mercredi 19 février 2014

A l’école de maman Sidonie Lumuenidio



A l’école de maman Sidonie Lumuenidio

(Un témoignage de Kléber Kungu, de retour de Nkamba)
            La célébration à Nkamba Nouvelle Jérusalem de la fête du centenaire de papa Kisolokele Lukelo Daniel Charles, fils aîné du prophète Simon Kimbangu, nous a permis de découvrir un pan des secrets de la réussite de l’Eglise kimbanguiste. Il est des hommes et des femmes qui, à quelques responsabilités que ce soit dans cette grande locomotive qu’est l’Eglise de Jésus-Christ sur la terre par son envoyé spécial Simon Kimbangu, EJCSK, travaillent dans l’ombre. C’est le cas de Sidonie Lumuenidio, épouse de papa Simon Kimbangu Kiangani. Celle que tout fidèle kimbanguiste appelle affectueusement « Mama ». Nous avons été à son école pendant quelques jours. Les leçons apprises sont étonnamment encourageantes et intéressantes.
            Lorsque Lorry Nsimba, régisseuse à RGT@ et fille du coin, nous invite, le mercredi 12 février, à nous rendre chez « Maman », j’ai hâte d’y arriver pour découvrir la première fidèle kimbanguiste. C’est qu’en compagnie de quelques autres confrères que je vais découvrir cette femme de caractère.
            Aussitôt à l’entrée de la coquette résidence privée du chef spirituel et représentant légal de l’Eglise kimbanguiste, quelques gardes nous accueillent. Non pour nous demander de décliner notre identité, mais ce que nous voulons.
            Quelques personnes nous y ont précédés, chacun attendant son tour d’être reçu par Maman. Notre guide nous conduit dans une sorte de restaurant à ciel ouvert. C’est une femme qui nous accueille, toute souriante, après avoir répondu à notre « bonjour ». C’est Ma Lili Bungudi. Une de nombreuses femmes de ménage au service de Maman Sidonie Lumuenidio.

A chaque employée sa charge
            Elle emploie plusieurs femmes à son service. Chacune d’elles s’occupe des charges distinctes. Il y en a pour la cuisine, d’autres pour le transport de la nourriture de la cuisine au restaurant, un autre groupe pour servir les visiteurs. D’autres femmes s’occupent de la maison de « Maman ». Elle en a également une qui s’occupe de sa santé.
            Madame Lili Bungudi est parmi les servantes. Le nombre de visiteurs par jour est tel qu’il n’ya pas de place pour les fainéantes chez Maman Sidonie.           Surtout les jours de fête, le nombre de visiteurs ne faiblit pas. Chacun y vient pour ses problèmes. « Nous recevons plusieurs visiteurs par jour : entre 200 et 300 personnes », nous confie Ma Lili, toute contente de se confier à des journalistes.
            Avant de prendre notre déjeuner, notre « guide » s’arrange pour arracher des « civilités » chez Maman Sidonie. « La voilà », nous signale Lorry Nsimba. Le cœur bat la chamade. C’est une femme de taille imposante, téléphone en main, le regard toujours perçant, le sourire éternel aux lèvres. Elle adore de longues robes en tissu Bazin. Particulièrement aux couleurs kimbanguistes. Ses nombreux va et vient entre l’intérieur de sa maison et l’extérieur expliquent que ses journées sont loin d’être de tout repos.
            Tantôt assise pour recevoir ses visiteurs pour quelques minutes, tantôt debout pour juste saluer les autres. Les uns et les autres, par respect, se présentent à genoux devant la première femme kimbanguiste.
            Nous voici devant Maman Sidonie. Quelques poignées de mains rapides, accompagnées d’une brève présentation faite par notre guide, constituent la rencontre avec cette femme. « Ce sont mes confrères journalistes venus de Kinshasa pour couvrir le centenaire de papa Kisolokele », annonce Lorry Nsimba.

La file des visiteurs est ininterrompue
            La file des visiteurs est ininterrompue. Ainsi que les présents (cadeaux) de toutes sortes. Produits manufacturés, de l’argent, produits vivriers… affluent chez Maman.
            Nous attablons pour déjeuner. Ce qui est servi est loin de refléter le milieu dans lequel nous nous trouvons : du Nescafé, du thé Lipton, de la margarine, du lait (pas en petits sachets). Et pour faire local, du pain fabriqué sur place, des safous, des arachides…Il y a environ quatre tables où s’attablent 16 personnes. D’autres les remplacent quelques minutes plus tard…La scène est pareille lors du dîner  ou su souper.
            C’est la même Lili que je rencontre chez Maman toutes les 5 fois que nous nous y sommes rendus : le même accueil, le même sourire, les mêmes mots tendres…Elle travaille chez Maman depuis 2013.
            Et pourtant, le travail de servir les visiteurs de Maman est loin d’être une sinécure. Ma Lili me raconte brièvement comment elle travaille.« Quand 3 heures sonnent, le sang de mon corps fait un tour. Je me réveille pour commencer à travailler. Je n’arrête que vers minuit », me confie cette femme. « Le travail est si intense que je n’arrive pas à manger et la nourriture pourrit », se plaint-elle. Lorsque je lui demande son numéro de téléphone, elle me le donne en ajoutant ceci :« D’ailleurs, en raison de l’intensité du travail, je n’ai pas l’habitude d’avoir mon téléphone à mes côtés ».
            J’ai eu à expérimenter ces propos. Une fois à Kinshasa, au moment de rédiger cet article, j’ai tenté, à plusieurs reprises, de joindre au téléphone Ma Lili. Sans succès.
            La vie chez Maman Sidonie ne s’arrête pas à la maison. Aussitôt dégagée de ses nombreuses occupations, Maman Sidonie et ses employées n’hésitent pas à se rendre aux champs. « Maman, me raconte Ma Lili, nous accompagne souvent aux champs où elle travaille sans distinction de son rang. »
            Ancien commando formé à Kotakoli, Maman Sidonie arrive à conduire elle-même le tracteur pour faire le labour des champs. Je tiens l’information de l’un de nombreux fidèles kimbanguistes alors que nous passons ce jour-là à côté de ce tracteur.

Les 6 leçons de l’école Maman Sidonie
            Somme toute, Maman Sidonie, comme son mari, le chef spirituel, c’est une école, une grande école. Quelques heures que j’ai passées dans cette école m’ont appris beaucoup de leçons qui guident la vie quotidienne de grandes personnalités et du monde parfait.
            L’amour du prochain est la première leçon que cette école apprend aux nombreux visiteurs en leur donnant à manger sans distinction de race ni de religion ni de classe sociale. Une leçon qui est renforcée par celle du partage avec le voisin. Lorsqu’on accepte de travailler chez Maman, il faut consentir des sacrifices qui vous astreignent à oublier même de manger ou de s’occuper de soi-même.
            Le respect reste la quatrième leçon : respect de l’autorité, respect des institutions établies, respect des lois, respect de tout le monde…Un respect qui doit s’accompagner de l’ordre. En effet, chez Maman, l’ordre y est de rigueur : on n’y entre pas comment.
            Le travail demeure la 6ème leçon. Aucune Eglise, aucune entreprise, aucune nation ne se construit sans travail. Sans travail bien fait.
            Maman Sidonie  Lumuenidio l’a bien compris. C’est pourquoi, des années durant, sans relâche, elle s’emploie à inculquer ces leçons à toutes ses employées. Pour le bonheur de l’Eglise kimbanguiste en particulier, de la RDC en général.
            Oui, les quelques heures passées à l’école de Maman Sidonie m’ont également appris toutes ces leçons. Comme quoi, le voyage de Nkamba, excepté tout l’aspect festif, aura été très instructif, bénéfique.

lundi 17 février 2014

Les 4 jours du centenaire du premier fils de Simon Kimbangu



Les 100 ans de papa Kisolokele Charles
Les 4 jours du centenaire du premier fils de Simon Kimbangu
( Un récit de Kléber Kungu, de retour de Nkamba Nouvelle Jérusalem)
            La fête de 100 ans de la naissance du premier fils du prophète Simon Kimbangu a été célébrée avec beaucoup de faste par des millions de fidèles kimbanguistes venus de tous les coins du monde. Particulièrement à la cité sainte de Nkamba Nouvelle Jérusalem. 4 jours (du 12 au 15 février) de chants, de prières, de rappels historiques de hauts faits de papa Kisolokele, d’inauguration de sites, de nuits à la belle étoile. Récit.
           
Depuis lundi 10 février, des milliers de fidèles kimbanguistes ont afflué à Nkamba pour célébrer les 100 ans de naissance du premier fils du prophète Simon Kimbangu, né le 12 févier 1914. Les 225 km séparant Nkamba de la capitale congolaise, dont 75 de terre, de poussière de Mbanza-Ngungu à Nkamba, n’ont pas eu raison de la détermination des fidèles kimbanguistes de rendre les honneurs qui  reviennent à l’un des hommes d’Etat congolais dignes de son rang. Y compris des délégations venues de presque tous les coins de la planète.
            Aussi un représentant du Premier ministre Matata Ponyo, a rehaussé de sa présence cet événement au cours duquel plusieurs témoignages sur les qualités spirituelles, humaines, managériales de celui qu’on a fêté les cent ans de naissance. Au rang desquels ceux du ministre des Affaires foncières, Robert Mbuinga, qui se considère comme ministre kimbanguiste, après avoir été nommé à ce poste 3 jours après son séjour à Nkamba, du Dr Longo, neveu de Joseph Kasa-Vubu, et ambassadeur de la paix dans la région des Grands Lacs…
           
Une trentaine de journalistes, dont une vingtaine de la maison (Ratelki et Preski) ont été mobilisés pour immortaliser le grand événement. Les autorités de l’Eglise de Jésus-Christ par son envoyé Simon Kimbangu (EJSCK) ont tenu à informer la planète, en temps réel, de ce qui se passait en Nkamba en louant les services du Rénatelsat (Réseau national des télécommunications par satellite).

Les 5 continents sont en crise
            Dans ses interventions, dont celle du mercredi 12 février, le chef spirituel Simon Kimbangu Kiangani, a souligné la crise qui secoue les 5 continents. C’est pourquoi il a sollicité le pardon pour toutes les imperfections commises. Il a ainsi invité l’assistance à abandonner le mal pour que cessent les difficultés qui assaillent le monde depuis très longtemps. En implorant le pardon de Dieu, le numéro un de l’Eglise kimbanguiste a déclaré que toute personne qui se fie à ses ancêtres n’est jamais abandonnée par eux…
           
Mettant en pratique l’un de leurs slogans « Mibeko, Bolingo, Misala » (Lois, amour, travail), les fidèles rivalisaient d’ardeur et d’excellence dans les offrandes et les dons. C’était à qui donnerait plus. La clôture des activités de chaque jour offrait ainsi une occasion de concurrence mettant aux prises différentes délégations. Chaque délégation tenait à arracher la palme du meilleur donateur.
            Ainsi, par exemple, la délégation angolaise a-t-elle offert plus de…800 pièces wax, les volontaires du monde entier, un nombre important des pièces wax ; les 3 Congo (Brazzaville, Kinshasa et Angola) et la Zambie, 4 bœufs ; les volontaires du Congo Brazzaville, trois motos neuves de marque Senke ; l’Association des femmes kimbanguistes (AFKI), une jeep neuve de couleur bleue de marque Toyota…Plusieurs cadeaux, en nature ou en espèces, ont été offerts à l’Eglise par ses nombreux fidèles, en groupe ou individuellement.
            Le centenaire de Kisolokele a été aussi l’occasion pour l’Eglise d’inaugurer des sites historiques qui font son histoire. Il s’est agi de la Maison des rois. Cette maison à trois étages doit en principe servir aux rois de trois pays (Congo Kinshasa, Congo Brazzaville et Congo Angola) pour régler les différends de leurs pays. Cette maison a été construite grâce à la contribution financière et matérielle des volontaires, de la Choreki, de l’AJAM (Association des jeunes de l’Agglomération de Mbanza-Ngungu).


Nkamba se modernise de plus en plus
            Auparavant, le directeur de cabinet du président du Sénat et le chef spirituel ont procédé à la pose de la première pierre du musée, le premier, de cette Eglise mondiale. Située à côté de la résidence officielle, ce musée servira à contenir les différentes richesses traditionnelles de l’Eglise, dont les œuvres d’art, les photos..
          

  D’autres sites ont été également inaugurés au cours de la fête. Le vendredi 14 février, il a plu au chef spirituel et représentant légal, Simon Kimbangu Kiangani, d’inaugurer d’abord le bassin de Sima. Composé de deux parties, ce bassin dispose de l’eau sacrée, où peut se baigner, en trois immersions, toute personne, touriste, pèlerin ou fidèle, désireuse de se purifier, avant de quitter la Cité sainte. Ensuite, la Maison de Belgique, construite essentiellement par les fidèles kimbanguistes de la diaspora résidant en Belgique.
          
  Le dernier site à être inauguré, c’est la résidence de Kisolokele située dans son village de Ngombe Kinsuka. Une inauguration faite sur fond d’une cérémonie traditionnelle au cours de laquelle les habitants de Ngombe Kinsuka et les autres invités ont été conviés à un repas composé de plusieurs mets.
            Au cours de toutes ces inaugurations, le chef spirituel, a félicité tous ceux des fidèles kimbanguistes qui ont contribué dans la réalisation de ces œuvres, en les invitant à faire mieux. Car, disait-il, grâce à ces sites, l’Eglise résout de plus en plus le problème de logement qui se pose à la cité sainte de Nkamba pendant les fêtes que célèbre l’Eglise. Ce qui change Nkamba de village en ville, comme l’a déclaré Simon Kimbangu Kiangani dans son humour habituel.
            En effet, depuis un certain temps, l’Eglise kimbanguiste s’emploie à moderniser cette cité ainsi que ses nombreux camps et cités ou sites en construction dans sa partie occidentale.
            Pendant 4 jours, nous avons été témoin de ce travail de titan que réalise les fidèles kimbanguistes sous la houlette de leur chef spirituel Simon Kimbangu Kiangani, aidée discrètement dans cette grande œuvre par son épouse, maman Sidonie. Mais également, nous avons accepté, comme d’autres fidèles fêtards, de passer deux nuits à la belle étoile…Avec beaucoup de sportivité. Pendant que d’autres passaient la nuit sous des tentes…
            Le centenaire de papa Kisolokele Lukelo, qui ouvre un cycle de 3 autres centenaires (en 2016 pour Salomon Dialungana Kiangani,  2018 pour Joseph Diangienda Kuntima et en 2021 pour l’Eglise elle-même), va s’étendre durant toute cette année.
            Et quand nous quittions le dimanche 16 janvier à 13 heures 25, Nkamba, qui grouillait de monde quelques jours avant, paraissait un village déserté par ses habitants : oui, la première partie de la fête venait de prendre fin. Le rendez-vous est pris pour le 17 mars pour la seconde partie.

jeudi 6 février 2014

FRANCOPHONIE / « Dieu Mairnci »



« Dieu Mairnci »

            Je ne cessais de me réjouir de n’apercevoir jusque-là que des « Dieu Merci » - bien écrits – sur les pare-brise des véhicules, particulièrement des taxis-bus Mercedes 207 jusqu’au jour où un ami, tout triste, m’a vomi sa déception en découvrant un « Dieu Merci » d’un autre genre, pardon d’un autre monde, sur une voiture taxi.
            Ce jour-là, mon confrère a beau écarquiller ses yeux pour se rendre en évidence après avoir vu ceci : « Dieu Mairnci ». « Est-ce quoi ? » s’est-il exclamé alors qu’il s’était vautré dans une voiture taxi desservant la ligne UPN- Cité Verte.
            Oui, il a vu un « Dieu Mairnci  », donc un « Dieu Merci » massacré à tel point qu’il a perdu son latin. En me livrant l’information, le confrère s’est plaint en ces termes : « Pourquoi ceux qui écrivent ces mots ne le font pas dans la langue qu’ils sont censés bien maîtriser ? »
Kléber Kungu

Les humanitaires cherchent 832 millions de dollars pour 4,7 millions de Congolais



Lancement officiel du Plan d’action humanitaire 2014 en RDC

Les humanitaires cherchent 832 millions de dollars pour 4,7 millions de Congolais

            La communauté humanitaire a besoin de 832 millions de dollars américains – dont 539 millions de dollars pour des activités hautement prioritaires –  seront nécessaires pour soulager les souffrances de 4,7 millions de Congolais sur l’ensemble du territoire de la RDC. Le Coordonnateur humanitaire, Moustapha Soumaré, l’a déclaré dans son discours à l’occasion du lancement officiel du Plan d’action humanitaire 2014 en RDC ; un discours comportant 3 messages importants.
            Dans un discours qui a souligné tous les grands défis que les acteurs humanitaires doivent relever au cours de cette année, Moustapha Soumaré a, sur une note pessimiste, mais réaliste, livré ses trois messages importants pour 2014, une année qui « ne sera pas facile » en dépit de « nos souhaits et tout l’optimisme qui caractérise chacun d’entre nous ».
            Le premier message important du numéro un des acteurs humanitaires en RDC est que « les besoins humanitaires vont demeurer considérables en RDC en 2014. » Pour lui, l’émiettement de la rébellion pro rwandaise au Nord-Kivu n’a pas permis le retour total des déplacés internes au nombre de 3 millions en janvier 2014, un nombre jamais atteint depuis 2009, en raison de l’insécurité croissante due à l’activisme croissant des groupes armés en grand nombre et l’accélération des opérations militaires unilatérales par les FARDC ou conjointement avec la Monusco.
            Excepté les déplacés internes, la RDC abrite aussi 254 000 réfugiés et près de 430 000 Congolais réfugiés dans les pays voisins, pendant que le Katanga et le Maniema connaissent aussi une insécurité et que 59 000 réfugiés centrafricains se trouvent actuellement en Equateur et en Province Orientale. Toutes ces personnes ont besoin de l’assistance humanitaire.
            Un autre défi : 17% des Congolais en milieu urbain et 67% en milieu rural, toujours dépourvus d’accès à l’eau potable, resteront excessivement vulnérables aux maladies hydriques souvent mortelles, à commencer par le choléra avec plus de 27 000 cas rapportés en 2013 dont presque 500 décès, le choléra, la rougeole et le paludisme et d’autres épidémies mortelles.

La RDC, 3ème pays au monde avec le plus grand nombre de décès d’enfants de moins de 5 ans
            En raison de la détérioration de la sécurité alimentaire, la RDC reste le troisième pays au monde avec le plus grand nombre de décès d’enfants de moins de 5 ans résultant de malnutrition dans presque la moitié des cas. Un défi renforcé par la présence de 6,7 millions de personnes, soit 11 % de la population rurale, en situation de crise alimentaire aiguë, contre 6,4 millions en juin 2013. La faim ouvre la porte à de multiples infections et prive le pays d’une main d’œuvre nécessaire pour bâtir un futur meilleur.
            Quant au deuxième message, le Coordonnateur humanitaire en RDC a invité à continuer à soutenir la nouvelle approche d’élaboration du Plan d’action humanitaire fondée sur les crises humanitaires et un plan de réponse stratégique, malgré ses défis et certaines insuffisances.
            Pour cette année, la communauté humanitaire a besoin de 832 millions de dollars américains, dont 539 millions de dollars pour des activités hautement prioritaires, pour venir en aide à quelque 4,7 millions de Congolais sur l’ensemble du territoire de la RDC. Si ce montant est en baisse par rapport aux estimations de 2013, cela ne veut pas dire qu’il y a une diminution des besoins sur le terrain. Cela est, par contre, la conséquence de la méthodologie du processus du Plan d’action humanitaire 2014, basé sur le critère fondamental suivant : sauver des vies là où la situation l’exige de la manière la plus urgente.

Besoin du soutien continue des autorités
            La coordination avec les mécanismes chargés de la stabilisation et du développement, et notamment avec  le Gouvernement congolais, doit être renforcée pour créer une réelle complémentarité de nos interventions sur le terrain, tel est le troisième message.
            Moustapha Soumaré a plaidé pour une action humanitaire efficace dans un environnement libéré d’obstacles en tout genre : administratif, logistique et sécuritaire. Ce qui veut dire que les acteurs humanitaires ont besoin du soutien continu des autorités nationales et provinciales dont ils complètent l’action en faveur des Congolais et Congolaises affectés par les crises « pour que les actions humanitaires bénéficient des facilités nécessaires à leur accomplissement sur le terrain ».
            Auparavant, Moustapha Soumaré a rappelé les résultats obtenus en 2013. Au cours de cette année, environ 2,75 millions de personnes déplacées ont bénéficié de biens de première nécessité, 6,3 millions de Congolais ont reçu une assistance en eau, hygiène et assainissement, plus de 90 000 tonnes de vivres étaient distribuées à 2 millions de personnes, plus de 15 millions d’enfants  de 6 mois à 14 ans ont été vaccinés contre la rougeole dans 273 zones de santé, et 3,4 millions ont bénéficié des interventions dans le cadre de la lutte contre le choléra. Ces grandes actions ont été réalisées grâce à l’apport financier des bailleurs dont les contributions ont atteint 730 millions de dollars américains, soit 80 % du montant requis, qui s’élevait à 892 millions de dollars américains.
            Le Coordinateur humanitaire a clos son discours en saluant l’accueil que les acteurs humanitaires ont bénéficié sur le sol congolais de la part du gouvernement congolais, tout en félicitant tous les partenaires pour leur contribution inestimable à la mise en œuvre de l’action humanitaire sur le terrain, souvent dans des conditions extrêmement difficiles, périlleuses, et sans faire la « Une » des médias. 
            Dans son discours, le ministre des Affaires sociales, Action humanitaire et Solidarité nationale, Charles Naweji Mundele, a dressé le tableau de la situation humanitaire à travers la RDC, caractérisé par les déplacements massifs des populations suite à l'activisme des bandes et groupes armés et aux opérations militaires organisées par les FARDC, avec près de 2 963 704 personnes déplacées dont plus de la moitié se trouve dans la seule province du Nord Kivu.
            A ce tableau, il faut ajouter les catastrophes naturelles provoquées par des inondations, des éboulements de terrains, des épidémies de tout genre dans un pays où la pluviométrie et l'hydrographie sont très abondantes. Se retrouvant dans un état de besoin d'urgence, ces populations attendent impatiemment l'assistance en vivres, non vivres, en abris, en médicaments, en assainissement, en eau potable ainsi qu'en protection civile.
            Comme si cela ne suffit pas, la RDC héberge sur son sol près de 201.698 réfugiés dont le cas le plus récent est celui de plus de 50.000 ressortissants centrafricains qui ont fui la guerre dans ce pays voisin, et qui sont localisés dans les différents territoires frontaliers des Provinces Orientale et de l'Equateur.

Ne pas oublier les communautés en crise humanitaire »
            A cette situation, a déclaré Charles Nawej Mundele, le gouvernement congolais a pu apporter son assistance à la limite de ses moyens.
            Face à cette diversité de problèmes, le ministre des Affaires sociales, Action humanitaire et Solidarité nationale a émis le souhait de son gouvernement de voir en 2014, les équipes humanitaires mener des évaluations conjointes Gouvernement-Communauté humanitaire.
            La représentante du Comité des ONG internationales  a remercié aussi bien les bailleurs de fonds que le gouvernement congolais, ainsi que le Coordonnateur humanitaire et les représentants de différentes organisations internationales et des agences des Nations unies pour le travail abattu sur le terrain en vue de soulager la vie des millions des personnes qui ont besoin de l’assistance humanitaire.
            Elle a invité les uns et les autres à ne pas oublier « les communautés qui doivent faire face à une crise humanitaire ou à des épidémies diverses au Kasai Oriental, au Kasai Occidental ou encore au Katanga » ainsi que « les populations en situation de détresse en Equateur, en Province Orientale, au Bandundu ou au Maniema. »
Kléber Kungu


mercredi 5 février 2014

FRANCOPHONIE : « Terrasse La déntete »



« Terrasse La déntete »

            « Terrasse La déntete Dépôt Boisson et divers». Ces beaux écrits blancs sur fond de rouge ornent le petit mur d’une maisonnette doublée d’une terrasse, implantée sur le très célèbre couloir Zénith au quartier IV de la commune de N’djili.
            Si la beauté de ces écrits n’est pas à redire, ce qu’ils disent est fort critiquable. Cependant, il faut un peu de réflexion pour comprendre que ces écrits portent une grosse faute due certainement à l’inattention de celui qui les a rédigés.
            Que voudrait dire « Déntete » avec un accent aigu sur le premier « e » ? A première vue, rien, sinon le mot « d’en-tête » massacré. Que non. Ce n’est pas ce mot. Le mot dont il s’agit et qui a été massacré, est « Détente » dont le rédacteur a interverti les lettres au point de le défigurer.
            En un mot, il s’agit d’une terrasse dénommée « La Détente » et non « La Déntete ».
Kléber Kungu

Le Paracétamol de Zenufa interdit de consommation au Bas-Congo



A cause d’un soporifique endorme les malades pendant 24 heures

 Le Paracétamol de Zenufa interdit de consommation au Bas-Congo

            Le paracétamol de Zenufa est interdit de consommation dans la province du Bas-Congo. La décision émane du pharmacien inspecteur provincial du Bas-Congo, Julien Mvemba. Celui-ci a interdit aux habitants de cette province de consommer le paracétamol fabriqué par le laboratoire Zenufa de Kinshasa. Selon Julien Mvemba, cité par radiiookapi.net, ce médicament contient un soporifique qui plonge les malades qui le prennent dans un sommeil pendant plus de 24 heures.

            Le pharmacien Julien Mvemba a cité l’exemple de trois membres d’une même famille qui sont restés endormis pendant 24 heurs dans  la commune de Mvuzi à Matadi. Il a indiqué qu’au total c’était une quinzaine de personnes qui ont ressenti les mêmes effets après la prise de ce médicament.
            Une analyse effectuée au laboratoire de l’inspection provinciale de la pharmacie montre la présence d’un élément soporifique dans les comprimés de Paracétamol fabriqué par Zenufa, selon la même source.

Saisie d’un lot de 310 000 comprimés
            L’inspection provinciale de la santé du Bas-Congo a saisi un lot de 310 000 comprimés à Matadi. Par conséquent, certains vendeurs des officines pharmaceutiques ont été arrêtés. Reste à savoir pourquoi ils ont été arrêtés. Est-ce pour avoir vendu ces comprimés qu’ils avaient eux-mêmes achetés ou pour s’être entêtés d’avoir vendu des medicaments interdits de vente ?
            Julien Mvemba demande à la population de la province de ne pas consommer ce produit jusqu’à l’aboutissement des enquêtes qui ont été ouvertes.
            Relayant le pharmacien Julien Mvemba, le président de l’ordre des pharmaciens du Bas-Congo a lancé le même appel à la population du Bas-Congo.
            Selon notre source, le représentant de Zenufa à Matadi a confirmé que ces comprimés sont fabriqués par son entreprise. Selon lui, des études sont menées pour identifier  la provenance de l’élément soporifique dans ce produit.
            Cela dit, le ministère de la Santé publique est appelé à interdire la vente de ces comprimés pour éviter qu’un grand nombre de Congolais arrivent à les consommer, et d’ouvrir une enquête pour voir clair dans cette situation.
            Coup de chapeau au pharmacien Julien Mvemba pour la vigilance. Mais est-on capable de savoir le nombre de personnes ayant déjà consommé et qui continuent à consommer ce Paracétamol ? Quelles sont les conséquences sanitaires que vont subir ceux des Congolais qui ont consommé ces soporifiques qui ont été fabriqués pour autre traitement ?
Kléber Kungu

Lancement du Plan d’action humanitaire 2014 de la RDC





Près de 5 millions de personnes ciblées

Lancement du Plan d’action humanitaire 2014 de la RDC

            Le ministre des Affaires sociales, de l’Action humanitaire et de la Solidarité nationale, Charles Nawej Mundele et le Coordonnateur de l’action humanitaire en République démocratique du Congo (RDC) Moustapha Soumaré vont procéder au lancement officiel du  Plan d’action humanitaire 2014 de la RDC ce jeudi 6 février dans la Salle de conférences du ministère des Affaires étrangères. Le Plan cible quelque 4,7 millions de personnes.
            Face à l’immensité des besoins humanitaires par rapport aux ressources limitées, les organismes humanitaires qui opéèrent en République démocratique du Congo concentreront en 2014 leurs actions sur les urgences aigues et chroniques résultant des conflits avec violence, des crises nutritionnelles, des épidémies et des catastrophes naturelles.
            Le Plan va cibler quelque 4,7 millions de personnes. Les actions prioritaires s’articuleront autour des activités telles que l’accès à l’eau potable, l’hygiène afin de réduire les maladies d’origine hydrique ; la lutte contre la malnutrition ; la promotion d’un environnement protecteur visant à réduire les risques de contamination des plus graves, y compris les violences sexuelles et les violences contre les enfants, selon un document du Bureau de la Coordination pour les affaires humanitaires des Nations unies (Ocha) dont L’Observateur a obtenu copie.
            Tout en focalisant sur les priorités humanitaires, le Plan prévoit aussi de renforcer la coordination avec les mécanismes chargés de la stabilisation et du développement, surtout le Gouvernement.
            Le document ajoute que les thèmes transversaux tels le genre,  la résilience, environnement et le VIH seront également pris en compte.
Kléber Kungu