dimanche 16 mai 2010

Six Suédois ont visité L’Observateur


Vendredi 14 mai
Six Suédois ont visité L’Observateur
Ils sont 6 Suédois à avoir visité les installations du quotidien L’Observateur, en route pour la Suède après un séjour d’une semaine en République démocratique du Congo (RDC). Jan, Stina, Johan, Marie, Erika Leander et Åke Eklöf se sont fait expliquer le fonctionnement de l’un des plus journaux de la RDC. De la salle de machines à l’imprimerie en passant par le bureau de l’éditeur-propriétaire Mankenda Voka, ils étaient tout oreilles tout yeux… Pour voir comment se fait le journal qui devait publier leur séjour en RDC.
Les 6 Suédois revenaient de la cité de Luozi, dans le Bas-Congo, assister à la phase finale du challenge Erik Leander, une compétition de football scolaire organisée chaque deux ans par la Communauté évangélique du Congo (CEC).
« Voici l’homme chargé de la mise en ligne de notre journal », je leur explique en désignant Patrick Lokombe, le webmaster de L’Observateur, le regard rivé à un ordinateur. « Est-ce que je peux voir votre journal en ligne ? » C’est Marie Leander qui pose la question au webmaster. Celui-ci ne se fait pas prier pour lui exhiber l’édition électronique du jour. Quelques questions sur le programme utilisé et la formation du webmaster étanchent la curiosité de cette Suédoise habitant les Etats-Unis d’Amérique. Marthe Mbueno, la secrétaire administrative de L’Observateur, fait observer qu’il y a au moins 50 000 visiteurs dans le site du journal w.w.w.lobservateur.cd. Lorsque j’annonce que nous allons aussi visiter l’imprimerie, nos visiteurs me demandent, un peu étonnés : « Vous avez votre propre imprimerie ? »
Les cliquetis des appareils de photo de nos visiteurs de marque et les flashs qui illuminent de temps à autre les endroits visités immortalisent l’événement. Très curieux, nos amis Suédois ne ratent aucun élément dans leur viseur : lézards (gecko), pigeons qui y sont élevés les intéressent beaucoup. « Pourquoi tous ces pigeons ? Vous les mangez ? » C’est Erika Leander qui me pose cette question ?
Et lorsque je leur explique que ceux qui font le journal ont droit à un repas, nos amis Suédois me demandent si ces pigeons sont préparés à cette occasion. Alors que nous sommes dans la salle de la rédaction, Stina Leander veut savoir quand les journalistes viendront. Dommage, ils ne les verront pas : chaque vendredi est ’’off’’ pour les journalistes. Et Marie Leander d’ajouter s’ils sont combien. Nous leur répondons que nous sommes une vingtaine, y compris nos correspondants à travers les provinces. Ce qui intéresse Jan Leander et Åke Eklöf, qui apprennent, qu’excepté les provinces du Maniema, du Sud-Kivu, notre journal est distribué dans toutes les provinces.
La visite de la salle de rédaction s’achève par la remise aux visiteurs de quelques exemplaires de l’édition du jour n° 3375 de vendredi 14 au lundi 17 mai et de quelques poses de photos.
Une fois dans le bureau de l’éditeur-propriétaire Mankenda Voka, les visiteurs veulent savoir à qui appartient le journal. « Voilà le propriétaire, M. Mankenda Voka », répondent en chœur les quelques agents présents, en désignant une grande photographie de cet homme. « C’est comme le journal de notre commune », rétorquent nos visiteurs. Quelques photographies des reliures des journaux et des piles de journaux d’archives non reliés bouclent la visite au bureau de l’éditeur.
Cap sur l’imprimerie où le guide que j’assume leur explique les étapes de l’impression des journaux sur la vieille machine de l’Allemand Heidelberg. Jan et Johan Leander reconnaissent cette marque pour l’avoir déjà vue en Allemagne.
« Merci pour votre visite à notre journal, exclame M. Joseph Nsingani, parlant au nom de l’éditeur empêché. Nous espérons que vous allez vous ajouter au nombre des internautes que le journal compte déjà. Nous attendons de vous des remarques et conseils. Vous avez vu le vieillissement de nos machines, mais nous faisons tout pour nous mettre à la page. Si vous pouvez nous mettre en contact avec des propriétaires d’imprimeries en Suède », a plaidé M. Joseph Nsingani.
C’est tout satisfaits et heureux que nos visiteurs suédois ont quitté la rédaction du quotidien L’Observateur. « C’est très intéressant », déclarent Jan Leander et Åke Eklöf, le visage rayonnant de joie.
Kléber Kungu

mercredi 28 avril 2010

John Holmes à Kinshasa ce jeudi 29 avril

Coordonnateur des secours d’urgence de l’Onu
John Holmes à Kinshasa ce jeudi 29 avril
John Holmes, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires des Nations unies et Coordonnateur des secours d’urgence est en visite en République démocratique du Congo depuis ce jeudi 29 avril. Le Sud-Kivu, la province Orientale et l’Equateur sont inscrits dans l’agenda de la visite de M. Holmes qui va séjourner pendant 5 jours en RDC.
Le coordonnateur des secours d’urgence des Nations unies entame une longue tournée en République démocratique du Congo. La tournée le conduira de Kinshasa, première étape, à Mwenga, à Bukavu dans la province du Sud-Kivu, à Niangara, à Dungu, à Kisangani dans la province Orientale et à Dongo et à Mbandaka à l’Equateur, selon un communiqué de presse publié par le Bureau des nations unies pour les affaires humanitaires.
Le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires effectue ce voyage en RDC pour discuter des questions humanitaires dans le pays avec le Gouvernement congolais et les acteurs de terrain, notamment les nombreuses ONG humanitaires qui y opèrent.
Il mettra au profit son voyage pour souligner l’importance de la question relative à la protection des civils et le besoin de renforcer la coordination pour l’efficacité des actions de l’assistance humanitaire dont le pays a besoin.
Trois provinces de la RDC sont ciblées dans la visite de John Holmes, à savoir le Sud-Kivu, la province Orientale et l’Equateur. Dans ces provinces, il plaidera en faveur de l’action humanitaire, de la protection des civils et de la sécurité des opérateurs humanitaires qui y oeuvrent et qui sont constamment victimes de l’insécurité grandissante due aux nombreux groupes armés.
Le Sud-Kivu est particulièrement marqué par des violences, des viols faits aux femmes. A Bukavu, il est prévu une rencontre avec la presse locale vendredi 30 avril à 18 heures, après celle avec les autorités étatiques et les membres de la communauté humanitaire.
John Holmes se rendra également à Niangara, à Dungu et à Kisangani, chef-lieu de la province Orientale où les rebelles de la LRA de l’Ougandais Joseph Kony ne cesse de se faire remarquer par des incursions aussi meurtrières que répétées dans des villages. Ce qui provoque un important déplacement de la population.
Quant à la province de l’Equateur, théâtre de violents affrontements entre des insurgés Enyele et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) appuyées par les casques bleus de la Monuc, où il visitera Dongo et Mbandaka, chef-lieu de la province, la situation humanitaire est plus que préoccupante avec des milliers des personnes déplacés en raison des combats.
De la part du coordonnateur des secours d’urgence des Nations unies, les nombreuses populations en détresse de ces provinces attendent non seulement des tonnes de vivres, de discours d’apaisement du genre ‘’les auteurs de ces actes doivent être poursuivis’’, mais surtout des actes concrets pour que cessent ces violences qui n’en finissent point et que leurs auteurs répondent de leurs actes devant la justice internationale. L’assistance humanitaire, c’est bien, mais les populations désirent vivre paisiblement dans leurs milieux.
Kléber Kungu

La Sodema passe à la vitesse supérieure

11 000 cartes des membres imprimées, début d’implantation des sections…
La Sodema passe à la vitesse supérieure
Les membres du Comité de gestion de la Solidarité pour le développement du Manianga (Sodema), à leur tête son président, Dieudonné Bifumanu Nsompi, passent à la vitesse supérieure dans la réalisation des activités de cette association sans but lucratif, une année après leur élection. Après quelques mois d’étude du terrain, le moment est venu de poser de grandes actions. Aujourd’hui, 11 000 cartes des membres viennent d’être imprimées et l’implantation de sections à travers les communes de Kinshasa et le Bas-Congo va bientôt commencer.
Rien ne va plus arrêter la machine de la Sodema dirigée par Dieudonné Bifumanu Nsompi. Après l’impression de 11 000 cartes des membres, le Comité de gestion de cette association s’affaire à débuter l’installation des sections dans les communes de Kinshasa et dans le Bas-Congo. Pour cela, des réunions se multiplient et se succèdent à un grand rythme. « Avec l’impression des cartes des membres, la Sodema prend une autre allure », a déclaré Dieudonné Bifumanu, le jour de la présentation de ces cartes aux membres du Comité de gestion.
Au cours de leurs réunions, les membres du Comité de gestion peaufinent des stratégies pour concrétiser la descente de la délégation de la Sodema dans le Bas-Congo pour implanter l’association à Kisantu, Mbanza-Ngungu, Kimpese, Songololo, N’kamba, Luozi, Matadi, Kinzao-Mvuete, Seke-Banza, Boma, Muanda.
En ce qui concerne l’implantation des sections dans les communes de Kinshasa, la commune de Kisenso ambitionne de porter le flambeau d’être la première où sera implantée une section de la Sodema. Les préparatifs vont bon train. Selon le président sectionnaire de la section Kisenso, Thomas Bundoki Wakanu, qui a rendu dernièrement visite au Comité de gestion en pleine réunion, l’installation de cette section doit faire tâche d’huile pour stimuler les autres sections à implanter ultérieurement.
Dans l’entre temps, plusieurs dossiers hantent l’esprit de la Sodema, notamment l’exhumation du dossier de l’électrification de N’kamba-Luozi, l’organisation des journées scientifiques sur le prophète Simon Kimbangu et le Mariage agricole. Pour cela, ils projettent d’arracher des audiences auprès des ministres de l’Energie Gilbert Tshiongo, de la Culture et des Arts et de l’Agriculture.
Il importe de rappeler qu’à l’époque du prédécesseur de Gilbert Tshiongo, une délégation de la Sodema avait été reçue en audience par Laurent Muzangisa au cours de laquelle les deux parties ont évoqué le dossier de l’électrification de N’kamba et de Luozi et que les pourparlers étaient avancés dans ce sens.
Au sujet de l’électrification de la cité de Luozi, la Sodema, par la voie de son président Dieudonné Bifumanu, se réjouit d’apprendre l’arrivée à Luozi du groupe électrogène de 480 KVA offert à cette cité par le gouvernement provincial du Bas-Congo. En même temps, elle remercie l’Exécutif provincial de son souci d’éclairer l’arrière-pays et réitère sa demande au gouvernement central de concrétiser son projet d’électrifier N’kamba et Luozi.
Kléber Kungu

L’Eglise kimbanguiste est une et indivisible »

Le rév. Elebe Kapalay l’a répété
« L’Eglise kimbanguiste est une et indivisible »
« L’Eglise kimbanguiste est une et indivisible. Elle n’est pas partie prenante avec les démêlés judiciaires ou policiers qui sont arrivés aux dissidents de Monkoto 87 regroupés en communauté autonome appelée ‘’Bana 26’’ et dont les actes posés n’engagent qu’eux-mêmes. Que ces démêlés ne soient pas prêtés à l’Eglise kimbanguiste. Que cela soit clair à tous. » Les révérends Elebe Kapalay, représentant légal 1er suppléant en charge du patrimoine, et Muya Mayoyi, directeur général de la Radio télévision kimbanguiste (Ratelki) ont fait cette mise au point, au cours d’une conférence de presse organisée vendredi 23 avril dans l’amphithéâtre du Centre kimbanguiste d’accueil et de conférences de Kinshasa (CKACK). Une mise au point appuyée par le témoignage d’Appo Salima, un des dissidents retournés au bercail, de la manière dont cette ‘’aventure qui n’a pas abouti à un résultat escompté’’ avait été montée, selon ses propres propos.
L’Eglise kimbanguiste, par le biais des révérends Elebe Kapalay et Blaise Muya Mayoyi, a organisé une conférence de presse pour faire une mise au point sur les démêlés judiciaires et/ou policiers que les ex-dissidents de Monkoto 87 ont eus dernièrement avec les agents de l’ordre en exécution des deux arrêtés n° 204 et 205/CAB/MIN/T2009 pris par le ministère de la Justice pour remettre l’Eglise kimbanguiste dans ses droits. Par cette mise au point, l’Eglise kimbanguiste voulait montrer à l’opinion nationale et internationale qu’elle n’était impliquée ni de près ni de loin dans ce qui était dernièrement arrivé aux ‘’Bana 26’’ lorsque l’Etat a exécuté les deux arrêtés ministériels. Ce qui a fait dire au révérend Elebe Kapalay que l’Eglise kimbanguiste est une et indivisible. « Il y a eu plus de 6 dissidences au sein de l’Eglise kimbanguiste et que ces dossiers sont déjà clos. L’Eglise kimbanguiste ne connaît pas de communautés à son sein. Les ex-dissidents existent pour eux-mêmes et ils n’ont rien à voir avec l’Eglise kimbanguiste qui a ses textes, ses principes, son organisation connus par l’Etat », a précisé le numéro un du patrimoine de cette Eglise forte de ‘’20 millions des fidèles disséminés dans plus de 38 pays’’ du monde.
En creusant un peu dans l’histoire de l’Eglise, le révérend Elebe Kapalay a voulu montrer le caractère légaliste de l’Eglise kimbanguiste, instauré par son fondateur. Avant de se lancer à prêcher la Bonne Nouvelle, celui-ci chercha à recevoir d’abord le quitus d’un chef médaillé, Mfumu Mfuti, avant d’informer également sa famille biologique de la mission reçue par le Seigneur. Cette démarche démontre que l’Eglise kimbanguiste est respectueuse de l’autorité établie et qu’elle est séparée de la famille. L’historique est allé du début du ministère à la reconnaissance officielle précédée de tolérance à la clandestinité des fidèles de Simon Kimbangu due à la répression de tous ses fidèles alors que lui était arrêté.
Le représentant légal, 1er suppléant en charge du patrimoine s’est appesanti sur l’évolution de l’Eglise en insistant sur le mode de désignation des chefs spirituels et représentants légaux de l’Eglise, du premier, son Eminence Diangienda Kuntima Joseph à l’actuel Simon Kimbangu Kiangani. Selon l’orateur, la tradition de l’Eglise veut ce soit aux membres effectifs que revient le pouvoir juridique et statutaire de le désigner avant de le présenter officiellement aux fidèles de l’Eglise à l’Etat.
Mais il a souligné que dans l’Eglise kimbanguiste c’est Dieu qui choisit le chef spirituel à travers la personne à qui il succédera. Toutefois, le chef spirituel n’est pas seulement choisi parce qu’il est de la famille biologique de Simon Kimbangu, mais il faut aussi présenter certains critères moraux dont l’intégrité morale. Bref, n’est pas chef spirituel quiconque le désire.

Six dissidences en un demi-siècle
Selon le rév. Elebe Kapalay, l’Eglise kimbanguiste n’est pas à sa première dissidence, bien qu’elle soit à sa dernière. Connaissant des cas de dissidences dues au mécontentement de certains fidèles dès l’aube de sa reconnaissance officielle par l’autorité coloniale, l’Eglise est à sa 6ème dissidence en un demi-siècle. Il s’agit de Yona Muanda qui va quitter l’Eglise pour créer le vicariat dans le Bas-Fleuve en 1963, de Mpadi Simon, l’un des collaborateurs du prophète Simon Kimbangu en 1921, qui a créé l’Eglise des Noirs en Afrique, de Kiamosi Simon qui, en 1964, créa l’Eglise de deux témoins, d’Emmanuel Bamba, qui a aussi créé une Eglise, de Kayuma Moïse qui, premier représentant de l’Eglise kimbanguiste à Mbuji-Mayi, va y renoncer pour devenir patriarche de l’Eglise Lumière devenue l’une des communautés de l’Eglise protestante. La dernière dissidence est celle des ‘’Bana 26’’.
L’intervention de Blaise Muya Mayoyi, directeur général de la Ratelki, a rappelé comment s’était passée l’Assemblée générale extraordinaire (AGE) d’octobre 2002 convoquée à Nkamba par Simon Kimbangu Kiangani devenu chef spirituel, comment le révérend Luntadila Ndala Za Fwa Lucien, alors secrétaire général de l’Eglise kimbanguiste, avait dérobé les résolutions de l’Assemblée pour les remettre nuitamment aux frères du chef spirituel retournés à Kinshasa, après avoir appris que le chef spirituel convoquait la tenue de l’AGE. Il a montré comment, lui, alors directeur national de communication, avait lu, sur les antennes de RTK, les résolutions, dont la 53è résolution le suspendait, après les avoir reçues quelques minutes seulement plus tôt.
« Une aventure qui n’a pas abouti à un résultat escompté »
« Nous avons tenté une aventure qui n’a pas abouti à un résultat escompté. Il est temps de revenir au bercail. Mais aujourd’hui, pour y retourner, c’est difficile. Nous regrettons notre geste ». Ces aveux sont sortis de la bouche d’Appo Salima, un des dissidents revenu au bercail le 5 décembre 2009, dans un témoignage qui a laissé l’amphithéâtre Mama Muilu tout pantois devant la crudité des vérités sur le déroulement du scénario ayant accouché aux ‘’Bana 26’’ dont le chef spirituel autoproclamé est Armand.
Tout était parti, selon Appo Salima, tout détendu, le 18 décembre 2002, lorsque les jeunes réunis au sein de l’Ujeuki(Union de la jeunesse kimbanguiste) qui venait d’être dissoute par l’AGE, étaient invités par les frères de Papa Simon Kimbangu, à une réunion qui devait se tenir au siège de la Caisse d’épargne kimbanguiste à Kintambo. Au cours de cette réunion, présidée par Alphonse Kisolokele, on remettra aux participants, des jeunes en majorité, des résolutions de l’AGE de Nkamba prises en catimini par le rév. Luntadila Ndala. Mot d’ordre : contester les résolutions et faire en sorte qu’elles ne soient pas acceptées par les fidèles kimbanguistes. Stratégies : écrire aux autorités politico administratives du pays, à commencer par le président de la République, et réaliser une émission télévisée à la RTK.
Entre temps, les jeunes avaient décidé de ne plus désormais se rendre au Centre d’accueil pour des activités religieuses et culturelles, avant le retour à Kinshasa des autorités ecclésiales, alors que les frères du chef spirituel, selon Appo Salima, étaient hésitants. C’est au 3è dimanche que les dissidents vont chercher à organiser des prières à Monkoto n°87, mais il fallait obtenir l’autorisation de M. Armand qui va céder finalement après avoir refusé, estimant que Monkoto n’était ni une paroisse ni une Eglise kimbanguiste, mais la résidence de son père. Lorsqu’on lui a demandé de lire les résolutions qu’il venait de leur apporter, le rév. Luntadila avait répondu d’auditionner simplement la cassette. Une échappatoire qui a poussé les dissidents de lui coller le surnom de Romario, en référence à l’un des meilleurs joueurs brésiliens de l’époque, pour dire qu’il savait esquiver les choses…
Pendant un mois, c’est Papa Mabandi qui signait tous les documents au nom de l’Ujeuki sous la bénédiction du bourgmestre de Ngir-Ngiri de l’époque, contre 5 dollars.

Et si les dissidents demandaient de rentrer
Qu’adviendrait si les dissidents demandaient de réintégrer le bercail ? Les portes de l’Eglise leur seraient grandement ouvertes à condition qu’ils se conforment à ses normes. « Chez nous le pardon est permanent, a annoncé le rév. Elebe Kapalay. Mais sachez que c’est l’Eglise de Jésus, ce n’est pas notre Eglise. Il faut prendre l’engagement de ne plus refaire ce que vous avez fait et qu’on sente la repentance »
Tout compte fait, à ce sujet, la position de l’Eglise se résume en 7 points : l’Eglise kimbanguiste est composée de fidèles qui adhèrent librement, sans contrainte aucune. Chacun est libre d’en sortir (art. 9 et 12, titre III des Statuts), quand on la quitte, on perd la qualité de fidèle kimbanguiste, si on exprime la volonté de redevenir kimbanguiste, on doit se soumettre à une procédure stricte de réintégration, non négociable, on réintègre l’Eglise kimbanguiste de manière individuelle et non collective, à la réintégration, on reste un simple chrétien, on ne revendique aucun titre et aucun grade. Toute personne qui désire réintégrer l’Eglise
Doit d’abord s’inscrire à la paroisse du lieu de sa résidence et recevoir la recommandation du représentant urbain ou provincial. Le dossier est transmis au représentant de la ville Sainte pour que celui-ci puisse programmer la cérémonie de réintégration, les dates pour les cérémonies de réintégration sont : tous les jours de la semaine pour les fidèles, les 6 avril, 8 juillet et 12 octobre de chaque année pour les descendants de papa Simon Kimbangu et les meneurs et une période d’observation de 12 ans est fixée pour apprécier les comportements de tout un chacun.
Les conditions de réintégration sont telles que la crainte est que ‘’Bana 26’’ ne puissent envisager de revenir sur les bons sentiments. Mais, de son côté, le chef spirituel Simon Kimbangu Kiangani ne cesse de prier pour que ses frères dissidents rentrent au bercail.
Kléber Kungu

mardi 20 avril 2010

Dis-moi comment tu interroges, je te dirai les causes des 100%

Epreuve orale de français 2010
Dis-moi comment tu interroges, je te dirai les causes des 100%
Ce qui s’est passé lors de l’épreuve orale de français que plus de 440 000 candidats finalistes du secondaire ont passée les 14 et 15 avril à Kinshasa en particulier et sur l’ensemble de toute la République démocratique du Congo en général, dépasse tout entendement. J’ai eu de la peine à croire à ce qu’un des candidats, rencontré peu après l’épreuve, m’a raconté. Selon lui, à certains candidats, les examinateurs ont posé des questions aussi simples que fantaisistes, du genre ‘’ combien de bouton comporte votre chemise ?’’, ‘’Quel est nom de votre professeur de français ?’’, ‘’Combien de tresses porte votre tête ?’’
Lorsqu’on demande à un candidat finaliste le nombre de boutons que comporte sa chemise, qu’on me dise le rapport qu’il peut y avoir entre ce genre de question et l’épreuve orale de français. Que cherche-t-on alors en posant pareilles questions dans une épreuve orale de français ? Les raisons de cette manière de poser des questions dans une épreuve orale de français pour un examen d’Etat à l’issue duquel le candidat doit obtenir un diplôme d’Etat, sont simples : entre autres la lassitude des examinateurs. Avec le nombre élevé des candidats à interroger, il arrive que les examinateurs deviennent fatigués après avoir examiné un certain nombre de candidats. Conséquence : aux derniers candidats, on ne pose que quelques questions, voire une seule ou deux. Et quelles questions ! C’est du genre ‘’quel est le nom de votre professeur de français ?’’ A moins d’être trahi par la trouille, sinon, avec une telle question, ce sont des points gratuits qu’on offre au candidat.
Cependant, les tout premiers candidats jouent de la malchance. La mémoire encore fraîche, le moral encore en place, les examinateurs ont fait passer une vraie épreuve orale de français consistant à faire lire un texte à base duquel ils ont posé des questions. Ces candidats ont fait face à de véritables questions, non complaisantes.
Que conclure d’une telle façon d’interroger, à deux vitesses ? Les conséquences sont que les tout premiers candidats, qui jouent de la malchance, se trouvent désavantagés par rapport aux touts derniers, jouant de la chance, car aidés par la fatigue des examinateurs. Ceux-ci, parfois moins intelligents que les premiers, ont la chance d’engranger plus de points qu’eux. In fine, ils ont toutes les chances de décrocher des diplômes d’Etat avec de gros pourcentages !
Voilà l’une des raisons qui expliquent les scores que font certaines écoles – certains candidats - par rapport à d’autres. Ces scores ne veulent nécessairement dire que les premiers sont plus performants que les seconds. Plusieurs facteurs, comme ceux évoqués, peuvent aider à cette situation.
Dis-moi comment tu interroges, je te dirai les causes des 100% ou des néants ou des contre performances de certaines écoles. Cette situation provoque à chaque année la déperdition scolaire de certaines écoles au profit d’autres.
Le pays est descendu si bas dans le gouffre de la médiocrité de l’éducation – avec ses dirigeants – qu’aujourd’hui personne n’est capable de lever le doigt ou de se lever pour dire ‘’La récréation a tellement duré qu’elle doit prendre fin ». Tout le monde se complait à constater les dégâts. Qui, comme une maladie très dangereuse, ronge le corps insidieusement, malicieusement. Le corps, c’est la RDC, qui ne réagit pas et refuse de chercher une thérapie de choc…
André Mumpasi

dimanche 18 avril 2010

Xavier Mirindi Kiriza élu à la présidence de la Codele



Au cours d’une assemblée générale constitutive et élective
Xavier Mirindi Kiriza élu à la présidence de la Codele
Xavier Mirindi Kiriza a été élu président du comité directeur de la communauté organisée pour le développement de Ludaha et de ses environs (Codele, ASBL) à l’issue de l’Assemblée générale constitutive et élective de cette communauté organisée samedi 17 avril à la paroisse Notre Dame de Fatima.
Les membres ressortissants de la localité de Ludaha résidant à Kinshasa se sont réunis en assemblée générale au cours de laquelle ils ont adopté les statuts et le règlement intérieur de la Communauté organisée pour le développement de Ludaha et de ses environs (Codele). Ainsi venait de voir le jour cette association qui ambitionne d’assurer le développement de cette localité, l’une des plus vastes du Sud-Kivu.
A l’issue de cette assemblée générale, un comité directeur a été élu, à la tête duquel va présider, pour les deux ans à venir, Xavier Mirindi Kiriza, l’actuel secrétaire général au ministère de l’Intérieur et Sécurité. A l’issue de l’élection de son comité, le président Xavier Mirindi, entouré de ses collaborateurs, dont le penchant pour le travail bien fait est incontestable, s’est fait avare des déclarations qui caractérisent ce genre d’événement, tout en reconnaissant la délicatesse de la tâche. «Ce n’est pas le moment de vous dire ce que nous allons faire. Vous venez de nous confier une tâche très délicate, nous comptons sur votre appui », s’est-il exprimé, sous le coup de l’émotion, avec le même sourire qui ne le quitte jamais.
Considérée comme l’une des plus vastes localités du groupement de Cirunga, chefferie et territoire de Kabare au Sud-Kivu, Ludaha se trouve au centre du Bushi, à la croisée des chemins et routes menant au chef-lieu du territoire de Kabare à l’Ouest, aux groupements de Kamisimbi, Lurhala et Ikoma en territoire de Walungu à l’Est, au groupement de Bugobe au Nord-Est et au groupement de Mudusa au Sud.

« Jouer un rôle de premier plan »
« La position géographique de Ludaha et les relations historiques de bon voisinage entretenues par sa population avec ses voisins des collectivités de Kabare et de Ngweshe depuis plusieurs siècles offrent à Ludaha un atout majeur lui permettant de jouer un rôle de premier plan, s’agissant de son développement intégral et de celui des contrées environnantes », peut-on lire dans le préambule des statuts de la Codele.
« Jouer un rôle de premier plan, s’agissant de son développement intégral et de celui des contrées environnantes », voilà le défi auquel l’équipe Mirindi doit faire face durant son mandat. Un défi de taille d’autant que le Sud-Kivu est un paradis de problématiques plus urgentes les unes que les autres. Les conflits armés récurrents, l’insécurité, les violences sexuelles, la malnutrition, le phénomène enfants soldats, l’eau potable, l’éducation, la santé… que des défis et des pesanteurs sur le chemin de la Codele.
A l’équipe Mirindi, on ne demande pas des miracles ni l’impossible. L’essentiel est de montrer aux populations de ce coin qu’il y a des filles et des fils qui, pour des raisons économiques et des études, se trouvent loin d’elles – physiquement, mais près de leur cœur. En d’autres termes, les filles et les fils de Ludaha et de ses environs pensent quand même au coin d’où ils sont venus. Loin de se substituer aux autorités politico-administratives, la Codele est appelée à apporter sa pierre, si modeste soit-elle, à la construction de Ludaha, du Sud-Kivu en général.
Le comité directeur élu se présente comme suit : Xavier Mirindi Kiriza (président), Boniface Cizungu (vice-président chargé des mobilisations des ressources), le poste de vice-président chargé des projets (à pourvoir), Mme Stella Kashemwa (vice-présidente chargée du social), Emmanuel Cishamara (secrétaire exécutif), Eddy Nyamutiba Lungere (secrétaire exécutif adjoint), Mme Eulalie Bashige (trésorière), Makangara Justin (trésorier adjoint), Marume Godefroid et Eustache Bashige (chargés de mission), Christophe Kubiha Mushizi, Jean-Pierre Cirimwami, Emmanuel Mugaruka et Protais Nkunzi (conseillers). Barume Chrisotome et Patrice Kasigwa forment le collège des commissaires aux comptes.
Kléber Kungu

jeudi 15 avril 2010

Plus de 2 000 enfants soldats démobilisés à ce jour

Le Sud-Kivu ou le paradis des problématiques
Plus de 2 000 enfants soldats démobilisés à ce jour
(Un dossier de Kléber Kungu, notre envoyé spécial à Bukavu)
Le Sud-Kivu a aussi ses enfants soldats démobilisés : plus de 2 000 vrais combattants venus de tous les groupes armés. Nous les avons rencontrés au CTO- BVES (Centre de transit et d’orientation pour enfants sortis de forces et groupes armés du Sud-Kivu – Bureau pour le volontariat des enfants et la société). C’est la problématique du recrutement des enfants dans des groupes armés qui date de 18 ans.
En 2001-2002, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) avait reconnu détenir plus de 2 000 enfants comme soldats dans ses rangs. Le phénomène était tel que l’Unicef devait sauver la jeunesse sud-kivutienne de l’emprise de cette problématique en implantant le CTO et le CTO-BVES a ouvert officiellement ses portes à Bukavu le 21 septembre 2002.
Le directeur de CTO-BVES nous a raconté la manière dont le recrutement des enfants était fait. « Après le recrutement, les enfants étaient déplacés plus loin de leurs milieux d’origine et leurs identités étaient changées. » Question de mieux brouiller les traces.
Au début, nous a-t-il raconté la réinsertion était difficile car les groupes armés considéraient les acteurs du CTO-BVES comme des espions.

Conséquence, le séjour des agences humanitaires en RDC n’est pas pour demain. Heureusement d’ailleurs. Cependant, les acteurs humanitaires ne sont éternellement en RDC pour assister les Congolais. Les Congolais doivent donc penser à assurer la relève. D’où la question de la transition. Mais cela n’est pas notre propos aujourd’hui.