mercredi 22 janvier 2014

Une dizaine d’enfants récupérés par l’Eglise catholique à Kinshasa



Trafic d’êtres humains

Une dizaine d’enfants récupérés par l’Eglise catholique à Kinshasa

            Une dizaine d’enfants à Kinshasa victimes du phénomène de trafic des êtres humains  ont été récupérés par la commission diocésaine « Justice et Paix » de l’Eglise catholique de Kikwit (Bandundu) pour les rendre à leurs parents.
            Le président de « Justice et Paix », Arsène Ngondo, a expliqué que ces enfants sont des victimes du phénomène de trafic des être humains qui prend de l’ampleur aussi bien à Kikwit que dans les territoires de Bulungu et de Gungu dans la province du Bandundu, rapporte Radio Okapi.
            « Nous avons dénoncé ce phénomène depuis l’année passée parce que nous avons reçu des parents qui cherchaient leurs enfants. Nous les avons conduits auprès de l’ANR et du parquet. Ces deux services nous ont aidés à rechercher ces enfants à Kinshasa. Nous avons réussi à retourner une dizaine d’enfants auprès de leurs parents grâce à nos frais propres et avec la contribution de certaines structures. Il y en a qui traine encore à Kinshasa », a affirmé Arsène Ngondo.

Les autorités interpellées
            Le président de la commission diocésaine « Justice et Paix » a ainsi appelé les autorités congolaises à tout faire pour mettre fin à ce phénomène dégradant. Il leur a demandé de s’impliquer pour éradiquer le commerce des êtres humains qui constitue une véritable humiliation pour un grand pays.
            Sans doute, la dénonciation le jeudi 9 janvier dernier par le père Henri De la Kethule, membre de la congrégation des Jésuites, de ce phénomène qu’il avait qualifié d’un «gigantesque» trafic d’enfants a permis de retrouver cette dizaine d’enfants.
            Ce trafic a, selon le père Henri De la Kethule,  été organisé depuis neuf mois entre Kikwit, dans le Bandundu, et  Kinshasa. Les auteurs du trafic d’enfants, selon le prélat catholique,  persuadent les parents de ces enfants de les leur confier, sous prétexte de les conduire dans un orphelinat créé par le prélat catholique, avant de les vendre aux plus offrants.
            En juin 2013, treize enfants, originaires du Bandundu, dont l’âge varie entre 1 et 10 ans, avaient échappé à un réseau de trafic d’êtres humains à Kinshasa. Au nombre de seize au départ, ils auraient été recueillis auprès de leurs familles à Kikwit, à Idiofa et à Gungu par un groupe d’individus se présentant comme des membres d’une organisation caritative. Ces personnes auraient notamment promis aux parents de scolariser leurs enfants dans la capitale congolaise.
            Tout porte à croire qu’avec ce trafic d’êtres humains qui, selon le père Henri De la Kethule, date de 9 mois, plusieurs centaines d’enfants avaient été déjà vendus. Si le père Henri De la Kethule a déclaré que les auteurs de ce trafic sont bien connus, les principales questions sont celles de savoir qui ils sont et leur nombre.
            Les personnes qui pratiquent le trafic d’êtres humains  trouvent dans les pays pauvres des terrains très propices à l’exercice de leurs activités. Sans doute, la découverte du père Henri De la Kethule représente un échantillon infime d’un trafic très florissant à travers un pays dont le nombre d’enfants abandonnés  et autres enfants de la rue montre le degré de pauvreté d’une population prête à se livrer à ce genre de commerce.
            Cela dit, la découverte du père Henri De la Kethule est de nature à mettre la puce à l’oreille des autorités compétentes pour les pousser à fouiner profondément dans tous ces orphelinats implantés en RDC en vue de savoir qui fait quoi, où, pourquoi, quand et comment.
Kléber Kungu

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