mercredi 5 février 2014

Les camionneurs de la nationale n°1 en une énième grève à Matadi



Secteur des transports routiers

Les camionneurs de la nationale n°1 en une énième grève à Matadi

            Des conducteurs et convoyeurs des véhicules poids lourds qui exploitent la route Kinshasa-Matadi-Boma ont déclenché, lundi 3 février, une grève à Matadi (Bas-Congo). Ils accusent leurs employeurs de n’avoir pas honoré les accords signés le 20 avril dernier sur leur situation salariale. En l’espace de deux ans, les conducteurs et convoyeurs des véhicules poids lourds viennent de déclencher leur troisième mouvement de grève. Sans que leurs revendications trouvent solution, en dépit de toutes les promesses faites par leurs employeurs.
            Après concertation entre les syndicats-travailleurs-employés-gouvernement, ce texte faisait passer le salaire minimum des transporteurs de 50 000 FC à 300 000 FC (soit d’environ 50 dollars américains à 300 dollars américains). Celui des convoyeurs devait passer de 22 500 à 150 000 FC (soit 25 à 166 dollars américains).
            Des sources concordantes indiquent que le trafic des véhicules poids lourds n’a pas connu l’intensité habituelle sur les grandes artères de la ville de Matadi.
            Selon les mêmes sources, une réunion se tenait en début d’après-midi au ministère provincial des Transports du Bas-Congo entre le syndicat des chauffeurs, la Force routière congolaise (FORC), les représentants de certaines entreprises ainsi que les autorités locales, rapporte radiookapnet.
            Les participants tentent ainsi de trouver des solutions aux revendications des chauffeurs et convoyeurs des véhicules poids lourds.
            En décembre dernier, le ministre national du Travail et Prévoyance sociale, Modeste Bahati Lukwebo, avait notamment sommé les employeurs des poids lourds de s’affilier à une organisation professionnelle des transporteurs et de payer aux chauffeurs et convoyeurs la prime convenue à chaque catégorie des véhicules poids lourds.
            C’est pour la énième fois que ces transporteurs observent des grèves sans obtenir gain de cause. La dernière fois, en décembre dernier, le gouvernement de la République avait promis en vain de s’impliquer pour des solutions appropriées.
            C’est depuis janvier 2013 que la première grève des transporteurs des véhicules poids lourds avaient été déclenché avant de la lever le 19 janvier. Une deuxième grève avait été déclenchée  en avril de la même année. Les grévistes l’aveint déclenchée pour protester contre le non-respect, par leurs employeurs, de l’accord signé par les deux parties en janvier dernier, accordant au conducteur un salaire de 300 000 FC (326 dollars américains), et 150 000 FC (163 dollars américains) pour le convoyeur. A cela devait s’ajouter leurs primes de mission, qui étaient fixées à 50 dollars américains pour les chauffeurs et 25 dollars américains pour les seconds.
La 2ème  grève était déclenchée deux jours après la publication du communiqué conjoint de ministres des Transports et de l’Emploi. Selon ce document, seuls quatre de vingt-quatre transporteurs routiers ont respecté leurs engagements.
            Les deux ministres avaient lancé aux vingt sociétés de transport un ultimatum de sept jours « pour respecter cet engagement librement souscrit », promettant de retirer l’autorisation d’exploitation aux réfractaires. Il s’agit des transporteurs suivants réfractaires à l’époque des mesures des autorités congolaises : Afritrans,  Agence de consulting et d’assistance, FC Congo, Fretin Consulting, Getragri, Italco, Ken Logistic, Malta Forrest, Matfil, NRJ, SAT, Sep Congo, Sococid, Sodeic, TRC, Tic Ledya, Trans Benz, Trans Gazelle, Trans-Congo et Transmac.
            A ce jour, il reste à savoir qui des 20 sociétés de transport continue toujours à fouler aux pieds les mesures gouvernementales sans être inquiétées.
Kléber Kungu

154 entreprises de transport interdites d’accès aux ports du Bas-Congo

Le ministre provincial des Transports du Bas-Congo frappe

154 entreprises de transport interdites d’accès aux ports du Bas-Congo

            Faute d’avoir respecté le protocole d’accord signé en 2003 entre le gouvernement, les employeurs et les conducteurs des véhicules poids lourds, cent cinquante-quatre entreprises des transports sur les 174 qui exploitent la route Kinshasa-Matadi-Boma sont interdites d’accéder aux ports de Matadi, de Socope à Ango-Ango et de Boma au Bas-Congo. Seules 20 respectent cet accord, selon le ministre provincial de Transport et Voies de communication, des Infrastructures routières, ferroviaires, fluviales et aéroportuaires, ports maritimes, aérogares, Relations avec l’Assemblée provinciale et la Cohésion provinciale..
            Le ministre provincial de Transports du Bas-Congo, Bob Bavuidi Bonazebi, a décidé lundi 3 février d’interdire l’accès à ces ports à ces entreprises de transport à l’issue d’une réunion à Matadi, chef-lieu de la province du Bas-Congo avec le maire de la ville, les représentants de la Fédération des entreprise du Congo (Fec), de la Société des transports et des ports (SCTP) et de la Force ouvrière du Congo (FORC), le syndicat des chauffeurs et convoyeurs, rapporte radiookapi.net.
            Ces entreprises de transport n’ont pas respecté le protocole d’accord signé en 2003 entre le gouvernement, les employeurs et les conducteurs des véhicules poids lourds. Cet accord revoyait à la hausse les salaires et primes des camionneurs et des convoyeurs.
            Cet accord prévoit que le salaire minimum des transporteurs devait passer de 50 000 FC à 300 000 FC (soit d’environ 50 à 300 dollars américains). Celui des convoyeurs devait passer de 22 500 FC à 150 000 FC (soit 25 à 166 dollars américains). Sur les 174 entreprises de transport, seules 20 respectent cet accord, selon le ministre provincial des Transports.
            Les véhicules des entreprises non en règle sont également sommés de quitter les installations portuaires de la province et de rejoindre leurs garages respectifs. Il leur est également interdit de transporter les marchandises des tiers quelle que soit la destination.
            La décision du ministre provincial de Transports est prise conformément à une note circulaire du ministre national des Transports, Justin Kalumba Mwana Ngongo, publiée le 15 janvier dernier.
Interrogés, certains responsables des entreprises incriminées ont affirmé que cette décision aura certainement des conséquences néfastes sur la chaine des opérations de dédouanement et de transports de marchandises entre Kinshasa, Matadi et Boma.
Craintes de la Copemeco
            La Confédération des petites et moyennes entreprises du Congo (Copemeco) a salué la mesure du ministère provincial des Transports du Bas-Congo. Cependant le président provincial de cette organisation au Bas-Congo, Alphonse Seke Ngedi, demande au ministre provincial des Transports de faire une distinction entre les entreprises du secteur des transports qui sont à la fois importateurs et transporteurs et celles qui ne font que le transport.
            Sa crainte est de voir cette mesure mettre certains patrons des entreprises en difficulté de payer les salaires et primes tels que recommandé par le protocole d’accord signé en 2013.
            «Il faut catégoriser les transporteurs parce qu’il y en a qui sont à la fois importateurs. Cette catégorie ne manque jamais du travail. Il y a de ces chauffeurs qui ont 30 jours au volant de leurs véhicules. Il y a une autre catégorie de chauffeurs qui se plaignent de manquer du travail. Un patron dont le véhicule a passé un ou deux mois au garage aura du mal à respecter le protocole d’accord et à payer son chauffeur au moment où il n’a pas voyagé », a expliqué le président de la Copemeco au Bas-Congo.
            Alphonse Seke Ngedi a également souhaité que 40% des importations soient confiés aux transporteurs locaux pour leur permettre d’avoir du travail.
            La mesure du ministre provincial des Transports du Bas-Congo est à encourager dans la mesure où elle doit pousser le secteur des transports de sa province à mettre de l’ordre. Toutefois, à l’instar d’autres mesures prises ultérieurement par les autorités, une meure n’a d’efficacité que lorsqu’elle est entourée de suivi. Malheureusement, en RDC, le suivi reste le maillon très faible de notre administration.
            Pour ne parler que de ce secteur, le ministre du Travail et Prévoyance sociale, Modeste Bahati Lukwebo, avait pris des mesures concernant la situation salariale des chauffeurs et convoyeurs des véhicules poids lourds depuis 2013. Mais plusieurs mois plus tard, ces mesures sont restées lettre morte, les patrons des sociétés de transport s’entêtant à rester dans les vieilles habitudes.
Kléber Kungu

samedi 1 février 2014

FRANCOPHONIE : « Lagony » du Christ (2)



« Lagony » du Christ (2)

            Chers lecteurs, je vous présente ma seconde découverte : « Lagony du Christ ». En réalité, celle-ci est ma première découverte. Il m’a fallu quelques minutes de réflexion m’ayant permis de connaître l’explication exacte du premier mot de ce trio.
            C’est le mot « Christ » qui m’a beaucoup aidé. « Lagony », quoiqu’en un seul mot, ne peut être que le mot « agonie » auquel on a ajouté l’article élidé « l’ ». Si l’ignorance de la langue française a poussé les pirates d’œuvres d’esprit à écrire « l’agonie » en un seul mot sous sa forme anglophone la plus inédite (« lagony »), il faut vite avouer que le français est à l’agonie ; il est agonisant !
            La question que bien de mes lecteurs se posent est celle de savoir si ceux qui commettent de telles fautes ne s’entourent pas de la précaution de se référer à la compétence de ceux qui ont plus de compétence en la matière.
            Faudra-t-il conclure que, passés maîtres en piratage de cassettes vidéo, et anglophones, ces hommes arrivent même à pirater le français ?
Kléber Kungu


FRANCOPHONIE : « Vu de loin, Pous pouser » (1)



« Vu de loin, Pous pouser » (1)

            Ceux qui adorent les télés dramatiques congolaises  – du moins ceux qui ouvrent le bon œil – ont déjà découvert les impairs orthographiques que renferment les supports DVD dans lesquelles elles sont enregistrées.
            J’en ai découvert deux, comme par hasard. Sur l’une d’elles, j’ai découvert ceci : « Vu de loin, Pous pouser ». Avant de découvrir, j’ai essayé de voir loin pour comprendre si l’orthographe de « vu de loin » est correcte. Quoique très discutable, car « vu », participe passé de voir, peut se rapporter à un nom masculin, j’estime que « vue », un nom, serait le bienvenu.
            Cependant, c’est la seconde partie du titre de cette série qui m’a arraché beaucoup d’énergie de réflexion. Car, pour arriver à découvrir que c’est « pousse-pousseur » qui est massacré et qui est orthographié « pous pouser », il m’a fallu me poser mille et une questions.
            Nous n’avons pas à nous étonner outre mesure : la plupart de ces DVD sont des produits piratés dont quelques pays anglophones comme le Nigeria sont devenus des champions…
Kléber Kungu


Trois dessinateurs africains exposent leurs œuvres du 24 janvier au 13 mars à Angoulême



Après le vernissage le jeudi 23 janvier

Trois dessinateurs africains exposent leurs œuvres du 24 janvier au 13 mars à Angoulême

            Le neuvième art est très dynamique en Afrique centrale, la République démocratique du
Congo faisant figure de pays précurseur en la matière. Du magazine « Jeunes pour
Jeunes » dans les années 1970 à « Kin Label » aujourd’hui, avec de grands noms comme
Barly Baruti ou Mongo Sisé, la bande dessinée congolaise connaît une évolution et un
succès populaire uniques sur le continent. Le Congo Brazzaville et le Tchad ne sont pas en
reste avec des ateliers, des expositions régulières et des représentants reconnus à
l’échelle internationale.
            Cette exposition met en avant trois dessinateurs, trois représentants de ces pays du Bassin
du Congo : Willy Zekid de Brazzaville, Al’Mata de Kinshasa et Adjim Danngar de
N’Djamena. L’exposition mettra en exergue la carrière respective de ces trois bédéistes, elle portera en même temps un regard sur leurs méthodes de travail et leurs projets futurs. Une exposition qui sera aussi artistique que pédagogique puisqu’elle permettra de découvrir le métier de dessinateur de bande dessinée : quelles sont les étapes préparatoires à un album ? Comment se construit une
planche ? Comment faire pour que le trait soit le même du début à la fin ? Des questions auxquelles l’exposition et la table ronde tenteront de répondre.
            Né à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, depuis 44 ans, Alain Mata Mamengi, dit Al'Mata, est l’un de grands caricaturistes africains. Après ses études aux Beaux-Arts de Kinshasa, il est embauché à 21 ans comme caricaturiste au journal « L'Observateur » dont il deviendra, deux ans plus tard, directeur artistique. Il collabore également sous un
pseudonyme aux journaux « Le Palmarès », « L'Alerte », « Vite-vu », « Le Grognon » et travaille ponctuellement à des fascicules pour le Programme Alimentaire Mondial et l'Unicef, tout en publiant ses dessins dans « Les Stars de la BD », « Mak BD » et « Bleu-Blanc ». En 1998, Al' Mata remporte le Calque d'or qui récompense les meilleurs caricaturistes des médias de Kinshasa et reçoit en 2000 le Prix de la presse au troisième salon de la bande dessinée de Kinshasa.
            Il s'installe en France en 2002 et est invité depuis à de nombreux salons et festivals en Afrique et en Europe. Il remporte en 2003 le premier d’Africa e Mediterraneo à Bologne et en 2004 le deuxième le deuxième du meilleur caricaturiste africain au concours organisé à Rome par le centre Dyonisa.
            Il est sélectionné en 2005 pour représenter

L’Unicef appelle à faire progresser les droits de l’enfant

 Dans un rapport rendu public le 30 janvier

L’Unicef appelle à faire progresser les droits de l’enfant

            Dans un rapport publié jeudi 30 janvier, à l’approche du 25e anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant, l’Unicef reconnaît que d’énormes progrès ont été accomplis dans le domaine des droits de l’enfant, mais considère que pour toucher les enfants qui n’en ont pas bénéficié, il faudra se focaliser davantage sur les disparités.
            L’Unicef insiste sur l’importance qu’il accorde aux données pour faire progresser la cause des enfants et mettre en lumière les inégalités dans l’accès aux services et aux protections, des inégalités qui gâchent la vie d’un grand nombre d’entre ces enfants, selon un communiqué de l’Unicef dont L’Observateur a obtenu copie.
            « Chaque enfant compte » a rappelé l’Unicef aujourd’hui, en réclamant davantage d’efforts et d’innovations pour identifier et surmonter les obstacles qui empêchent les plus désavantagés des 2,2 milliards d’enfants de la planète de jouir de leurs droits.      « Grâce aux données que nous récoltons, nous avons été en mesure de sauver et améliorer la vie de millions d’enfants, en particulier les plus démunis, explique Tessa Wardlaw, Directrice de la section Données et Analyse de l’Unicef. Nous ne continuerons à progresser que si nous savons quels sont les enfants qui sont laissés pour compte, où vivent les filles et les garçons qui sont déscolarisés, où sévissent les maladies et où il n’existe pas d’assainissement de base. »

Des progrès remarquables accomplis
            Des progrès remarquables ont été accomplis depuis la signature de la Convention relative aux droits de l’enfant en 1989, ainsi qu’au cours de la période précédant l’aboutissement des Objectifs du Millénaire pour le développement en 2015. Les chiffres de ce rapport phare de l’Unicef, intitulé « la Situation des enfants dans le monde 2014 en chiffres » sont révélateurs :
            On note par exemple que quelque 90 millions d’enfants, qui seraient décédés avant l’âge de cinq ans si les taux de mortalité de l’enfant étaient restés au même niveau qu’en 1990, sont toujours en vie. C’est dans une large mesure dû aux progrès accomplis dans les domaines de la vaccination, de la santé et des services d’alimentation en eau et d’assainissement.
            En outre, les retards de croissance ont diminué de 37 pour cent depuis 1990 grâce à des améliorations en matière de nutrition et que la scolarisation à l’école primaire est en hausse, même dans les pays les moins avancés : alors qu’en 1990, 53 enfants sur 100 seulement étaient scolarisés, ce chiffre était passé à 81 sur 100 en 2011.

« Chaque enfant compte »
            Malgré cela, les statistiques figurant dans le rapport, intitulé « Chaque enfant compte : dévoiler les disparités, promouvoir les droits de l’enfant », témoignent des violations des droits de l’enfant qui ont encore cours. Le rapport, par exemple, fait état de quelque 6,6 millions d’enfants de moins de cinq ans sont morts en 2012, la plupart de causes évitables, en violation de leur droit fondamental à vivre et à grandir. En outre, quinze pour cent des enfants de la planète se voient imposer un travail qui compromet leur droit à une protection contre l’exploitation économique et lèse leur droit à apprendre et à jouer. Par contre, onze pour cent des filles sont mariées avant l’âge de 15 ans, ce qui compromet leur droit à la santé, à l’éducation et à la protection.
            Les données révèlent aussi des lacunes et inégalités qui montrent que les gains obtenus grâce au développement sont inégalement répartis. Les enfants les plus pauvres de la planète ont trois fois moins de chances (2,7) que les plus riches de naître en présence d’un soignant qualifié, ce qui accroît les risques de complications liées à l’accouchement pour eux-mêmes et pour leurs mères.
            Actuellement, en RDC, trois enfants sur quatre vont à l’école (75 %) avec une quasi parité entre filles et garçons. Cela représente une augmentation de 23 % par rapport à 2001. La situation concernant la mortalité des enfants en RDC reste préoccupante, mais des progrès considérables ont été réalisés : en 2001, 213 enfants sur 1000 naissances vivantes mouraient avant leur cinquième anniversaire, aujourd’hui ils sont 146 (2012).
            Au Niger, tous les ménages urbains ont accès à l’eau potable, contre 39 pour cent seulement des ménages ruraux, tandis qu’au Tchad, on compte seulement 44 filles pour 100 garçons entrant à l’école secondaire – avec pour résultat que les filles ne bénéficient ni de l’éducation ni de la protection ou des services que procurent les établissements scolaires.
            Le rapport exhorte à investir davantage dans les innovations qui permettent de redresser le tort de l’exclusion.
Kléber Kungu
 

Les dirigeants africains veulent la paix, mais pas une Force africaine

22ème sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba

Les dirigeants africains veulent la paix, mais pas une Force africaine

Le Soudan du Sud, la Centrafrique, le Caric au menu de la rencontre occultent le thème central du sommet «l’agriculture et la sécurité alimentaire».
            Le 22e sommet de l’Union africaine (UA) s’est ouvert jeudi pour deux jours à son siège d’Addis-Abeba. Au menu de la rencontre, les crises au Soudan du Sud, en Centrafrique, ainsi que la Capacité africaine de réponse immédiate aux crises (Caric) et le retour de Madagascar au sein de l’Union africaine. Cependant, la Force africaine de réaction rapide est loin de faire l’unanimité au sein de la famille panafricaine pourtant écartelée par de nombreuses crises dues essentiellement aux rébellions et autres groupes armés. thème central  du Sommet 
            En ouvrant les assises, la présidente de la Commission de l’Union africaine, la Sud-africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma, a fait vibrer la corde familiale africaine sur les crises dans ces deux pays.
«Nos coeurs sont avec les populations de République centrafricaine et du Soudan du Sud, qui font face à des conflits dévastateurs dans leurs pays et en particulier aux femmes et aux enfants qui sont devenus les victimes», a-t-elle déclaré, invitant les participants à « travailler ensemble pour assurer la construction d’une paix durable».
            L’ancien président de l’UA, le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn, a appelé les dirigeants africains à «trouver des solutions urgentes pour éviter à ces deux pays frères de sombrer dans un abîme», car, a-t-il expliqué, «si nous échouons, cela aura de graves conséquences pour la paix et la sécurité dans la région».

Capacité africaine de réponse immédiate aux crises
            Les dirigeants réunis au sommet de l’Union africaine, à Addis-Abeba, devraient concrétiser leur volonté de résoudre eux-mêmes et rapidement les crises qui ne cessent de frapper le continent. Cet objectif, souvent examiné lors des sommets de l’UA, s’incarne dans le concept de Capacité africaine de réponse immédiate aux crises - la Caric -, qui est loin de faire l’unanimité.
            Faire en sorte que les chefs d’Etat africains arrivent à s’entendre et, surtout, à adopter des mesures significatives et concrètes pour permettre à l’Afrique d’assumer dans un délai raisonnable sa propre sécurité, voilà l’un des enjeux du 22ème sommet de l’Union africaine.
            Si les dirigeants africains refusent de faire l’unanimité sur la mise en place d’une Force africaine de réaction rapide, alors que leurs pays sont souvent victimes de l’activisme des groupes armés et autres rébellions, ils doivent alors accepter l’interventionnisme de la communauté international qu’ils décrient à tout moment.
            Et pourtant, il y a sous peu, l’Afrique s’est réveillée un certain jour de janvier 2013, sous les crépitements d’armes des groupes jihadistes au Mali. Avant que la Centrafrique ne tombe dans un cycle de violences très meurtrières perpétrées par les rebelles de la Séléka, ceux-là même qui avaient conquis le pouvoir.
            Les deux crises ont pourtant servi de déclic aux dirigeants africains mis devant un fait accompli. Maliens et Centrafricains se sont réveillés de leur torpeur en appelant au secours  la communauté internationale. Heureusement la France de François Hollande n’a pas hésité à répondre favorablement et rapidement à ces appels de détresse en lançant fallu l’opération  Serval pour contrer les jihadistes au Mali et Sangaris en RCA.
            Cette idée, celle du concept de Capacité africaine de réponse immédiate aux crises est soutenue par la communauté internationale, précisément par le secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des opérations du maintien de la paix, Hervé Ladsous, qui trouve en elle une bonne chose. « Il s’est produit, au cours des mois écoulés, une évolution notable. L’Union africaine travaillait sur le concept de force africaine en attente. Ça n’a pas avancé énormément pour diverses raisons. Maintenant, il y a ce concept de Capacité africaine de réponse immédiate aux crises, la Caric (...) que nous soutenons à fond », expose Hervé Ladsous. « C’est mon objectif à moi aussi, aux Nations unies, de pouvoir accélérer les déploiements des forces qui sont celles de nos contributeurs. Donc, nous visons le même objectif : fluidifier, rendre plus rapide, plus efficace et plus opérationnel. »

Un bloc contre la Caric
            Si l’initiative a été soutenue par la France, lors su sommet de l’Elysée, en décembre dernier, mais du côté des Africains, les voix sont divergentes : il y en a qui soutiennent l’idée, pendant que d’autres s’y opposent. Ces Etats formant le bloc contre la Carix, estiment que la Caric serait une perte d’énergie et de temps et surtout de ressources. Lors de leur réunion au début du mois de janvier, les chefs d’état-major de toute l’Afrique n’ont pas hésité à montrer leur hostilité à la mise en place de Caric.
            Le Nigeria est l’un des Etats opposé à ce projet porté par l’autre poids lourd du continent, l’Afrique du Sud de Jacob Zuma, au grand désespoir du ministre tanzanien des Affaires étrangères, Bernard Mbembe. « Nous devons faire notre autocritique », juge-t-il. « Nous ne sommes pas sérieux. Nous ne sommes pas toujours objectifs quand nous agissons. Parfois, des intérêts nationaux prennent le dessus. Parfois, ce sont nos difficultés économiques qui guident notre action. Nous ne contribuons pas beaucoup aux forces de maintien de la paix pour ces raisons. Résultat, nous ne parvenons pas à mettre sur pied un bataillon militaire au niveau continental capable de réagir rapidement aux crises. »
            Du côté de ceux qui soutiennent l’initiative, il y a le président ivoirien, Alassane Ouattara qui souhaite qu’il faut arriver à la mise en place de la Caric, c’est-à-dire la Force africaine de réaction rapide.
           
Principe du volontariat
            La Caric, contrairement au projet de la force africaine en attente, fonctionne sur le mode du volontariat. C'est-à-dire que les Etats qui acceptent de participer vont financer les opérations menées par leurs propres bataillons dédiés à ces missions de réaction rapide. Certains pays, parmi ceux qui ont peu de moyens, soupçonnent les volontaires de vouloir renforcer leur hégémonie.
            A supposer que l’idée voie le jour. Son financement risque de constituer le grand handicap à son fonctionnement optimal. D’autant plus que, comme l’avance Thierry Vircoulon, directeur d’International Crisis Group pour l’Afrique centrale,  le budget de l’Union africaine censée chapeauter ce projet reste « trop dépendant des contributions non-africaines»
            Des 54 pays africains, 6 pays seulement sont favorables pour l’heure :  le Sénégal et le Niger - pour l’Ouest -, le Tchad - pour le Centre -, l’Ethiopie et l’Ouganda - à l’Est - et l’Afrique du Sud ont répondu à l’appel. Le sommet devrait le confirmer. Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, proposera une aide logistique, car pour lui, c’est là que se situe le maillon faible de l’appareil sécuritaire africain.
            « Ce qui manque à l’Afrique, ce qui constitue souvent un défi, c’est la logistique : la mobilité stratégique, la capacité d’entretenir les forces sur le terrain une fois qu’elles sont déployées », juge le ministre algérien. Pour lui, « l’Afrique ne manque pas d’unité, l’Afrique ne manque pas de bons soldats ».
            L’option de bataillons nationaux permet de pallier le manque de standardisation au sein des forces africaines au niveau de l’entraînement, de l’équipement ou encore de la langue. Ce projet, comme d’autres programmes de l’architecture de la paix et de sécurité de l’Union africaine, n’existe que sur le papier. On attend de savoir si, à l’issue de ce sommet, les chefs d’Etat vont adopter un calendrier précis ou, simplement, un énième rapport, estime RFI.
            Tergiverser sur la concrétisation de la Capacité africaine de réponse immédiate aux crises (Caric), c’est vouloir une chose et son contraire à la fois. Comment chercher la paix et la sécurité dans une Afrique toujours en constante insécurité, alors que la plupart de ses armées restent inefficaces et, par conséquent, incapables de faire face à des rébellions toujours naissantes ? Pourquoi ne pas chercher à unir les efforts souvent inefficaces lorsqu’elles sont seules, dans une force panafricaine ? Si les dirigeants africains sont parvenus à unir leurs armées dans la Brigade d’intervention rapide de la Monusco, pourquoi ne pas aller plus loin en concrétisant cette belle idée de Capacité africaine de réponse immédiate aux crises ?
            En ouverture du sommet, le Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn a passé le relais au président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz va assumer pour un an la présidence tournante de l'Union africaine (UA).
Kléber Kungu