lundi 10 novembre 2014

FRANCOPHONIE : « Nouvel formule »

« Nouvel formule »
            « Nouvel formule ». Savez-vous de quoi il s’agit ? C’est le nom d’une boulangerie sise au croisement des avenues Lukengo et Kimvula, dans la commune de Kintambo. Sans doute, cette nouvelle formule d’orthographier l’adjectif « nouvel » accompagnant le mot féminin « formule », comme si  elle était un nom masculin singulier commençant par une voyelle ou un « h » aspiré, est-elle une de nombreuses inventions des Kinois.

            La boulangerie « Nouvel formule » peut-elle se targuer aussi de produire des pains d’une nouvelle formule mise au point par ses boulangers ? Rien n’est sûr.
Kléber Kungu

Virus Ebola : attention à la viande de chauve-souris !

Dossier sur une maladie très meurtrière
Virus Ebola : attention à la viande de chauve-souris !
            Le virus Ebola est l’une des maladies de ce siècle parmi les plus meurtrières dont les modes de transmission sont insidieux d’autant que les précautions à pendre pour se prémunir contre cette épidémie sont délicates. Parmi lesquelles, il faut éviter de consommer la viande des primates et de la chauve-souris, pourtant très prisées.
            Avec la réapparition inopinée du virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC), s’imposent un nouveau mode de vie et de nouvelles habitudes alimentaires. Ainsi les Congolais de tous les coins, particulièrement ceux vivant dans le territoire où s’est déclaré le virus Ebola, sont-ils invités –pardon, obligés à tout consommer, sauf…la chair succulente de la chauve-souris.
            Pour éviter la propagation du virus Ebola, le service de la santé dans la partie du pays contaminée par le virus Ebola, version Zaïre, et sur toute l’étendue de la RDC, demande aux populations d’éviter le contact avec les animaux porteurs sains, dont la chauve-souris. Une mesure qui risque de ne pas être appliquée à la lettre d’autant plus que la chair de cet animal ailée est si exquise qu’elle est prisée par la population.
            La chauve-souris, qui est une porteuse saine du virus Ebola, est consommée par des milliers d'habitants de Beni et de Butembo, dans la province du Nord-Kivu. Malgré la réapparition de la maladie en Afrique de l’ouest et de cas déclarés dans la province de l'Equateur, certains ne sont pas prêts à arrêter sa consommation.

            En dépit de tout ce risque mortel que présente la consommation de la viande de la chauve-souris et en général la viande des animaux de brousse, notamment celle des primates – le singe - en cette période critique, il s’avère difficile de convaincre les consommateurs de viande de brousse de changer leurs habitudes alimentaires.

            Une attitude  lourde de conséquences susceptible de prêter le lit à la propagation de la fièvre hémorragique à virus Ebola. Que de vies humaines courent le risque de passer de vie à trépas en raison de cette attitude pour le moins condamnable ! Une attitude que les autorités administratives doivent sanctionner sans complaisance et de manière exemplaire pour décourager toute tentative de suivre l’exemple.
            Contrairement à la thèse des pro consommateurs de la viande de brousse, pour certains spécialistes, ne pas consommer cette viande est une des mesures efficaces pour lutter contre cette épidémie. En effet,le fait de ne plus manger de viande de brousse, particulièrement du singe ou des chauves-souris, diminue considérablement le risque de survenue de l'infection. Car il faut un contact physique avec l'animal infecté pour être infecté à son tour.
            Donc si on ne touche plus de singe et de chauves-souris, on a beaucoup moins de risques d'avoir des épidémies. Malheureusement, la difficulté est que, bien souvent, les gens dans ces zones reculées n'ont que la viande de brousse. C'est leur seul moyen de subsistance. Comme on a pu le voir en Afrique centrale, il y a certes de la sensibilisation auprès de la population, mais ça reste un vœu pieux. Les gens continuent de consommer cette nourriture parce qu'ils n'ont pas énormément de choix, finalement. Même s’ils ont un choix, comment ne pas céder à l’envie de prendre de la viande ?
Kléber Kungu

Des chauves-souris réservoir du virus Ebola

            Comment en est-on arrivé à découvrir que les chauves’souris, prisées pour sa chair exquise, constitue un réservoir du virus Ebola ?
            Ce sont des chercheurs de l’IRD qui ont, pour la première fois, identifié des chauves-souris comme réservoir naturel potentiel du virus Ebola. Depuis 2001, plusieurs épidémies foudroyantes de fièvre hémorragique, touchant simultanément les hommes et les primates, se sont produites en République du Congo et au Gabon.
            Si l’on savait que le virus se transmettait des grands singes vers l’homme, on ne connaissait ni le réservoir naturel, ni le mode de transmission du virus aux grands singes. Des scientifiques de l’IRD et du Centre international de recherches médicales de Franceville (Gabon) ont publié dans la revue Nature une étude sur des petits vertébrés capturés près de carcasses de primates infectés. Ils ont, d’une part, détecté des anticorps spécifiques du virus Ebola dans le sérum de trois espèces de chauves-souris frugivores tropicales et ont, d’autre part, mis en évidence des fragments du génome viral dans le foie et la rate de ces vertébrés.
            Selon des observations, les grands singes se contamineraient directement par contact avec ces chauves-souris. Ces résultats constituent un élément essentiel dans la compréhension du cycle du virus dans son milieu naturel et peuvent être déterminants dans la prévention des épidémies humaines du virus Ebola.

 

 

Le virus Ebola en neuf points

Comment attrape-t-on le virus Ebola ? D’où vient-il ? Quels sont les symptômes de la maladie ?

1.     D’où vient le virus Ebola ?

Si l’on ignore précisément l’origine du virus Ebola, aussi appelé fièvre hémorragique à Ebola, on considère que les chauves-souris frugivores en sont les hôtes probables. On le retrouve également chez les chimpanzés, les gorilles, les antilopes et d’autres animaux de la brousse. Il peut passer à l’homme via le sang, les liquides et tissus corporels des animaux infectés.

2.     Peut-il se transmettre d’homme à homme ?

Oui, l’infection se fait par contact direct (par la peau lésée ou les muqueuses) avec le sang, les liquides biologiques ou les sécrétions (salive, urine, sperme) de la personne malade. En Afrique, les rites d’inhumation où l’entourage est en contact direct avec la dépouille du malade est source de contagion. Par contre, contrairement à une croyance répandue, le virus Ebola ne se transmet pas dans l’air.

3.     Combien de temps une personne est-elle contagieuse ?

Les personnes malades peuvent transmettre l’infection aussi longtemps que leur sang et leurs sécrétions contiennent des virus, c’est à dire pendant plusieurs semaines (cela peut aller jusqu’à 7 semaines après disparition des symptômes).

4.     Est-on malade tout de suite ?

Pas forcément. Il peut s’écouler de 2 à 21 jours entre le moment où l’on contracte le virus Ebola et le moment où les symptômes apparaissent. Le patient n’est pas contagieux tant qu’il ne présente aucun symptôme.

5.     Quels sont les symptômes ?

Si c’est la fièvre qui apparaît généralement en premier, il peut également y avoir des éruptions cutanées, une irritation de la gorge, des hémorragies internes et externes, des vomissements et des diarrhées. Le tout s’accompagnant d’une intense fatigue. Une prise de sang permet de confirmer le diagnostic d’Ebola.

6.     Le virus Ebola est-il toujours mortel ?

Malheureusement il l’est souvent, car c’est l’un des virus les plus dangereux pour l’homme. On estime que le virus responsable de l’épidémie actuelle tue environ 60% des personnes infectées.

7.     Existe-t-il un vaccin ?

Pas pour l’instant mais plusieurs laboratoires pharmaceutiques travaillent actuellement à la mise au point d’un vaccin. La piste la plus prometteuse semble venir des Etats-Unis où la société Crucell, soutenue par les autorités de santé américaines, aurait déjà testé son vaccin avec succès sur des chimpanzés. Des essais sur les humains sont actuellement en cours.

8.     Y-a-t-il un traitement ?

Non, et c’est ce qui explique la panique qui règne autour d’Ebola. La plupart du temps les malades arrivent à l’hôpital déshydratés et doivent être perfusés. Si certains médicaments peuvent être administrés, aucun n’a pour l’instant démontré une réelle efficacité. Compte tenu de l’urgence de la situation, des traitements expérimentaux sont proposés aux malades. C’est le cas du ZMapp, un cocktail de trois anticorps qui cible les cellules contaminées et active la réaction immunitaire. 

9.     Quelles sont les précautions à prendre ?

Pour l’instant l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) n’a pas interdit les vols en provenance ou à destination des pays concernés par le virus Ebola. Néanmoins, beaucoup de personnes ont renoncé à s’y rendre. Si vous devez partir dans l’un de ces pays, voici les précautions à prendre :
- se laver très régulièrement les mains à l’eau et au savon ou à l’aide d’un gel hydro-alcoolique.
- éviter tout contact avec des personnes ayant une forte fièvre ou étant infectées
- éviter tout contact avec des animaux sauvages
- ne pas consommer, ni manipuler de viande de brousse
- bien cuire les produits animaux (viande, lait) avant de les consommer
- contacter rapidement le centre médical le plus proche en cas de fièvre supérieure à 38,5°
Source RFI
 Sur cinq espèces de virus Ebola, quatre sévissent en Afrique

Les fièvres hémorragiques dues au virus Ebola, qui ont frappé ces dernières semaines la Guinée, ont tué plus d’une centaine de personnes. L’inquiétude est grande d’autant que lors des dernières épidémies le virus frappait fort puis disparaissait.
Le virus Ebola continue sa progression en créant la panique dans les populations des pays voisins de la Guinée, notamment la Sierra Leone et le Liberia. Pourtant, les spécialistes estiment que la propagation du virus était prévisible. Apparu dès 1976, il a provoqué deux épidémies successives et presque simultanées : la première au Zaïre (d’où le nom donné à cette souche du virus) devenu République démocratique du Congo ; et l’autre au Soudan. Chacune d’entre elles avait touché plus de 300 personnes. Durant les quinze années suivantes, le virus n’a plus fait parler de lui.
Chaque année, un pays d'Afrique centrale concerné
Puis il est réapparu en Côte d’Ivoire en 1994. Puis au Gabon et de nouveau en République démocratique du Congo, où l'épidémie de Kikwit avait été très médiatisée à l’époque. Depuis, le virus circule en permanence en forêt équatoriale et chaque année, un pays d’Afrique centrale est concerné par ces fièvres hémorragiques.
Pour les spécialistes, la présence de ce virus aujourd’hui n’est donc pas une surprise même s’il apparaît plus à l’ouest du continent. Cela signifie que son dynamisme est en pleine expansion, explique un spécialiste. Du coup, il est probable de le voir réapparaître périodiquement dans les années à venir.

Espèce « Ebola-Zaïre » avec le taux de mortalité le plus fort
Cinq espèces de virus Ebola ont été recensées dans le monde. Il en existe une en Asie qui ne concerne pas l’homme et les quatre autres en Afrique dont celle qui sévit actuellement en Guinée et en Sierra Leone. L’espèce « Ebola-Zaïre » est celle qui a le taux de mortalité le plus fort, entre 60 et 90 %. Jusqu'à présent elle touche principalement l’Afrique centrale. Viennent ensuite l’espèce  « Côte d’Ivoire » pour laquelle un seul cas non mortel a été recensé dans la forêt Taï située à la frontière avec le Liberia, l’espèce  « Soudan » qui a également touché l’Ouganda mais moins mortelle que la « Zaïre », autour de 50 % de mortalité. Et enfin, une dernière espèce qui a concerné seulement l’Ouganda, beaucoup moins pathogène pour l’homme, avec un taux de mortalité d’environ 25 %.
Précautions à prendre notamment lors de rituels funéraires
Le possible contact avec un malade a provoqué la panique dans les lieux publics, quelquefois au-delà du scientifiquement probable. Mais il y a peu de risques de contamination dans les situations très quotidiennes comme prendre un taxi ou dans le cas d’un simple serrage de mains. Les cas de transmission recensés l’ont été le plus souvent lors de cérémonies au moment du lavage des morts par exemple. Là où les personnes d’une même famille parfois se sont occupées de leur parent en revêtant le défunt de nouveaux habits. C’est par les muqueuses que le virus se transmet, ainsi les draps et les vêtements souillés par du sang, des urines et des vomissements doivent être brûlés. Les maisons et autres effets doivent être désinfectés par de l’eau et du chlore – ou javel – de façon très minutieuse.
            Enfin la chasse et la consommation de viande de gibier comme les singes et autres petits animaux possiblement contaminés par une morsure de chauves-souris – réservoir du virus Ebola – doivent être bannis jusqu’à nouvel ordre.
Source/ RFI

Virus Ebola : entamer une campagne de sensibilisation

Le « tueur impitoyable » à nos portes
Virus Ebola : entamer une campagne de sensibilisation
            La nouvelle de la découverte de deux cas du virus Ebola dans le secteur Djera dans le territoire de Boende dans la province de l’Equateur est tombée lundi 25 août dans la soirée comme une bombe. Du moins auprès de ceux qui ont l’habitude de suivre des informations leur petit écran. L’air grave avec lequel le ministre de la Santé publique, Félix Kabange Numbi a annoncé cette triste nouvelle a contribué à bien dramatiser la situation. Le virus Ebola, ce « tueur impitoyable », est à nos portes. Le danger est présent en RDC : il est temps d’entamer une vaste campagne de sensibilisation auprès des populations de toutes les provinces.
            Pour contenir l’épidémie de la fièvre hémorragique à virus Ebola déclarée dans le secteur de Djera, territoire de Boende, dans la province de l’Equateur, où elle a tué 13 personnes, le gouvernement congolais a annoncé, lundi, un train de mesures.
            Le gouvernement a décidé notamment la mise en quarantaine du secteur de Djera où sévit l’épidémie, la mise en place d’un centre de traitement, l’installation du comité international de coordination technique et scientifique et l’installation d’un laboratoire à Lokolia, épicentre de l’épidémie pour assurer le diagnostique biologique en temps réel.

Bienvenue à toutes les mesures
            Toutes ces mesures et celles déjà prises par le ministre de la Santé publique, le Dr Félix Kabange Numbi au cours d’une réunion de crise qu’il a tenue le 31 juillet avec différents partenaires impliqués de près ou de loin dans cette question, sont les bienvenues.
            Cependant, à elles seules, elles sont loin de prévenir ou de contenir cette épidémie dont la vitesse de propagation est fort inquiétante. C’est pourquoi, nous estimons qu’il est temps d’associer à ces mesures, une campagne de sensibilisation à mener auprès de toutes les populations des provinces du pays, ainsi que nous l’avons préconisé dans un de nos articles, intitulé « Le virus Ebola arrive : que fait la RDC ? »
            Le virus Ebola, comme toute autre maladie contagieuse, peut entrer dans n’importe quelle direction ou province de la République. Il peut choisir l’Est, l’Ouest, le Nord ou le Sud.  Pour le cas d’espèce de la RDC, l’épidémie de la fièvre hémorragique à virus Ebola a choisi le Nord-ouest comme porte d’entrée. L’Equateur, une province très forestière, avec toutes sortes d’animaux, foyer de cette maladie, n’a pas résisté à l’assaut du virus Ebola et est en train de pleurer ses 13 enfants, premières victimes de l’épidémie.
            Quoique d’une famille différente de celle qui sévit en Afrique de l’Ouest, le virus Ebola congolais n’est pas moins meurtrier ni dangereux. Il tue aussi fatalement que son voisin de l’Afrique occidentale qui a déjà fait plus de 1 400 victimes avec plus de 2 600 cas suspects.
            Tous ces aspects pris en compte, il est temps de lancer une grande campagne de sensibilisation sur toute l’étendue de la République. Il est vrai que tous les moyens à disposition du pays doivent être mis à contribution. Les médias, aussi bien écrits qu’audiovisuels doivent être placés au premier plan pour mener cette campagne.
            Si puissants puissent-ils paraître, il est évident que les médias, du reste limités dans leur diffusion ou couverture du territoire national, ne peuvent pas faire tout le travail. Un travail qui doit être complété ou suppléé par d’autres canaux comme des agents d’hygiène munis de toutes sortes de matériel comme des lance-voix.
            Chaque secteur (pour les milieux ruraux) ou commune (villes) doit en être doté. Ces agents auront la tâche de sillonner les villages ou les quartiers.

Une campagne pour quels messages
            Une vaste campagne de sensibilisation pour quels messages ? Les médias et les agents de sensibilisation auront à diffuser des messages expliquant ce qu’est ce le virus Ebola, appelant la population à observer certaines règles d’hygiène. On lui demandera de transmettre d’urgence dans un centre hospitalier tout cas suspect présentant des signes proches du virus Ebola. Des signes qui doivent également être expliqués à la population.
            Au cours de la campagne, on expliquera à la population la source du virus. Ainsi on interdira en priorité la consommation de la viande du gibier comme le singe ou les chauves-souris. En même temps, les notions d’hygiène seront enseignées à la population à qui l’on demandera de sa laver constamment les mains à chaque occasion.
            On leur interdira formellement de toucher au corps de toute personne décédée, au besoin, de s’en approcher, quelque soit le rang du défunt. En effet, il est difficile, dans la coutume africaine, congolaise en particulier, de rester éloigné du corps d’un proche. Voilà pourquoi des mesures draconiennes doivent être prises à l’endroit de tous ceux qui enfreindront à ces dispositions.
            Les autorités politico-administratives, à tous les niveaux, doivent être bien sensibilisés, surtout ceux des milieux ruraux plus proches des forêts ou des savanes, foyers des gibiers comme les singes et les chauves-souris.
            Nous faisons la course à la montre. Tout retard n’est pas pardonnable. N’attendons pas qu’un autre foyer de virus Ebola se déclara dans une autre province. Ce qui compliquera la tâche du gouvernement dans la prévention ou lutte contre cette épidémie qui ambitionne de devenir planétaire. D’autant plus qu’il n’existe, à ce jour, aucun médicament ni vaccin contre elle.

 

Un nouveau traitement expérimental

            Quoique le Japon se soit dit prêt à fournir un traitement expérimental mis au point par une entreprise nippone, homologué en mars dans le pays comme antiviral contre la grippe, afin de lutter contre Ebola. A condition que « l’Organisation mondiale de la santé en fait la demande». Face à l’ampleur de l’épidémie, un comité d’experts réuni par l’OMS a jugé le 12 août «éthique» d’offrir des médicaments à l’efficacité et aux effets secondaires encore non mesurés «comme traitement potentiel ou à titre préventif».
            Alors qu’un médecin libérien, le Dr Abraham Borbor, traité avec un sérum expérimental américain, le ZMapp, au Liberia après avoir été contaminé par le virus Ebola est décédé. Et pourtant, rapporte l’agence Reuters, il «  montrait des signes de progrès… ». Deux autres praticiens soignés avec ce sérum, le ZMapp, sont toujours sous traitement et « il y a des signes d’espoir» qu’ils en sortent guéris. Pourtant deux Américains, eux, contaminés au Liberia et transférés aux Etats-Unis pour y être soignés à ce sérum, ont guéri complètement, il y a quelques jours.

KléberKungu

Retracer leur frontière commune : mission délicate pour Kinshasa et Kigali

Source de maintes tensions
Retracer leur frontière commune : mission délicate pour Kinshasa et Kigali
            Retracer leur frontière commune de plus de 200 km, à la fois terrestre, lacustre et fluviale, voilà la mission délicate qu’une équipe d’experts ainsi que des représentants des autorités locales de  Kinshasa et de Kigali doivent réaliser cette semaine, du 25 au 30 août. Une mission délicate d’autant plus qu’elle est  la source, des décennies durant, de maintes tensions entre les deux pays.
            Des experts et des représentants des autorités de la République démocratique du Congo (RDC) et du Rwanda vont devoir s’activer pour réaliser  pendant six jours (du 25 au 30 août) une mission aussi délicate qu’importante en faveur de ces deux pays. Il s’agit de retracer un peu plus de 200 km de frontière entre la RDC et le Rwanda. Une frontière à la fois terrestre (de Goma à Giseny), lacustre (à travers le lac Kivu) et fluviale (le long de la rivière Ruzizi).
            La décision de procéder au retracé de la frontière entre la RDC et le Rwanda a été prise au début du mois d’août au cours d'une rencontre bipartite, qui s'est tenue  à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu.
            La matérialisation de cette frontière commune va consister à placer des bornes sur la partie terrestre comprise entre la ville de Goma (RDC) et celle de Gisenyi (Rwanda) et par des bouées sur le lac Kivu compris entre les villes de Bukavu et Goma.
            On rapporte que le tracé de la frontière n'a pas été source de discorde entre les deux parties, à en croire la manière dont les délégués des ministères congolais et rwandais de l’Intérieur ainsi que les membres de la commission permanente des frontières Rwanda–RDC se sont facilement mis d'accord en se basant sur la carte coloniale dressée en 1911, entre la Belgique (le premier colonisateur du Congo)et l'Allemagne (le second colonisateur du Rwanda).

Localisation de 6 bornes des 22  de l’époque coloniale
            Le vice-gouverneur du Nord-Kivu, Feller Lutayichirwa Muiwahale, l’un des membres ayant pris art  cette rencontre, du côté de la RDC, n’a pas tardé d’afficher son optimisme en assurant que les travaux de démarcation iraient jusqu’à leur terme, d’autant que six bornes-frontières sur les vingt-deux mises en place à l’époque coloniale ont déjà été localisées. Le même optimisme a été affiché du côté rwandais où le chef de la délégation, James Ngango, a assuré que le procès-verbal qui venait d’être lu et signé ne pourrait souffrir d’aucune faille déclaré. Comme quoi il serait appliqué.
            La source ajoute que les deux parties avaient pris l’engagement de se retrouver en septembre prochain pour évaluer l'opération de tracé qui serait fait entre temps.
            Retracer leur frontière commune aiderait la RDC et le Rwanda à faire baisser la tension consécutive à cette épineuse question. Depuis l’entrée de l’AFDL en RDC avec le président Laurent-Désiré Kabila, la question de la frontière a surgi de plus belle lorsque le problème des prétendus accords de Lemera a circulé abondamment dans l’opinion congolaise. Ainsi Les Congolais n’ont cesse d’accuser les Rwandais d’expansion territoriale. Une polémique que Nicolas Sarkozy, alors président, avait aidé à nourrir en déclarant que la RDC dispose d’un espace très large et une grande quantité de des richesses minières qu’elle pourrait les partager avec son voisin-ennemi le Rwanda.
            Pour certains spécialistes de la question, la mission que les deux pays se sont donnée est très importante, car elle leur permettra de rendre visible leur frontière. Ce qui supprimera, précise le géographe Michel Foucher, cité par TV5 Monde, de supprimer tout prétexte d’incursion pour telle ou telle force armée ». Ce géographe français doublé d’un diplomate ajoute que la délimitation frontalièrel est un vrai signe de pacification ».

Lutter contre la contrebande…
            La mission va également aboutir à la délimitation d’une frontière normalisée qui va faciliter désormais différents échanges entre les deux pays qui ont intérêt à cultiver des relations de bon voisinage que de se livrer, des années durant, à des conflits meurtries qui ne font qu’attiser haine, revanche…
            Dans son analyse, Michel Foucher  va plus loin. « C’est cela le but de l’opération : mettre fin au racket des douaniers, lutter contre la contrebande, encourager le commerce transfrontalier…La frontière ne sera plus vécue comme une barrière mais deviendra une ressource pour les populations locales. »
            Une mission qui tombe à propos, alors que la Banque mondiale , par son président, Jim Yong Kim et l’Onu, par son secrétaire général, Ban Ki-moon, avaient promis, lors de leur tournée dans la région des Grands lacs, en mai 2013, une enveloppe de 1 milliard de dollars pour le développement économique des pays de la région, après la signature par 11 pays de la région de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba.
            Les deux personnalités s’étaient rendues successivement en République démocratique du Congo (le 22 et le 23), au Rwanda (le 23 et le 24) et en Ouganda (le 24).

            Au sujet de la délimitation des frontières avec ses voisins, la RDC n’entend pas s’arrêter en si bon chemin avec le Rwanda. Kinshasa a également entrepris un abornement de sa frontière plus au sud avec son voisin ougandais. Un dossier, apprend-on de la même source, est en cours, à la demande de la RDC et de l’Ouganda.

Existence d’un programme continental
            En 2007, un programme spécifique sur la délimitation des frontières des pays africains avait été lancé sous l’égide de l’Union africaine. A l’initiative de l’ancien président du Mali Alpha Oumar Konaré, ce programme est financé par la coopération allemande. Il fonctionne déjà bien dans bien des pays de l’Afrique de l’Ouest, en l’occurrence au Mali, au Sénégal et au Burkina, ainsi qu’au Mozambique.
            Cependant, ce programme de démarcation des frontières ne marche pas du tout dans la corne de l’Afrique, en Ethiopie, en Somalie et au Soudan, des pays déchirés par d’interminables conflits politico-territoriaux. Ce programme se fait sur base du volontariat des Etats. Il appartient donc aux Etats concernés de déclarer leur situation frontalière avant de s’engager à procéder à la démarcation des frontières. La fin de ce programme est prévue en 2020.
            Certains esprits avisés restent encore sceptiques quant à la bonne foi de la partie rwandaise sur le respect de la frontière une fois délimitée.

Kléber Kungu

dimanche 15 juin 2014

Transco totalise 500 bus au 6 juin 2014



Le gouvernement Matata tient sa parole

Transco totalise 500 bus au 6 juin 2014

            Le gouvernement Matata vient de tenir sa promesse, celle d’avoir 500 bus pour le compte de l’entreprise Transport au Congo (Transco). Après l’arrivée du dernier lot de cent bus neufs vendredi 6 juin à Kinshasa, le charroi automobile en bus de transports en commun vient d’atteindre les 500 véhicules.
            Ce dernier lot a été réceptionné par le ministre des Transports et Voies de communication, Justin Kalumba, qui les a réceptionnés a estimé que ce nombre était encore insuffisant, mais que c’était un pas  positif vers la bonne direction.
            Le premier lot de deux bus de la nouvelle société des transports (Transco) avait été mis officiellement en circulation le 30 juin 2013 par le chef de l’Etat Joseph Kabila. Les premiers bus ont commencé à desservir seulement quelques lignes dans la ville de Kinshasa au prix de 500 FC la course :Gare centrale-Kintambo magasin et Gare centrale-Ngiri Ngiri.

Renforcement successif du charroi automobile
            Il a fallu attendre  cinq mois plus tard pour voir renforcé le charroi automobile de Transco, avec la réception successive de 30 nouveaux bus le 9 novembre 2013, portant le nombre total de bus à 230. A cette occasion, le Premier ministre Matata Ponyo avait promis que d’ici à la fin de l’année qu’on aurait les 300 premiers bus et qu’en février, on atteindrait le nombre de 500  nouveaux bus
            Le gouvernement avait réceptionné 70 bus neufs en février 2014, avant l’arrivée d’un lot de 100 autres bus neufs le 29 mai dernier et celui des 100 derniers arrivés à Kinshasa vendredi 6 juin, portant à 500 le nombre total de bus de Transco.
            Depuis, Transco a ouvert plusieurs autres lignes, notamment depuis la Gare centrale vers Kingasani ou encore entre Lemba et UPN, dans la commune de Ngaliema. Malheureusement, en raison du mauvais état des routes dans certaines communes, se déplacer à bord des bus de Transco reste un gros rêve très lointain pour les habitants de ces communes, comme ceux de N’dili et Kimbanseke.
            En effet, les travaux de réhabilitation du court tronçon de la boucle quartier I à la place Sainte Thérèse et de la place Sainte Thérèse à Mangobo traînent le pas. Les dix mois de délai d’exécution de ces travaux initialement prévus ont largement dépassé, laissant ainsi planer le doute dans le chef des esprits des habitants de ces coins sur le sérieux de l’entreprise à qui sont confiés les travaux de réhabilitation.

Matata se réjouit d’avoir tenu la parole
            Ainsi que l’avait promis Matata Ponyo, l’objectif  d’avoir 500 bus neufs d’ici à 2014 vient d’être atteint dans la satisfaction de nombreux Kinois bénéficiaires. Sans doute le gouvernement ne va-t-il pas lésiner sur les moyens en sa disposition pour relever le défi qu’il s’était lancé lors du lancement le 30 juin 2013 de la société Transco, celui de disposer de 2 000 bus dans toutes les provinces avant la fin du mandat de Joseph Kabila.
            L’arrivée de ces bus a été bien accueillie par la population kinoise. Qui bénéficie, en plus de l’amélioration des conditions de transport que ces bus procurent, de nombreux emplois qu’ils créent. Plusieurs milliers d’emplois sont en effet susceptibles d’être créés avec ces bus qui peuvent employer quelque 7 agents par bus.
            Le look de ces bus a conquis le cœur aussi bien des Kinois que des transporteurs privés que certains de ces derniers n’ont pas hésité à adopter le même look à leurs véhicules.
            Transco bénéficie de l’expertise et de l’assistance de la Régie autonome de transport parisien (RAP), une firme française expérimentée en matière de transports en commun.
Kléber Kungu

FRANCOPHONIE : Une femme chauffeur « transportant » un bus de Transco



Une femme chauffeur « transportant » un bus de Transco

            Une femme chauffeur « transportant » un bus de la compagnie Transco le 29/07/2013 à Kinshasa… En lisant cette légende d’une photo montrant une femme chauffeur au volant d’un bus de la société de Transport au Congo (Transco), je n’ai pas hésité de lâcher ceci : « Ouf ! Que le Seigneur Créateur soit loué lorsqu’aujourd’hui Il peut maintenant transformer nos femmes faibles physiquement en femmes capables de transporter plusieurs centaines de kilogrammes de ferrailles !
            Vous riez aux éclats ! Merci ! C’est que cette phrase ainsi construite ne veut dire rien d’autre que ce que je viens d’avancer. Pourquoi ? Parce que le rédacteur de cette légende doit avoir confondu deux verbes que le secteur de transport adore : « conduire » et « transporter ». Deux verbes au sens différent !
            Aujourd’hui, il n’est pas surprenant - au point d’en parler dans la presse - de rencontrer une femme qui « conduit » un bus. Des femmes chauffeurs ou conductrices, ça court les rues ! Mais, tune femme, si grosse soit-elle – grosseur et non grossesse ! –capable de transporter un bus, elles qui peinent d transporter une petite bicyclette, n’est pas pour aujourd’hui. Ce sont nos arrières-arrières-arrières-arrières-arrières, arrières, arrières…enfants qui vivront des scènes inédites. D’autant plus que même les hommes, réputés très forts, ne sont pas encore arrivés à réaliser de telles performances surhumaines !
Kléber Kungu

Bosco Ntaganda en procès après la confirmation de 18 charges contre lui



Cour pénale internationale

Bosco Ntaganda en procès après la confirmation de 18 charges contre lui

            La Cour pénale internationale (CPI) a confirmé, lundi 9 juin, les charges contre l’ancien chef de guerre Bosco Ntaganda, accusé de « dix-huit chefs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité » commis dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Cela dit, l’ancien chef rebelle congolais est bien considéré comme un criminel de guerre. Il est ainsi renvoyé en procès.
            Dans un communiqué de la CPI rendu public lundi 9 juin, les juges "ont confirmé à l'unanimité les charges portées contre Bosco Ntaganda, à savoir 18 chefs de crimes de guerre (meurtre et tentative de meurtre ; attaque contre des civils ; viol ; esclavage sexuel de civils ; pillage ; déplacement de civils ; attaque contre des biens protégés ; destruction des biens de l'ennemi ; et le viol, esclavage sexuel, enrôlement et conscription d'enfants soldats âgés de moins de quinze ans et leur utilisation pour les faire participer activement à des hostilités) et de crimes contre l'humanité (meurtre et tentative de meurtre ; viol ; esclavage sexuel ; persécution ; transfert forcé de populations).   Par conséquent, ils l’ont "renvoyé devant une chambre de première instance pour y être jugé sur la base des charges confirmées".
            "Les juges ont conclu à l'existence d'une attaque généralisée et systématique lancée contre la population civile (...) ayant pour but d'attaquer des civils perçus comme étant non-hema", a souligné la Cour. Ils estiment également que les crimes reprochés à Bosco Ntaganda ont notamment été commis lors de deux événements précis: des attaques en novembre et décembre 2002 dans la collectivité de Banyali-Kilo et en février 2003 dans la collectivité de Walendu-Djatsi.

Réputé sans pitié
            Réputé sans pitié – ce qui justifie son surnom de "Terminator" - Bosco Ntaganda est accusé d'avoir joué un rôle central dans les crimes "ethniques" commis dans l'est de la RDC en 2002 et 2003.
Il doit répondre de crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis par les Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC), dont il était le chef militaire.
            Les FPLC, une milice à prédominance Hema,  combattaient principalement l'ethnie rivale Lendu pour le contrôle de l'Ituri, région riche en ressources naturelles, notamment de l'or, et en proie à des violences ayant fait quelque 60'000 morts depuis 1999.
            Bosco Ntaganda est également soupçonné d'avoir lui-même violé et réduit en esclavage sexuel des jeunes filles de moins de 15 ans.
            Alors qu'il était un des chefs de guerre les plus recherchés de la région des Grands Lacs, Bosco Ntaganda, 41 ans, avait été en mars 2013 le premier à se livrer à la CPI, après s’être réfugié à l’ambassade où plusieurs autres Africains sont écroués, dont Jean-Pierre Bemba, Germain Katanga…
            Le chef rebelle Bosco Ntaganda était réfugié depuis lundi 18 mars 2013 à l'ambassade américaine à Kigali où, selon Washington, il aurait demandé à être remis directement à la justice internationale. Il sera donc transféré à La Haye quelques jours plus tard, pour un procès devant la Cour pénale internationale (CPI), qui a délivré contre lui un mandat d’arrêt international pour crimes de guerre depuis 2005.
            Bosco Ntaganda a comparu pour la première fois mardi 26 mars 2013 devant la Cour pénale internationale (CPI), après y être transféré au soir du 22 mars.
Kléber Kungu