jeudi 10 janvier 2013

Les conducteurs des poids lourds en grève, les prix des biens augmentent

Bas-Congo Les conducteurs des poids lourds en grève, les prix des biens augmentent
Les conséquences de la grève des conducteurs et convoyeurs des véhicules poids lourds tant redoutées commencent à se manifester. 48 heures après le déclenchement de cette grève, les prix de plusieurs denrées alimentaires ont pris de l’ascenseur, depuis le mercredi 9 janvier, sur les marchés de plusieurs villes de la province du Bas-Congo. A la base, les difficultés qu’éprouvent les producteurs des biens et denrées pour les évacuer vers les centres urbains suite à la grève des conducteurs des poids lourds qui exploitent la route Kinshasa-Matadi-Boma. L’une des provinces, avec Kinshasa, approvisionnées en produits de première nécessité transportés par des véhicules poids lourds en provenance de l’étranger, le Bas-Congo commence à payer les frais de la grève des conducteurs des poids lourds et convoyeurs. Au chef-lieu de cette province, par exemple, le prix d’un sac des cossettes de manioc, note-t-on, passe désormais de 30 000 FC (30,3 USD) à 40 000 FC (45 USD) voire 45 000 FC (50 USD). Le sac de braises qui se vendait à 11 000 FC (10, 2 USD) se négocie maintenant à 15 000 FC (14, 5 USD) et le bidon d’huile de palme de 5 litres, vendu la semaine dernière à 7 000 FC (8 USD) s’achète aujourd’hui à 10 000 francs (10, 1 USD). La grève des conducteurs des poids lourds ne provoque pas seulement la flambée des prix des biens sur le marché. Elle entraîne également la rareté de certains produits alimentaires se raréfient dans la ville portuaire de Matadi. Pourrissement des produits A ces conséquences de cette situation, il faut ajouter le fait que depuis longtemps les produits agricoles pourrissent déjà dans certains villages, faute de moyens de transport pour les évacuer. Et cet état des choses vient assombrir une situation déjà délétère. Ainsi profitant de la conjoncture, les rares conducteurs qui continuent d’assurer le trafic entre les villes ou les centres urbains du Bas-Congo n’ont pas hésité de tripler le prix du transport, entraînant ainsi la hausse des prix sur le marché. La société civile du Bas-Congo invite le gouvernement de la République à peser de son influence pour obliger les patrons des entreprises de transport dont les conducteurs sont en grève à répondre favorablement, dans un bref délai, aux revendications de leurs agents. Les conducteurs des poids lourds et autres convoyeurs qui desservent la route Kinshasa-Matadi-Boma, en grève depuis le 7 janvier dernier réclament notamment l’augmentation de leur salaire et l’amélioration de leurs conditions de travail. Ils disent avoir introduit depuis 2007 plusieurs revendications auprès de leurs employeurs notamment au sujet de leur rémunération, sans obtenir gain de cause. Regroupés au sein de l’Intersyndicale du secteur du transport routier, les conducteurs des poids lourds estiment que leurs employeurs, constitués en majorité des expatriés, surtout asiatiques les exploitent. Soumis à un rythme tel que ces conducteurs sont obligés de réaliser des performances qui dépassent leurs compétences humaines. Aussi, fatigués, il leur arrive de connaître ou de commettre beaucoup d’accidents souvent mortels. Ils étaient près de 900 conducteurs et convoyeurs lorsqu’ils ont déclenché leur mouvement de grève à Matadi après avoir organisé une marche de protestation. La balle est dans le camp du gouvernement central. Le plus tôt serait le mieux pour le ministre de l’Emploi, Travail et Prévoyance sociale, Modeste Bahati Lukwebo pour trouver une solution à ce problème qui n’a fait trop durer. Le mouvement de grève des conducteurs des poids lourds n’est que l’expression d’un ras-le-bol longtemps comprimé. Kléber Kungu

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