dimanche 9 mars 2014

La LRA continue à sévir dans l'est de la RDC



Dieudonné Abakuba, monseigneur du diocèse d'Isiro-Nyangara, accuse :

La LRA continue à sévir dans l'est de la RDC

            Monseigneur du diocèse d'Isiro-Nyangara, Dieudonné Abakuba, a révélé dernièrement que les rebelles ougandais de l'Armée de résistance du seigneur (LRA), retranchés dans le parc de la Garamba, dans la province Orientale continuent à faire des incursions dans certains villages d'Isiro et Nyangara.
            Mgr Dieudonné Abakuba a déclaré que les rebelles ougandais de la LRA, "retranchés au Soudan du Sud et en RCA » étaient « toujours présents en RDC où ils sont cachés dans le parc national de la Garamba. Ils font des incursions dans certains villages pour se ravitailler". Il a ajouté que les populations qui ont fui les exactions de cette rébellion ne sont pas encore tous retournés dans leurs villages respectifs, selon l’agence Chine Nouvelle.
            Quoiqu’on note un certain calme relatif, certains habitants craignent encore pour leur sécurité. Les axes routiers sont ouverts et les véhicules passent nonobstant quelques surprises désagréables de la part de ces rebelles.
            Dieudonné Abakuba déplore l’absence en RDC de la force multinationale africaine qui devrait être déployée dans la région. Entre temps, la sécurité est assurée par les Forces armées de la RDC (FARDC) avec la Monusco .
            Au sujet de cette force, le général Abdallah Wafi, représentant spécial adjoint du secrétaire général de l'Onu chargé de l'Est de la RDC, avait déclaré en janvier dernier que les efforts ont été faits conjointement au niveau de la Monusco, de l'Union africaine et de la sous-région pour combattre la LRA. Il avait cependant déploré le fait que la situation militaire et sécuritaire en RDC était telle qu'elle ne pouvait pas être partout à la fois, la force de la Monusco étant aujourd'hui de 2.000 personnes et l' essentiel de sa force étant concentré dans l'Est de la RDC.
            "Nous ne pouvons donc pas continuer avec la même intensité à traquer les éléments de la LRA et d'autres éléments dans d'autres coins de la RDC", avait-il souligné.
            L'Union africaine avait mobilisé en 2012 à Djouba, capitale du Soudan du Sud, une force militaire de 5.000 hommes pour traquer le chef rebelle ougandais de la LRA, Joseph Kony, recherché par la justice internationale pour ses nombreuses exactions en Afrique centrale.
            Depuis, ce rebelle et ses hommes, dont on dit que le nombre a diminué, continuent de se cacher en marquant leur présence nuisible par des exactions meurtrières. Pendant ce temps, la population de la Province Orientale continue de payer les frais de cette situation catastrophique.
Kléber Kungu

Le gouvernement retire la licence d’exploitation à dix compagnies aériennes



Poursuite de l’assainissement du secteur congolais des transports aériens

Le gouvernement retire la licence d’exploitation à dix compagnies aériennes

            Le gouvernement congolais continue d’assainir son secteur des transports aériens en faisant le ménage dans ses compagnies aériennes. Ainsi vient-il de retirer la licence d’exploitation à dix compagnies aériennes, de petite taille, tout en promettant de s'attaquer aux grandes compagnies dans les prochains jours.

            Les dix compagnies frappées par ce retrait de licences sont Air Baraka, Cetraca Aviation Service, Gisair, Goma Express, General Transports Airways, Katanga Express, Lubumbashi Air Service, Pegasus Aviation, Sion Airlines et Trace Congo Aviation.

            Le gouvernement congolais, par son ministre des Transports et Voies de communication,  Justin Kalumba, vient de sanctionner dix compagnies aériennes en les interdisant de vol. Ce sont des compagnies aériennes de seconde zone qui viennent d’être frappées par cette mesure. Sur les dix, précise Radio France International (RFI), au moins la moitié existe sur papier ou ont tout simplement déjà cessé de fonctionner. Il s’agit de compagnies installées dans l’arrière-pays et dont la vocation déclarée est de désenclaver le vaste territoire d e la République démocratique du Congo.

            Le ministre congolais des Transports et Voies de communication fustige la négligence de l’aspect sécurité par les transporteurs aériens congolais. Cela explique le nombre croissant des catastrophes aériennes.
            Le ministre Justin Kalumba promet de frapper également parmi les grandes compagnies aériennes, celles qui exploitent des lignes internationales comprises. Le gouvernement congolais  se conforme ainsi à une recommandation de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) qui a demandé qu’un audit soit initié en RDC - dont le niveau de sécurité et de sûreté est parmi les plus bas au monde -  pour assainir le secteur des transports aériens.

« Choix de la raison »
            En prenant cette mesure, le ministre Justin Kalumba a expliqué qu’il a fait le choix d raison entre sacrifier des vies humaines en laissant ces avions continuer à voler et sauver ces vies en retirant la licence d’exploitation aux « cercueils volants ». Comme quoi, on ne peut pas faire des omelettes sans casser des œufs.
            "Clouer ces compagnies au sol va certainement perturber, dans une certaine mesure, la mobilité des personnes et des biens. Par contre, laisser ces compagnies continuer à opérer expose les vies humaines (...). Puisque la vie n'a pas de prix et que sa préservation constitue la priorité des priorités, nous avons fait le choix de la raison. C'est-à-dire le choix de la vie, le choix de la sécurité aérienne, le choix de la normalisation", a affirmé Justin Kalumba, cité par Radio Okapi.
            Il a en outre prévenue que d'autres compagnies pourraient être frappées par la même mesure si leurs dossiers sont rejetés aux phases de l'évaluation des documents et de la démonstration et de l'inspection.
            A ce jour, l’Union européenne a mis sur la liste noire la quasi-totalité des compagnies aériennes congolaises.
            Face au manque criant de routes à travers le territoire national, le transport aérien apparaît comme une solution pour le déplacement des personnes et des biens.
Kléber Kungu

Germain Katanga reconnu coupable de crimes de guerres et crimes contre l’humanité



Cour pénale internationale

Germain Katanga reconnu coupable de crimes de guerres et crimes contre l’humanité

Bosco Ntaganda se voit refuser la liberté provisoire

            Germain Katanga, chef milicien congolais a été reconnu vendredi 7 mars coupable de quatre crimes de guerres (meurtre, attaque contre une population civile, destruction de biens et pillage et d’un crime contre l’humanité (meurtre) par la Chambre de première instance II de la Cour pénale internationale (CPI). Il était poursuivi pour l'attaque du village de Bogoro, dans le district de l’Ituri, en RDC, commise le 24 février 2003.. La juge Christine Van den Wyngaert a joint au jugement une opinion dissidente.
            Celui que l'on surnomme le "lion" de l’Ituri a été reconnu coupable, vendredi 7 mars, de complicité de crimes contre l'humanité par la Cour pénale internationale. Germain Katanga, 35 ans, un ex-chef de milice congolais, était accusé d'avoir réduit à néant Bogoro, un village de l'Ituri, en Provonce Orientale, une région en proie à des conflits interethniques depuis quinze ans.
            "La chambre à la majorité déclare Germain Katanga coupable [...] de complicité des crimes commis le 24 février 2003", a déclaré le juge Bruno Cotte, soulignant que Germain Katanga avait été déclaré innocent d'avoir utilisé des enfants soldats ou d'avoir utilisé le viol comme une arme de guerre.
            L'accusation désirait que l'ancien milicien de 35 ans soit condamné en tant que "co-auteur direct" de ces crimes mais les juges ont estimé qu'il n'y avait pas de preuves suffisantes pour décider que Germain Katanga était effectivement en charge de l'attaque contre le village de Bogoro.
L'ex-milicien a cependant eu un rôle "significatif" en fournissant des armes : "sans cet important apport d'armes à l'échelle de la communauté Ngiti, les commandants et combattants de la collectivité n'auraient pas disposé des même atouts ni n'auraient pu commettre avec autant d'efficacité les crimes commis à Bogoro", a assuré le juge.
            Au vu des dépositions des témoins et des différents éléments de preuve produits devant la Chambre, a indiqué un communiqué la CPI rendu public dernièrement,  il a été établi au-delà de tout doute raisonnable, que Germain Katanga avait contribué de manière significative à la commission des crimes par la milice Ngiti dans le village de Bogoro.
            « Des décisions sur la fixation de la peine puis sur les réparations pour les victimes seront rendues prochainement », a précisé la même source citée par radiiokapi.net.
            Selon la Chambre de première instance II de la CPI, Germain Katanga avait agi tout en ayant connaissance du projet criminel contre les membres de l’ethnie Hema vivant à Bogoro. Le jugement de la CPI a précisé que « Germain Katanga avait été l’intermédiaire privilégié entre les fournisseurs d’armes et de munitions et les auteurs matériels des crimes qui feront usage de cet armement à Bogoro ».
            Germain Katanga avait été Initialement accusé d’être auteur principal avant d’être finalement reconnu complice des crimes commis à Bogoro après une requalification de sa responsabilité dans la commission de ces crimes.
            « Il a contribué à renforcer les capacités de frappe de la milice Ngiti à l’origine des crimes commis à Bogoro le 24 février 2003. Il a contribué aussi, grâce à la position qu’il occupait à Aveba, seule localité de la collectivité disposant d’un aéroport apte à recevoir des appareils transportant des armes, à équiper cette milice et à lui permettre de fonctionner de manière organisée et efficace. Son intervention a permis à la milice de bénéficier de moyens logistiques dont elle ne disposait pas qui lui ont permis d’assurer sa supériorité militaire face à leur adversaire », indique la chambre première instance II.
            Mais il n’a pas été démontré qu’il avait la capacité de donner des ordres, d’en assurer l’exécution ou de sanctionner les commandants de différents camps.
            Le Procureur et la Défense ont un délai de 30 jours pour faire appel de ce jugement. Reste à Germain Katanga d’attendre le nombre d’années de sa condamnation.

Des hauts responsables épargnés 
            Selon le bureau du procureur, l'attaque du 24 février 2003 ne visait pas uniquement le camp militaire mais également la population civile du village. Le but était de prendre le contrôle de la route voisine "pour faciliter l'acheminement de marchandises".
            "Avec Lubanga, la CPI a établi une responsabilité dans le camp Hema, et je pense que beaucoup en Ituri attendent que la CPI dise qui était responsable dans l'autre camp", avait assuré à Géraldine Mattioli-Zeltner, de l'ONG Human Rights Watch (HRW), avant l'énoncé du verdict.
            HRW a regretté toutefois que l'enquête du procureur de la CPI ne vise pas des plus hauts responsables que Katanga, "ceux qui ont financé et donné les ordres pour que les crimes soient commis".


Katanga et Ngudjolo Chui accusés de 200 meurtres
            Le procès de Katanga, qui avait été arrêté à Kinshasa en 2005 et transféré à la CPI deux ans plus tard, s'est tenu en concomitance avec celui de son ancien co-accusé, Mathieu Ngudjolo Chui, acquitté en décembre 2012, pour faute de preuves suffisantes. Selon l'accusation, les troupes de Germain Katanga et celles de Mathieu Ngudjolo Chui, auraient lancé l'attaque au petit matin et pillé, violé les femmes et tué 200 personnes environ. Certaines victimes ont été brûlées vives, selon France 24.
            Les affrontements interethniques entre milices qui se disputent les terres de l'Ituri, riche en ressources naturelles, dont l'or, le pétrole ou les diamants, ont débuté en 1999. Selon l'accusation, les combats ont "dévasté" la zone. Quant aux victimes des violences, les ONG estiment leur nombre à plus de 60 000.

Bosco Ntaganda reste en prison
            Par contre, Bosco Ntaganda s’est vu refuser la liberté provisoire par la Chambre d'appel de la Cour pénale internationale (CPI) après l’appel que la défense de l’accusé avait introduit contre la décision de la Chambre préliminaire II de la CPI en date du 18 novembre 2013.
            En tant que présumé ex-sous chef d'état-major des Forces patriotiques pour la libération du Congo (Forces patriotiques pour la libération du Congo FPLC), Bosco Ntaganda est accusé de 13 chefs de crimes de guerre et cinq chefs de crimes contre l'humanité qui auraient été commis en Ituri, en RDC entre le 1er septembre 2002 et fin septembre 2003.
            'Dans sa décision confirmant celle de la Chambre préliminaire, la Chambre d'appel a souligné que l'appréciation des éléments de preuve pertinents pour la poursuite de sa détention dépendent d'abord de la Chambre préliminaire', a indiqué le communiqué cité par l’agence Pana.
            'La Chambre d'appel a examiné, en particulier, la confiance accordée par la Chambre préliminaire aux rapports des deux Groupes d'experts des Nations unies à la lumière du cadre juridique pour l'évaluation de la preuve', ajoute-t-il.
            La Chambre d'appel a conclu que la Chambre préliminaire n'a pas commis d'erreur en se fondant sur les rapports des deux groupes d'experts des Nations unies pour appuyer les conclusions factuelles pertinentes à sa conclusion générale que la détention de Bosco Ntaganda s'imposait.
Kléber Kungu

FRANCOPHONIE : « Tata Motors, Magic 12 places : Sécurité, Abordable, Aventageux »



« Tata Motors, Magic 12 places : Sécurité, Abordable, Aventageux »

            Un imposant panneau est planté au croisement de la rue Métallurgie et l’avenue des Poids Lourds à Limete. Il présente ces écrits à tout éventuel acheteur d’une belle Jeep qui orne ce cadre. La beauté de la Jeep, combinée avec celle des écrits, contraste malheureusement avec la laideur de l’un des mots que le rédacteur a massacré.
            Si cette Jeep, pourvue de 12 places, allie sa sécurité au caractère abordable de son prix, elle est loin d’être avantageuse, étant plutôt « aventageux » (avec un « en » qui tombe dans le mot comme un cheveu dans une soupe succulente. Dommage ! Dommage aussi pour le mélange hétéroclite des mots (nom et adjectifs). Ils ne font pas bon ménage surtout dans ce contexte de pub !
            A la place de cela, j’aurais souhaité ceci : sécurisant, abordable, avantageux. Faudra-t-il encore qu’il faille savoir avec quel mot il importe d’accorder tous ces adjectifs qualificatifs !
Kléber Kungu

mardi 4 mars 2014

Piebalgs et Labille en mission de pacification en RDC et au Rwanda



Commissaire européen au Développement et ministre belge de la Coopération au développement


Piebalgs et Labille en mission de pacification  en RDC et au Rwanda

            Le commissaire européen au Développement, Andris Piebalgs, et le ministre belge de la Coopération au développement, Jean-Pascal Labille, ont entamé lundi soir 3 mars une visite conjointe en République démocratique du Congo et au Rwanda pour consolider la pacification et la reconstruction de la région des Grands Lacs. De lundi 3 à jeudi  6 mars, les deux hommes visiteront successivement Kinshasa, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, les deux provinces les plus troublées de la RDC avant de se rendre jeudi au Rwanda.
            A en croire le Vif.be citant l’entourage de Jean-Pascal Labille, la mission de deux personnalités sera centrée aussi bien sur la pacification et la reconstruction durable de la région des Grands Lacs, une région en proie en une insécurité accrue de plusieurs décennies, due aux troubles qui ont provoqué des millions de morts que sur le rôle que les partenaires européens sont appelés à y jouer.

"Programme de rétablissement de l'Afrique centrale"
            En septembre dernier, Bruxelles, siège de l’Union européenne, a proposé d'initier, avec les Etats européens et les autres bailleurs de fonds, un "Programme de rétablissement de l'Afrique centrale", à l'image de ce que les Etats-Unis firent en 1947 pour l'Europe par l'entremise du "plan Marshall", au sortir de la Seconde Guerre mondiale.
            Au cours de leur mission qui les conduira successivement en RDC et au Rwanda, Jean-Pascal Labille et Andris Piebalgs séjourneront, de lundi à jeudi, à Kinshasa et dans les deux Kivu, avant de boucler cette mission au Rwanda. L'objectif de la mission est de mettre en commun les ressources de la Commission européenne et des pays donateurs autour de priorités communes.

Inauguration du Palais de justice à Kinshasa…
            A l’étape congolaise, le commissaire européen au Développement et le ministre belge à la Coopération au développement auront une série de rencontres avec les autorités politiques congolaises, notamment avec le président congolais Joseph Kabila, le Premier ministre Matata Ponyo.
 et son homologue rwandais Paul Kagame.
            Ils s'intéresseront également à des projets concrets, comme le nouveau Palais de Justice de Kinshasa, construit avec l'appui financer de l'Union européenne et qui sera inauguré ce mardi 4 mars  en leur présence. A Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu et à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, Jean-Pascal Labille et Andris Piebalgs auront à visiter quelques projets financés par l'Union européenne et la Belgique, comme le Parc national des Virunga, inscrit au patrimoine de l'humanité par l'Unesco mais menacé par des projets d'exploitation pétrolière et l’activisme des groupes armés.

…et présentation d’un nouveau programme de lutte contre les violences de vingt millions d'euros
            Ils mettront leur mission congolaise au profit en rencontranr à Bukavu le célèbre gynécologue congolais, le docteur Denis Mukwege, directeur de l'hôpital Panzi à Bukavu, où des milliers de femmes victimes de violences sexuelles sont soignées. Andris Piebalgs, apprend-on, présentera également un nouveau programme visant à lutter contre les violences à caractère sexiste en RDC, financé par l'Union européenne à hauteur de vingt millions d'euros.
            A Kigali, jeudi 6 mars, le commissaire européen signera un accord entre son institution et le Rwanda sur la lutte contre la malnutrition. Pour sa part, Jean-Pascal Labille rencontrera des jeunes de Dinant et d'Anderlecht présents au Rwanda dans le cadre du programme "Move with Africa".
            La RDC et le Rwanda, deux pays voisins d'Afrique centrale, entretiennent, depuis plusieurs années, des relations souvent difficiles. La première connaît une situation sécuritaire très trouble du fait des guerres à répétition qui la déchirent. Elle attribue la responsabilité de cette situation au second en l’accusant notamment d’apporter un soutien militaire, matériel et financier à une rébellion
que Kinshasa a défaite militairement en novembre dernier. Des accusations que Kigali a toujours niées, en dépit de nombreux rapports des experts de l’Onu notamment. Par contre, Kigali accuse son voisin d’être de connivence avec les rebelles des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) qu’il héberge dans territoire et que Kigali a toujours accusés de vouloir renverser le pouvoir et d'avoir participé au génocide de 1994.
            La fin de la guerre en RDC en décembre dernier est loin d’avoir permis aux deux pays de tourner la page sombre de leurs relations.  Les deux personnalités s’investiront à montrer aux autorités des deux pays la nécessité de cultiver de bonnes relations. Leur proximité géographique les contraint à entretenir des relations bon voisinage.
            Cette visite conjointe UE-Belgique dans la région des Grands Lacs n'est pas une première. En 2010, Andris Piebalgs s'était ainsi rendu au Rwanda en compagnie du ministre belge de la Coopération de l'époque, Charles Michel.
Kléber Kungu

Kigali considéré comme mauvais élève par Washington



Situation des droits de l’homme au Rwanda

Kigali considéré comme mauvais élève par Washington

            Le Rwanda est jugé mauvais élève en matière des droits de l’homme au Rwanda par le département d’Etat des Etats-Unis d’Amérique. Tell est l’essentiel de son rapport annuel sur la situation des droits de l’homme dans le monde rendu public dernièrement. Le traitement réservé à l'opposition rwandaise et aux défenseurs des droits de l'homme, ainsi que le soutien à la rébellion qui a semé désolation en RDC sont les principaux griefs retenus contre Kigali par le département d’Etat américain.

            Dans un rapport rendu public tout récemment, le département d’Etat américain a été très critique à l’endroit de Kigali qu’il considère comme un mauvais élève en matière des droits de l’homme.Les problèmes les plus importants épinglés dans ce rapport, le département d’Etat souligne le traitement réservé par le gouvernement rwandais à ses adversaires politiques et aux avocats des droits de l’homme qui sont harcelés, arrêtés, torturés quand ils ne sont pas tués, Le rapport cite lle cas de l’opposant Patrick Karegeya, retrouvé mort le 31 décembre 2013 dans sa chambre d’hôtel en Afrique du Sud où il avait obtenu l’asile politique depuis qu’il était entré en disgrâce avec le pouvoir de Kigali.

            L’autre grief reproché à Paul Kagame est son soutien matériel et logistique apporté à la rébellion qu’il avait créée pour déstabiliser la province du Nord-Kivu pendant plusieurs années et et dont les exactions ont provoqué plusieurs morts et le déplacement des centaines de milliers de Congolais. L’organisation américaine Human Rights Watch, citée dans le rapport du département d’Etat américain, mentionne le recrutement par le groupe rebelle d’adultes et d’enfants dans les camps de réfugiés rwandais et accuse l’armée d’avoir entraîné les nouvelles recrues.
            Le gouvernement rwandais rejette toute association avec ce mouvement rebelle en affirmant avoir désarmé et détenu en mars 600 combattants ayant quitté l’est de la RDC à la suite d’un désaccord avec la direction du mouvement.
            Dans son rapport, les Etats-Unis d’Amérique déplorent également les restrictions des libertés d’expression et de presse dont Kigali se rend responsable. En ce qui concerne les relations interethniques, le rapport relève que le président Kagame et d’autres chefs politiques ont encouragé les Hutus dont le nom est associé au génocide à présenter leurs excuses aux Tutsis.
            En dépit de la publication de ce rapport, regrettent bien des analystes avisés, Washington semble faire bénéficier Kigali d’un régime de faveur. En effet, des voix s’élèvent dans l’opinion congolaise notamment en condamnation l’attitude combien complice, paternaliste et laxiste des Etats-Unis d’Amérique face au comportement très belliqueux des autorités rwandaises.
            Ces voix estiment que les sanctions de Washington à l’endroit de Kigali sont fantaisistes au point de ne pas inquiéter Kigali qui, en dépit de toutes les condamnations de Washington consécutives à la publication des rapports l’épinglant à plusieurs reprises dans le dossier de la guerre dans l’Est de la RDC, continue de se comporter en principal fauteur de troubles dans un pays qui n’a plus connu de tranquillité ni paix depuis des décennies.
            Condamnation ou publication de rapport oui, estiment les observateurs, mais pour quelles véritables sanctions contre un Etat qui continue à se mal comporter et à troubler ainsi la paix d’une région entière ?
Kléber Kungu

79 millions USD pour reconstruire des infrastructures à l’Est



Nord-Kivu, Sud-Kivu et Province Orientale

79 millions USD pour reconstruire des infrastructures à l’Est

            L’Association internationale de développement (IDA), un fonds de la Banque mondiale, a alloué 79 millions de dollars américains à la reconstruction des infrastructures au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Province Orientale.
            Dans un communiqué rendu public samedi 1er mars, le conseil des administrateurs de la Banque mondiale a affirmé que 79 millions de dollars américains sont alloués à la reconstruction des infrastructures de cette partie du territoire de la RDC. L’objectif étant de relever les conditions de vie des communautés meurtries par trois décennies de conflit.
            Il s’agit de reconstruire des infrastructures sociales comme des écoles, des points de ravitaillement en eau potable mais aussi des ponts et chaussées. Bref, des infrastructures détruites en grande partie par la guerre qui a sévi dans cette partie de la RDC.
            Par ricochet, ce projet fournira des emplois à court terme à une partie de la population qui sera chargée de remettre des routes de desserte agricole en état, précise le communiqué.
            Il vise également à améliorer les moyens de subsistance de la population en matière agricole. Les routes de desserte agricole auront ainsi la priorité pour permettre l’acheminement des produits vivriers vers les centres de distribution ou de consommation.
            Pour le directeur des opérations  de la Banque mondiale, Eustache Ouayoro, ce projet de reconstruction vise à améliorer les moyens de substances de la population en matière agricole, mais également à reconstruire les infrastructures sociales. (Ecole, hôpitaux, puits d’eau potable).
            Eustache Ouayoro a affirmé qu’il faudrait mettre en place rapidement ce projet afin de remédier à l’extrême pauvreté des populations de ces provinces et, par conséquent, promouvoir une prospérité partagée pour trois cent dix communautés de l’Est du pays.
            Ce projet montre le souci du gouvernement congolais appuyé par ses partenaires traditionnels de redonner la vie à ces provinces, parmi les plus meurtries de la RDC, sorties récemment des conflits armés.

1 milliard de dollars USD accordé à la région des Grands Lacs
            Ce financement s’ajoute à celui d’un milliard de dollars américains accordé à la région des Grands Lacs en Afrique pour les trois années à venir (2013-2016).
            En mai 2013, la Banque mondiale avait annoncé le financement de un milliard de dollars américains au bénéfice de la région des Grands Lacs en Afrique pour l'énergie, les routes, l'agriculture, le commerce transfrontalier, la santé et l'emploi
            Au premier jour d'une mission conjointe historique dans la région des Grands Lacs avec les Nations unies, le Groupe de la Banque mondiale avait annoncé un projet de financement  d'un montant d'un milliard de dollars destiné à aider les pays de la région à fournir de meilleurs services de santé et éducation, accroître les échanges transfrontaliers et financer des projets hydroélectriques, le tout afin d'appuyer l'accord de paix de la région des Grands Lacs signé par 11 pays en février dernier.  
            Le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, qui effectuait une visite de trois jours avec le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon en RDC, au Rwanda et en Ouganda, avait déclaré, à cette occasion, que la sécurisation et le développement de la région des Grands Lacs étaient essentiels aux efforts déployés par l'Afrique pour réduire l'extrême pauvreté et créer des opportunités économiques  pour des millions de personnes. 
            « Nous avons déployé des efforts extraordinaires pour mobiliser un milliard de dollars de financement supplémentaire parce que nous estimons que cela peut contribuer grandement à une paix durable dans la région des Grands Lacs », avait déclare M. Kim. « Ce financement aidera à relancer le développement économique, créer des emplois et améliorer les conditions de vie des populations qui souffrent depuis bien trop longtemps. Les dirigeants de la région des Grands Lacs peuvent désormais, en vertu de la relance de l'activité économique et l'amélioration des conditions de vie dans les zones frontalières, rétablir la confiance, renforcer les économies et ouvrir de nouvelles perspectives à des millions de personnes.»   
            Selon le président du Groupe de la Banque mondiale,  le nouveau projet régional de financement, assorti d’un taux d'intérêt nul, et accordé par l'Association internationale de développement (IDA) viendra appuyer deux grandes priorités de développement régional : le rétablissement des moyens de subsistance des populations vivant dans la région des Grands Lacs qui  ont considérablement souffert pendant les périodes de conflit; et la relance et l'expansion de l'activité économique transfrontalière pour créer plus d'opportunités et susciter une intégration plus poussée dans les domaines de l'agriculture, l'énergie, le transport et le commerce régional.
            Le financement supplémentaire que propose la Banque mondiale comprend environ 100 millions de dollars destinés à soutenir l'agriculture et améliorer les moyens de subsistance en milieu rural pour les populations déplacées à l'intérieur des pays et les réfugiés de la région ;  340 millions de dollars pour le financement du projet hydroélectrique Rusumo Falls d'une puissance de 80 megawatts au profit du Burundi, du Rwanda et de la Tanzanie ; 150 millions de dollars pour la réhabilitation des projets hydroélectriques Ruzizi I et Ruzizi II et le financement de Ruzizi III qui alimentera en électricité le Rwanda, le Burundi et la RDC ; 165 millions de dollars pour la construction de routes en RDC, notamment dans le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et la Province Orientale ;  180 millions de dollars pour améliorer les infrastructures et la gestion des ressources frontalières le long de la frontière entre le Rwanda et la RDC ;  et des millions de dollars de financements supplémentaires destinés aux laboratoires de santé publique, au secteur de la pêche et aux programmes de facilitation des échanges, etc.
            Les populations de ces provinces ne peuvent que saluer en même temps souhaiter la concrétisation de ce projet susceptibles de leur rendre le sourire de la vie qu’elles ont perdu depuis des décennies. Pour vu que cette paix et cette sécurité tant recherchées durent longtemps.
Kléber Kungu