe un enfant qui a échoué. Parce qu’il a payé ses frais scolaires, on doit le faire monter de classe. Il y a des écoliers et des élèves qui ne savent pas lire, mais qui passent de classes. Un conseiller d’enseignement primaire à qui j’ai posé la question de savoir si les instructions en matière de passage de classe ont changé, m’a répondu : « Elles n’ont pas changé, mais c’est nous les gestionnaires qui avons changé ». [Rires] Car, quand j’étais en fonction, il était inconcevable qu’un élève qui ne sait lire puisse monter de classe. Donc, les parents, les élèves et, naturellement, l’école, ont des responsabilités. Dans certaines universités du Bas-Congo, il y a des cours qui sont assurés par des licenciés ; des fonctions comme secrétaire général académique, par des G3. Ca doit être assumé par un doctorat de thèse, c’est-à-dire qui a soutenu une thèse, c’est lui et lui seul peut être un secrétaire général académique. Faire autre chose, c’est vraiment se moquer des textes, c’est se moquer du sérieux. Est-ce que le système d’enseignement lui-même n’est pas à incriminer dans cette situation ? Oui, quand je dis l’Etat, c’est y compris le système qu’il a mis en place. Je vais vous donner un exemple : vous trouvez en 6ème primaire, un écolier qui ne sait pas lire. Qui est responsable ? C’est l’Etat. Parfois, cet écolier peut lire un texte écrit en écriture cursive, c’est-à-dire manuscrite, mais incapable de lire le même texte écrit en caractères imprimés [Rires]. La raison est que pendant toute sa scolarité, il n’a jamais lu dans le livre et donc il n’a jamais rencontré les caractères imprimés. Moi, quand j’étais écolier et élève, et ensuite chef d’établissement à Nsundi Lutete et à Kimpese, [dans le Bas-Congo,NDLR] dans chaque discipline chaque élève avait au moins un livre. A l’école secondaire, il y avait des cours où j’avais jusque 2 ou 3 livres. C’est important. Parce que de la même manière qu’à l’université, l’enseignement qui se fait dans l’auditoire, la grande orientation, le guide, c’est le squelette, mais c’est la chair, le sang et l’eau, à l’étudiant de l’ajouter par la lecture, notamment des livres. C’est pour cela que dans chaque école sérieuse, il y a au moins une bibliothèque, il y a des livres pour toutes les disciplines. C’est pour vous dire que les nôtres ne sont pas sérieuses, parce que vous trouverez rarement des bibliothèques même là où on en a laissé. On doit apprendre à lire, mais on encourage la lecture qui n’est pas spécifiquement pour les cours, mais pour l’élargissement de la culture, des connaissances, ce qui est très important pour le 3ème millénaire au début duquel nous nous trouvons. Vous avez parlé, en l’effleurant, d’une enquête que vous avez menée dans certaines universités. A quels résultats avez-vous abouti ? Des résultats plus que catastrophiques. C’est une enquête que je n’ai pas encore terminée car je n’ai pas encore été à l’Unikin, mais j’ai été à Luozi, à Kimpese, à Mbanza-Ngungu et ici à Kinshasa, j’étais à l’ISP Gombe, à l’UPN et à l’UPC. J’ai interrogé les étudiants de G1 à L2 sur la lecture. La question était : l’année 2010, combien de livres entiers avez-vous lus ? Mais je ne compte pas dedans les syllabus, mais des livres que vous auriez achetés, que vous auriez empruntés soit à la bibliothèque, soit auprès d’un ami. J’ai trouvé le résultat suivant : moins de 5 % ont lu un livre entier et les 95% autres n’ont jamais lu un seul livre depuis leur naissance ! Quand j’ai rapporté ces résultats à mes amis professeurs de Suède, du Canada, des Etats-Unis avec qui je corresponds sur le niveau de l’enseignement supérieur et universitaire, ils m’ont dit : « N’appelez pas ces gens des étudiants ; parce que pour nous, ils ne sont même pas des écoliers » [Rires] Dans les milieux américains et canadiens, par exemple, un élève qui termine l’école primaire a déjà lu des centaines si pas des milliers de livres. Moi-même, quand nous étions aux Etats-Unis, au départ, nos enfants étaient tous au primaire, mais vers la fin, un seul était au primaire et les deux autres au secondaire, nous avons trouvé que la place de la lecture dans la culture américaine était telle que nous n’avons pas hésité à faire acquérir cette même capacité à nos enfants… Vous avez parlé des universités où il manque des bibliothèques. A qui la faute ? Des universités sont organisées par qui ? Les grandes universités (Kisangani, Kinshasa, Lubumbashi), c’est l’Etat. Il y a d’autres institutions d’enseignement supérieur et universitaire. Même celles qui sont privées, elles sont considérées comme des établissements publics, c’est-à-dire dont les programmes et les institutions elles-mêmes sont agréées par l’Etat. Aux Etats-Unis et dans tous les autres pays développés, quand on dit qu’aux Etats-Unis, l’université n°1, c’est Harvard, le hasard fait c’est aussi la plus ancienne (mais ce n’est pas pour cette raison). La raison principale, c’est que c’est cette université qui possède le plus de livres à la bibliothèque. Et dans ces pays, pour créer, une institution d’enseignement supérieur, il faut que vous ayez avant l’ouverture au moins 250 ouvrages dans la bibliothèque. L’Etat congolais doit en faire une exigence obligatoire : vous ne créez pas d’institution d’enseignement supérieur ou universitaire si vous n’êtes pas capable de leur donner le nombre d’ouvrages qu’il faut. Revenons à la vitesse de la lecture. Que voulez-vous dire à ce sujet ? Le jour où vous voulez aller étudier aux Etats-Unis, on vous fera passer un test qu’on appelle TOEFL (test of english as foreign language). Tous les étrangers qui vont aux Etats-Unis pour des études doivent affronter ce test. C’est pour savoir si vous avez acquis le niveau de compréhension littérale et critique suffisant. Si ce n’est pas le cas, vous devez commencer par apprendre l’anglais. L’objectif est de savoir si vous devez passer par une période d’apprentissage de l’anglais. Et dans cet apprentissage de l’anglais, l’un des éléments les plus importants qu’on va vous faire acquérir, c’est la vitesse de la lecture. C’est-à-dire combien de mots par minute vous êtes capable de lire. Et aux Etats-Unis, si vous n’êtes pas capable de lire entre 300 et 350 mots par minute, on va vous dire qu’à cette vitesse de lecture, vous n’avez pas de chance de réussir. Ils vont vous laisser si c’est vous-même qui payez les études, mais si c’est eux qui paient, il faut que vous augmentiez votre vitesse de lecture. La raison est simple : aux Etats-Unis – et moi c’est comme cela que j’enseignais aux Etats-Unis, à Brazzaville, à Libreville, à Bujumbura, à Nairobi, - le premier jour des cours, la première rencontre entre professeur et étudiant, le professeur vous remet une feuille A4 sur laquelle sont inscrits les objectifs et les exigences du cours pour le réussir. Parmi les exigences, il y a justement la lecture, beaucoup de lecture. Le professeur va vous dire, avant de venir à mon examen, il faut avoir lu tel ouvrage, entier alors. Ensuite, quelques chapitres dans d’autres ouvrages et naturellement 3 ou 4 articles des périodiques scientifiques. Le président Kennedy lisait jusqu’à 1000 mots par minute. C’est des innovations qu’on doit introduire dans notre enseignement. Or, à l’école américaine et canadienne que je connais bien, la vitesse de lecture s’enseigne dès l’école primaire. On mesure à quelle vitesse l’enfant lit. Plus on avance, plus on monte aussi en vitesse. Y a-t-il d’autres éléments à ajouter ? J’ai commencé par dire que les 3 objectifs de l’école primaire, c’est la lecture, l’écriture et le calcul. Le ministère de l’Education nationale (EPSP, NDLR) doit faire en sorte que les instructions soient suivies en matière de gestion des écoles, notamment les conditions de passage d’une classe à la classe supérieure. On ne peut pas, à l’école primaire, faire monter une classe à un écolier qui n’a pas acquis la compréhension littérale, c’est-à-dire qui peut lire à vive voix, il faut aussi une partie de la compréhension critique. A Luozi, j’ai vu des étudiants incapables de lire silencieusement. Parce que, j’ai compris que dans nos écoles primaires, quand on n’a pas de livres, on va lire quoi silencieusement ? [Rires] Je trouve criminel – je pèse bien les mots – de faire passer à un écolier 6 à l’école et ne pas lui faire acquérir la capacité de lecture. Pour moi, c’est un crime. Ca doit cesser. Pour cela, il faut que toutes nos écoles soient aux mains des enseignants dont l’aptitude à enseigner, l’aptitude à lire, l’aptitude à écrire ont été attestées. Il ne suffit pas de recruter sur la seule base du diplôme, parce que le diplôme dans notre pays est trompeur. Donc, il faut qu’un enseignant au primaire, au secondaire et à l’université soient recrutés sur la base des exigences de l’Etat. Nous les connaissons, il y a un vade-mecum de l’enseignement supérieur et universitaire et au niveau de l’école primaire et secondaire, il y a aussi un vade-mecum qui renferme toutes les instructions de la manière dont il faut gérer, sur tous les plans (discipline, administration, enseignement, vacances, finances, etc.). Le ministre de l’EPSP, Maker Mwangu, dont j’admire la bravoure, doit se battre bec et ongles pour arracher un budget qui est plus que 2%. A l’époque de Kasa-Vubu, le budget de l’enseignement variait entre 20 et 25% du budget national. Parce que le ministère le plus important en matière d’effectifs, de travail et d’engagement, c’est le ministère de l’EPSP. Dans ce pays, on achète le diplôme, on achète les notes, on achète les bulletins, on doit mettre fin à cela. Je voudrais entendre le Ministre Maker Mwangu qu’il est opposé à tout cela, sinon il devient complice. Il doit engager l’Etat dans un plan de redressement de l’école primaire et secondaire. Dans ce plan de redressement, il y a le recrutement des enseignants, l’équipement des écoles en matériel, en manuels scolaires et, naturellement, réaliser la gratuité de l’enseignement primaire. Il faut vraiment un redressement radical de notre enseignement. Je sais que la tâche est immense. Je suis réaliste. Je ne vaux pas voir ça en 1 an. Mais je voudrais entendre parler d’un plan de redressement de 10 ans ; c’est-à-dire d’ici 10 ans, il n’y aura plus un seul écolier sans manuel de lecture, sans un manuel de calcul, sans un manuel d’écriture. Ce qui est vrai pour le primaire, ça doit aller aussi pour le secondaire et l’université. J’ai des amis professeurs étrangers qui m’ont dit qu’il ya que le nom qui est resté. Quand ils voient le nombre d’étudiants dans les auditoires, quand ils examinent les laboratoires, les bibliothèques, ils disent que c’est de la farce. [Rires]. A l’UPC, nous venons de mettre en place un plan de redressement de 10 ans. Dans ce redressement, la lecture et l’écriture doivent être le numéro un. Si on ne sait lire ni écrire, on ne peut pas être un citoyen responsable au 3ème millénaire. Parce qu’il n’y a tellement de savoirs et de savoir-faire à acquérir qu’on ne peut pas acquérir sans connaître l’écriture. La meilleure préservation de la culture et du savoir, savoir-faire, c’est l’écrit. Comme journaliste, vous avez bien fait de choisir l’écrit dans la communication parce que ce que vous allez faire toute votre vie va rester et sera consulté par des générations et des générations. Or, pour faire cela, il faut qu’à partir du primaire, vous ayez acquis cette capacité de lire et de lire de manière critique. Il faut que vous écriviez des choses qui sont vraies, vérifiables, contrôlables. Vous n’allez pas transformer vos propres opinions en des faits. [Rires] Propos recueillis par Kléber Kungu

Francophonie : « Sans chemin de fer le Congo ne vaut pas un pénis »

Stanley a dit : « Sans chemin de fer le Congo ne vaut pas un pénis » Mon confrère qui me fait cette confidence me le fait avec de gros et bruyants éclats de rire. « C’est authentique », me certifie-t-il en guise de conclusion. C’est une stagiaire qui signe cette grosse bourde capable de retourner dans leur sommeil éternel tous mes ancêtres dont la pudeur était l’une des vertus cardinales. C’est avec toute son innocence renforcée par une ignorance de la langue française que cette stagiaire – en G3 communication sociale – a rapporté les propos d’un dirigeant de la Société congolaise des transports et des ports (SCTP), ex-Onatra qui se plaignait des vols répétés de cornières, de fils électriques…, bref des biens de sa société à Kasangulu par des inciviques. Pour terminer, l’homme en a appelé à la réhabilitation des trains, estimant que « Sans chemin de fer, le Congo ne vaut pas un penny » et non « pénis » comme l’a écrit notre future journaliste. Quand je crie haut et fort que le français est en péril, il y en a qui pensent que je suis en train de délirer. Alors, peut-on vraiment accepter qu’une étudiante puisse arriver à confondre penny avec pénis, deux choses très différentes, ayant un seul lien que celui qui veut utiliser beaucoup son pénis, sans retenue, doit avoir beaucoup de penny ? Kléber Kungu