vendredi 10 décembre 2010

Gbagbo refuse de quitter le pouvoir qui l’a déjà quitté

Gbagbo refuse de quitter le pouvoir qui l’a déjà quitté
« Il faut savoir quitter les choses avant qu’elles ne vous quittent », conseille un sage. Ce conseil, qui s’adresse à toute personne, peut aussi s’adresser particulièrement aux politiciens africains. Pour eux, on dira : « il faut savoir quitter le pouvoir avant qu’il ne vous quitte ». Laurent Gbagbo refuse de voir la réalité en face : le pouvoir auquel il s’accroche comme une sangsue l’a déjà quitté. Depuis en 2005, fin de son mandat. Les Ivoiriens ont attendu le 28 novembre pour le lui faire comprendre par la voie du scrutin. Lui dont une spécialiste de la Côte d’Ivoire disait, il y a plusieurs années, « Ce qui frappe le plus ceux qui ont approché Laurent Gbagbo, c’est sa soif de pouvoir" pouvait donc s’attendre à tout, sauf à être battu par…son ennemi de longue date, Alassane Dramane Ouattara (ADO).
Fin politicien à l’africaine, excellent manipulateur, le perdant de l’élection présidentielle du 28 novembre dernier, refuse aujourd’hui de quitter le fauteuil présidentiel qui l’a déjà quitté. Il refuse d’abandonner le pouvoir qu’il avait pris irrégulièrement en 2000 et qu’il avait refusé de remettre en jeu à six reprises entre 2005 (date de fin de son "mandat") et aujourd’hui. Il avait pris tout le temps pour tirer en longueur la tenue de la présidentielle. C’est parce qu’il avait la certitude que le vent tournerait toujours de son côté si la présidentielle avait lieu, que celui qui avait la capacité à rouler les autres dans la farine avait accepté qu’elle ait lieu.
Il pouvait s’attendre à tout sauf à ce qui s’est passé : les électeurs l’ont détrompé, s’étant confié aveuglé aux sondages le donnant vainqueur. Voilà pourquoi, se réveillant fort en retard, alors que le vent avait pris la direction de l’«étranger » fabriqué par Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo se met à remuer ciel et terre, contre vents et marées, seul contre tous, bravant toutes les menaces (FMI et UE) pour tenter de s’accrocher au pouvoir. Voilà pourquoi le chef d’Etat sortant refuse de sortir.
Voilà pourquoi, en dépit de la reconnaissance de la victoire d’Alassane Ouattara par l’Onu, l’Union africaine, l’Union européenne, la Cedeao (organisation régionale ouest-africaine dont son pays est membre), et diverses capitales, Laurent Gbagbo est prêt à tout, sauf à céder son fauteuil à un autre. Garder le pouvoir à tout prix, y compris au prix du sang de ses compatriotes, tel est le combat que s’est assigné M. Gbagbo. Un pouvoir auquel il tient tant et qu’il n’a pas, et n’a jamais eu, les moyens de gagner à la régulière.
Tout connaisseur du dossier ivoirien qu’il puisse prétendre, le Sud-Africain Thabo Mbeki n’aura pas une tâche facile. Nous devons nous attendre à un long bras de fer. Le degré de ‘’nuisance’’ de celui qui n’a ni chaud ni froid pour défier la communauté internationale est tel que les Ivoiriens n’auront que les larmes pour pleurer un pays qui va bientôt s’enfoncer dans une impasse.
En effet, dans sa courte visite en Côte d’Ivoire le 5 décembre, Thabo Mbeki a rencontré successivement les deux rivaux Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, le Représentant de l'Onu en Côte d'Ivoire, Youn Jin Choi, certaines institutions comme la Céni, le Conseil institutionnel. Le médiateur mandaté par l'Union africaine pour trouver une solution pacifique à la crise ivoirienne, a jugé la situation « grave, très grave », d’autant qu’aujourd'hui le pays a deux présidents, le vrai et faux, mais aussi deux Premiers ministres : le vrai (Guillaume Soro que le vrai président élu a reconduit dans ses fonctions et le faux (Gilbert Marie N'gbo Aké de Laurent Gbagbo), deux gouvernements : le vrai avec 13 ministres et le faux qui va bientôt être mis en place.
La soif du pouvoir de Laurent Gbagbo, son entêtement à s’accrocher au pouvoir, sa ‘’surdité’’ devant les appels de la communauté internationale à quitter le pouvoir, et sa ‘’cécité’’ devant les événements à venir en sa défaveur, voilà autant d’ingrédients pour permettre à la Côte d’Ivoire de plonger dans une autre crise politique, alors qu’elle n’était pas sortie de la précédente.
Kléber Kungu



Voici le Gouvernement Soro I

1. Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Ministre de la Défense: Guillaume Kigbafori Soro
2. Ministre d’Etat, Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux : Me Jeannot Kouadio Ahoussou
3. Ministre d’Etat, Secrétaire Général de la Présidence de la République : Amadou Gon Coulibaly
4. Ministre du Plan et du Développement : Albert Mabri Toikeusse
5. Ministre de l’Economie et des Finances : Charles Diby Koffi
6. Ministre des Affaires Etrangères : Gervais Jean-Baptiste Kacou
7. Ministre de l’Intérieur : Hamed Bakayoko
8. Ministre de la Production Animale et des Ressources Halieutiques : Rémi Kouadio Allah
9. Ministre des Infrastructures Economiques, Porte-parole du Gouvernement : Patrick Achi
10. Ministre des Mines et de l’Energie : Adama Toungara
11. Ministre de l’Education Nationale : Kandia Camara
12. Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Salubrité Urbaine : Dagobert Banzio
13. Ministre de la Fonction Publique : Konan Gnamien

Cabinet du Président de la République
1. Directeur de Cabinet: Marcel Amon Tanoh
2. Conseiller Diplomatique : Ally Coulibaly

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