mardi 31 mai 2011

Catherine Bragg en RDC pour évaluer la situation humanitaire


Sous-secrétaire générale aux Affaires humanitaires des Nations unies
Catherine Bragg en RDC pour évaluer la situation humanitaire
La sous-secrétaire générale aux Affaires humanitaires des Nations unies et Coordonnatrice adjointe des secours d’urgence, Catherine Bragg, sera en visite en République démocratique du Congo (RDC) du 31 mai au 4 juin pour évaluer la situation humanitaire dans la Province Orientale et à Sud Kivu. Elle visitera respectivement Bunia, Dungu et Bukavu.
Catherine Bragg se donne 5 jours pour se rendre compte de la situation humanitaire à Bunia, à Dungu dans la Province orientale, et à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu. Au nombre de principales priorités pour cette visite, figurent la protection des civils et des acteurs humanitaires, la prévention des violences sexuelles ainsi que l’assistance aux victimes, et l’accès humanitaire aux populations dans des zones de conflits.
Au Sud-Kivu et en Province Orientale, Catherine Bragg va rencontrer les communautés affectées par la violence, les autorités provinciales, les organisations humanitaires, ainsi que les officiels de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la sécurisation en République démocratique du Congo (Monusco). A Kinshasa, elle rencontrera les autorités gouvernementales ainsi que les membres de la communauté des bailleurs de fonds.
Mme Bragg clôturera sa mission par une conférence de presse qui se tiendra à Kinshasa le samedi 4 juin à 12h30. Il y sera question, pour la sous-secrétaire générale aux Affaires humanitaires des Nations unies, de faire le point sur sa visite des deux provinces orientales avec les journalistes tant nationaux qu’internationaux.

Une insécurité récurrente, besoins humanitaires énormes
La partie orientale de la RDC est en proie à une insécurité constante due aux nombreuses incursions des groupes armés qui y pullulent. Les éléments des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), les rebelles de la LRA et autres groupes armés se livrent à cœur joie à violer, à tuer, à massacrer, rançonner des paisibles populations, à piller, à incendier tout sur leur passage. Il ne se passe pas un jour sans qu’il y ait mort d’hommes dans l’Est de la RDC.
A ce jour, par exemple, on rapporte que des éléments FDLR occupent plusieurs villages (Tshamambe, Tshemalizi et Mulungu) dans le territoire de Shabunda. Cette situation serait favorisée par le fait que les positions des FARDC sont dégarnies. Selon les ONG des droits de l’Homme, citées par la Radio Okapi, des rebelles hutu rwandais des FDLR ont érigé des barrières dans ces villages et ont commencé à réclamer 2000 francs congolais, l’équivalent de 2 dollars à chaque passant.
Le commandant de l’opération Amani Leo, le colonel Delphin Kahimbi, a justifié l’absence des éléments des FARDC par le fait qu’ils sont allés en formation, dans le cadre de la restructuration des unités et de la formation d’un régiment, sous ordre de la hiérarchie. Il n’a toutefois pas reconnu l’occupation de ces localités, ajoutant que ce sont quelques éléments résiduels des FDLR qui tracassent la population locale.
Selon la commission mouvement des populations cordonnée par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha), il y a 21 108 ménages et 107 071 personnes comme déplacés internes dans le territoire de Shabunda, situé à plus de 300 kilomètres à l’ouest de Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu. Recensées depuis le mois de janvier, ces personnes, faute de structures d’accueil, vivent dans des familles d’accueil concentrées plus dans le groupement de Kachungu, Lulingu, Penekusu. Elles proviennent essentiellement des groupements de Baliga, Bamuguba nord et sud, régions proches de la forêt, où l’on note une forte présence des FDLR.
Par conséquent, il s’avère que les besoins humanitaires sont énormes pour venir en aide à ces personnes. Les déplacés de Shabunda souffrent des maladies d’origine hydrique, des infections liées aux violences sexuelles et d’un manque criant des produits de première nécessité.
La situation sécuritaire dans cette région est telle que les acteurs humanitaires éprouvent beaucoup de difficultés pour faire parvenir l’aide humanitaire à ces personnes qui en ont grandement besoin.
Les déplacés sont pratiquement abandonnés par les humanitaires incapables de leur apporter de l’aide en raison de l’insécurité provoquée par la présence accrue des éléments des FDLR et autres groupes armés. Ces déplacés ne peuvent pas non plus retourner dans leurs villages à cause de cette insécurité. Voilà une véritable quadrature du cercle, la grande problématique de cette région.
La situation humanitaire préoccupe plus d’un, particulièrement Ocha qui a organisé, il y a environ une semaine, une rencontre à Shabunda, qui avait pour but de réfléchir sur la situation des déplacés internes suite aux exactions des certains éléments de FDLR. Shabunda est le territoire le plus vaste de la province du Sud-Kivu et le plus enclavé.
Il n’y a pas que les deux provinces que Mme Bragg va visiter qui sont en proie à une insécurité grandissante et dont la population civile a besoin de l’aide humanitaire. Le Nord-Kivu est aussi dans une insécurité totale et compte également beaucoup de déplacés internes.
Pousser les autorités congolaises et la communauté internationale à arriver à sécuriser et à protéger les populations civiles, à mettre fin aux exactions des FDLT et autres groupes armés, apporter de l’aide à des populations qui en ont grandement besoin, autant de défis qui attendent Catherine Bragg, dont la visite reste opportune à plus d’un titre.
Kléber Kungu

lundi 30 mai 2011

Le BCNUDH offre deux cliniques juridiques à NDJF et à AFEAC

Grâce au financement de l’ASDI
Le BCNUDH offre deux cliniques juridiques à NDJF et à AFEAC
Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’Homme (BCNUDH) a offert deux nouvelles cliniques juridiques à la Nouvelle dynamique de la jeunesse féminine (NDJF) et à l’Association des femmes avocates (AFEAC) au cours d’une cérémonie organisée vendredi 27 mai, dans la commune de Kalamu, quartier Matonge.
Avec l’appui financier de l’Agence internationale de la coopération suédoise (ASDI) et l’aide de ses partenaires, la Monusco notamment, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’Homme a procédé à l’installation de ces cliniques juridiques à Kinshasa dont l’objectif est de faciliter l’accès à la justice des victimes de violences sexuelles à Kinshasa.
Les bénéficiaires de ces cliniques, par la voix de leurs responsables, ont reconnu l’importance et le rôle qu’auront à jouer ces juridictions dans la lutte contre les violences sexuelles. Aussi ont-elles salué l’initiative ainsi que l’aide et l’appui des partenaires. Pour Alfred-Marie Ekolo, coordonnatrice de la NDJF, les violences sexuelles dont sont les femmes et les filles sont constamment victimes sont principalement dues aux nombreux conflits qui ont élu domicile en RDC. Elle a affirmé l’engagement de son association à venir en aide aux victimes de ces violences qui ne cessent de prendre une augmentation exponentielle, tout en promettant de donner le meilleur d’elle-même.
Liliane Kanashy, représentante de l’AFEAC, a reconnu que les violences sexuelles ont pris une telle violence que toute femme et toute fille sont de potentielles victimes. Elle a affirmé l’engagement de son association à promouvoir et protéger les droits de l’homme, particulièrement ceux des femmes en luttant contre les violences sexuelles.
Comme pour joindre l’utile à l’agréable, une représentation théâtrale a cimenté ces déclarations en montrant les étapes à suivre, de l’acte à la justice en passant par des examens médicaux, pour se plaindre à la justice. L’assistance, composée de la ministre provinciale l’Education, Environnement, Communication et Genre, Thérèse Olenga Kalonda, le représentant du bourgmestre de Kalamu, le directeur adjoint du BCNUDH, Louis-Marie Bouaka, la représentante du ministre de la Justice, des représentants des ONG du secteur des droits de l’Homme, des éléments de la Police nationale congolaise (PNC) de la commune de Kalamu, ont pu suivre une saynète relatant un cas de viol d’une jeune fille Malaïka par l’adjudant Ntumba Ntumba. Accompagnée de son avocate, la victime va se plaindre au commissariat de police le plus proche, où, malheureusement, l’OPJ va tenter de se faire corrompre.
Les examens médicaux ayant attesté que Malaïka a été violée, l’affaire est portée au tribunal, où l’auteur présumé va se présenter, y compris la victime et son avocate. Alors qu’il est en train de prononcer le verdict, le juge sera interrompu par un coup de fil d’un certain officier de l’armée lui intimant l’ordre de surseoir au prononcé du verdict.

Etape importante pour la lutte contre les violences sexuelles
Pour le directeur adjoint du BCNUDH, Louis-Marie Bouaka, l’installation des cliniques juridiques est une étape importante pour la lutte contre les violences sexuelles, autant qu’elle constitue une avancée significative dans la lutte contre l’impunité dont bénéficient souvent les auteurs présumés de viols. D’autant plus que les violences sexuelles ne sont plus l’apanage des provinces orientales, le reste du territoire national est aussi concerné. Pour preuve, en 2010, à Kinshasa, on a dénombré 1207 cas de violences sexuelles ont été recensés, selon le Fonds des Nations unies pour la population.
L’ouverture des cliniques juridiques, qui est au cœur du projet, constitue un signal fort montrant aux victimes des violences sexuelles qu’elles ne sont pas abandonnées et qu’il y a des avocats compétents pour les défendre, a-t-il plaidé. Le BCNUDH ne reste pas dans des discours creux. Il a annoncé un appui matériel (matériel informatique, mobilier, matériel) et des fonds nécessaires pour les dépenses de fonctionnement, la collecte et le suivi des cas de violences sexuelles à remettre aux cliniques juridiques.
La ministre provinciale l’Education, Environnement, Communication et Genre, Thérèse Olenga Kalonda, a reconnu la délicatesse et le caractère poignant du sujet traité. Hier, apanage des territoires en conflit, les violences sexuelles, a-t-elle reconnu, a atteint la capitale Kinshasa. Voilà pourquoi, a-t-elle plaidé, « il est important de conjuguer nos efforts pour éradiquer ce fléau », tout en reconnaissant que la justice est un levier important dans l’éradication de ce fléau et qui a peu de chance de réussir tant que l’impunité ne sera pas combattue.
Elle a également souligné l’importance de la sensibilisation. Aussi a-t-elle loué la démarche entreprise par la violée de la saynète. Mais toute la problématique ou la quadrature du cercle reste ces interventions intempestives des personnalités haut placées qui constituent autant des pesanteurs que des handicaps à la justice.
Peu avant la visite guidée de la clinique juridique de la NDJF que Thérèse Olenga a inaugurée en coupant le ruban symbolique, sa coordonnatrice Alfred-Marie Ekolo a reçu de celle-ci l’aide logistique, don du BCNUDH. « Vous avez une tâche noble, mais avec détermination, nous allons donner corps à la tolérance zéro », a déclaré Thérèse Olenga en remettant ce don.
Les cliniques juridiques offrent une assistance pré-judiciaire et judiciaire gratuite aux victimes de violences sexuelles et à leurs familles afin de les aider à saisir les juridictions et les institutions compétentes. Cela pour deux objectifs : d’abord, pour obtenir les arrestations et les condamnations des auteurs de violations, ensuite, pour faire le suivi des décisions judiciaires.
Elles organisent également des activités sensibilisations dans les communautés, afin d’encourager les victimes de violences sexuelles à refuser les arrangements à l’amiable et à recourir à la justice. La distance géographique, l’absence d’une assistance judiciaire efficace, les frais de justice et le manque de moyens du système judiciaire national sont autant d’obstacles à l’accès à la justice des victimes que les cliniques juridiques permettront de surmonter. Par ailleurs, les cliniques juridiques orientent les victimes de violences sexuelles vers les structures médicales, psychosociales et de réintégration socio-économiques pour une prise en charge holistique des victimes de violences sexuelles.
Aujourd’hui, au nombre des cliniques juridiques existant à Kinshasa s’ajoutent les deux nouvelles : la clinique juridique Nouvelle dynamique de la jeunesse féminine (NDJF) située sur l’avenue de la Victoire nº A5,Q/Matonge, dans la commune de Matonge et la clinique juridique Association des femmes avocates (AFEAC), située sur le boulevard Lumumba, nº20, Immeuble de la jeunesse, dans la commune de N’djili.
A ce jour, au total, 12 nouvelles cliniques juridiques ont été ouvertes tout au long des mois de mars et avril 2011 par le BCNUDH avec l’aide de ses partenaires locaux dans les provinces du Bandundu, du Bas-Congo, dans les deux Kasaï, au Katanga et de Kinshasa. Ces 12 cliniques juridiques sont les premières cliniques installées dans le cadre du projet financé par ASDI. Entre 2008 et 2010, grâce au soutien de l’Agence canadienne pour le développement international (ACDI), 11 autres cliniques juridiques avaient été ouvertes dans les deux Kivu. A celles-ci s’ajoutent 10 autres cliniques juridiques installées en 2008 et 2009 dans les provinces du Maniema, de l’Equateur et la province Orientale, dans le cadre du soutien du Royaume de Belgique.
Les cliniques juridiques n’auront de l’impact attendu que lorsque le nombre de cas de violences sexuelles ira décroissant. A ce moment, ce cadre juridique aura servi à quelque chose, comme l’a déclaré l’un des acteurs de la troupe théâtrale : « Il faut un cadre juridique, qui doit être respecté par tous, pour mettre fin aux violences sexuelles » Comme pour dire que « Finie la récréation, la porte des prisons sont largement ouvertes, Tolérance zéro », ne seront plus de vains slogans et que les « Kuluna sexuels » ne resteront plus impunis.
Kléber Kungu

vendredi 27 mai 2011

DSK dans sa nouvelle résidence surveillée : le 153 Franklin Street

Considéré comme un voisin encombrant chez d’autres bailleurs
DSK dans sa nouvelle résidence surveillée : le 153 Franklin Street
Dominique Strauss-Kahn est sorti mercredi soir vers 19h30 (heure locale) de sa résidence temporaire au 71 Broadway escorté de deux «gorilles» pour sa nouvelle résidence surveillée, une luxueuse maison du quartier de TriBeCa, de 600 mètres carrés, à New York, sur le 153 Franklin Street. Dans l'attente de son procès. Cet appartement, qui était en location depuis plusieurs mois à 60.000 dollars par mois.
C’est un palace en plein cœur d’un des quartiers branchés de Manhattan, New York City. Le 153 Franklin Street a trouvé un locataire pas comme les autres : Dominique Strauss Kahn. L’ex-directeur général du Fonds monétaire international (FMI), libéré sous caution, y passera au moins encore quelques jours, en attendant l’audience du 6 juin. Il ne devrait pas se sentir trop à l’étroit dans cette maison de 600m2, avec terrasse, un spa, une salle de cinéma, mais surtout… quatre chambres et cinq salles de bain. Un bien estimé à 14 millions de dollars (9,9 millions d’euros), pour un loyer de 50.000 dollars (35.000 euros) par mois environ.
C’est une maison de deux étages au style faussement ancien. Des employés de la société de sécurité lui ont fait suivre ses valises, puis un livreur est arrivé. Il lui a servi un steak salade, qui a coûté 242 dollars. DSK a offert 25 dollars de pourboire, le minimum protocolaire à New York. C'est dans ce quartier très huppé que l'ancien patron du FMI vivra en résidence surveillée, avec son épouse Anne Sinclair, en attendant son procès. Sa prochaine comparution est prévue le 6 juin. Sa fille Camille, celle avec laquelle il aurait déjeuné le samedi 14 mai juste après la tentative de viol présumée d'une femme de chambre au Sofitel, a été aperçue entrant en catimini dans la résidence quelques heures avant lui.
TriBeCa est un ancien quartier d'usines et de hangars reconvertis il y a une vingtaine d'années en lofts. L'endroit qui forme un triangle au dessous de Chinatown au sud de Manhattan est très couru par les acteurs de cinéma et les célébrités américaines. Robert de Niro habite tout près. Cameron Diaz et le joueur de baseball Alex Rodriguez avaient été aperçus il y a quelques mois au 153. Anne Sinclair, qui paie les factures de DSK, ne s'en est, quant à elle, «pas si mal» sortie pour le prix de la location. Elle a obtenu un rabais de 10.000 dollars alors que le loyer de la maison était en location depuis plusieurs mois à 60.000 dollars par mois. «C'est ce qui se fait de plus luxueux et de plus cher à New York», souligne Charlie Attias, vice-président de la société immobilière Corcoran, spécialisé dans la vente et la location de résidences haut-de-gamme.
Le déménagement de l'ancien patron du FMI avait connu plusieurs accrocs. Celui que nombre de New-Yorkais considéraient comme un voisin trop «encombrant» avait été refusé par tous les gérants d'immeubles qu'Anne Sinclair avait approchés depuis sa sortie de la prison de Rikers Island. Ses conditions restent quant à elles des plus restrictives. Interdiction de quitter le 153, à moins de prévenir le juge 6 heures à l'avance et seulement pour aller voir le médecin, les avocats, pour se rendre au tribunal ou encore assister à un service religieux une fois par semaine. DSK devra toujours porter un bracelet électronique et est surveillé 24 heures sur 24 par des caméras vidéo placées dans toute la maison.
Privé toutefois de sa liberté, DSK va désormais loger dans un appartement équipé d'une salle de gym, d'une petite salle de cinéma, d'un jacuzzi, de bains et douches rivalisant d'originalité (sensation pluie, chute d'eau, ou massage). La maison dispose aussi d'une terrasse, mais DSK ferait bien de ne pas s'y attarder s'il veut éviter de finir en Une des tabloïds new-yorkais. Les plus sarcastiques ne manqueront pas de noter que la maison comprend plusieurs pièces réservées aux femmes de chambre.
Après quatre jours très stressants passés au 71 Broadway, en accompagnie d’une meute de journalistes prêts à se servir en premier lieu, DSK est loin de se retrouver dans un endroit à l’abri de toute agitation médiatique. Ses voisins du 153 Franklin Street semblent, eux, un peu plus blasés. «C'est pour le tournage d'un film ou c'est une scène de crime?» a demandé l'une d'entre eux. Des journalistes en quête de témoignages de voisins horrifiés sont tombés sur une jeune mère, se prélassant paisiblement sur les marches d'un loft voisin. «Ça change de l'habitude, c'est un quartier plutôt calme ici», a-t-elle dit d'un air indifférent.
En attendant la prochaine comparution, où l’ancien directeur général du FMI devra plaider coupable ou non coupable, le bureau du procureur a nommé deux nouvelles personnes pour mener l'accusation, deux femmes: Joan Illuzi-Orbon et Ann Prunty.
Kléber Kungu

Des habitants de Tshela et de Seke-Banza se sont affrontés

Bas-Congo
Des habitants de Tshela et de Seke-Banza se sont affrontés
Des habitants de Tshela et de Seke Banza se sont affrontés dans une bagarre très sanglante la semaine dernière. La bagarre a opposé particulièrement les villageois de Vaku-Kiadi dans le territoire de Tshela à ceux de de Nkulutu dans le Seke-Banza. Le bilan est lourd : une dizaine de maisons saccagées, des personnes blessées et des dégâts matériels importants.
A la base de cette bagarre : les deux villages se disputent un terrain agricole situé en territoire de Seke-Banza réputé fertile que les paysans exploitent en saison sèche.
La bagarre a débuté, selon les mêmes sources, aux champs entre une vingtaine de villageois de Vaku-Kiadi du territoire de Tshela et une douzaine de villageois de Nkukutu de Seke-Banza. Elle a fini par se répandre dans les deux villages. Selon Radio okapi.net, citant certaines sources locales, cette altercation a failli tourner au drame avec la sortie des armes de chasse et des armes blanches.
Des éléments de la police nationale congolaise (PNC) sont vite intervenus dans les deux villages, en récupérant six armes de chasse et quatre machettes auprès des présumés auteurs de la dispute.Les autorités locales ont précisé que cette affaire a été portée au Tribunal de grande instance de Tshela.
Le responsable de la section affaires civiles de la Monusco/Matadi a déclaré maintenir des contacts étroits avec les activistes de la société civile en vue de contenir le danger. Les activités champêtres sont paralysées dans ces deux territoires du Bas Congo, selon la société civile.
Des conflits fonciers sont fréquents dans des milieux ruraux du Bas-Congo qui conduisent souvent les parties en conflit devant des cours et tribunaux. Mais de mémoire de journaliste, il est rare de remarquer des bagarres entre des habitants de deux ou plusieurs villages ou entre membres de deux ou plusieurs familles pour un lopin de terre, si fertile soit-il. Même des parties de terre querellées réputées riches en pierres précieuses n’ont jamais fait l’objet de telles violences entre des parties en conflit.
Kléber Kungu

Affaire Muamba-Luhaka : vers un arrangement à l’amiable ?

Mouvement de libération du Congo (MLC)
Affaire Muamba-Luhaka : vers un arrangement à l’amiable ?
Le Mouvement de libération du Congo (MLC) est dans une phase de crise grave qui risque de faire éclater le parti. Son président national, Jean-Pierre Bemba étant en prison à la Haye depuis 3 ans, le bateau MLC vogue sans véritable homme de poigne et est rongé de l’intérieur par le virus ayant une couleur tribale. Depuis quelques mois, le parti cher chairman est engagé dans une procédure judiciaire opposant deux ailes : l’ancien secrétaire général (SG), François Muamba à Thomas Luhaka, le nouveau SG nommé par le collège des fondateurs. Descendu de son fauteuil, François Muamba a saisi la justice et continue à se considérer le secrétaire général du parti. C’est dans près d’une semaine que le verdict de cette affaire sera connu. Les deux ailes ont-ils décidé de revenir sur les bons sentiments en privilégiant le dialogue et un arrangement à l’amiable ?
C’est dans 8 jours que les deux ailes seront départagées par les juges du Tribunal de grande instance (TGI) de la Gombe. Devons-nous nous attendre à un règlement à l’amiable entre les deux ailes du MLC ? François Muamba Tshishimbi et Thomas Luhaka se disputent la direction du secrétariat général du parti de Jean-Pierre Bemba Gombo. La 2e audience de ce dossier a eu lieu ce mercredi 25 mai : un rendez-vous très attendu par les militants de ce parti dont le numéro un a eu à se mesurer avec le président Joseph Kabila Kabange au second tour de la présidentielle en 2006.

Paix de braves ?
Cette audience, selon Radio okapi.net, a tourné autour des préalables soulevés par les deux parties en cause, cela, avant de pouvoir discuter de la possibilité de plaider sur les mesures provisoires sollicitées par le camp François Mwamba. Mais, ces mesures provisoires, qui demandent à ce que le tribunal puisse surseoir à statuer sur l’affaire, n’ont pas été plaidées à l’audience du jour.
Car, avant de les aborder, il y a des préalables que les avocats de la partie demanderesse n’ont pas voulu dévoiler, à l’instar de Me Edouard Mukendi Kalambayi. Un autre avocat, le bâtonnier national Mukendi, a néanmoins lâché: «Que toutes les parties se retrouvent dans une bonne décision.»
Une déclaration qui n’a pas permis d’éclairer les zones d’ombre qui planent sur l’issue de cette affaire. Ce qui a poussé les uns et les autres à spéculer. Mais dans les couloirs du TGI de la Gombe, on a évoqué la thèse d’une paix des braves. Comme quoi, les deux parties ont décidé d’enterrer la hache de la guerre pour fumer le calumet de la paix, d’autant plus que les membres du parti doivent parler d’une même voix et regarder dans une même direction à quelques mois des élections jugées très cruciales.
Selon la même source, l’une des parties en cause, Thomas Luhaka, a même semblé conforter cette thèse, en déclarant que «la volonté de la base du MLC l’a clairement affiché. Vous avez vu qu’il n’y a pas deux groupes, il y a un seul groupe, le MLC».
En début du mois en cours, ce qu’on peut appeler « affaire Mwamba-Luhaka » a occupé la une des médias de Kinshasa lorsque François Mwamba, soutenu par huit membres fondateurs du parti, a décidé de porter devant la justice le problème de son éviction de la tête du secrétariat général du MLC, qualifiant d’illégale cette destitution.
L’opinion congolaise, qui suit de près, cette situation critique, regrette que le MLC, la 2ème foce politique institutionnelle de la RDC soit aujourd’hui en proie à une crise d’une ampleur jamais égalée auparavant, alors que la plupart des partis politiques sont en train de peaufiner leurs stratégies pour aborder avec assurance les élections en novembre 2011.
Le tout est parti lorsqu’un groupe des députés nationaux du parti a adressé à la hiérarchie du MLC un mémo qui exigeait la redynamisation des activités du parti notamment l’organisation du congrès qui devrait lever les options pour la participation du MLC aux prochaines échéances électorales. Le camp qui a demis François Muamba avait estimé que celui-ci prenait position en faveur des signataires de mémo.
Face aux échéances électorales prochaines, François Mwamba, avait annoncé sa candidature à la présidence pour le compte de son parti, dans le cas où Jean- Pierre Bemba serait absent: «Parce que nous avons des structures et un électorat qui nous attendent, le MLC doit bel et bien aligner un candidat à la présidence. En l’absence de Jean Pierre Bemba qui est le candidat naturel du MLC, c’est moi qui suis bien placé pour cela, j’ai des qualités pour cela et je vais me présenter. Bien entendu si j’ai la confiance de mon parti.»
Une décision courageuse que lui ont déniée certains députés, comme Jean-Lucien Mbusa, le secrétaire général adjoint du MLC chargé des questions politiques et stratégiques, qui a soutenu qu’il existe un seul candidat naturel du MLC à la présidentielle: Jean Pierre Bemba, le leader de ce parti, qui est en procès à la Cour pénale internationale (CPI). Pour ce député, en l’absence de J.-P. Bemba, il revient au congrès d’en décider. « Lorsque arrivera le moment où, par exemple, que Jean Pierre Bemba ne retourne pas, seul le congrès du parti va en décider. Nous disons simplement que le candidat naturel c’est Jean Pierre Bemba. Mais à partir du moment où il y aurait un problème dans ce sens, c’est le congrès qui va le régler. Ce n’est pas à nous et à chacun de s’autoproclamer candidat MLC à l’élection présidentielle,» a-t-il conclu.
C’est au cours de sa réunion extraordinaire du lundi 18 avril à Kinshasa, que le collège des fondateurs du MLC a décidé de remplacer François Muamba aux fonctions de secrétaire général du MLC par le député national Thomas Luhaka. Le député François Mwamba a été demis de ses fonctions de secrétaire général du MLC ; cependant, il n’a pas été exclu de ce parti.
Le temps risque de jouer contre le MLC. Il importe que les membres du collège des fondateurs mettent de l’eau dans leur vin pour fumer le calumet de la paix en vue de préparer les élections.
Kléber Kungu


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Les FDLR tuent 6 personnes à Katwiguru

Rutshuru toujours dans l’insécurité
Les FDLR tuent 6 personnes à Katwiguru
L’insécurité a encore de beaux jours devant elle dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu. Sous l’emprise des éléments des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), la population civile de ce territoire continue à payer le tribut d’une insécurité quotidienne. Au moins six personnes ont été tuées par des éléments des FDLR dans la nuit de mercredi à jeudi 26 mai dans le village de Katwiguru, à 22 kilomètres de Kiwanja dans le territoire de Rutshuru.
L’attaque des FDLR est consécutive à la capture, mercredi 25 mai, par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), d’un des leurs chefs appelé «Saddam» et à la mort d’un de ces gardes du corps au cours des opérations que l’armée congolaise mène actuellement dans le secteur.
L’information de la tuerie du village de Katwiguru a été confirmée par la police de Rutshuru.
Pour le commandant des FARDC de la zone opérationnelle de Rutshuru, le colonel Yav, le bilan de cette attaque est de quatre morts. Il a ajouté que les éléments de l’armée régulière poursuivaient les assaillants. Cependant, selon d’autres sources locales citées par Radio okapi, un groupe de combattants FDLR armés est entré à Katwiguru aux environs de 21 heures locales, avant d’abattre par balle des personnes âgées de 20 à 40 ans, dont trois d’une même famille.
La société civile du groupement de Binza déplore ces tueries et demande aux FARDC de garantir la sécurité des personnes dans des circonstances comme celles-là.
On rapporte que les éléments des FARDC qui sont positionnés à 3 kilomètres de ce village ne sont arrivés qu’après le départ des assaillants. L’attaque des FDLR était si éclair, selon le colonel Yav, que les éléments des FDLR ont été pris de court, sans possibilité d’intervention opportune.
La situation sécuritaire du territoire de Rutshuru reste toujours très préoccupante. Le mardi 10 mai, la population de Rutshuru est descendue dans la rue, sur l’axe Chengerero-Bunagana pour exprimer son mécontentement face à la persistance de l’insécurité dans cette partie de la province du Nord-Kivu.
Il y a quelques semaines, le cortège du ministre Léonard Mashako Mamba de l’Enseignement supérieur et universitaire (Esu) qui y a été en mission de service a été victime d’une attaque meurtrière à Katwiguru en route pour Rutshuru pour s’y faire enrôler en provenance de Goma. Si Mashako Mamba a échappé à la mort d’une façon miraculeuse, quoique dépouillé de tous ses biens, son chauffeur et son garde du corps, par contre, ont été tués sur le coup.
Dans une conférence de presse donnée après cette attaque, Mashako Mamba a reconnu qu’il existait un problème d’insécurité dans le Nord-Kivu, estimant que «le problème de la sécurité doit interpeller tout le monde, les autorités doivent se mobiliser et renforcer les efforts déjà consentis afin de mieux protéger les populations et leur garantir la sécurité dans tous les coins du pays ». Aussi plaide-t-il pour le renforcement de la sécurité sur tout l’ensemble du territoire de la RDC, estimant que son cortège et lui ont « vécu, c’est ce que vit la population au quotidien ».

Pas de résultats souhaités
La partie orientale de la RDC, singulièrement la province du Nord-Kivu, est en proie à une grave insécurité. En dépit de nombreuses opérations menées contre les FDLR et les autres groupes armés pour sécuriser la partie, le résultat reste peu probant. Aujourd’hui, le Nord-Kivu est à la merci des attaques à répétition.
Des éléments des FDLR, des FDLR-Soki, de l’ADF-Nalu sont restés maîtres dans cette partie de la République. Il appartient au gouvernement congolais de faire de la sécurité du Nord-Kivu une de ses grandes préoccupations. Pour que la liste de victimes de cette barbarie ne s’allonge pas indéfiniment.
Kléber Kungu

10 Africains parmi les 1 210 milliardaires: aucun Congolais de la RDC

Personnalités les plus riches du monde
10 Africains parmi les 1 210 milliardaires: aucun Congolais de la RDC
Dix Africains figurent parmi les personnalités les plus riches du monde 2011 que le magazine américain Forbes a publiées dans son classement des milliardaires (en dollars) dans le monde. Les 1.210 personnalités présentes sur cette liste représentent 4.500 milliards de dollars (3.180 milliards d'euros), le record de cette année 2011.
Ces Africains sont des hommes d'affaires qui, en un peu plus de dix ans, sont parvenus à se taper une place d’honneur dans le cercle très fermé des grandes fortunes mondiales, malgré l'appauvrissement croissant des populations du continent noir.
Au cours de cette décennie, une poignée d'Africains issus de familles de haut rang, ont su trôner à la tête d’un grand nombre de méga-entreprises qui ont vu le jour en Afrique. C’est notamment dans les secteurs de l'immobilier, des mines de diamants, du pétrole ou des télécommunications.
Il faut noter le particularisme africain: l'absence de statistiques ou d'équivalent au classement du magazine Forbes. Il y a les fortunes certifiées, celles que l'on peut établir sur des comptabilités précises et transparentes. Et les autres, celles que l'on nomme les «richesses informelles». Mais la source note que des personnalités comme Abba Abacha au Nigeria et autres chefs d'Etat échappent à tous les radars et fuient toute visibilité.
Dans le top 20 des milliardaires, on compte huit Américains, deux Français, un Suédois, deux Indiens, un Espagnol, un Brésilien, un Canadien, un Mexicain, un Allemand, un Chinois, un Russe.
Le Nigérian Aliko Dangote est l’Africain le plus riche et 51e fortune mondiale.
Voici la liste des 10 Africains les plus riches du monde :

Le Nigérian Aliko Dangote

L’Egypte rafle 5 places, suivie de l’Afrique du Sud (3), du Nigeria (2)

1. Aliko Dangote, Nigeria

And the winner is… Nigérian de 53 ans, on estime qu’Aliko Dangote s’est constitué une fortune de 13,8 milliards de dollars (9,75 milliards d'euros). Sa compagnie, Dangote Cement, le plus grand fabricant de ciment du continent, possède des usines en Zambie, en Tanzanie, au Congo et en Ethiopie, et des terminaux de ciment en Sierra Leone, en Côte d’Ivoire et au Liberia.
Classé 51e dans la liste de Forbes, Aliko Dangote est tout simplement l’homme le plus riche d’Afrique. Spécialisé dans la production et l’exportation de ciment, le groupe Dangote a des intérêts dans le sucre, la farine, le textile, l’immobilier, le pétrole et le gaz. Par rapport à 2010, Aliko Dangote aurait augmenté sa fortune de plus de 500%.

2. Nicky Oppenheimer, Afrique du Sud

Diplômé d’Oxford, à 65 ans, l’homme le plus riche d’Afrique du Sud avec 7 milliards de dollars (4,95 milliards d'euros) a constitué sa fortune essentiellement dans l’exploitation de mines de diamants. Il est aujourd’hui à la 136e place dans le classement mondial de Forbes.
Après ses études, il rejoint la société minière de son père, la Anglo American Corporation implantée à Londres. Il revient à Johannesburg en 1975, et intègre De Beers, une entreprise spécialisée dans l’extraction de diamants. Il en prend la direction en 1978, et ouvre plusieurs joailleries dans le monde, dont une aux Galeries Lafayette à Paris.

3. Nassef Sawiris, Egypte

A 50 ans, le fils d’Onsi Sawiris et frère cadet de Naguib Sawiris devient le plus riche de la famille. Né au Caire en Egypte, il a fait ses études à l’université de Chicago aux Etats-Unis où il a reçu son diplôme d’économie. Sa fortune estimée à 5,6 milliards de dollars (3,96 milliards d'euros) provient pour l’essentiel du groupe Orascom Construction Industries (OCI Group), spécialisé dans le fabrication de ciment et les constructions immobilières. En décembre 2007, Orascom a cédé son activité au français Lafarge, leader mondial du secteur. Cette transaction valorisée à 8,8 milliards d’euros a fait de Nassef Sawiris le deuxième actionnaire du groupe français et le 182e homme le plus riche de la planète.

4. Johann Rupert, Afrique du Sud

A la 219e place du classement de Forbes, Johann Rupert, 60 ans, est la deuxième plus grande fortune d’Afrique du Sud, évaluée à 4,8 milliards de dollars (3,39 milliards d'euros). Il est d’abord banquier puis incite l’entreprise Rembrandt, appartenant à son père et jusqu’à lors spécialisée dans les vins et le tabac, à s’intéresser au domaine du luxe. Il devient actionnaire principal et prend la tête du groupe suisse Richemont en 1988, qui comprend les marques Cartier, Dunhill, Montblanc et Chloé. Il possède par ailleurs deux des vignobles les plus connus d’Afrique du Sud: Rupert & Rothschild et L’Ormarins. Dernièrement, il s’est intéressé à la multinationale Shell, la compagnie pétrolière.

5. Naguib Sawiris, Egypte

Le fils d’Onsi Sawiris et frère ainé de Samih Sawiris et Nassef Sawiris, est à 56 ans, la 310e fortune du monde selon Forbes. Né en Egypte au Caire, il a fait ses études en Suisse et a rejoint le groupe Orascom fondé par son père en 1979.
Sa fortune, aujourd’hui évaluée à 3,5 milliards de dollars (2,47 milliards d'euros), est le résultat du développement de la branche télécommunications du groupe Orascom et d’Orascom Telecom Holding dont il est l’actuel président et qui contient des opérateurs égyptien, algérien, italien et tunisien.

6. Patrice Motsepe, Afrique du Sud

A 50 ans, l’ancien avocat en droit minier Patrice Motsepe est devenu le premier noir milliardaire d’Afrique du Sud. Avec 3,3 milliards de dollars (2,33 milliards d'euros), il devient le 336e homme le plus riche de la planète.
Patrice Motsepe a su profiter des cours avantageux des matières premières dans les années 2000. Parvenu à la tête du conglomérat African Rainbow Minerals, il s’est spécialisé dans le droit minier et il est devenu le premier associé noir au sein du cabinet Bowman Gilfillan à Johannesburg. Patrice Motsepe est reconnu pour avoir progressivement racheté des puits de mines d’or boudées par les grands groupes d’exploitation, pour en augmenter la productivité en utilisant un style de gestion à rentabilité faible.


7. Onsi Sawiris, Egypte

Le chef patriarcal de la famille égyptienne Sawiris n’est plus le plus riche d’entre eux. A 81 ans, sa fortune culmine à 2,9 milliards de dollars (2,05 milliards d'euros), faisant de lui le 393e homme le plus riche de la planète. Il reste le Fondateur du conglomérat Orascom, dont ses trois fils gèrent les différents domaines de construction, de télécommunications, de tourisme, de science et technologie et de l’industrie.


8. Mohammed Mansour, Egypte

A 63 ans, Mohammed Mansour rentre avec ses trois frères Mansour (Youssef et Yassen Mansour) dans le classement Forbes: il apparaît à la 595e place (ex aequo avec le Nigerian Nike Adenuga). Sa fortune est estimée à 2 milliards de dollars (1,41 milliard d'euros).
Après des études d’ingénieur et de commerce aux Etats-Unis, il profite des liens qu’il a tissés pour introduire des marques américaines sur le marché égyptien telles que Caterpillar, Chevrolet ou encore Marlboro. Les Mansour ont diversifié leurs activités en se lançant par exemple dans la grande distribution et en créant leur propre chaîne de supermarché: Métro. Il a par ailleurs été ministre des Transports en Egypte entre 2005 et 2009.


9. Nike Adenuga, Nigeria

Bien loin derrière son compatriote nigérian Aliko Dangote, Nike Adenuga, à 58 ans, culmine à la 595e place du classement Forbes, avec 2 milliards de dollars (1,4 milliard d'euros) provenant de la banque, du pétrole ou de ses actions dans des entreprises de télécoms. Il fait ses études aux Etats-Unis avant de se lancer dans les transactions immobilières.
A 26 ans, il est déjà millionnaire en distribuant la marque Coca-Cola en Afrique. Il forme Globacom, un groupe de télécoms qui rassemble 13 millions d’abonnés et qui récemment a investi dans la construction de câbles internet sous-marins pour joindre le Nigeria au reste du monde. Il préside également Conoil, une compagnie pétrolière du Niger, et détient des parts dans l’Equatorial Trust Bank.


10. Yasseen et Youssef Mansour, Egypte

A 49 ans (Yasseen) et 65 ans (Youssef), les deux frères Mansour rentrent pour la première fois dans la liste de Forbes. Ils arrivent ex aequo à la 692e place avec une fortune estimée pour chacun à 1,8 milliard de dollars (1,27 milliards d'euros). Connu sous le nom de «Baba Mansour», Youssef Mansour, le plus âgé des trois frères, est à la tête de Métro, la plus grande chaîne de supermarchés égyptiens, l'une des seules à perdurer depuis les émeutes. Il consacre une partie de son temps à lutter contre l'analphabétisme et à promouvoir l'éducation, et reste pour sa famille la pierre angulaire.
Comme Youssef Mansour, Yasseen Mansour, le plus jeune des frères, est diplômé de l'université de Washington. Il dirige la Palm Hills Developments (PHD), le deuxième plus grand promoteur immobilier d'Egypte, spécialisé notamment dans la construction de villas de luxe et de centres commerciaux.
Kléber Kungu

Le pape est-il un salarié?

Le pape est-il un salarié?
Le pape est-il un salarié comme les autres ? Si oui, combien gagne-t-il mensuellement ? De quels autres avantages bénéficient-ils ?A la tête de l’Eglise et de millions de croyants à travers le monde, le pape Benoît XVI est également un érudit et théologien reconnu, auteur de plusieurs livres sur la religion. Il publie d'ailleurs "Jésus de Nazareth, de l'entrée à Jérusalem à la Résurrection".
Le Saint-Père n’est pas un salarié et ne perçoit pas, par conséquent, de revenu mensuel. Mais c’est le Vatican qui prend en charge tous ses frais grâce aux revenus qu’il obtient des contributions des évêchés. Les évêchés des Etats-Unis, d’Allemagne et d’Italie sont les plus généreux donateurs.
C’est donc grâce à cet argent que le Saint-Père arrive à faire face aux grands achats ou ses voyages à l’étranger. Son secrétariat au Vatican se charge des procédures financières.
Le Pape bénéficie de plusieurs autres grands avantages, notamment l’exonération de l’impôt, aussi bien dans l’Etat du Vatican que dans sa patrie d’origine, l’Allemagne.
Et puis il ne doit bien évidemment assumer aucun loyer.
Au quotidien, le pape peut compter sur l’aide de son assistant personnel, qui se soucie que Sa Sainteté ne manque de rien. C’est Georg Gänswein qui remplit ce rôle pour Benoît XVI.
5e personne la plus influente
Bien qu’il ne perçoive aucun salaire, le pape figurait tout de même en 2010 à la 5e place du classement des personnes les plus influentes publié par le magazine Forbes.
Et il semble aussi être très populaire: le livre sur Benoît XVI paru fin 2010, intitulé Lumière du Monde, est un véritable best-seller. Le livre a été publié en 18 langues. La version allemande s’est vendue à environ 200 000 exemplaires.
5 millions € de droits d'auteur
Le pape est non seulement le sujet de nombreux ouvrages, il est également lui-même l'auteur de plusieurs livres. Le dernier en date, Jésus de Nazareth, de l'entrée à Jérusalem à la Résurrection, vient d'ailleurs d'être publié. Depuis son élection, Benoit VXI a touché environ 5 millions d'euros de droits d'auteur, qu'il a entièrement reversés à diverses oeuvres. Il a notamment fait un don de 2,4 millions d'euros pour la création de la Fondation Vatican Ratzinger-Benoit XVI, destinée à "promouvoir les recherches et les études sur la pensée du Pr Joseph Ratzinger". Les quelque 2,6 millions restants ont été offerts à plusieurs oeuvres de charité.

Combien gagne Monseigneur Léonard?
Environ 90% des membres du clergé sont rémunérés par l'Etat. Il n’y a pratiquement aucun secret qui entoure la rémunération du "personnel du culte". Tout est barémique. Les prêtres de paroisse touchent la somme de 1660,38€ bruts par mois. L'archevêque de Malines-Bruxelles Mgr Léonard peut compter sur un salaire de 8.466, 13€ bruts mensuel.
"Lorsque Napoléon pilla les richesses de l'Eglise, il prévit dans son code une sorte de contrepartie pour le payement des ministres du culte. Autrefois, seule la foi catholique était concernée. Depuis, d'autres cultes furent reconnus comme la religion juive, les Orthodoxes, les Anglicans, les Musulmans, les Protestants...
Les laïcs qui ont un tout autre régime barémique, également. La plupart des membres du clergé, nommés par les évêques, reçoivent leurs fiches de paie du Service des Dépenses Fixes de l'Etat fédéral. Au même titre que les enseignants, les fonctionnaires...", explique Harry Claes. Il est responsable du service du personnel payé par l'Etat (entendez les ministres du culte) à l'archidiocèse de Malines-Bruxelles.

Curés et vicaires touchent 19.924,6 € bruts indexés par an
Les prêtres nommés curés ou vicaires d'une paroisse gagnent une salaire mensuel de 1660,38 euros brut. Ils bénéficient en outre d'une prime de fin d'année, du pécule de vacances et pour les curés uniquement d'une habitation (à la cure) ou d'un "budget habitation" versé par la commune. Il s'agit de rémunération fixe indexée. La taxation sur ce montant brut, à priori faible, dépendra de la situation personnelle du prêtre.
De nombreux curés ou prêtres de paroisse desservent plusieurs entités pastorales. Un bon nombre de ces prêtres perçoivent 2490,57 euros brut. Qu'ils gèrent deux ou onze paroisses ne changent pas la donne: ils toucheront 50% de salaire brut en plus.
Le remboursement éventuel de frais de déplacement dépend essentiellement des moyens financiers de la paroisse et... de la personnalité de l'homme d'église. Certains rentrent des frais à leur paroisse, d'autres ne le font pas.
Enfin, une partie de ces représentants du culte seront plutôt rémunérés par des ASBL (ex: aumônier d'une clinique) ou par des instances privées.
Léonard gagne 8.466, 13€ bruts par mois
En ce qui concerne son salaire, l'archevêque de Malines-Bruxelles n'est tenu à aucune obligation. Ce qui veut dire qu'il n'est pas contraint de reverser l'intégralité ou une partie de son pécule à l'archevêché. Le cardinal Daneels avait pour habitude de le faire.
Monseigneur Léonard bénéficie également d'une prime de fin d'année, d'un pécule de vacances et de frais de déplacement couverts par l'évêché ou par l'Etat. A ce jour, ces frais ne sont pas plafonnés.
L'archevêque de Malines-Bruxelles peut bénéficier d'une voiture de fonction avec chauffeur (comme certains évêques) à charge de l'évêché. Enfin, il a droit à la jouissance de deux habitations mises à sa disposition: l'une à Malines, l'autre à Bruxelles.
Tout compte fait, les hommes de Dieu, ayant une délicate mission de conduire les âmes vers Celui qui les a créées, doivent travailler dans de meilleures conditions. Question de les mettre à l’abri de toute sorte de tentation de la vie. Donc, il n’y a rien de scandaleux dans ce qu’ils touchent comme salaires.
Kléber Kungu

DSK libéré sous caution de…6 millions de dollars

Ancien DG du FMI
DSK libéré sous caution de…6 millions de dollars
L’ancien directeur général du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn, DSK pour ceux qui aiment le raccourci, vient d’être libéré sous caution. Il a quitté donc vendredi 20 mai la prison de Rikers Island où il était incarcéré depuis mardi 17 mai pour un appartement du bas de Broadway Avenue, qui appartient à la société de sécurité privée, Stroz Friedberg, chargée de sa surveillance et situé à proximité de Wall Street et de Ground Zero, dans le sud de Manhattan que loue Anne Sinclair, son épouse. Strauss-Kahn, vient d’arracher sa liberté provisoire pour une caution d'un million de dollars assortie d’une garantie de cinq autres millions), un bracelet électronique, une vidéosurveillance et des gardes armés payés à ses frais, se relayant pour surveiller l'appartement. Des mesures qui vont lui coûter plus de 200 000 dollars par mois, une somme que la fortune familiale d'Anne Sinclair lui permet d'assumer.
Strauss-Kahn, qui risque 25 ans de prison s’il est reconnu coupable, ne sera autorisé à quitter son appartement qu'en cas d'audience au tribunal, de rencontre avec ses avocats, de rendez-vous médical ou d'office religieux hebdomadaire. Il devra en faire la demande plusieurs heures à l'avance. En revanche, un strict couvre-feu nocturne lui est imposé entre 22h et 6h du matin. En dehors de ces horaires, il pourra recevoir des visiteurs en nombre limité.
L’ancien ministre français de l’Economie libre, en dépit du caractère drastique des conditions de sa libération, il se réjouit quand même de pouvoir humer l’air libre pour pouvoir préparer tranquillement sa défense avec le soutien de deux avocats de renom : Benjamin Brafman et William Taylor. Le premier a déclaré que son client allait plaider non coupable et, partant, qu’il finira par être acquitté.
En parlant de l’état d’esprit de DSK, Me Benjamin Brafman a déclaré qu’il était très impressionné par son client, qu’il était certain que Strauss-Kahn était prêt à un long combat et qu’il n’était pas content d’être accusé de quelque chose qu’il n’avait pas fait. Benjamin Brafman qui était pour le week-end en Israël, avec son fils –un rabbin, et son petit-fils, est l’un des meilleurs avocats du monde. Ténor du barreau new-yorkais, l’avocat est un habitué des scandales et des clients de renoms. Il a notamment défendu Michael Jackson ou des rappeurs tel Jay-Z.
L'affaire DSK : entre 2 millions à 3 millions de dollars
L’affaire DSK est loin d’être une mince affaire et sa facture s’annonce très salée. Elle sera aussi coûteuse que délicate. Appartement à Manhattan à louer, gardiens armés, honoraires d'avocats, frais d'enquête et d'expertises… La facture sera extrêmement exorbitante.
Excepté la caution d'un million de dollars et le dépôt de garantie de 5 millions, il sera question que ce dépôt soit émis par une compagnie d'assurances qui facturera une prime d'assurance à DSK ainsi que des frais sur l'hypothèque qu'elle prendra sur l'une des maisons de l'ancien chef du FMI. «L'ensemble de ces frais devrait représenter 500.000 à 600.000 dollars, soit 10% de la somme assurée», explique Me Denis Chemla, avocat chez Herbert Smith.
La période de liberté sous caution devrait également coûter très cher. Les avocats de DSK ont accepté des conditions de surveillance drastiques: une assignation à résidence avec bracelet électronique, une surveillance de tous les instants avec garde armé et des caméras dans l'appartement. Le tout à la charge de l'ancien patron du FMI. Le coût du logement, dans le sud de Manhattan, entrera en également en compte. On évoquait vendredi plusieurs milliers de dollars de loyer. Le procureur John McConnell a annoncé jeudi que cette liberté surveillée coûterait 200.000 dollars par mois à DSK, mais les sources interrogées par Le Figaro tablent plutôt sur 100.000 dollars au maximum. «Le gardien ne devrait pas coûter plus de 1000 dollars par jour, assure un expert en surveillance. Même s'il faut du personnel pour la surveillance vidéo et la maintenance du matériel, on ne dépassera pas les 100.000 dollars.»
La procédure judiciaire durera deux à huit mois, soit 200.000 à 800.000 dollars de frais de logement. À ces frais, il faut ajouter ceux de la défense. Les avocats du barreau de New York interrogés par Le Figaro estiment les honoraires des deux avocats du niveau de William Taylor et Benjamin Brafman dans une fourchette de 1 à 2 millions de dollars à eux deux. «Sur ce genre d'affaires, des avocats revoient leur rémunération à la baisse du fait du prestige du client et de l'impact en terme d'image pour eux, explique un avocat au barreau de New York. Mais ce ne serait pas le cas de ces deux avocats qui n'ont rien à prouver.» La défense de l'homme politique français va aussi se construire sur une contre-enquête: des détectives privés vont fouiller la vie de la plaignante, son passé, ses anciennes relations amoureuses, son travail au Sofitel. «Le moindre détective coûte 700 à 2000 dollars par jour», explique un spécialiste des arcanes judiciaires américains.
Il y a possibilité d’organiser des contre expertises scientifiques. «Une contre-expertise ADN coûte 10.000 dollars, explique un avocat au barreau de New York, cité par Le Figaro.fr. Mais cette contre-expertise devra être défendue par quelqu'un de crédible: ils feront venir quelqu'un de Columbia ou Harvard qui demandera 50.000 dollars. C'est une chaîne sans fin.» L'ensemble de ces frais de contre-enquête coûteront 500.000 à 800.000 dollars. L'affaire DSK devrait donc coûter autour de 2 millions de dollars, plus la caution d'un million de dollars. Mais en cas de second round - une procédure au civil par exemple - la facture pourrait augmenter.

A quoi servent une caution et un dépôt de garantie ?
Le versement d'une caution, fixée à un million de dollars pour DSK, permet de s'assurer que l'inculpé, bien que libre de ses mouvements, se présentera à toutes les audiences auxquelles il est convoqué. S'il manque à cette obligation, il perd le montant total de la caution. En revanche, s'il la respecte, la caution lui est automatiquement restituée, qu'il soit déclaré coupable ou non.
Comment est fixée la caution ? Le 8e amendement de la Constitution américaine exige de « ne pas requérir de caution excessive ». Le montant de la caution est fixé par un juge lors de la première audience. Le magistrat tient compte de la nature et des circonstances du crime jugé, du dossier contre l'accusé, de son environnement social et familial, de son emploi, de ses ressources familiales, de sa personnalité et de son casier judiciaire. Dans le cas Strauss-Kahn, c'est lui-même qui a proposé une caution d'un million de dollars.
Dans le cas Strauss-Kahn, cette caution est assortie d'un dépôt de garantie de 5 millions de dollars que le prévenu devra verser à la justice s'il ne respecte pas l'intégralité des conditions entourant sa remise en liberté assignation à résidence, port d'un bracelet, surveillance de son appartement par un garde à ses frais, etc.

Dominique Strauss-Kahn est accusé de tentative de viol par la justice américaine sur une femme de ménage de l’hôtel Sofitel. Bref retour sur l’histoire malheureuse de celui qui, une semaine plutôt, a été en tête des sondages pour la présidentielle de 2012, avant de devenir le prisonnier le plus médiatisé du monde.
Samedi 14 mai: Arrêté
Dominique Strauss-Kahn est arrêté à l'aéroport JFK de New York à bord de l’avion qui devait l’amener à Paris. Accusé d’agression sexuelle par une femme de chambre du Sofitel de Times Square dans lequel il a résidé, il est conduit au commissariat de East Harlem.
Dimanche 15 mai: Inculpé
Après avoir été auditionné, DSK est inculpé pour agression sexuelle, tentative de viol et séquestration par le parquet de New York. Celui qui est encore directeur du FMI passera toute la journée au commissariat de East Harlem, sa présentation devant le juge étant plusieurs fois repoussée.
Lundi 16 mai: Auditionné
Dominique Strauss-Kahn est présenté à la juge Melissa Jackson au cours d’une audience classique. L’affaire est rapidement entendue: la juge, craignant une fuite (elle fait notamment référence à Roman Polanski), refuse la libération et le versement d’une caution d’un million de dollars proposé par la défense. Ainsi DSK va-t-il prendre la direction de la prison de Rikers Island.
Mardi 17 mai: Emprisonné
DSK va passer sa première nuit puis première journée en prison. Les premières rumeurs sur son remplacement à la tête du FMI commencent à filtrer, de même que la défense envisagée par les avocats de Strauss-Kahn qui pourraient plaider l’acte sexuel consenti, selon les médias américains.
Mercredi 18 mai: Démissionné
Depuis sa cellule de Rikers Island, Dominique Strauss-Kahn présente dans un courrier sa démission du poste de directeur du FMI. «Je tiens à dire que je nie avec la plus grande fermeté possible toutes les allégations qui ont été faites contre moi. Je veux protéger cette institution que j'ai servie avec honneur et dévouement, et en particulier, je veux consacrer toute ma force, tout mon temps, et toute énergie à prouver mon innocence», écrit-il.
Jeudi 19 mai: Libéré sous caution
Les avocats de DSK tentent un coup et demandent à nouveau une libération sous caution. Les arguments sont les mêmes, mais cette fois le juge Michael Obus accepte. Moyennant une caution d'un million de dollars (mais également une garantie de cinq autres millions), un bracelet électronique, une vidéosurveillance et un garde armé... Les conditions sont drastiques, mais l’accusé se réjouit de pouvoir préparer sa défense dans l’appartement que loue Anne Sinclair à Manhattan.
Vendredi 20 mai: Logé
Les proches et les avocats de DSK vont passer une journée mouvementée. Alors que dans la matinée, la presse américaine affirme que Anne Sinclair a loué un appartement de très haut standing au Bristol Plaza et que DSK devrait sortir rapidement, le Bristol fait savoir que le dossier de l'ex-patron du FMI n'a pas été accepté, les résidents du palace ne voulant pas avoir à affronter une meute de journalistes. Dominique Strauss-Kahn finira quand même par quitter la prison de Rikers Island en fin d'après-midi, après que ses avocats ont payé les 6 millions de dollars de caution. C'est la société chargée de le surveiller qui lui trouve un logement, temporaire, à Broadway. Un appartement qui, aux dires de ses habitants, est aussi relativement luxueux, où il a pu passer une première nuit en liberté très surveillée.
Kléber Kungu

Rond-point Ngaba, repaire de vrais faux agents de l'ordre

Tracasseries
Rond-point Ngaba, repaire de vrais faux agents de l'ordre
Tenue ordinaire faite d’une chemise, d’un pantalon, de chaussures ordinaires, d’un képi (parfois), se promenant souvent en groupe, sans ordre de mission, se déplaçant d’un véhicule à un autre, parlant généralement le lingala. Prenez Voyagez dans le Bas-Congo en prenant votre véhicule au parking du rond-point Ngaba, réputé également pour son armée de voleurs et autres pickpockets, vous vivrez ce que j’ai vécu dernièrement : faute de papier d’identité – qu’ils exigeaient –une passagers qui se rendaient à Kuilu-Ngongo a dû débourser 5 700 FC pour ‘’éteindre le feu’’ (boma moto).
‘’Kuilu-Ngongo tina Sadisa’’, s’époumone celui que je prenais pour le receveur, alors que c’était le chauffeur. Il est 10h30, lorsqu’une meute de jeunes hommes, trentaine, en tenue civile, se faisant passer pour des agents de la DGM (Direction générale de migration) exige nos papiers d’identité. « Maman, montrez-nous votre laissez-passer », demande un des agents qui est monté dans le véhicule, alors qu’un autre se pointe sur la portière largement ouverte et quatre autres investissent le véhicule de tous les côtés. « Je n’ai pas un autre papier », rétorque la maman, après avoir remis une carte que les agents déclarent être fausse.
Les agents ne désarment pas. Ils font pression sur cette femme, la cinquantaine révolue, une potentielle vache laitière. Passez maîtres en stratégie d’extorsion, ils ne tarissent pas de moyens. L’agent posté à la porte et qui paraissait être leur chef presse le citron. « Maman, je vois que votre jambe a une déformation, sinon je vous aurais demandé de descendre et de nous suivre au bureau. Pour ‘éteindre le feu’’, remettez 5 000 FC à mes agents pour leur bière », lance-t-il, faussement réconciliant et compatissant.
Prise de panique, surtout à l’évocation de la menace d’être conduite au bureau où devant le chef, il n’y a plus de négociation, la maman délie sa bourse avant de se mettre à compter des billets de 500 FC. Elle en remet 5 à l’agent à l’intérieur. « Je n’ai que cela », répond-elle, alors que les agents lui font comprendre que si elle tient que le ‘’feu soit vraiment éteint’’, elle a intérêt à doubler la mise. « Maman, vous nous remettez seulement 2 500 FC pour une grande infraction ! Alors, laissez-moi appeler la police », menace le ‘’chef’’, qui se saisit de son téléphone, faisant semblant de chercher le numéro de téléphone du policier.
Il va changer d’avis quelques minutes plus tard. La proie est prenable, se dit-il, il faut faire plus de pression. « Bon, maman, descendez et veuillez vous entretenir avec notre chef », intime le vrai faux chef. Le chef de ces vautours est un filiforme, arborant une chemise blanche, un pantalon bleu et une paire de souliers qui ont longtemps servi ailleurs avant d’en exiger un ultime service en RDC. La qualité de cette tenue est telle qu’à sa vue, vous refusez directement de croire qu’il est le chef de cette meute d’agents. C’est une autre stratégie pour mieux extorquer la pauvre maman.
L’entretien, qui va prendre seulement quelques minutes, entre la maman et le vrai faux chef se déroule à côte du véhicule, derrière la portière. La femme revient quelques minutes plus tard, après avoir augmenté la facture :5 500 FC. Suivie du 2e vrai faux chef qui se met à lui poser quelques questions sur son secteur, son territoire sa province. La femme en sort avec beaucoup de peine.
« Maman, vous avez donné combien ? » demande le premier vrai faux chef, qui revient en charge, le second ayant rempli sa mission. Lorsque la femme répond ‘’5 500 FC’’, l’escroc agent s’écrie : « Oh ! maman, sur 20 dollars, vous n’avez remis que ce montant ? » S’étant ressaisie, la femme leur répond calmement qu’elle n’a que cela. Satisfait, le groupe lâche la proie saignée. Mais le premier vrai faux chef reste insatiable. « Maman, donnez-moi ces 200 FC pour me permettre de boire de l’eau ».
Les 200 FC empochés, l’agent suit les autres. Plus loin, on les aperçoit en train de se disputer. Quelques minutes plus tard, l’un d’eux revient et demande à la femme combien elle leur a remis.
Des agents de cet acabit, des vautours de ce genre, le rond-point Ngaba en est complètement infesté. Ils opèrent de jour comme de nuit avec toute la quiétude possible, au vu et au su de tout le monde comme si cela est tout normal. Ce parking a cette particularité : y embarquent des passagers à destination d’Angola. Donc, des passagers pas comme les autres : potentiellement disposés à débourser de l’argent pour monnayer leur sortie de Kinshasa. C’est au rond-point Ngaba que débarquent les passagers d’Angola via Kuilu-Ngongo, Songololo…
Ce parking est loin d’être invivable en raison de la seule présence d’agents – vrais et faux – d’ordre. Y opère également une armée de voleurs, pickpockets. L’endroit est si étroit, avec marchands, passagers de tout genre et autres passants, véhicules en stationnement et en mouvement, motos, vélos, pousse-pousse… qu’il offre un cadre propice aux voleurs. Bien des personnes imprudentes y ont déjà laissé leurs biens et autres objets.
A ce jour, en dépit de quelques actions d’éclat contre les agents de l’ordre véreux, le rond-point Ngaba a de fortes chances de garder pendant plusieurs années sa réputation d’endroit parmi les plus dangereux de Kinshasa. Le laxisme et la complicité de certaines autorités avec ces agents véreux aident encore ceux-ci et ceux-là à continuer d‘y opérer tranquillement. Pour que des années durant cet endroit restera un repaire dangereux d’agents de l’ordre véreux et de voleurs.
Kléber Kungu

lundi 16 mai 2011

Révision du fichier électoral : des centres implantés dans 17 communes sur les 24

Ville de Kinshasa
Révision du fichier électoral : des centres implantés dans 17 communes sur les 24
C’est le samedi 7 mai que les opérations d’enrôlement des électeurs ont démarré dans la capitale de la République démocratique du Congo (RDC). Elles s’étaleront sur trois mois. Selon le vice-président de la Ceni, Jacques N’djoli, cité par Radio Okapi.net, au jour du lancement, les centres d’inscription sont implantés dans dix-sept communes sur les vingt-quatre que compte la ville. Il s’agit de Bandalungwa, Barumbu, Bumbu, Gombe, Kalamu, Kasa-Vubu, Kinshasa, Kintambo, Kisenso, Lemba, Limete, Lingwala, Makala, Matete, Ngaba, Ngiri Ngiri et Selembao. C’est dans les sept communes restantes que vont commencer ce lundi 9 mai les inscriptions.
« Sur les vingt-quatre communes, nous commençons sur dix-sept communes. Les sept autres communes, essentiellement dans la circonscription de la Tshangu, débuteront le lundi 9 mai », a déclaré Jacques N’djoli.
Quant au manque de visibilité de l’opération sur le terrain, le vice-président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) a précisé que l’opération est encore à ses débuts. Il a toutefois reconnu que l’opération n’a pas une grande visibilité. Selon lui, la mobilisation qui devrait être le fait de la société civile, des Eglises et essentiellement des acteurs politiques qui sont les premiers concernés, n’était pas au rendez-vous. Comme quoi, ces acteurs sont loin de s’impliquer dans cette phase du processus électoral.
Néanmoins, le numéro deux de la Céni reste optimiste et confiant quant aux performances de la Céni. Il a ainsi rassuré qu’avec les efforts qui sont en train d’être faits et l’importance de l’événement lui-même, la Ceni va avancer.
S’agissant du nombre de centres d’inscription retenus dans la capitale, le vice-président de la Ceni a noté une diminution de ces centres par rapport à l’année passée. Pour la ville de Kinshasa, il est prévu 544 centres.
La Ceni estime que ce nombre couvrira dans un premier temps l’ensemble de la capitale.

Révision du fichier électoral dans des provinces
L’opération de la révision du fichier électoral a été déjà bouclée dans plusieurs provinces, notamment dans la province de l’Equateur où, un mois après le lancement de cette opération, 1, 219 million électeurs se sont inscrits sur les 3, 500 millions attendus. Des problèmes techniques ont rendu difficile cette opération. Ainsi plusieurs centres d’inscription n’étaient pas opérationnels plusieurs jours après le lancement de l’opération. L’Equateur était aussi confronté aux problèmes de communication. Malgré toutes ces difficultés, la Céni/Equateur était convaincue qu’elle allait atteindre le chiffre de 3,5 millions d’inscrits attendus.
Quant à la Province orientale, trois semaines après le lancement de l’opération de la révision du fichier électoral, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) avait dénoncé au cours d’une séance d’évaluation de cette opération, l’absence de témoins des partis politiques dans les centres d’inscription de Kisangani. Selon la Ceni, environ trente partis politiques sur les quarante représentés dans la ville, n’ont pas introduit leur demande pour l’accréditation des leurs témoins. Les témoins présents dans les centres déclaraient ne pas être motivés par leurs partis politiques. Certains affirmaient qu’ils restaient toute la journée dans les centres d’inscription sans manger. Aussi Jean-Pierre Makakaro, secrétaire exécutif provincial de la Ceni, avait-il invité les partis politiques à s’approprier le processus électoral pour savoir comment les opérations se déroulaient.

Kasaï-Oriental: déjà un million de personnes enrôlées
Quatre semaines après le lancement des opérations de révision du fichier électoral au Kasai-Oriental, un million de personnes ont été enrôlées. Dans cette province, l’on a noté un engouement évident avait été remarqué de la part de la population. D’après les statistiques rendues publiques par la Ceni, le vendredi 29 avril, la ville de Mbuji-Mayi avait enregistré à cette date le plus grand nombre d’enrôlés, plus de deux cent soixante-quatorze mille personnes. Dans le territoire de Kabeya Kamwanga, cinquante-six mille six cent trente personnes se sont enrôlées sur cinquante-six mille cinq cent vingt personnes attendues.
En 2005, deux millions quatre cent trente-sept mille personnes ont été enrôlées au Kasaï Oriental.
Kléber Kungu

Les mandataires publics appelés à prioriser la réforme économique

Entreprises commerciales
Les mandataires publics appelés à prioriser la réforme économique
« Conscient des enjeux que présente la réforme économique et au regard des attentes de la population en général et de vos agents en particulier, Son Excellence madame la ministre du Portefeuille nous a demandé de vous informer que nous devons tous nous investir davantage à finaliser toutes les questions en suspens ou en cours d’examen relatives à la réforme, de manière à nous concentrer désormais sur les questions de fonds concernant la réforme économique ». C’est en ces termes que le directeur de cabinet de la ministre du Portefeuille, Faustin Mpako, s’est adressé aux mandataires des entreprises commerciales du Portefeuille vendredi 6 mai dans la salle de réunions du ministère du Portefeuille.
A ce jour, après le bouclage du volet juridique, première phase du processus de la transformation des entreprises publiques, les efforts du gouvernement se trouvent focalisés sur la seconde phase : la reforme économique, la plus intéressante pour « l’Etat propriétaire, la population congolaise et autres usagers des services et biens publics fournis » par les entreprises publiques. C’est ce qui justifie la rencontre entre le ministère du Portefeuille et les mandataires des entreprises commerciales représentées par leurs administrateurs directeurs généraux (ADG), administrateurs directeurs généraux adjoints (ADGA) et les directeurs financiers (DF). Il s’agit des sociétés suivantes : ex-CMDC, la Cohydro, le FPI, l’INSS, la Cadeco, l’Ogefrem, Lac, la SCPT, la Sonas, la SNCC, la DGDA, la CVM, la Gécamines, la Sokimo, la Snel, la Régideso, la SCTB et la RVA.

Responsabilité et obligation
Faustin Mpako a rappelé à ceux qui gèrent les entreprises commerciales leur responsabilité et leur obligation d’aider l’Etat propriétaire « à matérialiser la transformation de » leurs « entreprises en sociétés commerciales ou établissements publics conformément » aux statuts respectifs de ces entreprises. Ce qui nécessite, selon le directeur de cabinet, « des questions dites urgentes qu’il faut adresser et des problèmes spécifiques auxquels des solutions idoines sont attendues. »
Pour accélérer cette étape du processus de transformation des entreprises en sociétés commerciales, cinq commissions de travail ont été mises en place par la ministre du Portefeuille, Jeannine Mabunda. Il s’agit des commissions suivantes avec chacune leurs prérogatives : la régularisation des titres de propriété des fonds et immeubles, qui permettra aux entreprises de justifier le maintien dans des bilans des actifs couverts par des titres de propriété établis aux noms de leurs sociétés et établissements. Il s’agit des opérations d’obtention des titres de propriété et/ou de mutation pour se conformer aux nouvelles appellations. La 2e commission est l’examen de la problématique de la propriété de certains actifs des entreprises publiques. Ici, à la suite des débats suscités sur la propriété de certains actifs détenus par les entreprises, il sera question d’assurer des arbitrages entre entreprises et d’examiner profondément la question pour permettre au Portefeuille d’obtenir la décision du Gouvernement sur l’appartenance de certains actifs. Il s’agit, par exemple, des barrages hydroélectriques, des ports, des aéroports, des chemins de fer et de certains immeubles.
La préparation du canevas et des éléments constitutifs du bilan d’ouverture est la 3e commission. Chaque société est appelée de préparer le canevas-type représentant la structure de son bilan d’ouverture. Y seront examinés les problèmes spécifiques rattachés à certains éléments du passif ou de l’actif seront examinés pour y donner des solutions adéquates. C’est à ce niveau que les experts donneront leurs avis sur le bilan de l’exercice 2010 en cours de finalisation.
Quant à la mise à jour du fichier des participations indirectes, qui est la 4e commission, il appartiendra au ministère du Portefeuille d’actualiser la fiche des participations indirectes des établissements du Portefeuille (entreprises publiques et toute autre personne de droit public), conformément à l’article 3 de la loi n° 08/010 du 07 juillet 2008 fixant les règles relatives à l’organisation et à la gestion du Portefeuille de l’Etat.
Enfin, la 5e commission, la détermination de dotation initiale et simulation d’un capital social minimum, permettra de mettre en application la recommandation du Premier ministre Adolphe Muzito faite à la ministre du Portefeuille en décembre 2010 « de réfléchir sur la transformation de l’INSS et du FPI dans la perspective de la création des sociétés commerciales. » A ce sujet, le Conseil des ministres du 13 avril 2011 a souhaité que le FPI soit doté des ressources propres pour devenir une banque des investissements. Il a été recommandé de définir la dotation initiale pour chacune de ces entreprises conformément à l’article 18 du décret n° 09/11 du 24 avril 2009 et à la détermination des capitaux sociaux minima au regard des bilans de ces deux entreprises.
L’attente des Congolais est si pressante que Jeannine Mabunda tient que les travaux desdites commissions arrivent à produire des résultats concrets dans un bref délai. Aussi des équipes de travail par entreprise ont-elles été constituées, chacune dotée des termes de référence appropriés, de manière à appuyer les entreprises dans l’exécution de cette tâche.
Une recommandation a été faite aux mandataires : la priorité impérative accordée à ces actions qui demande l’implication personnelle des mandataires par « la désignation des experts devant participer aux travaux, le déblocage des moyens matériels et financiers nécessaires et l’obligation de reporting auprès des conseils d’administration » de leurs entreprises.
Il a échu au vice-président du Conseil supérieur du portefeuille (CSP) de donner les détails sur les exigences et le contenu technique pour l’organisation de ces travaux.
Aussi le processus de la réforme des entreprises étant un objectif primordial pour le gouvernement qui l’a confié à Jeannine Mabunda, aux mandataires indifférents ou négligents sur la réalisation de ces actions, ne sera accordée aucune excuse pour justifier quoi que ce soit. La satisfaction de l’Etat-actionnaire, de la population, des travailleurs et de nombreux bénéficiaires des produits et services de ces entreprises passe par là.
Kléber Kungu

Mashako Mamba échappe à la mort, son chauffeur et son garde du corps tués

Embuscade des FDLR à Rutshuru
Mashako Mamba échappe à la mort, son chauffeur et son garde du corps tués
Le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire (Esu) a échappé à la mort dans une embuscade tendue samedi 7 mai à son cortège par des éléments des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) sur la route menant à Rutshuru dans la province du Nord-Kivu.
Le cortège de Léonard Mashako Mamba, ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, a été attaqué samedi 7 mai par un groupe des combattants rebelles hutu rwandais des FDLR, sur la route de Rutshuru dans la province du Nord-Kivu. Si le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU) a échappé à la mort, son chauffeur et un de ses gardes du corps, ont été tués sur le coup. La nouvelle a été annoncée samedi soir par le ministre de la Communication et médias et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga.
Le ministre Mashako Mamba revenait de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu pour Rutshuru lorsque son cortège a été attaqué vers 16 heures (locale) par des éléments des FDLR, a précisé Lambert Mende qui a cité le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku.
Mashako Mamba est sorti de cette embuscade dépouillé de tous ses biens. Il est quand même arrivé à Rutshuru où il devait s’enrôler.
Rutshuru est la circonscription électorale du ministre Mashako Mamba, un ancien député national avant son entrée au gouvernement.
A Kinshasa, Mashako Mamba fait l’objet d’attaques verbales de la part des professeurs d’université réunis au sein de l’Association des professeurs d’université de Kinshasa (Apukin) qui réclame son départ du ministère de l’Enseignement et universitaire. La pomme de discorde : A l’annonce de l’octroi des véhicules aux professeurs d’université congolais, le numéro un de l’Esu avait parlé de don du gouvernement, alors que, selon les enseignants d’université, il s’agit d’un achat à crédit qu’ils avaient négocié avec le concessionnaire ATC.
Kléber Kungu

L’USAID aide les PME agricoles congolaises à accéder aux crédits

Partenariat USAID-BIAC
L’USAID aide les PME agricoles congolaises à accéder aux crédits
L'Agence américaine pour le développement international (USAID) a conclu un partenariat pour la mise en œuvre d’un programme d’appui financier de quatre ans avec la Banque internationale pour l'Afrique au Congo (BIAC) afin d’accorder plus de prêts aux petites et moyennes entreprises (PME) opérant dans le secteur agricole en République démocratique du Congo(RDC). La cérémonie a eu lieu vendredi 6 mai au cercle Gourmand, à la Gombe.
A travers le programme d’appui financier de l’USAID dénommé Autorité d’octroi de crédits au développement (DCA), selon un communiqué de presse de l’USAID, dont L’Observateur a obtenu copie, la BIAC facilitera la circulation des capitaux financiers indispensables aux PME évoluant dans l’agro-industrie en RDC. Le DCA est une disposition légale des Etats-Unis qui permet à l'USAID de fournir des garanties partielles de prêts aux institutions privées afin d’atteindre les objectifs de développement économique. Le DCA est utilisé pour encourager les crédits à un groupe ciblé d'emprunteurs qui sont crédibles mais n’ayant pas un accès facile au crédit formel.
Le programme DCA avec la BIAC permettra de réduire le risque lié aux crédits dans ce secteur et encouragera le financement des investissements à moyen terme nécessaires aux emprunteurs pour les achats d'immobilisations. Ces achats peuvent notamment inclure l'amélioration des équipements, l’acquisition de nouvelles technologies et intrants comme les semences améliorées et les engrais qui augmentent la productivité du secteur agricole.
« L’octroi des crédits aux petites et moyennes entreprises dans le secteur privé à travers les filières agricoles sera un catalyseur pour la croissance économique générale, l’emploi et l’amélioration de la sécurité alimentaire. Le succès de cet appui financier permettra de démontrer la viabilité des crédits agricoles à la fois pour la BIAC et d’autres institutions financières en RDC », a déclaré Stephen Haykin, directeur de l’USAID/RDC. Il a souligné le fait que ce partenariat aidera « le peuple congolais à obtenir plus de crédit nécessaire au développement du secteur agricole. »
Stephen M. Haykin a rappelé qu’ « environ 70% de la population de la RDC vivent en milieu rural et tirent leur revenu des activités agricoles ». Cependant, le secteur agricole, où plus de la moitié de femmes congolaises œuvrent, ne contribue qu’à hauteur de 55 % au Produit intérieur brut (PIB). Pour le directeur de l’USAID, la plupart de familles recourent à l’agriculture comme moyen de subsistance. Voilà pourquoi l’on peut conclure que « le développement de l’agriculture permet de lutter contre l’insécurité alimentaire ». Ce qui explique l’importance d’un soutien financier à ce secteur. « Ainsi, un soutien financier pour renforcer le secteur agricole et aider les entrepreneurs à améliorer leur contribution est le bienvenu », a conclu Stephen M. Haykin.

Lutte contre l’insécurité alimentaire et la pauvreté
Dans son discours, le directeur de l’USAID a souligné l’importance du crédit à accorder aux petites et moyennes entreprises évoluant dans le secteur agricole. « Grâce au partenariat entre la BIAC et l'USAID, le crédit accordé aux petites et moyennes entreprises dans le secteur privé à travers les filières agricoles sera un catalyseur pour la croissance économique générale, la création d'emploi et la sécurité alimentaire accrue », a déclaré M. Haykin, qui a ajouté que ce partenariat allait réduire le risque de prêt dans le secteur agricole et encourager, par conséquent, le financement des investissements à moyen terme nécessaires à l’acquisition des intrants améliorés afin de faire avancer les objectifs de développement agricole en RDC. Ainsi, à travers ce programme, l'USAID réaffirme son engagement à aider la RDC à lutter contre l'insécurité alimentaire et la pauvreté.
« Je suis convaincu que ce partenariat sera le début d'un programme très enrichissant qui bénéficiera à un grand nombre d'entrepreneurs congolais, qui auront accès au crédit dont ils ont besoin pour accroitre leur bien-être et créer une vie meilleure pour eux-mêmes et leurs familles », a conclu Stephen M. Haykin.
Compte tenu de l’immensité du territoire de la RDC et les besoins dans le secteur agricole, la conviction du numéro un de l’USAID risque de s’arrêter au niveau des simples vœux. En effet, si le Biac et l’USAID ont signé un accord financier pour aider les entrepreneurs congolais à accéder aux crédits, il reste à savoir si les entrepreneurs agricoles de l’intérieur auront un accès facile et équitable à ces crédits. Ils risquent d’être marginalisés au profit des petites et moyennes entreprises agricoles évoluant en milieux urbains.
Kléber Kungu

Oxfam accuse l’Onu d’inégalité et de partialité

Protection des civils dans les conflits armés
Oxfam accuse l’Onu d’inégalité et de partialité
* En 2009, 15 000 viols avaient été recensés en RDC, une tendance qui s’est poursuivie avec 7685 nouveaux cas identifiés à la mi-2010.
L’ONG internationale Oxfam vient de publier un rapport sur la situation de protection des civils dans les conflits armés en 2010. Ledit rapport, dont L’Observateur a obtenu copie, accuse le Conseil de sécurité de l’Onu de n’avoir pas protégé assez les civils dans les conflits armés au cours de cette année. En 2010, la réponse de la communauté internationale en matière de protection des civils a été inégale et souvent partiale, estime l’ONG internationale Oxfam dans un rapport publié le lundi 9 mai. 2010 a été particulièrement marqué par des enlèvements, assassinats, déplacements forcés, viols et autres exactions. Voilà le prix payé par les populations civiles prises dans les conflits armés.
Au cours de l’année passée, les conflits à travers le monde ont provoqué la mort de milliers de civils et le déplacement forcé de plusieurs millions d’autres, précise le rapport. Dans le rapport intitulé ‘Protection des civils en 2010’, Oxfam étudie 18 conflits armés ayant affecté des populations civiles dans le monde en 2010. Le document met notamment en regard les données existantes relatives au nombre de civils tués, violés ou déplacés et la réponse apportée par le Conseil de sécurité. Le rapport se penche également sur le problème des enfants soldats et du nombre de travailleurs humanitaires tués au cours de l’année.
Le rapport est rendu public au moment où le Conseil de sécurité de l’Onu se prépare à débattre sur une question où ses succès et ses échecs en matière de ‘protection des civils’ seront examinés.
Dans ce rapport, les auteurs ont relevé plusieurs faits saillants ayant marqué particulièrement l’année passée en matière de protection des civils dans les conflits armés. La République démocratique du Congo (RDC) est cité parmi les pays dont les forces gouvernementales et les groupes armés non étatiques ont recruté les enfants soldats. En 2010, nombre d’enfants ont été enrôlés par différents groupes armés dans 10 des 18 pays étudiés dans ce rapport. En Afghanistan, en République centrafricaine, au Tchad, au Soudan, en République démocratique du Congo, en Birmanie ou en Somalie, tant les forces armées gouvernementales que les groupes armés non-étatiques seraient à l’origine de telles pratiques.
Au cours de l’année passée, certains pays ont connu un grand nombre de civils tués en zone de conflit : l’Irak (4000 personnes au moins), le Pakistan (plus de 3500 personnes), l’Afghanistan (plus de 2700 personnes) et la Somalie (plus de 2000 personnes). Par ailleurs, le Soudan a battu le record du plus grand nombre de personnes toujours déplacées à l'intérieur du pays - environ 5 millions - et le nombre le plus important d’individus nouvellement déplacés par un conflit, soit plus de 532 000 personnes. Quant à la Somalie, elle s’est illustrée en ayant le pourcentage le plus élevé de déplacés, soit plus de 16% de sa population totale, dont beaucoup demeuraient déplacés depuis plusieurs années.
En 2010, l'Afghanistan restait la zone la plus dangereuse pour les humanitaires: 29 d’entres eux ont été tués, 71 ont été enlevés. Ce qui correspond à 153% d'augmentation par rapport à 2009, et à environ huit fois les chiffres de 2008.

Façon arbitraire de décider
Compte tenu de tous ces éléments, la conclusion que l’auteur du rapport, Nicolas Vercken, d’Oxfam est fort malheureuse. « Comme nous avons pu le constater au cours de l’année 2010, la communauté internationale a une façon très arbitraire de décider qui protéger et selon quelle priorité. Les premiers mois de 2011 n’ont pas fait exception. En effet, aucun des conflits récents n’a généré le même degré d’engagement politique ou la même volonté d’agir rapidement qu’en Libye », a-t-il expliqué.
“En Colombie, plus de 250 000 personnes ont été nouvellement déplacées en 2010. Le problème n’a pourtant pas été abordé par le Conseil de sécurité, qui n’a jamais mis le pays à son ordre du jour. Nous devons nous assurer qu’une réponse cohérente est apportée aux menaces qui pèsent sur les populations civiles en zone de conflit».
C’est pourquoi l’ONG internationale souhaite « que toute action menée par le Conseil de sécurité » corresponde « à un besoin identifié sur le terrain ». Des actions « qui doivent être destinées à protéger les civils qui en ont le plus besoin », sur la base d’informations et d’analyse des menaces fiables.

Pas de résolutions en 2010
Par ailleurs, le rapport accuse l’Onu de n’avoir pris aucune résolution en 2010, en dépit du nombre élevé des conflits à travers la planète, et de privilégier certaines zones de conflit au détriment d’autres en ce qui concerne les informations mises à disposition par les Etats membres de l’Onu concernant les civils en zone de conflits. Ainsi, « si une large documentation est accessible sur le sujet concernant des zones très médiatisées comme l’Afghanistan ou l’Irak, à l’inverse en Somalie, en RDC, au Yémen, comme dans la majorité des pays en conflit, le Conseil de sécurité manque souvent de données.
En 2010, le Conseil de sécurité n’a adopté aucune résolution, ni même abordé le sujet des conflits armés en Colombie, au Myanmar, aux Philippines ou encore au Yémen. Il n’a pas non plus été en mesure d’organiser une discussion régionale cohérente qui aurait traité simultanément de l’ensemble des zones où la LRA (Armée de Résistance du Seigneur) sévit.
Face à la recrudescence des conflits et au nombre important d’outils de prévention de conflits dont dispose l’Onu, notamment la médiation et les missions diplomatiques, les embargos sur les armes ou le commerce, les sanctions, la mise en place de juridictions, les missions de maintien de la paix ou l’autorisation du recours à la force) l’on se demande pourquoi l’Onu hésite à appliquer l’un d’eux pour prévenir et limiter les violences faites aux civiles en territoire de conflit.
Parmi les 26 résolutions adoptées en 2010 sur les pays étudiés, seules dix mentionnaient la question de la protection des civils dans leurs paragraphes opérationnels, soit 30%. Trois concernaient la Côte d’Ivoire, et deux le Soudan et la RDC. Des résolutions sur l’Afghanistan, le Tchad, la Somalie ou la République centrafricaine faisaient également mention de tels engagements. Ce qui n’a été le cas d’aucune des quatre résolutions sur l’Irak.
Kléber Kungu

Négociations de l’après 6 décembre : ICG donne raison au G1000

Face aux incertitudes du calendrier électoral
Négociations de l’après 6 décembre : ICG donne raison au G1000
Depuis la publication du calendrier électoral par la Commission électorale nationale indépendante (Céni), dans les quartiers généraux des partis politiques, principalement de l’opposition, on ne manque pas d’exprimer des inquiétudes quant à la faisabilité de ce calendrier électoral. La société civile n’a pas non plus sa voix pour montrer son inquiétude. C’est le cas de l’ONG G 1000 présidée par Serge Gontcho. Aujourd’hui, la sortie d’International Crisis Group (ICG) a rejoint les préoccupations ou les inquiétudes de G 1000.
Le président de la Synergie des forces sociales mieux connue sous le nom de G1000 a, à ce sujet, tiré en quelque sorte la sonnette d’alarme. Convaincu que les élections n’auront pas lieu dans les délais constitutionnels, son ONG avait proposé une voie de sortie pour l’après 6 décembre 2011. Lors de la présentation de l’équipe provinciale du G 1000 de Kinshasa à la Paroisse Francophone Protestante de Kinshasa à Bongolo dans la commune de Kalamu, avait proposé des concertations au sein de la classe politique qui seraient initiées par les chefs des confessions religieuses – catholiques, protestants, musulmans – représentant des institutions dans lesquelles les Congolais ont confiance. Le G1000 avait adressé un courrier dans ce sens au président de la Conférence nationale épiscopale du Congo (CENCO), au président de l’Eglise du Christ au Congo, au président de la Communauté Islamique du Congo (COMICO) et au cardinal Monsengwo. Par ce courrier, G 1000 leur demandait de prendre leurs responsabilités pour que le pays ne sombre pas encore une fois dans le chaos. Et pour que ce ne soit pas toujours des étrangers – Sud-Africains ou autres – qui mettent les Congolais ensemble pour décider de leur destin.
En présentant cette proposition, le G1000 était opposé à une médiation de l’extérieur et à l’extérieur et avait proposé les Eglises comme médiateur. Dans cette optique s’est tenue le 30 avril une première rencontre sur la prolongation au Centre Interdiocésain à laquelle ont pris part des forces sociales et des acteurs politiques aussi bien de la majorité que de l’opposition sous l’égide du CALCC et de G1000.
Le G1000 était opposé à une médiation de l’extérieur et à l’extérieur et avait proposé les Eglises comme médiateur. Dans cette optique s’est tenue le 30 avril une première rencontre sur la prolongation au Centre Interdiocésain à laquelle ont pris part des forces sociales et des acteurs politiques aussi bien de la majorité que de l’opposition sous l’égide du CALCC et de G1000.
Lorsque G1000 a proposé une transition après le 6 décembre afin de permettre aux forces politiques et sociales de discuter pour faciliter une bonne organisation des élections (voir l’Observateur du 15 avril 2011), très peu sont ceux qui ont approuvé l’idée, même au sein de la société civile. A l’époque, G1000 avait recommandé le sens de responsabilité auprès de la classe politique congolaise. Il avait demandé de reconnaître les réalités (le cours laps de temps avant les élections et les difficultés d’organisation) telles qu’elles se présentaient et de ne pas se laisser enfermer dans des jeux de cache-cache.
Le G1000 avait proposé un front commun pour des élections libres, qui comprendrait toutes les forces sociales et politiques désireuses de voir le Congo sortir en paix du processus électoral.
Le G1000 avait explicitement proposé une prolongation de 18 à 24 mois avec comme priorité l’organisation des élections en commençant par locales avant de terminer par les présidentielles.
Le G1000 avait soutenu que la tenue des locales servirait de répétition générale avant la tenue des présidentielles et des législatives qui cristallisent plus de passion.

Inquiétude de ICG
Pour International Crisis Group, le calendrier électoral en RDC pose problème. « Le calendrier électoral congolais est trop serré, la RDC ne sera pas prête à temps pour des élections apaisées » : c’est l’analyse de l’ONG internationale de prévention des conflits, International Crisis Group.
ICG a produit un rapport en fin de semaine dernière, avec une recommandation principale : organiser une transition à la fin du mandat présidentiel actuel. Thierry Vircoulon, directeur d'International Crisis Group pour l'Afrique centrale avait exprimé son inquiétude sur l’exécution du calendrier électoral en RDC sur les ondes de Radio France international (RFI) lundi 9 mai matin.
Le dilemme électoral, selon ICG est un choix entre deux mauvaises solutions. Soit la République démocratique du Congo organise ses élections couplées à la date prévue, c'est-à-dire la présidentielle et les législatives en même temps, le 28 novembre. Les résultats de la présidentielle seraient alors annoncés le 6 décembre, le jour même de la fin du mandat actuel. Ce calendrier entraîne un risque d’élections bâclées parce que tous les moyens financiers, techniques et humains ne seraient pas prêts. Et donc de possibles contestations et violence.
Soit le calendrier glisse, faute de moyens prêts à la date prévue, avec cette fois le risque d’inconstitutionnalité du pouvoir, et les même périls.
Compte tenu du retard des préparatifs techniques : pas de loi électorale, pas de liste complète d’électeurs, financement insuffisant, l’ONG recommande un «plan B» où le pouvoir et les partis politiques s’entendraient sur une période de transition acceptée par tous dans le but de mettre plus de chances de leur côté d’obtenir des élections transparentes, inclusives, incontestables.
ICG recommande enfin aux Nations unies de clairement faire pression pour obtenir les mêmes standards qu’en 2006, ceci afin de ne pas se retrouver piégées dans un processus à l’ivoirienne.
De son côté, la Céni ne cesse de répéter que les élections se tiendront dans le délai et qu’il n’y a rien à craindre.
Kléber Kungu

Près de 500 morts et environ 200 disparus en une année : arrêtons le drame !

Transport routier, aérien, fluvial et lacustre
Près de 500 morts et environ 200 disparus en une année : arrêtons le drame !
Près de 500 morts et environ 200 disparus, tel est le bilan macabre causé par les transports routier, aérien, fluvial et lacustre en RDC. Des accidents de circulation routière, des catastrophes ou crashs d’avion, des naufrages des baleinières et autres bateaux au Congo Kinshasa continue d’endeuiller le peuple congolais, sans que des mesures appropriées ne soient prises pour arrêter la machine meurtrière de toutes ces catastrophes. Et lorsqu’on sait que les disparus dans les naufrages et chavirements sont en réalité des morts, la facture est dramatiquement très salée. Le nombre d’ingrédients est suffisant pour aboutir à cette conclusion alarmante : le secteur du transport routier, aérien, fluvial et lacustre se porte dramatiquement mal. C’est pourquoi, il est temps que l’œil de ceux dont le transport relève de leur responsabilité s’ouvre grandement pour du moins mettre un terme à cette hécatombe, sinon la réduire sensiblement. Car, il y a moyen d’y parvenir.
Le transport routier, aérien, fluvial et lacustre en République démocratique du Congo (RDC) reste parmi les plus dangereux au monde, à en croire le nombre de victimes dues aux nombreux accidents, crashs, naufrages et autres chavirements qui se sont déjà produits sur les routes, dans l’espace aérien, sur les rivières, lacs et fleuve de ce pays. En une année – d’avril 2010 à mai 2011 – ces drames ont déjà fait 452 morts et 197 disparus, contre un petit nombre de rescapés.
Lorsqu’on se réfère aux causes qui occasionnent ces drames, l’on remarque qu’aucun drame n’était inévitable. Avec plus de rigueur et de vigilance, bien des drames auraient dû être évités. Plusieurs causes sont à la base de ces drames qui ne cessent d’endeuiller la nation congolaise. Parmi les plus récurrentes dans les accidents de circulation routière, l’état défectueux des véhicules, l’ivresse, la fatigue au volant, la vitesse excessive des conducteurs, le très bon état actuel de certaines routes et artères du pays, notamment la Nationale n° 1, le boulevard du 30 juin…). Les chauffeurs des véhicules de grand tonnage (poids lourds) arrachent pour le moment le macabre record des tueurs. Ceux-ci roulent si vite et sans respect des normes de circulation et d’autres véhicules qu’ils causent bien des accidents mortels. La route Kinshasa-Matadi est particulièrement très dangereuse.
Sur les rivières, lacs et fleuve Congo, la situation est particulièrement dramatique. Chaque jour qui passe en RDC, les Congolais pleurent leurs compatriotes engloutis par les eaux profondes, gourmandes et insatiables des cours d’eaux congolais. Parmi les causes, l’on note généralement la surcharge des embarcations. Dans la plupart de cas, les armateurs, avides de recettes, prennent plus de charge qu’il en faut, sans respect de capacité de leurs embarcations. Personnes, biens, marchandises et autres bêtes se côtoient dans une baleinière déjà amortie depuis longtemps, mais dont l’ingéniosité ( !) des mécaniciens permet de rendre des services le plus souvent périlleux et mortels. Le mauvais temps (intempéries : vent, pluies violentes) vient souvent se mêler à la surcharge des embarcations pour les faire chavirer et causer, par conséquent, des noyades et disparitions.

Naviguer sans lumière
Les armateurs poussent loin leur audace en prenant le risque de naviguer parfois la nuit, sans lumière. Il arrive alors que la baleinière entre en collision avec des obstacles, à l’instar des pierres ou autres troncs d’arbre flottants. Ce qui provoque des incendies.
Souvent, les armateurs fournissent toujours des manifestes avec le nombre des passagers à la baisse pour éluder certaines taxes. Par conséquent, le nombre de victimes est sous estimé.
L’espace aérien congolais est loin d’offrir la sécurité que les routes et les rivières, lacs et fleuve refusent d’assurer, quoiqu’on dénombre un seul crash cette année. Les populations congolaises ont déjà payé de leur vie cette situation dramatique. Le 4 avril, un jet CRJ Bombardier de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC (Monusco) a raté son atterrissage à l’aéroport international de N’djili. Le crash a fait trente-deux morts et un seul rescapé.
Nous sommes au mois de mai et que 6 mois entiers restent pour clôturer cette année. Cela voudrait dire que, sans être un oiseau de mauvais augure, les accidents de circulation routière, les crashs d’avion, les naufrages et autres chavirements, étant du monde imprévisible, nous ne sommes pas encore à l’abri des deuils. D’ici à la fin d’année, le boulevard Lumumba en pleine réhabilitation sera fin prêt à commencer, lui aussi, à compter ses morts par accidents. Ajouter à tous les éventuels autres morts et disparus, le bilan pour cette année reste encore ouvert.
Nous voulons dire que le peuple congolais a assez pleuré ses compatriotes, il revient à ses dirigeants de prendre les taureaux par les cornes en mettant de l’ordre – beaucoup d’ordre – dans le secteur du transport routier, aérien, fluvial et lacustre. Tous ceux qui y prestent, directement ou indirectement, doivent être sensibilisés pour que le deuil de 3 jours décrété à la suite du naufrage sur la rivière Kasaï soit le dernier et qu’il n’y ait plus d’autres Marie-Laure Kawanda devant payer leur poste de leur laxisme.
Face à ce qui se passe dans un secteur aussi sensible que celui des transports et voies de communication, nous sommes tenté de conclure que l’œil de l’autorité compétente y était entrouvert. Il est maintenant temps de l’ouvrir grandement pour voir, au moindre détail, toutes les failles. Car, ne nous voilons pas la face : loin d’être le seul secteur géré avec peu de rigueur, ce secteur mérite que soient sanctionnés toutes les tares : corruption, laxisme, favoritisme.
En un mot comme en mille, il est temps que nous arrêtions le drame dans ce secteur. Nous avons tant pleuré pour que nous continuions à verser nos larmes sur des compatriotes qui ont dû quitter prématurément notre patrie par le laxisme de ceux qui devaient être rigoureux.
Kléber Kungu

Clôture de la formation de 50 formateurs de la PNC

Lutte contre l’impunité des violences sexuelles
Clôture de la formation de 50 formateurs de la PNC
C’est demain samedi 14 mai qu’aura lieu la cérémonie de clôture de la formation de 50 officiers de police judiciaire (OPJ) de la Police nationale congolaise (PNC) sur la lutte contre l’impunité des violences sexuelles. Le clou de la cérémonie, qui se tiendra au centre de formation de Kasangulu, province du Bas-Congo, sera la remise aux 50 OPJ de leur certificat de formateur en matière de lutte contre l’impunité des violences sexuelles, au terme de 8 semaines de formation. A leur retour dans leurs provinces respectives, ces nouveaux formateurs vont former au total 600 officiers de la Police judiciaire provenant de six provinces de la RDC : Bandundu, Bas-Congo, Katanga, Kinshasa, Kasaï Occidental et Kasaï Oriental.
La formation a été financée par l’Agence suédoise d’aide au développement international (ASDI) et a reçu l’appui technique des experts et formateurs issus du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH), de la Police civile des Nations unies (UNPOL) et de la mission de l’Union européenne pour la réforme du secteur de sécurité en RDC dans le domaine de la police et son interface justice (EUPOL RDC) et par des magistrats congolais civils et militaires.
Les 50 stagiaires-formateurs qui participaient à cette formation ont été sélectionnés dans chacune des six provinces sur base de quatre tests permettant d’évaluer les connaissances techniques, les capacités de rédaction et la motivation des candidats. Six femmes étaient présentes parmi les 50 stagiaires-formateurs sélectionnés au début de la formation. Ils deviendront des formateurs spécialisés en lutte contre les violences sexuelles.
Les trois premières semaines de la formation étaient consacrées aux techniques qu’un formateur doit maitriser. Il s’est agi de la communication, des méthodes et moyens pédagogiques et la planification, de l’organisation et de l’animation d’une formation. Ensuite, des cours leur ont été dispensés dans 12 différentes matières dans le domaine spécifique de la lutte contre l’impunité des violences sexuelles, dont la déontologie policière et l’éthique professionnelle, le droit international humanitaire, les violences sexuelles et droits de l’homme, les techniques d’enquête, la gestion de scène de crime, la procédure pénale et la procédure pénale applicable aux mineurs.
Cette formation est organisée dans le cadre du Projet de renforcement de la lutte contre l’impunité des violences sexuelles financé par ASDI. Le projet s’inscrit dans la stratégie globale de la lutte contre l’impunité des violences sexuelles adoptées par le Gouvernement national et les Nations unies en avril 2009. Il permettra notamment de faciliter l’accès des victimes de violences sexuelles à la justice, de renforcer le système judiciaire congolais et la police nationale et de contribuer à la mise en place d’une stratégie et un plan d’action provincial de lutte contre l’impunité des violences sexuelles.
Les viols, les violences sexuelles et autres violences faites à la femme sont devenus le lot quotidien des femmes vivant dans les provinces où les conflits armés persistent. L’impunité contre les auteurs de ces actes – les hommes des groupes armés ainsi que des militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), notamment – semble s’institutionnaliser pendant que les nombreuses victimes ne cessent de lancer des cris de détresse et que la communauté internationale exige aux autorités congolaises de mettre fin à l’impunité en poursuivant les auteurs présumés de ces actes qui ont pris de l’ampleur exceptionnelle en RDC.
Cette formation est donc organisée au moment opportun. Cependant, il reste que des moyens financiers et matériels soient mis à la disposition des formateurs pour leur permettre d’assurer la formation de 600 autres OPJ. Aux Congolais eux-mêmes d’en assurer le suivi. La concrétisation de ce vœu reste malheureusement un défi.
Kléber Kungu