mardi 11 mars 2014

L'Onu appelle les FDLR à se rendre "sans délai"



Ultimatum de Martin Kobler aux rebelles rwandais

L'Onu appelle les FDLR à se rendre "sans délai"

            Les Nations unies sont passées à la vitesse supérieure dans la traque des miliciens des FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda). Ainsi le chef de la Monusco, Martin Kobler, a-t-il appelé mardi les rebelles rwandais présents dans l'est de la RDC à se rendre "sans délai" sous peine d'être "désarmés de force".
            "Je demande à tous les rebelles des FDLR de se désolidariser immédiatement de leurs leaders poursuivis par la justice, sous peine d'être désarmés de force", a déclaré Martin Kobler, chef de la Mission de l'ONU pour la stabilisation en RDC (Monusco), dans un communiqué rendu public.
La Monusco, ajoute le communiqué, appelle "tous les membres des FDLR à faire reddition sans délai et à rejoindre le processus de désarmement, démobilisation, rapatriement, réinsertion et réintégration (DDRRR)."
            L’appel de la Monusco est un ultimatum que Martin Kobler vient de lancer aux FDLR avant le lancement, retardé à plusieurs reprises, d'une vaste offensive contre les rebelles hutus rwandais annoncée par le gouvernement congolais en novembre au lendemain de la victoire des FARDC contre la rébellion pro rwandaise..
            Lundi 10 mars, le colonel Félix-Prosper Basse, porte-parole militaire de la Monusco, avait indiqué que l'armée congolaise et les Casques bleus se préparaient en vue d'une offensive devant être lancée "très bientôt" contre les rebelles hutu rwandais des FDLR.
            Pour l'instant, la stratégie des Casques bleus de la Monusco et des FARDC est d'occuper le terrain pour inciter les FDLR à se rendre. Depuis dimanche 9 mars, des militaires des Forces armées de la RDC et de la Brigade d’intervention de l’Onu ont été aperçus en train de manœuvrer dans la région de Tongo, située à une soixantaine de kilomètres au nord de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu.

Les FDLR affaiblies
            Les miliciens des FDLR ont perdu terrain dans la région de Luofu après qu’un régiment des FARDC qui y était déployé a réussi à les mettre en fuite sans combats dans la nuit de dimanche à lundi.
            Les FDLR, qui compteraient à ce jour, selon les estimations, entre 1 500 et 2.000 combattants environ, sont disséminées dans les provinces du Nord Kivu et Sud-Kivu.
            Il y a quelques semaines, des dirigeants des FDLR ont annoncé avoir déposé les armes, mais continuent à les garder, conditionnant leur reddition et la remise effective des armes à l’ouverture par Kigali du dialogue avec eux. Exigence à laquelle les autorités rwandaises n’ont jamais voulu accéder, sous quelque manière que ce soit.
            Les FDLR sont issues de Hutu rwandais réfugiés au Congo après le génocide de 1994 contre les Tutsi au Rwanda et sont accusées de compter encore dans leurs rangs des génocidaires.
Accusé d'atrocités à grande échelle contre des civils, le mouvement est d'abord une menace pour la population locale congolaise. Le président rwandais Paul Kagame continue néanmoins de le considérer comme un danger existentiel.
            Depuis deux décennies, la partie orientale de la RDC est déchirée par les conflits. Les milices y prospèrent, trouvant dans le contrôle de l'exploitation de ressources minières ou forestières une source importante de revenus.
Kléber Kungu

FRANCOPHONIE : « Nul ne parfait » ou « nul n’est parfait » ?



« Nul ne parfait » ou « nul n’est parfait » ?

            Si on ne réfléchit pas assez, on prendra cette courte phrase pour vraie. Les trois mots la composant étant d’une orthographe parfaite. Et pourtant, elle renferme une monstruosité si sournoise qu’elle paraît très dangereuse pour les non avertis.
            Voici le caractère insidieux que renferme cette phrase. On est tenté de dire d’emblée, aussitôt la lecture terminée, que cette phrase est bonne. Elle le serait si on ajoutait un complément d’objectif direct après « parfait ». C’est-à-dire si on écrivait ceci : « Nul ne parfait son travail ».
            C’est pourquoi l’absence de ce complément compromet la chance de cette phrase d’être considérée comme bien écrite. En effet, le rédacteur, comme d’autres d’ailleurs en grand nombre, qui a pris le goût de la placer sur la vitre arrière d’un taxi-bus Mercedes 207, a oublié d’ajouter au petit « ne » le verbe « est »  - pour avoir « n’est » pour que l’orthographe de cette phrase devienne correcte.
            Moralité : en écrivant « Nul ne parfait », le rédacteur a confirmé la règle selon laquelle « nul n’est parfait ».
Kléber Kungu

           

lundi 10 mars 2014

FRANCOPHONIE : « ll est temps que nous mettons …Il est temps que le DCMP s’unit… »



« ll est temps que nous mettons …Il est temps que le DCMP s’unit… »

Bjr. Il est temps que nous mettons …Il est temps que le DCMP s’unit…N’avez-vous pas massacré le français ? Vois d’abord la poutre dans ton œil avant de voir la paille dans celui de l’autre. On dit en bon français : « …que nous mettions…, que le DCMP s’unisse… ». Voir L’Observateur du 10 mars 2014, crise au sein du DCMP.
            C’est le texte d’un texto que nous avons reçu d’un lecteur identifié simplement par son numéro de téléphone 0990446471, en réaction avec les fautes que nous avons commises dans l’article publié en page 12 dans l’édition n° 4312 du lundi 10 mars 2014.
            Notre joie est si grande que nous publions in extenso ce texto qui montre l’intérêt que notre lecteur porte aussi bien au journal qu’à notre chronique : « Francophonie : au secours, le français est en péril ! » qui vient de totaliser 17 mois d’existence.
            Les fautes relevées par notre lecteur sont vraies, comme le sont les corrections proposées. Quoique lui-même soit tombé dans ce qu’il nous a reproché en nous disant ceci : « N’avez-vous pas massacré le français ? Vois d’abord la poutre dans ton œil avant de voir la paille dans celui de l’autre. » Cette phrase passée au peigne fin révèle une faute : le lecteur a commencé avec le pronom « vous » pour terminer avec le pronom « tu ». Voilà l’un de nombreux pièges que cette langue aux multiples subtilités et caprices a l’habitude de tendre à ses utilisateurs.
            En initiant cette chronique, nous avions nullement l’intention de « vouloir chercher à ôter la poutre dans l’œil d’autrui sans ôter au préalable la paille se trouvant dans notre œil ». Nous avons tout simplement voulu aider nos lecteurs – ceux qui ont encore le courage, la volonté de lire – à bien écrire le français, tout en imposant à nous-mêmes une certaine discipline. Nous sommes cependant conscients nous-mêmes de nos faiblesses. Ce qui laisse passer certaines fautes ou erreurs, en dépit de tous les efforts que nous déployons pour les traquer.
            Kléber Kungu

dimanche 9 mars 2014

Quelque 185 taxis-bus 207 seulement ont passé le contrôlé technique



Sur environ 30 000 véhicules Mercedes 207 circulant à Kinshasa

Quelque 185 taxis-bus 207 seulement ont passé le contrôlé technique

* A 9 jours du 15 mars, date butoir du sursis de Matata Ponyo, les propriétaires de 207 attendent la dernière minute pour se rendre au contrôle technique.
* André Kimbuta est catégorique : à partir du 16 mars prochain, aucun véhicule non soumis au contrôle technique ne pourra circuler.
* Alors que  Kinshasa compte quelque 400 000 véhicules en circulation, il avait seulement plus ou moins 3% de ces véhicules qui passaient au contrôle technique.
* Environ 90% de taxis-bus 207 n’ont pas de freins arrière 
            Neuf petits jours seulement nous séparent de l’expiration du sursis que le Premier ministre Matata Ponyo a imposé aux transporteurs en général et aux propriétaires de taxis-bus de marque Mercedes 207 en particulier. Nous avons fait le tour de trois centres de contrôle technique agréés à Kinshasa : la Société congolaise de contrôle (SCCT) sur l’avenue des Poids lourds à Kingabwa, Trinity 3 SPRL au pavillon 19 à la Foire internationale de Kinshasa (Fikin) et le Centre de formation  et de contrôle technique automobile (CFCTA) de l’Institut national de préparation professionnelle (INPP) sur la 11ème rue Limete. La constatation faite est fort décevante. Depuis février, environ 185 véhicules seulement sont passés au contrôle technique pour quelque 30 000 véhicules « 207 » circulant à Kinshasa : 135 pour la SCCT, 30 pour le CFCTA et moins de 20 pour Trinity 3 SPRL. En dépit de la réticence totale des propriétaires de véhicules de passer au contrôle technique, le gouverneur de la ville de Kinshasa est sans pitié. « Aucun véhicule non soumis au contrôle technique ne pourra être autorisé à circuler à Kinshasa à partir du 16 mars ». Ce qui entrevoit, par conséquent, des perturbations de transport après le 15 mars. 

            En dépit du sursis de Matata Ponyo qui expire dans 9 jours, les propriétaires de véhicules et autres chauffeurs sont déterminés à engager un bras de fer avec le gouvernement, question de lui infliger un autre camouflet après celui ayant abouti à un mouvement de grève de trois jours déclenché en mai 2012 par les chauffeurs du secteur des transporteurs en commun fatigués d’être victimes de tracasseries diverses de la part de la brigade routière.
            Ils continuent de traîner les pas, attendant la dernière minute pour se précipiter dans les trois centres de contrôle technique agréés par le gouvernement central. Me Jacques Angbaya, consultant juridique à la SCCT attribue cette situation aux habitudes des propriétaires de véhicules qui veulent toujours venir au dernier jour pour faire le « nzombo le soir ». En plus, continue-t-il, les clients ou les assujettis pensent que le contrôle ne sera pas effectif. La troisième raison est que les assujettis sont sous informés en pensant qu’en allant au contrôle technique, leurs véhicules risquent d’être garés ou jetés à la fourrière s’ils sont déclarés en mauvais état.
            Depuis février, date du début de cette mesure, environ 185 véhicules seulement sont passés au contrôle technique pour quelque 30 000 véhicules « 207 » circulant à Kinshasa : 135 pour la SCCT, 30 pour le CFCTA et moins de 20 pour Trinity 3 SPRL. Dans ce lot, quelques minibus Hiace, mais aucun Combi, déplore Jupile Alentum. Malgré la réticence totale des propriétaires de véhicules de passer au contrôle technique, le gouverneur de la ville de Kinshasa est sans pitié. « Aucun véhicule non soumis au contrôle technique ne pourra être autorisé à circuler à Kinshasa à partir du 16 mars ». Ce qui entrevoit, par conséquent, des perturbations de transport après le 15 mars.        


Le contrôle technique coûte moins cher
            Selon la loi, le contrôle technique se fait deux fois l’an, c’est-à-dire après 6 mois. En plus, ils pensent que le contrôle technique est cher. « Le contrôle technique ne coûte pas cher », rassure-t-il. « Pour un véhicule 207, c’est moins du montant de versement quotidien, en dessous du montant qu’ils versent quotidiennement », ajoute-t-il. Quant à la durée du contrôle technique, Jacques Angbaya précise qu’il dure au maximum 15 minutes, ajouter les autres formalités (paiement des frais à la banque notamment), il peut atteindre les 20 minutes.
            Au sujet des frais de contrôle technique, du reste fixés par le gouvernement, tous les centres de contrôle technique visités, les frais sont les mêmes pour tous les véhicules, de la moto au véhicule spécial en passant par la voiture, toutes catégories confondues, en plus de 6 000FC des frais bancaires et le prix de la vignette à 3 500 FC. « Aucun véhicule ne paie 100 dollars ou au-delà », a conclu-t-il.
            La tarification actuelle se présente comme suit :
Moto : 44,4 dollars
Voiture :, 65,28 dollars
Camionnette, jeep, minibus : 76,56 dollars
Camion, bus, taxi-bus, remorque, véhicule spécial : 87,68 dollars
            Que tous ceux qui pensent que le contrôle technique ne sera pas effectif se détrompent, conseille Me Jacques Angbaya et que le gouvernement se laissera faire.  A ce sujet, il a répété les propos du gouverneur de la ville de Kinshasa, le jour de l’inauguration du guichet unique, selon lesquels aucun véhicule non contrôlé ne pourra circuler à partir le 16 mars prochain.

            En outre, il les conseille de faire contrôler leurs véhicules car le contrôle technique est loin d’être une blague se fondant sur le fait que le commissaire général de la police, l’ADGA de la Sonas et le gouverneur de Kinshasa ont procédé au contrôle technique de leurs véhicules. « Si le numéro un de la police, l’assureur national et le premier citoyen sont passés au contrôle technique, ce n’est pas de la blague. Il rassure les assujettis sur le fait que le centre de contrôle n’est pas une fourrière. Son rôle s’arrête au contrôle technique des véhicules pour vérifier leurs états sécuritaires.
            Pour Jupile Alentum, directeur technique et expert en contrôle technique automobile au centre Trinity 3 SPRL, la réticence des propriétaires de véhicules à procéder au contrôle technique de leurs véhicules est due à l’état très défaillant de ces véhicules. Sachant d’avance cela, ils hésitent à se présenter au centre attendant la dernière minute pour provoquer l’engouement. Il précise que l’argent est loin d’être la cause de la réticence des chauffeurs de faire contrôler leurs véhicules. Ils abhorrent le contrôle technique car il prend du temps.


Prêt à débourser près de 4 000 dollars pour corrompre !
            Dans ce genre de circonstance, la corruption est toujours présente. Jupile Alentum nous a fait part des tentatives de corruption de la part des propriétaires de véhicules. A l’instar de ce propriétaire de 75 taxis-bus de marque Mercedes 207 qui s’est présenté au centre Trinity 3 pour solliciter sa compréhension en lui proposant de payer 120 dollars pour chaque véhicule. Ce qui aurait donné un montant de…9 000 dollars américains. Un montant que le propriétaire corrupteur était près de payer à une seule condition que ses véhicules ne passent pas au contrôle technique et obtiennent les certificats de contrôle technique.
            Alors que le montant total à payer pour faire contrôler ses véhicules est de 5 742 dollars ! Pourquoi, doit-on se demander, cet homme est-il prêt à payer 9 000 dollars que 5 742 dollars, soit une différence de 3 258 dollars de plus ? La réponse est simple à découvrir : l’homme craint fort pour ses 75 Mercedes 207 qui ne sont pas en bon état !
            La constatation de Jupile Alentum sur l’état général des « 207 » est dangereusement amère. « Environ 90% de taxis-bus 207 n’ont pas de freins arrière », déplore-t-il. Allez-y comprendre la suite pour la vie des passagers et des passants !
            Il va me raconter une autre anecdote. Certains chauffeurs viennent au centre avec le receveur. Ils se cachent en envoyant le receveur en éclaireur pour tâter le terrain. A la vue de la manière dont se fait le contrôle, il se met à téléphoner au chauffeur en le prévenant que si d’aventure leur véhicule venait, il ne tiendrait pas le coup.
            Il y en a même des plus « malins » - j’en ai vu un alors que j’étais au centre – qui prennent la précaution de se présenter avec le véhicule débarrassé de tous les bancs.


Certificat de contrôle parallèle
            Comme pour narguer l’autorité des Transports et ainsi minimiser le travail fourni par les centres techniques. Certains chauffeurs et propriétaires de véhicules n’hésitent pas de déclarer tout haut qu’ils vont acheter ces certificat de contrôle technique, comme cela se faisait auparavant. Le centre Trinity 3 déplore, en plus la réticence des propriétaires de véhicules, l’émission des certificats de contrôle parallèles. Pour contrer cette maffia, le centre a mis en circulation une vignette difficilement falsifiable, en plus d’un certificat de contrôle technique de la ville.
            Malheureusement, déplore Jupile Alentum, nous sommes combattus par ces mêmes agents de l’hôtel de ville qui délivrent les certificats de contrôle technique, se sachant dépouillés d’une grosse ressource financière, se sont arrangés pour obtenir aussi l’exclusivité de la fabrication de cette vignette. Vive donc le certificat de contrôle parallèle ! Vive la maffia !.
            Voilà pourquoi le centre en appelle à la coopération du gouvernement. « Que le gouvernement nous approche car le contrôle technique que nous faisons est le travail du gouvernement. C’est pourquoi nous lui demandons de faire la sensibilisation », déclare le directeur technique de Trinity 3.

           
Etapes du contrôle technique
            Le contrôle technique est effectué en deux principales étapes : le contrôle visuel et le contrôle à l’aide des équipements. Le contrôle visuel consiste à vérifier l’état extérieur et intérieur du véhicule, le châssis et la fixation de différents organes du véhicule, nous précise Yvon Mafuta, technicien en ligne à la SCCT.
            Le contrôle à l’aide des équipements, quant à lui, comporte plusieurs étapes dont les plus importantes :
  1. l’analyse de l’émission du gaz à effet de serre au moyen de l’analyseur des gaz ou l’opacimétre : Ce contrôle sert à vérifier le degré de pollution de l’environnement.
  2. le plaque de ripage : il sert à vérifier la stabilité du frein avant en ce qui concerne les 3 angles de direction.
  3. la bande de suspension pour vérifier l’efficacité des amortisseurs, des ressorts à boudin, des bandes de suspension…
  4. le freinomètre sert à vérifier l’efficacité du système de freinage (freins de service et freins de stationnement)
  5. le réglophare : cette machine sert à vérifier l’intensité de la lumière des phares, l’orientation des feux lumineux sur les plans horizontal et vertical.
  6. la fosse ou le pont élévateur est le dernier contrôle technique. Il s’agit de la sous caisse. Le technicien vérifie la direction, la transmission, la suspension, l’état du châssis, des rotules…
            Mais auparavant, le contrôle commence par l’identification du véhicule et celle du propriétaire sur la base d’une fiche technique.


Les chauffeurs méritent aussi un recyclage
            La nécessité et l’importance du contrôle technique des automobiles font l’unanimité. Sauf des chauffeurs qui rechignent toujours à faire contrôler techniquement leurs véhicules. Pour Laurent Bea Mwayila, adjoint technique au CFCTA/INPP, « le contrôle technique, oui, mais il y a le problème de l’homme [le chauffeur]. Les chauffeurs, propose-t-il, doivent être recyclés. Ainsi va-t-on remettre aux chauffeurs, en plus du permis de conduire, un document attestant son recyclage. Car, il existe cette trilogie : homme-véhicule-route.
            Les trois composantes de cette trilogie sont si intimement liés que tout excellent que puisse être un chauffeur, s’il conduit un véhicule qui n’est pas soumis au contrôle technique, son expérience risque d’être prise au dépourvu. En plus, que valent un bon chauffeur et un véhicule en bon état technique si la route est en mauvais état ?
            La réponse d’un taximan à qui j’ai demandé s’il a déjà soumis sa voiture au contrôle technique, pourquoi et combien coûte les frais de ce contrôle, a été toute surprenante. Il a simplement accusé l’Hôtel de ville de vouloir étouffer les chauffeurs en leur imposant le contrôle technique de leurs véhicules. « Pourquoi ce contrôle technique ? Elles [les autorités] vivent bien et veulent nous provoquer », tonne-t-il. Quant aux frais, ils coûtent 100 dollars.
            Par contre, un autre du Bas-Congo, plus réaliste et responsable, m’a répondu, après avoir appris ce que coûte un contrôle technique d’une voiture, qu’il allait le faire aussitôt  rentré à Kinshasa. Car, a-t-il soutenu, le contrôle technique est important et avantageux pour les usagers de la route.
            Tout compte fait, habitués à opérer dans un climat de désordre, les propriétaires de véhicules congolais sont prêts à faire tout, sauf à soumettre leurs véhicules au contrôle technique. Sachant d’avance que ces véhicules sont en mauvais état, ils préfèrent corrompre en payant plus que ce qui est exigé, pourvu qu’ils obtiennent les certificats de contrôle.
            Ce n’est ni l’argent pas l’argent qui fait défaut. Leur réticence ou le retard pris pour faire contrôler leurs véhicules est expliqué par leur volonté de rééditer leur triste exploit de mai 2012 pour faire plier l’autorité.
            C’est à un bras de fer entre les chauffeurs et l’autorité que nous nous apprêtons à vivre à partir du 16 mars. Les chauffeurs espérant à un autre sursis de Matata Ponyo, attendent la dernière minute pour faire la queue devant les centres de contrôle technique.
            Sans nul doute, si l’autorité maintient sa mesure, le secteur des transports en commun connaîtra de fortes turbulences après 15 mars.
Kléber Kungu

FRANCOPHONIE : « Fantesi »



« Fantesi »

            « Plantes, mèches, fantesi ».  Ces trois mots que la femme congolaise, kinoise en particulier, adore beaucoup, parce qu’ils présentent des objets dont elle raffole, je les ai trouvés un jour sur une petite pancarte devant la porte d’une boutique.  
            C’est parce qu’elle adore véritablement  les fantaisies sous toutes leurs formes qu’elle préfère massacrer ce mot. « Fantaisie » devient « fantesi » par la magie de la femme kinoise ! J’en avais même trouvé, il y a quelques mois, sous une autre forme fantaisiste : « fanthaisie ». Oh : fantaisie quand tu nous tiens, tu nous rend très fantaisites !
Kléber Kungu

Plus de 4 000 jeunes militaires congolais grossissent les rangs des FARDC



Après 16 mois de formation militaire au centre d’instruction de Mura

Plus de 4 000 jeunes militaires congolais grossissent les rangs des FARDC

            Plus de quatre mille jeunes militaires congolais viennent d’être formés au centre d’instruction de Mura, près de la la ville de Likasi au Katanga après y avoir achevé le samedi 8 mars leur formation militire.
            Le ministre congolais de la Défense, Alexandre Luba Tambo, qui a pris part à la cérémonie de clôture de cette formation, a souhaité que ces jeunes militaires soient « l’espoir de l’armée de demain que nous sommes en train de vouloir recréer en remplacement de leurs aînés qui seront appelés à aller en retraite ».
            Le ministre congolais de la Défense, cité par radiookapi.net, a indiqué que le gouvernement voulait mettre en place « une armée nouvelle, puissante, républicaine et dissuasive qui protège ». Une armée que toute la population congolaise souhaite voir mise en place dans le meilleur délai.
            Pour Alexandre Luba Tambo, qui a évoqué en passant, le travail des militaires congolais déployés actuellement en Centrafrique dans le cadre de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca), les militaires formés ont le devoir de faire la fierté de la RDC.
            Pour sa part, le commandant du centre d’instruction de Mura, le général de brigade Bertin Basekayi, a rappelé que cette formation a débuté le 19 novembre 2012. Quatre mille quatre-vingt-dix recrues, venues de toutes les provinces du pays, étaient inscrites au début de la formation. Plus de dix éléments sont morts à la suite des épidémies de méningite et de choléra en 2013. Ces militaires ont été formés par des instructeurs congolais et sud-africains.
            Quant au représentant du chef d’état-major de l’armée sud-africaine, il a salué la coopération militaire entre la RDC et son pays, vieille de près de dix ans.
Kléber Kungu

Naissance à Bukavu d'un mouvement masculin féministe



Sous le parrainage du Dr Denis Mukwege

Naissance à Bukavu d'un mouvement masculin féministe

            Pour mener sur plusieurs fronts la lutte contre la violence faite à la femme, une vingtaine d’hommes, notables de l'est de la République démocratique du Congo, viennent de créer le mardi 4 mars, un mouvement masculin de lutte pour les droits des femmes sous le parrainage du célèbre gynécologue Denis Mukwege. Le mouvement est appelé V-Men Congo.
            Les fondateurs de V-Men Congo  justifient leur action par le fait que les droits de la femme sont loin d’intéresser les mouvements féministes. "Les droits de la femme n'intéressent pas seulement les mouvements féministes", écrivent ces hommes réunis au sein du mouvement V-Men Congo, sous le parrainage du Dr Denis Mukwege, célèbre gynécologue dont l'hôpital Panzi à Bukavu, capitale du Sud-Kivu, vient en aide aux femmes victimes de violences sexuelles, véritable fléau en RDC.
            "C'est un enjeu global, c'est notre humanité commune et le devenir de notre société qui est en jeu", ajoute le communiqué annonçant le lancement de leur action cité par l’Agence France Presse.
            Lancé à a veille de la journée internationale de la femme,  ce mouvement, apprend-on, ambitionne d’éliminer "les discriminations et les attitudes misogynes qui font honte à notre humanité et minent les perspectives de développement durable".
            "Brisons le silence, changeons les mentalités de nos fils et filles, de nos frères et sœurs, de nos pères et mères et mettons fin à l'impunité et aux violences sexuelles et basées sur le genre", ajoutent les V-Men.
            Les V-Men sont une émanation du mouvement international de lutte contre les violences faites aux femmes V-Day ("Jour V"), dont la lettre V signifie tout à la fois "Victoire", "Vagin" et "Amoureux" ("Valentine" en anglais), précise la source.
            L’Est de la RDC est particulièrement marqué par les violences, précisément le viol, que subissent les femmes de cette partie du pays de la part des miliciens qui y pullulent et des hommes en armes. Vu son ampleur sur la partie orientale de la RDC, le viol, en particulier, est considéré comme une arme de guerre, qui ternit l’image du pays, d’autant plus que plusieurs militaires des FARDC sont impliqués de temps en temps dans des cas de viols.
            A ce propos, un procès est en train de se dérouler à Minova, dans le territoire de Kalehe, au Sud-Kivu,  jugeant une quarantaine de militaires des FARDC, dont 5 officiers, pour viols massifs
            Les Nations unies avaient révélé au mois de décembre 2012, qu’au moins cent vingt-six femmes avaient été violées en fin novembre dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).
            Le phénomène a pris une telle ampleur aujourd’hui que de plus en plus de voix se font entendre pour condamner les violences faites aux femmes dans les zones de conflit, en particulier au Nord-Kivu, au Sud-Kivu, en Province Orientale et au Katanga, considérés comme les provinces les plus instables et où l’activisme des groupes armés en grand nombre est très remarquable.
Kléber Kungu