vendredi 30 mai 2014

Manianga, électrifie-toi, les autorités t’électrifieront !



Manianga, électrifie-toi, les autorités t’électrifieront !

            Aide-toi, le ciel t’aidera, lit-on dans la Bible. Une sagesse que les plus courageux des peuples de ce monde, de la République démocratique du Congo (RDC) en particulier n’hésitent pas d’appliquer pour apporter une solution urgente ou intermédiaire à une situation sociale ou économique à laquelle ils sont confrontés. C’est le cas des Manianga dans leur ensemble – pour le moment 16 secteurs des 4 territoires du Bas-Congo regroupés dans l’ASBL Sodema (Solidarité pour le développement du Manianga). S’il est des réclamations que ces peuples formulent depuis des décennies, l’électrification de leur espace occupe une place de choix, à côté des routes.
            Depuis des années, le territoire de Luozi, avec ses de 6 784 km2 de superficie et ses dix secteurs, comme tête de ce train composé de 4 territoires (Luozi, Seke-Banza, Mbanza-Ngungu et Songololo) pour 16 secteurs (Balari, De la Kende, Kimbanza, Kimumba, Kinkenge, Kivunda, Mbanza-Mona, Mbanza-Mwembe, Mbanza-Ngoyo et Mongo-Luala pour le premier ; Isangila et Nsumbi pour le deuxième ; Ntimansi, Ngombe-Matadi et Lunzadi pour le troisième, et Wombo pour le quatrième), a toujours réclamé auprès du pouvoir sa part de gâteau du secteur électrique. Et l’espace ne s’arrête pas de s’élargir avec d’autres secteurs qui se réclament du peuple manianga.

Les Eglises dans le combat
            Plusieurs démarches avaient été déjà entreprises, tant par des Eglises que par des privés. La Communauté évangélique du Congo (CEC) dont le siège social est Luozi et l’Eglise kimbanguiste sont déjà avancées dans leurs démarches. Mais la première reste la pionnière dans ce combat pour l’obtention du courant électrique. En effet, c’est au milieu des années 1990 qu’elle avait entamé des démarches qui étaient en train d’aboutir avant d’être étouffées par l’arrivée au pouvoir de l’AFDL (Alliance des forces démocratique pour la libération du Congo) le 17 mai 1997.
            Le dossier de la CEC avait l’avantage et le mérite de contenir tous les éléments nécessaires : des propositions sur le site d’où pourrait partir le courant électrique selon le coût aux potentialités économiques et industrielles de l’espace bénéficiaires. L’étude était menée une équipe composée par la Coordination des projets de cette Eglise et les techniciens de la SNEL (Société nationale d’électricité).
            Quant à l’Eglise kimbanguiste, son entrée dans la lutte, qui date de quelques années, reste motivée par l’expansion de la cité de Nkamba qui ne cesse d’attirer plusieurs centaines de pèlerins chaque jour au gré des célébrations des fêtes de cette Eglise le long de l’année. La construction de plusieurs cités aussi cossues que modernes autour de Nkamba surnommée par les fidèles kimbanguistes « Nouvelle Jérusalem » demeure un atout à brandir pour obtenir l’électrification de Nkamba.
            Et pour faire front commun avec la CEC, le projet kimbanguiste englobe l’électrification de Nkamba et cette de Luozi.

La grande offensive de la Sodema
            L’intérêt pour les Manianga d’avoir du courant électrique est si grand que des associations ne sont pas restées les bras croisés dans ce combat qui s’avère du reste de tout Manianga, associations ou non, Eglises, toutes confessions religieuses confondues, partis politiques toutes couleurs politiques confondues.
            C’est le cas de la Sodema sous la conduite de son président national Dieudonné Bifumanu Nsompi. Depuis son avènement en octobre 2008, le Comité de gestion de cette ASBL, est sur tous les fronts dans ce combat de l’électrification du Manianga. Quelques mois après son entrée en fonction, en janvier 2009, une délégation de la Sodema s’est fait recevoir chez l’ancien ministre de l’Energie. Une commission paritaire composée des membres de la Sodema et du ministère de l’Energie avait d’ailleurs était mise en place pour permettre le suivi du dossier. Malheureusement, en faveur d’un remaniement ministériel qui est intervenu par la suite, le ministère connut un changement à sa tête, en défaveur de la Sodema. Le principe de la continuité des affaires de l’Etat est loin d’être d’application en RDC !
            Les potentialités socio-économiques, le Manianga en a et en grand nombre. Il existe plusieurs hôpitaux et autres centres médicaux disséminés à travers l’espace manianga et qui ont grandement besoin du courant électrique pour faire fonctionner leurs instruments ou appareils électriques. Dans le secteur de l’enseignement, l’espace manianga regorge un très grand nombre d’écoles primaires, secondaires et même quelques instituts supérieurs et universités. Ces infrastructures scolaires et universitaires ont besoin entre autres du courant électrique pour le fonctionnement d’instruments de leurs laboratoires.
            A tout cela s’ajoute la richesse du sol et du sous-sol de l’espace manianga qui ne demande que du courant électrique pour servir à un plus grand nombre. Producteur de plusieurs fruits de toute sorte, notamment la mangue, le safou, l’avocat, le maracuja, le poilu, le mangoustan, l’ananas, la banane, l’orange, la mandarine, la goyave, le citron, le cœur de bœuf ; d’autres produits vivriers comme le manioc, l’arachide, le haricot, le gingembre, l’oignon, l’ail, le piment, l’igname, la patate douce, le tarot, la courge, et d’autres feuilles comme les feuilles de manioc, l’épinard, le Manianga est potentiellement bénéficiaire d’industries de transformation.

Des initiatives privées à l’avant-plan
            A ce sujet, des initiatives privées n’ont pas attendu l’électrification avant d’exploser. C’est le cas de Beni Food, une ASBL installée à Luozi, chef-lieu du territoire du même nom, à 350 Km de la ville de Kinshasa qui s’est spécialisée dans la nutrithérapie (traitement des maladies par des aliments). Sous la houlette du pharmacie Dapton Kieni kia Mpesa, son fondateur, Beni Food a réussi, en peu de temps d’existence, à mettre au point une dizaine d’alicaments) dont l’efficacité est si probante que leur inventeur attend d’obtenir auprès du ministère de la Santé publique l’autorisation de mise sur marché de trois de ses produits : Niabète, Niatension et Niarroïde.
                          « L’alimentation est le meilleur des médecins », « De tes aliments tu feras une médecine ». Dans son travail scientifique, Dapton Kieni kia Mpesa s’est inspiré de ces deux citations d’Hippocrate pour produire ces alicaments. Qui proposent aussi bien des aliments appropriés pour s’attaquer aux maladies très courantes en RDC qu’aux problèmes sexuels et même de rajeunissement.
            Le savant qui fonde ses travaux de recherche sur le principe selon lequel « le trésor le plus précieux que Dieu a donné à l’homme, c’est  la santé et que de tous les facteurs qui influent sur la santé, le facteur le plus déterminant c’est  l’alimentation » a pu produire Niabete (Niakisa diabete = soigner le diabète), Niaprostate (Niakisa prostate = soigner l’adénome de la prostate), Niameso (Niakisa Meso = soigner les yeux), Niarroïde (Niakisa hémorroïdes = Soigner les hémorroïdes), Adam Madia (Aliment pour la vitalité de l’homme), Eve Madia (Aliment pour la vitalité de la femme), Zinga Jeune (vivre jeune = retarder le vieillissement, vieillir en bonne santé), Bugastrite (Buka gastrite = soigner la gastrite), Niatension (Niakisa tension = soigner la tension), Bukatisme (= soigner le rhumatisme).
            Des exemples sont légion des initiatives locales qui se débrouillent merveilleusement bien sans courant électrique. Dans la commune de Luozi, on peut rencontrer, excepté plusieurs commerces, une fabrique de chaux artisanale d’une très bonne qualité, une grande scierie, des boulangeries artisanales, un laboratoire des médicaments dont le plus célèbre est Manadiar. Sans compter un grand nombre d’infrastructures scolaires, universitaires, médicales aussi bien dans la commune de Luozi que dans tous les secteurs de l’espace manianga.
            Donc, des initiatives comme celle-là n’ont pas attendu que la cité de Luozi soit électrifiée pour se lancer dans la bataille du développement économique de leur coin. Comme qui dirait, « Manianga, électrifie-toi, les autorités t’électrifieront ! ». Bien des Manianga déclarent qu’il ne faut jamais attendre que l’espace manianga soit électrifié pour faire quelque chose. Ainsi trouve-t-on plusieurs activités économiques, excepté le commerce, qui naissent de partout, attendant l’électrification du Manianga. Qui ne viendra peut-être pas de sitôt. Question d’embarquer déjà dans le train du développement économique de son terroir.
           
Kléber Kungu

FRANCOPHONIE : Interrogation directe et interrogation indirecte



Interrogation directe et interrogation indirecte

            L’interrogation directe et l’interrogation indirecte : parlons-en aujourd’hui, car elles constituent, du moins leur distinction, l’un des soucis majeurs de la plupart des utilisateurs de la langue française. Les deux formes utilisées pour interroger une personne ne s’emploient pas indifféremment.
            Interrogation directe : Pourquoi dormez-vous à cette heure ? L’interrogation directe est la forme la plus usuelle qui se caractérise par un point d’interrogation à la fin de la phrase ou de la proposition. Il en est de même de sa forme orale qui se particularise par l’intonation montante terminant la phrase.
            Interrogation indirecte : Ses parents lui demandent pourquoi il dort à cette heure. Marquer la fin de cette phrase par une intonation ascendante serait une grave faute ! (N.B. : sans point d’interrogation). Cette forme interrogative n’a plus besoin d’un point d’interrogation à la fin de la phrase car il (le point d’interrogation) est remplacé par des verbes comme : demande, interroger, savoir, connaître… qui introduisent la partie interrogative. Malheureusement, c’est dans cette forme que bien des utilisateurs de la langue de Voltaire se laissent casser les dents ! Il y en a même qui s’offrent le luxe de garder ou de mettre la forme de l’inversion du sujet avec le verbe : Il veut savoir pourquoi les femmes ne veulent-elles pas vieillir ? Abomination linguistique !
Kléber Kungu

Brazzaville et Kinshasa engagés dans une guerre de papiers



Conséquences d’une situation mal gérée par la République du Congo
Brazzaville et Kinshasa engagés dans une guerre de papiers
            La République du Congo a décidé de conditionner toute entrée sur son sol à tout  Congolais de Kinshasa à la présentation d’un passeport, tandis que la RDC a rendu la monnaie de sa pièce à son voisin en imposant le port d’un passeport et d’un visa à tout Congolais de Brazzaville désireux de fouler son territoire. Décidément, la poussée de fièvre dans les relations entre Kinshasa et Brazzaville, considérées comme les villes les plus rapprochées au monde est loin de baisser. Depuis le refoulement musclé et dans des conditions inhumaines des ressortissants congolais du territoire du Congo Brazzaville par ses autorités, les relations bilatérales entre les deux pays ont eu coup de froid, à la limite de rupture. Après la guerre des communiqués, aujourd’hui Kinshasa et Brazzaville sont engagés de plain-pied dans un bras de fer des papiers. 
            C’est mercredi 21 mai que le ministre de l'Intérieur, Richard Muyej, a annoncé cette mesure exigeant aux ressortissants du Congo-Brazzaville voisin de se munir d’un passeport et d’un visa s’ils veulent entrer sur son sol, le simple laissez-passer exigé avant n’étant plus cours légal.
            La mesure des autorités de Kinshasa rendait ainsi la pareille à leurs homologues qu’elles accusent d’avoir endurcies les conditions de voyage des Congolais de RDC désireux de se rendre à Brazzaville en traversant le fleuve Congo, frontière naturelle entre les deux pays.
            Qui viennent de se lancer dans ce que nous pouvons appeler bras de fer des papiers. Une crise qui n’est pas sans entraîner des conséquences fâcheuses dont les populations civiles sont les premières victimes. Même si une réunion interministérielle entre représentants de Kinshasa et de Brazzaville est envisagée ce vendredi 23 mai, il y a à craindre une crise qui risque de s’éterniser.
            Une telle éventualité a toutes les chances d’être au détriment des Congolais de la République démocratique du Congo et appelle plusieurs analyses qui doivent interpeller ses dirigeants qui ont fait de l’obtention de ces deux documents un chemin de croix, une démarche particulièrement éprouvante.  En effet, au Congo Kinshasa, si on connaît la date à laquelle on amorce des démarches de l’obtention des deux documents, ce n’est pas le cas pour celle de la fin des démarches.

Absence de cartes d’identité
            Selon certaines personnes, la décision des autorités de Brazzaville d’exiger un passeport à tout Congolais de Kinshasa pour traverser dans leur territoire est motivée par l’absence en RDC d’une carte d’identité, la carte d’électeur tenant lieu de carte d’identité.
            D’où la lancinante question : pourquoi, depuis la disparition de la carte pour citoyen à l’époque du régime Mobutu, aucune autre carte d’identité ne l’a remplacée ? suivie d’autres : sa mise en circulation exige-t-elle des moyens colossaux que le trésor public est incapable de prendre en charge ? Si colossaux qu’ils dépassent ceux investis dans la fabrication des cartes d’électeur ?
            Que se passe-t-il chez les voisins en matière des documents administratifs ? A en croire une journaliste de la RDC ayant fait ses études universitaires à Brazzaville, au Congo-Brazzaville, l’obtention de tous les documents administratifs est gratuite et que le délai d’obtention est entre une semaine pour des démarches entreprises dans un circuit non officiel et moyennant quelques billets de banque, et un mois dans le circuit officiel.

Conséquences
            Au-delà de tous ces aspects, le refoulement de Brazzaville ne sera pas sans conséquences. Brazzaville connaît déjà une grande baisse d’activités de premier plan. Toutes sortes de métiers peu qualifiés exercés alors par des Congolais de Kinshasa  ne le sont plus à ce jour.
            Par ailleurs, toutes les activités exercées dans une ambiance très animée au beach Ngobila ont pris un sérieux coup. Par conséquent, tous ceux qui en tiraient des dividendes, officiellement ou officieusement, ne peuvent que regretter la survenue des événements malheureux de Brazzaville. Comme quoi, « ba coop ebebi» (les affaires ont pris un coup), disent certains analystes connaisseurs de ce milieu
            En plus, des activités commerciales qui nourrissaient des milliers de familles aussi bien à Kinshasa qu’à Brazzaville, tournent actuellement au ralenti, sinon pas du tout. Le secteur des sports n’en sort pas indemne de cette situation mal gérée par les autorités de Brazzaville. Quatre équipes de hand-ball, versions féminines et masculines, du Congo Kinshasa qui devraient participer aux 30èmes championnats d’Afrique des vainqueurs de coupe à Oyo, au Congo-Brazzaville, n’ont plus effectué le déplacement.
            A tout prendre, Brazzaville a mal géré une situation qui ne pouvait dégénérer en une telle crise. Pour une grande opération policière baptisée "Mbata ya bakolo" (la gifle des aînés, en lingala) depuis début, le Congo-Brazzaville a cru tout se permettre, qu’il avait le droit de vie et de mort sur les ressortissants de son voisin, par conséquent, qu’il pouvait les malmener, au nom de la « gifle des aînés », comme il entendait.
            Même si officiellement, cette opération est destinée à combattre une recrudescence du banditisme imputée aux étrangers, et entre autres aux "kuluna", ces délinquants de Kinshasa armés de machettes réfugiés au Congo Brazzaville où ils avaient fui l’opération « Likofi » (coup de poing en lingala) menée par la police kinoise.
            A ce jour, plus de 170 000 ressortissants vivant à Brazzaville ont été refoulés et sont rentrés au bercail, en situation régulière ou non. En effet, au début l’opération concernait les personnes en situation irrégulière. Mais craignant une expulsion de force, même en règle, et face à la montée d'une hostilité manifeste de la population brazzavilloise, des dizaines de milliers de ressortissants du Congo Kinshasa sont rentrés de gré au bercail, abandonnant pour la plupart tout sur place.
Kléber Kungu

Elu par les députés après les élections du 7 mai, Jacob Zuma investi pour un second mandat



Elu par les députés après les élections du 7 mai



Jacob Zuma investi pour un second mandat

Joseph Kabila parmi de nombreux chefs d'Etat africains à Pretoria,
            Jacob Zuma a été investi samedi 24 mai pour un second mandat à la tête de l’Afrique du Sud. Joseph Kabila de la RDC a assisté également parmi les 4 500 hôtes de marque - chefs d'Etat ou de gouvernement d'une quarantaine de pays africains, hommes d'affaires, élus, vedettes sud-africaines – à cette grande cérémonie célébrée avec pompe.
            Jacob Zuma, à la tête de l’ANC depuis 2008, a été reconduit mercredi 21 mai par les députés après la victoire de son parti, l'ANC, aux élections du 7 mai. Il a été investi en fin de matinée avant 21 coups de canon et un show aérien de l'armée de l'air.
            C'est sur la terrasse en amphithéâtre de cet imposant bâtiment datant de l'ère coloniale que Nelson Mandela, héros de la lutte anti-apartheid, avait prononcé son premier discours présidentiel en 1994 et où son cercueil a été exposé pour un ultime adieu en décembre.
            Parmi ses homologues africains, on a noté la présence notamment du Nigérian Goodluck Jonathan, du Congolais Joseph Kabila, du Malgache Hery Rajaonarimampianina, du Béninois Thomas Boni Yayi, du Kenyan Uhuru Kenyatta, du Congolais de Brazzaville Denis Sassou N'Guesso.        Le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, 90 ans, plus vieux chef d'Etat du continent et compagnon de lutte contre le régime d'apartheid, est arrivé avec son épouse vendredi soir, de retour d'un énième séjour médical d'une semaine à Singapour, officiellement un contrôle de routine après une opération de la cataracte.
            Le premier mandat de Jacob Zuma (2009-2014) a été marqué par une montée des tensions sociales en Afrique du Sud, une escalade des violences contre le manque d'emplois ou de services publics de base, des grèves dures contre les bas salaires et une montée de la défiance envers les élus et autres responsables, notamment syndicaux, accusés de manquer d'intégrité.
            Le président sud-africain a dû remanier plusieurs fois pour se séparer de responsables mis en cause pour corruption. Le massacre de 34 mineurs à Marikana en 2012 a fortement terni l’image de marque des dirigeants sud-africains.

Annonce des mesures de transformation socio-économique "radicale"
            Le président Jacob Zuma a annoncé samedi, lors de son investiture pour un second mandat, une nouvelle étape dans la transformation de l'Afrique du Sud depuis la fin de l'apartheid, avec la mise en œuvre de politiques socio-économiques "radicales", selon l’Agence France presse (AFP)..
"Nous avons achevé avec succès la première phase de notre transformation. Aujourd'hui marque le début de la seconde phase de notre transition de l'apartheid vers la démocratie", a-t-il déclaré, ajoutant que "cette seconde phase impliquera la réalisation de transformations socio-économiques radicales".
Kléber Kungu

Le 25 mai 2014 : Les kimbanguistes ont célébré leur Noël



Le 25 mai 2014



Les kimbanguistes ont célébré leur Noël

            Les kimbanguistes du monde entier ont célébré avec allégresse le 25 mai 2014 la fête de Nöel qui marque la naissance de l’ancien chef spirituel et représentant légal de l’Eglise kimbanguiste, Dialungana Kiangani Salomon.
            A Kinshasa, au Centre d’accueil et de conférences kimbanguiste dans la commune de Kasa-Vubu, à Nkamba Nouvelle Jérusalem, ville sainte, en Afrique, en Europe, en Amérique, en Asie, en Océanie, les fidèles kimbanguistes étaient dans l’allégresse la plus totale en célébrant la naissance de papa Dialungana Kiangani Salomon Paul, qu’ils considèrent comme Jésus.
            En effet, né le 25 mai 1916 à Nkamba, il était marié à Kiwasisilua avec qui il a eu plusieurs enfants, dont l’actuel chef spirituel de l’Eglise kimbanguiste, Simon Kimbangu Kiangani, il est décédé le 16 août 2001, à Kiemba, sur la route Nkamba en partance pour Kinshasa.
Kléber Kungu

Les refoulés de Brazzaville souhaitent retourner dans leurs milieux d’origine



Site de transit de Maluku

Les refoulés de Brazzaville souhaitent retourner dans leurs milieux d’origine

            C’est à 80 km de Kinshasa que se trouve le Centre d’instruction de Maluku transformé pour la circonstance en site de transit des refoulés de Brazzaville. Près de 130 000 Congolais, toutes provinces confondues y ont pratiquement transités, en provenance du stade cardinal Malula, commune de Kinshasa. Il en reste aujourd’hui quelque mille. Qui y vivent dans des conditions précaires. Mais comparées au calvaire qu’ils venaient de vivre au Congo Brazzaville, la majorité refusent de retourner à « l’enfer », pour tout l’or du monde.
            Plus d’un millier d’âmes vivent dans cet espace de quelques hectares : homme, femmes, enfants. En dépit de l’état de dénuement dans lequel ils vivent après avoir été dépouilles de tout ce qu’ils avaient de précieux à Brazzaville et qu’ils ont amassé durant des années de dur labeur, ils se contentent de ce vécu que la communauté humanitaire essaie de rendre vivable.


Une ration de quelques produits alimentaires
            Un vécu composé d’une ration alimentaire composée d’huile végétale (50cl), d’une quantité de 3 verres (sakombi) de haricots à chaque membre de famille, un verre de sel, de l’eau vive (deux bouteilles) et de la semoule dont la quantité dépend du nombre de membres de la famille.  Et selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (Ocha), une usine de panification de Kinshasa s’est engagée à assurer la fourniture des pains à ses compatriotes démunis. Caritas met également la main à la pâte en leur distribuant également des vivres.
            L’Unicef, quant à elle, s’affaire à rendre le milieu vivable, pour que les mauvaises conditions ne donnent le lit à des maladies de mains sales entre autres qui ont pour capacité de rendre la vie invivable. L’adduction de l’eau et l’implantation des toilettes au site restent le cheval de bataille de l’Unicef.

            Qui est aidée par l’OMS, l’UNFNUAP qui veillent au grain en ce qui concerne la santé des pensionnaires du site de Maluku. Qui s’organisent et organisent leur nouvelle vie comme ils l’entendent, selon les circonstances. Ici, ce sont quelques enfants qui jouent, pendant que plus loin leurs mères préparent une pitance qui ne rempliront peut-être pas leurs ventres flasques.

Des vieillards « alités »
            Dans une grande bâtisse où s’entassent plusieurs refoulés dont les familles sont séparées par de simples linges sales et déchirés, mais dans une promiscuité favorable à la propagation des maladies,  nous rencontrons quelques vieillards malades alités, pardon couchés à même le sol. Que Martin Kobler essaie de consoler pendant quelques minutes.
            A l’extérieur, ce sont deux coiffeurs qui ne veulent pas perdre leur doigté dans ce métier qu’ils exerçaient à Brazzaville « l’enfer ». Makambo est l’un d’eux, la vingtaine, qui est arrivé au site depuis le 5 mai. Marié et dont la femme est grosse, Makambo, dépité, nous raconte son calvaire, sous le grésillement de son rasoir électrique, un client se faisant raser. Il regrette avoir tout abandonné dans une ville où il voudra, malgré tout, retourner le moment venu. Ce que d’autres refoulés aux alentours n’envisagent jamais de leur vie, jurent-ils.

            Plus loin, Rachidi Ibrahim, un maçon de son état, raconte son calvaire à la presse, papiers à conviction en mains, en compagnie de sa femme tenant un bébé. Selon lui, ce jour-là, il reçoit un appel de sa femme qui l’informe qu’elle est victime des tracasseries à la maison. Arrivé quelques instants à la maison, il se voit déguerpir comme un voleur. A la clé, la police lui déchire tous les papiers de séjour, il tente de lui présenter, avant de l’envoyer humer l’air lugubre du cachot pendant plus d’une semaine.


En attente du « rapatriement » dans la province d’origine
            Un autre garçon, originaire de l’Equateur, employé à une entreprise chinoise, déclare être chassé de Brazzaville où il a passé 8 ans. Chassé à partir du chantier, il a transité au cachot pendant 25 jours  où il a été victime des sévices et brimades corporelles. Marié à une femme du Congo Brazzaville, il refuse d’y retourner pour tout l’or du monde. Ses co refoulés et lui attendent impatiemment leur « rapatriement » dans leur province d’origine.

            Akambo Bayeke, est un tradi praticien, 58 ans, qui a passé 12 ans à Brazzaville. Marié et père de 5 enfants, il déclaré être chassé de sa maison à 5 heures du matin, en abandonnant tout son avoir, et après avoir séjourné au cachot pendant 17 jours avec une pitance d’un demi-pain par jour. Il n’envisage jamais de retourner dans cet « enfer » ; il compte se débrouiller bien dans son pays.

            Les quelques cas énumérés représentent sans doute un petit échantillon de ce que les compatriotes congolais ont vécu lors de leur refoulement musclé. L’accueil que le gouvernement leur a réservé, combiné avec l’aide qu’ils reçoivent des acteurs humanitaires sont parvenu à faire oublier quelque peu ce cauchemar et, par conséquent, à panser ces plaies de toutes sortes de Brazzaville . Car même les personnes vivant avec handicap n’ont pas été épargnées !
Kléber Kungu

CPI :Germain Katanga condamné, les victimes insatisfaites



Cour pénale internationale

Germain Katanga condamné, les victimes insatisfaites

C’est pourquoi elles réclament réparation.
            Germain Katanga, ancien chef de milice,  a été condamné vendredi 23 mai à 12 ans par la Cour pénale internationale (CPI).  Il a été reconnu coupable de « complicité de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité » pour avoir contribué à fournir des armes à la milice armée qui a massacré plusieurs centaines de personnes à Bogoro en raison de leur appartenance ethnique. Germain Katanga condamné, les victimes restent insatisfaites et réclament réparation pour elles, protection pour les témoins et poursuite en justice contre les commanditaires..
            La condamnation à 12 ans de Germain Katanga laisse un coup d’inachevé et d’insatisfaction chez ses victimes. C’est pourquoi elles réclament protection et réparation  pour toutes brimades et autres exactions subies. En outre, elles réclament également que les commanditaires soient également poursuivis. La Chambre de première instance II de la CPI a également ordonné que le temps passé en détention pour le compte de la CPI - c'est-à-dire la période du 18 septembre 2007 au 23 mai 2014 - soit déduit de la peine prononcée. Ainsi après avoir consommé 7 ans d’emprisonnement depuis son transfert à la CPI, Germain Katanga restera encore cinq années de plus sous les verrous.
            C’est depuis le 24 février 2003 que les victimes attendaient la condamnation des auteurs du massacre de Bogoro, dans l'Ituri en Province Orientale. Ce jour-là, plus de 200 personnes avaient été tuées, par balle ou à la machette, le village pillé, les femmes violées.

Soulagées mais déçues
            Quoique soulagées par le verdict de la CPI, les victimes de Germain Katanga restent cependant déçues. En effet, les victimes ont attendue une peine plus lourde contre ce criminel. Les victimes se demandent comment elles vont obtenir la réparation, tout en estimant que, si elle est obtenue, elle ne sera que symbolique. Leur objectif est loin de s’attendre à obtenir de grandes sommes d’argent. Vont-elles récupérer leurs maisons incendiées ? Ou revoir les membres de famille assassinés. Aujourd’hui, des orphelins ne vont plus à l'école, des personnes sont handicapées, des gens sont traumatisés

Protéger les victimes et les témoins
            Les victimes attendent de la CPI l’obtention des indemnités pour les survivants, ainsi que la protection des témoins, étant donné que certains avaient reçu des menaces. Elles demandent aussi cette protection du gouvernement puisse assurer la protection, se rappelant la manière dont elles ont été traquées, ont subi des pressions de la part des autorités locales. Et même de certains groupes armés proches de Germain Katanga.
            Pour Me Fidèle Luvengika, l'avocat d'un collectif de victimes, les commanditaires, c’est-à-dire les vrais coupables doivent être poursuivis. Pour cela, il appelle à la poursuite des enquêtes. Les victimes restent convaincues que Germain Katanga était bien le commanditaire du massacre, en revanche, faute de preuve la CPI ne l'a condamné que pour sa contribution. Quoique le procès de Germain Katanga n'ait pas livré toute la vérité, bien des Congolais se réjouissent qu’avec cela est mis fin ou presque de l'impunité qui prévaut souvent à l'est du Congo.
Kléber Kungu