vendredi 30 mai 2014

CPI :Germain Katanga condamné, les victimes insatisfaites



Cour pénale internationale

Germain Katanga condamné, les victimes insatisfaites

C’est pourquoi elles réclament réparation.
            Germain Katanga, ancien chef de milice,  a été condamné vendredi 23 mai à 12 ans par la Cour pénale internationale (CPI).  Il a été reconnu coupable de « complicité de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité » pour avoir contribué à fournir des armes à la milice armée qui a massacré plusieurs centaines de personnes à Bogoro en raison de leur appartenance ethnique. Germain Katanga condamné, les victimes restent insatisfaites et réclament réparation pour elles, protection pour les témoins et poursuite en justice contre les commanditaires..
            La condamnation à 12 ans de Germain Katanga laisse un coup d’inachevé et d’insatisfaction chez ses victimes. C’est pourquoi elles réclament protection et réparation  pour toutes brimades et autres exactions subies. En outre, elles réclament également que les commanditaires soient également poursuivis. La Chambre de première instance II de la CPI a également ordonné que le temps passé en détention pour le compte de la CPI - c'est-à-dire la période du 18 septembre 2007 au 23 mai 2014 - soit déduit de la peine prononcée. Ainsi après avoir consommé 7 ans d’emprisonnement depuis son transfert à la CPI, Germain Katanga restera encore cinq années de plus sous les verrous.
            C’est depuis le 24 février 2003 que les victimes attendaient la condamnation des auteurs du massacre de Bogoro, dans l'Ituri en Province Orientale. Ce jour-là, plus de 200 personnes avaient été tuées, par balle ou à la machette, le village pillé, les femmes violées.

Soulagées mais déçues
            Quoique soulagées par le verdict de la CPI, les victimes de Germain Katanga restent cependant déçues. En effet, les victimes ont attendue une peine plus lourde contre ce criminel. Les victimes se demandent comment elles vont obtenir la réparation, tout en estimant que, si elle est obtenue, elle ne sera que symbolique. Leur objectif est loin de s’attendre à obtenir de grandes sommes d’argent. Vont-elles récupérer leurs maisons incendiées ? Ou revoir les membres de famille assassinés. Aujourd’hui, des orphelins ne vont plus à l'école, des personnes sont handicapées, des gens sont traumatisés

Protéger les victimes et les témoins
            Les victimes attendent de la CPI l’obtention des indemnités pour les survivants, ainsi que la protection des témoins, étant donné que certains avaient reçu des menaces. Elles demandent aussi cette protection du gouvernement puisse assurer la protection, se rappelant la manière dont elles ont été traquées, ont subi des pressions de la part des autorités locales. Et même de certains groupes armés proches de Germain Katanga.
            Pour Me Fidèle Luvengika, l'avocat d'un collectif de victimes, les commanditaires, c’est-à-dire les vrais coupables doivent être poursuivis. Pour cela, il appelle à la poursuite des enquêtes. Les victimes restent convaincues que Germain Katanga était bien le commanditaire du massacre, en revanche, faute de preuve la CPI ne l'a condamné que pour sa contribution. Quoique le procès de Germain Katanga n'ait pas livré toute la vérité, bien des Congolais se réjouissent qu’avec cela est mis fin ou presque de l'impunité qui prévaut souvent à l'est du Congo.
Kléber Kungu

Opération « Mbata ya bakolo » : On n’expulse pas les Congolais sans causer des dégâts économiques



Opération « Mbata ya bakolo »

On n’expulse pas les Congolais sans causer des dégâts économiques

            A l’aube de l’opération « Gifle des aînés », le poids économique et social se fait sentir dans le pays de Denis Sassou. La question de la main d’œuvre se pose avec acuité, avec à la clé l’augmentation des salaires. Les départs des Congolais ont aussitôt plombé le social des Brazzavillois. Comme quoi, on n’expulse pas les Congolais sans causer des dégâts économiques
            Les conséquences immédiates sont telles que les bières comme Tembo, une bière brune fabriquée par les Brasseries Simba, à Lubumbashi, chef-lieu de la province du Katanga, ou d’autres bières comme la Skol, une bière produite à Kinshasa se raréfient en coûtant très cher.
            Brazzaville dépend grandement de Kinshasa pour des denrées de base comme le sucre en poudre, les congelés, les biscuits, du savon, les détergents, les ustensiles en plastique, le papier hygiénique ou les aliments pour bétail et plusieurs autres produits.
            Par contre, Kinshasa importait de cette capitale quelques denrées comme de la farine de manioc, des feuilles de koko et des produits manufacturés, comme des vêtements, des wax via une foule de petits revendeurs kinois.

Les Ouest-Af se lamentent…
            Les Ouest-Africains implantés dans les avenues de France et de la Paix à Brazzaville, se lamentent, perdant dans les refoulements des Congolais des grands acheteurs en gros des ballots de friperie et de jeans ainsi que des pagnes importés de Chine qu’ils revendaient à Kinshasa.  Cela a pour conséquence, plusieurs millions de francs CFA sont bloqués à Kinshasa faute de pouvoir être reversés ou échangés à Brazzaville.
            Sur le front du travail, les entreprises congolaises pâtissent d’une carence criante de la main-d’œuvre a entraîné une augmentation des salaires. La main-d’œuvre pour la plupart composée essentiellement des Congolais de Kinshasa a sensiblement baissé dans les entreprises locales. Beaucoup d’entre éprouvent des difficultés d’écouler leurs productions, car beaucoup de manœuvres et de chauffeurs étaient des Congolais de Kinshasa.
            C’est d’ailleurs, dit-on, à la faveur des chantiers de la municipalisation accélérée lancés en 2007 et des grands travaux engagés dans le pays que ces derniers étaient d’ailleurs venus s’installer en grand nombre à Brazzaville dans l’espoir de vendre leur savoir-faire, mieux rémunéré ici qu’à Kinshasa.

Augmentation des salaires
            Aujourd’hui, le départ de cette main-d’œuvre a entraîné l’augmentation des salaires. En effet, la plupart des entreprises se sont vidées de leurs employés constitués en majorité des Congolais de la RDC à qui, la haine contre ce peuple aidant, les employés payaient un salaire de misère. Peut-on vraiment payer un bon salaire à ceux que l’on considère comme des serpents ? Aujourd’hui, les entreprises et les sociétés ainsi dégarnies se rabattent aux nationaux. S’ils en trouvent, elles les paient, rapporte-t-on, plus cher.
            À Kintélé, ville située à une quarantaine de kilomètres au nord de Brazzaville, sur la RN2, une entreprise qui intervient dans la construction du grand stade olympique a dû geler en partie son chantier, limitant ce dernier à des activités mineures, par manque d’ouvriers.
            Ce n’est plus un secret pour qui que ce soit : la vie économique de Brazzaville, cette capitale moins peuplée que la très populeuse commune de Kimbanseke, était entre les mains travailleuses des Congolais, ceux que les Brazzavillois continuent d’appeler par rejet, haine, dédain, « Zaïrois. Aujourd’hui, un mois plus tard, pris par la crise économique, beaucoup des Brazzavillois souhaitent voir revenir les « serpents » du Congo Kinshasa, acceptant, malgré eux, les morsures à la crise !             Les Congolais refoulés, brimés, haïs, chosifiés, sont-ils prêts à le fleuve Congo pour répondre favorablement aux cris de détresse de ceux qui croient qu’ils sont seuls au monde à avoir un pays, une terre ? Sans doute que nos compatriotes vont y réfléchir à deux fois.
            Moralité : C’est lorsqu’on n’a plus d’eau que l’on se rend compte de  son importance ! Les Congolais de Brazzaville n’ont pas encore terminé à réaliser l’importance de ces « serpents », ces reptiles dangereux, du poids économique et social de ces travailleurs que sont les Congolais du Congo Kinshasa.
            L’opération « Mbata ya Bakolo » est loin d’avoir livré ses conséquences ! A supposer que Kinshasa décide de rompre pendant quelques années les relations diplomatiques avec ce « gifleur »…
Kléber Kungu

Chef Maï-Maï Bakata Katanga, Fidèle Ntumbi transféré à Lubumbashi



Chef Maï-Maï Bakata Katanga

Fidèle Ntumbi transféré à Lubumbashi

            Le chef de la milice Bakata Katanga, Fidèle Ntumbi, a été transféré, samedi 24 mai, à Lubumbashi, chef-lieu du Katanga, après avoir été capturé le 19 mai dernier dans la localité de Mbale, en territoire de Manono dans la même province.
            Fidèle Ntumbi  a été embarqué à bord d’un avion transportant une délégation des autorités provinciales conduite par le directeur de cabinet du ministre provincial de l’Intérieur du Katanga ayant séjourné à Manono, à en croire le site de Radio Okapi.
            Très actif dans la région de Manono et Pweto, Fidèle Ntumbi, est alors tombé dans le filet des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) au cours des opérations militaires de riposte entreprises après une attaque des Maï-Maï Bakata Katanga sur les positions de FARDC dans la zone de Mbale.

Appels à la reddition
            Les autorités militaires de la 61e Brigade des FARDC continuent à appeler à la reddition volontaire des groupes Maï-Maï qui continuent à opérer dans la région communément appelée « Triangle de la mort » du Katanga : Pweto, Manono et Mitwaba.
            Des sources militaires citées par la source rapportent qu’environ 400 miliciens Maï-Maï Bakata Katanga se sont déjà rendus aux FARDC à Kalemie, territoire situé à 1300 km de Lubumbashi dans le cadre de cette opération. Ces miliciens étaient dirigés par les chefs Ousama, Kasendji et Sakata.
            Le commandant de la 61é Brigade des FARDC explique les raisons d’avoir préféré la sensibilisation des groupes armés aux opérations militaires pour les pousser à la reddition. En effet, il estime que la guerre tue et appauvrit les villages. « L’heure a sonné pour consolider la paix. Le président de la république s’implique beaucoup dans la recherche de la paix», avait-il récemment expliqué. Tout en ajoutant que ceux des miliciens qui resteront réfractaires à la reddition seront désarmés de force pour imposer la paix dans cette contrée.

            Le dossier de Fidèle Ntumbi, estiment les nombreuses victimes, ne doit pas s’arrêter à son arrestation et son transfèrement à Lubumbashi. Ses hommes et lui doivent être traduits devant la  justice pour qu’ils répondent de leurs nombreux forfaits ignobles commis contre les populations civiles. De tels malfrats méritent des procès publics.

Kléber Kungu


FRANCOPHONIE : « Seke bien »



« Seke bien »

            « Seke bien » ! Deux petits mots formant soit une phrase, soit une expression compréhensible à l’auteur, pleins de venins ! Qu’est-ce ? Incompréhensible !
            En apercevant un jour ces écrits sur la vitre arrière d’un Combi, très visibles car en grands caractères, plusieurs interrogations ont tourné dans ma tête sur l’explication de cette expression. « Que voulait dire l’auteur anonyme en écrivant « Seke bien ? S’agissait-il d’un de mes nombreux confrères qui travaille avec moi à L’Observateur ? Voulait-il dire donc Seke est bien ? Voilà autant de questions que je me suis posées.
            En conclusion, il ne s’agit pas de ce « Seke », quoique ce confrère soit bien, bon, surtout qu’il se dit président-ambassadeur-pasteur… L’auteur anonyme a voulu tout simplement dire ceci : « C’est que bien » ou pour bien écrire (dire) : « C’est qui est bien ».
Kléber Kungu

FRANCOPHONIE : « Pas plus loin » ou « pas plus tard » qu’hier ?



« Pas plus loin » ou « pas plus tard » qu’hier ?

            « Pas plus loin qu’hier… » C’est un avocat qui, embarqué dans un même bus que moi, se met à raconter, à haute voix – donc à qui veut l’entendre – à son ami les manières dont il reçoit des « cadeaux » de Dieu, sans que, s’enorgueillit-il, il ne Lui demande.
            Si les histoires de cet homme sont arrivées à plaire à celui à qui elles étaient destinées, leur forme ne l’était pas du tout. « Pas plus loin qu’hier… » ne peut pas se dire dans ce cas. « Loin » est un adverbe ou « plus loin » est une locution adverbiale qui ne peuvent pas se construire dans indifféremment qu’avec cette expression « pas plus tard » qu’hier que nous avons l’habitude d’entendre.
            En effet, « loin » ou « plus loin » s’emploient dans un contexte spatial et « tard » ou « plus tard » respectivement adverbe et locution adverbiale sont utilisés généralement dans un contexte temporel.
Kléber Kungu

Procès Bemba vs Procureure à la CPI : Les dernières plaidoiries débutent le 13 octobre



Procès Bemba vs Procureure à la CPI

Les dernières plaidoiries débutent le 13 octobre

Le verdict de ce procès devrait tomber au printemps 2015.

            Le début des dernières plaidoiries du procès de Jean-Pierre Bemba contre la procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Bensouda Fatou, a été fixé au 13 octobre prochain par les juges de la Cour. Il est jugé à La Haye pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre qu’auraient commis ses hommes en Centrafrique entre octobre 2002 et mars 2003.
            La procureure de la CPI et la défense commenceront leurs plaidoiries le 13 octobre pour mettre un terme à ce procès qui vient de faire 4 ans et dont l’essentiel s’est tenu à huis clos, après son ouverture en novembre 2010.
            Jean-Pierre Bemba répond des viols, meurtres et pillages commis par ses soldats en Centrafrique. Le chef de l’ancien mouvement rebelle MLC avait envoyé ses miliciens combattre la rébellion qui menaçait le président centrafricain d’alors Ange Felix Patassé.
            Au cours de son procès, les avocats de Jean-Pierre Bemba ont tenté de démontrer que ses soldats n’étaient plus sous sa responsabilité mais sous celle des forces centrafricaines.
            Le verdict de ce procès devrait tomber au printemps 2015. Mais cela ne signifie pas que Jean-Pierre Bemba  aura fini avec la CPI. En effet, depuis novembre 2013, celle-ci l’accuse également d’entrave à la justice en affirmant que l’ancien vice-président de la République congolais  aurait corrompu des témoins et présenté des faux documents lors de son procès.

30 ans de prison
            Il doit répondre de ces faits avec quatre autres suspects dont deux de ses avocats et son ancien directeur de cabinet. Tous sont aujourd’hui incarcérés dans la prison de la Cour.
Certains observateurs estiment que l’issue de cette affaire devrait avoir des conséquences sur les conclusions du procès pour crimes contre l’humanité dans lequel il risque jusqu’à 30 ans de prison.
            La CPI a arrêté, les 23 et 24 novembre, quatre Congolais pour des atteintes présumées à l’administration de la justice dans le contexte de l’affaire qui oppose la procureure, Fatou Bensouda, à l’opposant congolais, Jean-Pierre Bemba Gombo. Le secrétaire général-adjoint, Fidèle Babala, a été arrêté à Kinshasa, Aimé Kilolo Musamba, conseil principal de Bemba, à Bruxelles (Belgique), Jean-Jacques Mangenda Kabongo, membre de l’équipe de la défense de Bemba, aux Pays-Bas tandis que Narcisse Arido, témoin cité à comparaître par la défense, à Paris (France).

« Subordinations de témoins
            Ils sont accusés de « subornation de témoins ». Ces arrestations font suite à un mandat d’arrêt délivré par le juge unique de la Chambre préliminaire II de la Cour pénale internationale (CPI), Cuno Tarfusser, qui a retenu les mêmes charges contre J.-P. Bemba, détenu depuis juillet 2008.
            A en croire Radio Okapi  qui cite un communiqué de la CPI, le juge unique a considéré qu’il y avait des motifs raisonnables de croire que les personnes interpellées ont engagé leur responsabilité pénale en commettant des atteintes à l’administration de la justice (article 70 du Statut de Rome).
Les suspects auraient constitué un réseau aux fins de produire des documents faux ou falsifiés et de corrompre certaines personnes afin qu’elles fassent de faux témoignages dans l’affaire Bemba.
Le juge unique de la Chambre préliminaire II, Cuno Tarfusser, a également demandé aux Etats concernés (Belgique, France, Pas-Bas et RDC) de localiser et geler les avoirs des personnes arrêtés.
Kléber Kungu

Couturier depuis 28 ans Bindueka Mabanza Paul : « Grâce à ce métier, j’ai pu acheter deux parcelles »



Couturier depuis 28 ans

Bindueka Mabanza Paul : « Grâce à ce métier, j’ai pu acheter deux parcelles »        


Bindueka Mabanza Paul, 55 ans, est couturier depuis 28 ans. Le journal L’Observateur a rencontré ce père de 7 enfants (4 filles et 3 garçons), dans son atelier « Centre de formation professionnelle Maman MJ Kanda Kaja Coupe et Couture  Esthétique »,situé sur l’avenue Mbandaka n°2 au quartier Kindele Makaya dans la commune de Mont-Ngafula. Il s’est entretenu avec lui sur son métier considéré par certaines personnes comme étant réservé aux illettrés, donc non rémunérateur. Et pourtant, c’est grâce à ce métier que Bindueka Mabanza Paul a pu s’acheter deux parcelles à Kimbanseke, a épousé sa femme et a  fait voyager sa fille en Belgique.


L’Observateur : Certaines personnes disent que le métier de couturier est réservé aux illettrés. Qu’en pensez-vous ?
Bindueka Mabanza Paul : Ce n’est pas vrai, parce qu’il y a la formation en coupe et couture, voire même  l’Isam, qui est un institut supérieur de la coupe et couture. Cela prouve que ce métier n’est pas réservé qu’aux illettrés.

Combien d’élèves avez-vous déjà pu encadrer depuis que vous exercez ce métier ?
J’ai pu encadrer beaucoup d’élèves, mais actuellement je n’ai que trente.

Vos élèves font combien de temps d’apprentissage ?
Normalement, la formation dure 6 mois et 9 mois. Le premier niveau est réservé aux élèves qui ont étudié la coupe et couture aux humanités ; ils viennent juste pour approfondir leurs connaissances. Ils font six mois de formation. Le deuxième niveau est réservé à ceux qui viennent apprendre et ceux-là font neuf mois d’apprentissage.

Quelles sont les difficultés avez-vous rencontrées dans ce métier ?
Comme difficultés, nous avons le manque de soutien et de partenaires.

Comment vous-même avez-vous appris ce métier ? Avez-vous été à l’Isam ou l’avez-vous appris dans un atelier ?
J’ai fait l’apprentissage dans un atelier de couture de 1976 à 1989. A l’époque, j’ai fait dix ans de formation car il a fallu beaucoup apprendre. Il nous est arrivé de faire une année sans toucher à la machine à coudre, il a fallu deux ans pour la pratique.

Est-ce que vos fonctions de couturier vous permettent de remplir votre tâche de père de famille ?
Jadis, c’était bien. Mais pour le moment c’est trop difficile car beaucoup d’habits viennent d’Europe, d’Asie et une partie d’Afrique de l’Ouest. Les gens préfèrent le prêt-à-porter. Toutefois, étant un père responsable, je fais de mon mieux pour remplir mes devoirs envers ma famille.

Ce métier vous nourrit-il ? Est-il rentable ?
Je n’ai que la couture comme métier, il prend bien soin de moi.

Quels souvenirs –bons et/ou mauvais- gardez-vous de votre métier ?
Comme bons souvenirs, en 1994, j’ai pu acheter deux parcelles à Kimbanseke, j’ai épousé ma femme et j’ai fait voyager ma fille en Belgique. Comme mauvais souvenir, en 2006, je résidais à Lemba Terminus, ma maison a pris feu et j’avais rien récupéré, j’ai tout perdu : les habits de mes clients et mes machines à coudre.

Quels conseils pouvez-vous prodiguer aux jeunes filles qui négligent ce métier ?
Il faut apprendre un métier, la coupe et couture surtout. Pour le moment, c’est un métier réservé aux femmes et filles. Nous voyons beaucoup d’ateliers ici à Kinshasa où dans la plupart il n’y a que des dames. Je demande donc aux jeunes filles de ne pas négliger ce métier car il est comme tous les autres métiers.
Propos recueillis par Manso Mbidi Magalie, Lukela Kimbuku Nadège et Kisenda Maya Bénédicte, sous la coordination de Kléber Kungu