mardi 19 mars 2013
Francophonie : "mines antipersonnelles"
Dans le cadre de la lutte contre les « mines antipersonnelles… »
Dans les informations diffusées il y a quelques jours sur la bande défilante d’une télévision congolaise, je lis ceci : « Dans le cadre de la lutte contre les « mines antipersonnelles… ». Si l’information en elle-même était sans problème, les mots qui la composent, eux, posaient problème.
Quel est ce problème ? On dit « mine antipersonnel », « antipersonnel » n’ayant pas le caractère d’un adjectif, « personnel » étant un substantif. Donc, écrire « mines antipersonnelles) est une faute grammaticale.
Alors une mine antipersonnel, c’est quoi ? Selon la Convention d'Ottawa, la mine antipersonnel est « une mine conçue pour exploser du fait de la présence, de la proximité ou du contact d'une personne et destinée à mettre hors de combat, blesser ou tuer une ou plusieurs personnes ».
Evitons donc d’écrire « mine antipersonnelle » de peur de sauter sur cette mine de fautes !
Kléber Kungu
Mary Robinson nommée envoyée spéciale pour la région des Grands Lacs
Onu
Mary Robinson nommée envoyée spéciale pour la région des Grands Lacs
Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a nommé lundi l’Irlandaise Mary Robinson, de comme envoyée spéciale pour la région des Grands Lacs en Afrique.
Comme envoyée spéciale pour la région des Grands Lacs en Afrique, Mary Robinson, 68 ans, va jouer un rôle clef dans l'appui à la mise en œuvre, par ses signataires, de l'Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération en République démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs d'Afrique.
Présidente de l'Irlande de 1990 à 1997 et membre du Sénat irlandais de 1969 à 1989, Mary Robinson apporte avec elle plus de quatre décennies d'expérience dans les domaines politique et diplomatique. Elle traîne une forte expérience internationale en assumant des fonctions de Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, de 1997 à 2002.
Mme Robinson est présidente de la "Mary Robinson Foundation – Climate Justice", un centre de réflexion dédiée à la défense des victimes souvent négligées des changements. En dépit de ses nouvelles fonctions, la nouvelle envoyée spéciale pour la région des Grands Lacs va conserver son poste de présidente de cette fondation.
Née le 21 mai 1944 à Ballina, en Irlande, Mary Robinson fut la première femme président d'Irlande du 3 décembre 1990 au 12 septembre 1997 et la septième personne à occuper la magistrature suprême. Elle est mariée à Nicholas Robinson, mort en 1970. Elle est mère de trois enfants : Tessa Robinson, Aubrey Robinson, William Robinson.
Cette avocate a été formée à la faculté de droit de Harvard (1967–1968), Trinity College (1963–1967), Université Harvard. Elle a obtenu plusieurs distinctions et récompenses : Médaille présidentielle de la liberté, Plus.
Kléber Kungu
lundi 18 mars 2013
Francophonie: « Grand jouer »
« Grand jouer »
« Grand jouer » ! J’aperçois ces deux mots bien écrits en blanc sur le pare-brise d’un taxi-bus 207. Ceux qui parviennent à comprendre les monstruosités de ce genre savent de quoi il retourne. Cependant, pour le commun des mortels, plusieurs questions vont surgir, étant donné qu’il va lire le second mot comme le verbe « jouer ».
Alors qu’il n’en est pas ainsi. Le mot « jouer » n’est rien d’autre que le mot « joueur » ! Quand j’ai lu cette faute, j’ai conclu que le rédacteur de ces mots est un « grand joueur » en matière de…fautes grammaticales.
Kléber Kungu
Les associations des parents d’élèves protestants à l’école des droits de l’enfant
Campagne de vulgarisation des droits de l’enfant et les lois sur la violence sexuelle
Les associations des parents d’élèves protestants à l’école des droits de l’enfant
Ils étaient une quinzaine à être sensibilisés sur les droits de l’enfant et les lois sur la violence sexuelle faite à la femme particulièrement celle faite à la jeune fille. Ce sont des présidents des associations des parents d’élèves protestants (APEP) qui ont suivi cette formation au siège du consistoire de Bandalungwa de la 23ème Communauté évangélique du Congo (CEC) organisée par le BCPAD CEC lundi 18 mars. Une formation animée par Me Nelly Muinga, assistante du secrétaire exécutif communautaire de la Commission Justice, Paix et Sauvegarde de la Création (CIPSC) et coordonnée par Nestor Lunsevila Mayenikini, responsable du BCPAD/pool de Kinshasa.
Le facilitateur, Me Nelly Muinga, a emprunté cette définition comme quoi, l’enfant c’est comme un jouet dont il faut prendre soin. Car ce jouet peut se transformer en un monstre, s’il est mal encadré. Le tristement phénomène dit « Kuluna » illustre bien cela.
Dans les quatre coins du monde, des milliers d’enfants sont victimes de différentes violences. Nelly Muinga a pris pour preuve, de nombreux shégués qui pullulent à Kinshasa. Pour éviter que les enfants deviennent le contraire de ce que la société veut qu’ils soient, il importe de bien les encadrer, de les protéger car ils sont très vulnérables, étant donné qu’ils sont victimes de plusieurs violences ou violations de leurs droits : ils sont accusés de sorcellerie, ils sont victimes des divorces de leurs parents, d’esclavage sexuel…
Principaux droits de l’enfant
L’enfant, comme tout être humain, et étant défini juridiquement comme « toute personne âgée de moins de 18 ans », a plusieurs droits, dont le droit à la vie (l’enfant doit être élevé par ses parents), le droit au nom (les parents doivent faire attention aux noms qu’ils donnent à leurs enfants), le droit à l’enregistrement à l’Etat civil (le délai d’enregistrer un enfant est de 90 jours ; dépassé ce délai, les parents doivent voir un juge de tribunal de paix pour un enfant de moins de 18 ans pour avoir un jugement ; tandis que pour un enfant de plus de 18 ans, ils doivent se présenter au tribunal de grande instance), le droit à la nationalité, le droit de jouir de meilleurs états de santé, le droit à l’éducation, le droit à l’information…
Quant à sa protection, l’enfant doit bénéficier de la protection légale, c’est-à-dire garantie par des lois, tant sur le plan international que sur le plan national. Sur le plan international, la protection de l’enfant est garantie par certaines lois, notamment la Convention relative aux droits de l’enfant, les Règles de Beijing, les Règles des Nations unies pour la protection des mineurs.
Sur le plan national, il y a le Code de la famille, le Code du travail et le Code pénal qui protègent les droits de l’enfant.
Il existe quelques principes fondamentaux des droits de l’enfant, à savoir : la discrimination, l’intérêt supérieur et l’opinion de l’enfant. Il n’est pas bon pour les parents de faire une discrimination sur l’enfant, qu’il faut privilégier son intérêt supérieur dans toutes les décisions à prendre. En outre, l’opinion de l’enfant doit aussi être prise en compte, par exemple, lorsqu’à l’école on élabore le règlement d’ordre intérieur. L’enfant doit être libre d’exprimer son opinion ou ses pensées.
Quelle protection à assurer à l’enfant ?
Il y a deux sortes de protection à assurer à l’enfant : à l’enfant dont le droit a été bafoué, violé (victime), et à celui qui a violé le droit d’autrui (qui a commis l’infraction). Mais comment protéger les enfants victimes de violation de leurs droits ? Il existe deux voies à suivre : initier une action judiciaire ou initier une action à l’amiable.
La deuxième partie de la campagne de vulgarisation à l’intention des parents d’élèves, c’est la violence sexuelle faite aux femmes, particulièrement celle faite à la jeune fille. Pour l’oratrice, les violences sexuelles sont loin d’être un fait nouveau. Cependant, elle a fait remarquer qu’elles ont pris de l’ampleur depuis que les enfants se mettent à se livrer à copier servilement la modernité.
Il existe plusieurs sortes de violences sexuelles, dont l’attentat à la pudeur (moins de 30% des enfants de 1ère en 6ème années secondaires sont vierges), le viol proprement dit (viol simple et viol aggravé), le viol avec violence, l’excitation d’un mineur à la débauche, la prostitution forcée, le harcèlement sexuel, l’esclavage sexuel, le mariage forcé, la mutilation sexuelle, la zoophilie, le trafic et l’exportation des enfants à effet sexuel, la grossesse forcée, la stérilité forcée, la pornographie mettant en scène des enfants, la prostitution d’enfants pour des intérêts.
Autant de sortes de violences sexuelles dont sont victimes les jeunes filles, qui ne sont pas sans conséquences néfastes pour les victimes. Il y en a, par exemples, le traumatisme psychologique, la frigidité, la perte d’épanouissement.
Les participants ont appris qu’une femme mariée peut être violée par son mari ou vice versa si le mari cherche des rapports sexuels avec elle sans son consentement.
Que doit faire une personne violée ? Elle doit commencer par réunir des preuves de cet acte (habits déchirés, draps tachetés…), avant de se rendre à la justice. La police doit aider la victime à se faire examiner auprès d’un médecin. Quant aux arrangements à l’amiable, les auteurs doivent retenir que quel que soit l’arrangement fait, l’Etat n’absout pas la faute commise sur le plan pénal.
Les participants ont eu assez de matières pour qu’à leur tour, ils fassent la restitution à la base pour une sensibilisation optimale des droits de l’enfant et des lois sur la violence sexuelle faite particulièrement à la jeune fille.
Kléber Kungu
Bosco Ntaganda demande d’être transféré à la CPI
Réfugié à l’ambassade américaine à Kigali
Bosco Ntaganda demande d’être transféré à la CPI
* Alors que Kigali accusé de l’héberger dément l’avoir accueilli
Où se trouve Bosco Ntaganda, après la débandade des troupes pro-Runiga et du renégat consécutive à l’offensive lancée par les hommes de Sultani Makenga depuis le 9 mars. A ce jour, des informations en notre possession précisent que Bosco Ntaganda se trouve à l’ambassade américaine à Kigali, capitale du Rwanda. Il ne se trouve pas seulement à Kigali, mais il souhaite être transféré devant la CPI qui le recherche depuis…2006. Une nouvelle aussi surprenante.
Selon le Département d'Etat américain, qui a confirmé lundi soir à Washington l’arrivée de Bosco Ntaganda dans la matinée à la représentation américaine dans la capitale rwandaise et "avait demandé son transfert à la CPI à la Haye".
"Nous venons d'apprendre que le général Bosco Ntaganda s'était présenté à l'ambassade américaine à Kigali tôt ce (lundi) matin", avait auparavant fait savoir la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, dans un communiqué officiel cité par La Libre Belgique. Elle a ajouté que "le gouvernement du Rwanda » était « en train de rechercher de plus amples détails sur cette situation en constante évolution".
Le général rebelle de République démocratique du Congo (RDC), Bosco Ntaganda, recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité, se trouvait lundi à l'ambassade américaine au Rwanda, après avoir fui l'est de la RDC, ont annoncé Kigali et Washington.
Alors que l’on se demandait où se trouvait actuellement Bosco Ntaganda et que certaines sources, dont celles autorisées rwandaises citées par Le Soir, le localiseraient dans les forêts congolaises du parc naturel de Virunga, « accompagné par certains des militaires qui lui étaient restés fidèles» il vient d’être localisé : il s’est réfugié dans l’ambassade américaine à Kigali.
Les autorités rwandaises ont démenti donc les informations selon lesquelles le général Bosco Ntaganda, vaincu par les forces de son rival Sultani Makenga, commandant militaire des forces rebelles du M23 aurait traversé la frontière du Rwanda. Selon elles, Bosco Ntaganda se trouvait « quelque part dans la forêt congolaise, accompagné par certains des militaires qui lui étaient restés fidèles ». Selon cette version, du parc naturel de Virunga où il s’était réfugié, Bosco Ntaganda tenterait de gagner Walikale afin de faire sa jonction avec le groupe armé congolais Sheka.
Mais à ce jour, des précisions viennent d’être obtenues sur la planque où se terre Bosco Ntaganda, considéré à ce jour comme un colis très embarrassant surtout pour tous les pays de la région.
Plus fort que Bosco Ntaganda, son ennemi, le général Sultani Makenga disposait de plus d’hommes et de plus d’armement et que, lors des combats de Kibumba, ses forces avaient réussi à prendre le contrôle des collines contrôlant la localité. Ce qui explique cette débandade qui a poussé Bosco Ntaganda et ses hommes, ainsi que Jean-Marie Runiga et ses hommes, dont plusieurs officiers, à prendre la direction de Kigali.
Après de très violents affrontements entre les deux factions du M23, le général Bosco, qui voulait se battre jusqu’au bout, dut reconnaître sa défaite, manquant d’hommes et de munitions. Après avoir subi de lourdes pertes (plus de 150 tués) plusieurs centaines de ses hommes prirent la direction du Masisi, espérant se fondre ensuite dans la forêt tropicale du côté de Walikale.
Selon la source, Bosco Ntaganda se serait présenté vendredi 15 mars après-midi déjà à la frontière rwandaise où il a été officiellement refoulé. Avant de se replier alors vers le volcan Karisimbi et c’est de là que, précise la source, le samedi 16 mars matin, il a réussi à gagner le Rwanda par un passage peu contrôlé.
Question : comment l’homme le plus recherché en RDC a pu s’infiltrer au Rwanda sans être aperçu par les autorités rwandaises. L’une des deux réponses : soit il aurait été aidé par des circonstances qui ont joué en sa faveur, en passant à l’insu des officiels rwandais absorbés, à Gisenyi, par l’accueil et le dispatching des généraux Ngaruye et Zimurinda (aussitôt hospitalisé) et plus de 150 blessés ; soit Kigali l’aurait aperçu mais il a voulu tout simplement nier les allégations faisant état d’abriter cette personnalité encombrante et embarrassante pour tous les chefs d’Etat de la région : il est visé par un mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale, accusé de nombreux crimes de guerre.
Cet officier qui a guerroyé dans l’Ituri où il commandait les forces de Thomas Lubanga (aujourd’hui détenu à la Haye) va rallier ensuite le général Laurent Nkunda qu’il remplaça, en 2009, à la tête du CNDP (Conseil national pour la défense du peule) après l’arrestation de M. Nkunda. Il deviendra ensuite le chef militaire le plus important du Kivu.
Début 2012, Kigali et Kinshasa vont mener des négociations en coulisses pour retirer à Bosco Ntaganda ses fonctions en vue de le faire comparaître devant la justice congolaise et lui éviter la publicité de la justice internationale. Et lorsque le président Joseph Kabila, en visite à Goma, annoncé son intention de le faire arrêter et de le traduire à tout prix devant la justice, le Nord-Kivu va de nouveau s’enflammer avec cette guerre qui va mettre en exergue Sultani Makenga, Jean-Marie Runiga...
Accusé de crimes de guerre et contre l'humanité
Bosco Ntaganda fait l'objet depuis 2006 de deux mandats d'arrêts de la CPI pour des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre, notamment l'enrôlement d'enfants-soldats et des viols, commis dans les régions de l'Ituri (nord-est de la RDC) et du Kivu (est) au début des années 2000. Son caractère impitoyable l’a fait surnommer "Terminator".
Ni le Rwanda, ni les Etats-Unis ne sont signataires du Statut de Rome, traité fondateur de la CPI. En conséquence, aucun de ces deux pays n'ont obligation de transférer Bosco Ntaganda à la CPI, basée à La Haye (Pays-Bas). Reste que la RDC, signataire de ce traité, prenne ce dossier à bras-le-corps pour arriver à concrétiser son intention d’arrêter et de transférer le général déchu à la CPI.
Aussitôt informée, la Cour s’est mise à avoir le cœur net sur la présence à Kigali de l’oiseau qu’elle a toujours peiné à arrêter voici sept ans.
"La CPI cherche à confirmer auprès des autorités compétentes l'information selon laquelle Bosco Ntaganda se trouverait à l'ambassade américaine à Kigali", avait indiqué lundi soir à La Haye Fadi el-Abdallah, porte-parole de la CPI.
"Si cette information est confirmée, la Cour prendra les dispositions nécessaires en vue du transfert de M. Ntaganda à La Haye", avait ajouté M. El-Abdallah. "Rien n'empêche un Etat qui n'est pas partie au Statut de Rome de coopérer avec la Cour sur une base volontaire", avait-il souligné.
Kigali a récemment été accusé par des experts de l'ONU, malgré ses dénégations, de soutenir le M23. Le Rwanda comme 10 autres pays de la région, a paraphé fin février un accord-cadre régional destiné à ramener la paix dans l'est RDC, dont les signataires s'engagent à ne pas accueillir d'individus recherchés par la justice internationale.
En novembre, la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, avait estimé que Bosco Ntaganda était l'un des "principaux instigateurs de l’instabilité qui prévaut sur l'ensemble de la région des Grands Lacs" et qu'il fallait l'arrêter.
Les choses étant comme telles, tout pousse à croire que la CPI ne laissera pas échapper une telle aubaine qu’elle n’est pas arrivée à saisir depuis.
Si Bosco Ntaganda accepte de se livrer à la CPI qu’il a auparavant évitée, c’est qu’il doit avoir des motifs importants pour prendre une telle décision. Lesquels ? La réponse dans les jours à venir.
Kléber Kungu
dimanche 17 mars 2013
Le tribunal examine la demande de liberté provisoire ce lundi
Procès de 20 Congolais en Afrique du Sud
Le tribunal examine la demande de liberté provisoire ce lundi
Le procès des vingt Congolais arrêtés en Afrique du Sud et accusés de vouloir renverser le régime de Kinshasa se poursuit au tribunal régional de Pretoria. C’est ce lundi 18 mars que cette juridiction traitera la demande de liberté provisoire de ces Congolais. Auparavant, le tribunal a suivi les différents arguments de l’accusation et de la défense à l’audience du vendredi 15 mars dernier.
Les avocats de la défense ont plaidé pour la libération sous caution de leurs clients afin de leur permettre de vaquer à leurs occupations pour subvenir aux besoins de leurs familles.
Les Congolais arrêtés ont, par le biais de leurs avocats, présenté des garanties comme quoi la tribunal ne peut craindre leur fuite. Ils ont exprimé leur volonté de se plier aux conditions de la cour si la liberté provisoire leur est accordée et ils ont promis de remettre leurs passeports aux autorités sud-africaines, à en croire rédiookapi.net.
Toutes ces garanties n’ont pu attendrir l’accusation, qui a vite les affirmations de ces accusés.
Le procureur a présenté son scepticisme sur les affirmations des accusés, en se fondant sur la manière illégale dont sont arrivés la plupart de ces accusés en Afrique du Sud. Par conséquent, il a conclu que le fait pour les accusés de remettre les passeports ne les empêcherait pas de sortir sans difficulté du pays.
Aux propos de l’accusation, la défense va réagir ce lundi. C’est à l’issue et en fonction de cette réaction que le juge pourra décider s’il faut ou non accorder la remise en liberté provisoire sollicitée par les 20 Congolais.
Ces Congolais étaient arrêtés en février par le service secret sud-africain. La justice sud-africaine les accuse d’avoir voulu déstabiliser le régime de Kinshasa. Ils auraient promis aux infiltrés des services de renseignements sud-africains des concessions minières en échange d’une formation militaire.
Ces hommes appartiendraient à l’Union démocratique des nationalistes pour le renouveau (UNR). Le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, les a accusés de détenir, le jour de leur arrestation, 5 000 fusils AK47, 500 roquettes TKM, des missiles sol-air, 50 valises satellitaires, 200 talkies-walkies et 1000 grenades offensives.
Au moment de leur arrestation, ils étaient dix-neuf. Le vingtième, chef du groupe, a été arrêté par la police sud-africaine le 10 février et il porte le nom d’Etienne Kabila. Celui-ci prétend être l’un des fils de Laurent Désiré Kabila, père et prédécesseur de l’actuel président de la RDC, Joseph Kabila.
Kléber Kungu
Runiga arrêté, Ntaganda en fuite
Accélération des événements au Nord-Kivu
Runiga arrêté, Ntaganda en fuite
Les événements se sont accélérés dans la crise au Nord-Kivu, précisément dans le conflit qui oppose les deux factions rivales du M23 : aile Makenga et aile Runiga. L’ancien président politique du M23, Jean-Marie Runiga, a été arrêté au Rwanda. Bosco Ntaganda serait toujours en fuite dans le parc des Virunga avec une trentaine d'hommes. Ce qui nous ramène pratiquement au même scénario d’il y a 4 ans lorsque, au plus fort de la guerre que la coalition armée congolo-rwandaise avait menée contre les FDLR, Laurent Nkunda avait été arrêté, alors que Bosco Ntaganda, devenu allié de Kinshasa, se promenait bonnement.
Dans la crise intestine qui fait rage entre les courants de la rébellion M23, les partisans de Sultani Makenga ont pris l'ascendant sur le général Bosco Ntaganda. Les pro-Makenga contrôlent désormais la localité de Kibumba (à 30 km de Goma), obligeant les proches de Ntaganda à fuir vers le Rwanda voisin.
Selon Afrikarabia, l'ancien responsable politique du M23 destitué par Sultani Makenga, Jean-Marie Runiga, a été arrêté au Rwanda. Baudouin Ngaruye, un proche de Ntaganda et de Runiga a été "désarmé" à la frontière rwandaise. Il aurait affirmé n'avoir "aucun lien avec Ntaganda", recherché par la Cour pénal internationale (CPI). Le lieutenant-colonel Muhire a également été arrêté à Gisenyi, au Rwanda. Concernant, Bosco Ntaganda, peu d'informations fiables sont actuellement disponibles. L'attaque de Kibumba par les troupes de Makenga, l'a obligé à fuir dans le parc des Virunga, avec 200 de ses hommes. L'aile Makenga affirme que Ntaganda ne disposerait plus "que d'une trentaine de militaires". Le colonel Innocent Zimurinda serait toujours aux côtés de Bosco Ntaganda dans sa fuite, alors que d'autres sources le donnent pour mort dans les combats.
A l’issue de cette offensive, la Direction du M23 a, dans un communiqué publié le 16 mars, vite annoncé « à l’opinion tant nationale qu’internationale la fin des opérations militaires engagées par l’Armée révolutionnaire congolaise (ARC) depuis le 9 mars 2013 pour traquer le groupe d’indisciplinés à la solde du Général Bosco Ntaganda. »
Le nouveau président du M23, Bertrand Bisimwa, dont l’armée se targue d’avoir « réussi non seulement à mettre hors d’état de nuire l’ensemble du groupe d’indisciplinés mais aussi à établir son contrôle sur toute l’étendue du l’espace investi par les malfrats », se félicite de « la stratégie mise sur pied par notre Armée a permis le retour dans nos rangs d’une vingtaine d’officiers et des plusieurs centaines de nos soldats. » Tout en regrettant le choix pris par « certains officiers, soldats et cadres politiques dont l’ex-Président du Mouvement Bishop Jean-Marie Runiga Lugerero de s’exiler au Rwanda voisin ou de se réfugier au sein des installations de la Mission d’observation des Nations unies pour la stabilisation du Congo (Monusco), en dépit des dispositions prises par notre organisation pour accueillir tous les fils égarés trompés ou pris en otage par le général Bosco Ntaganda. »
Près de 600 rebelles congolais trouvent refuge au Rwanda
La reprise le 9 mars des combats entre les deux factions du M23 a fait environ 12 000 déplacés qui ont notamment trouvé refuge dans des zones sous contrôle de l'armée ou de la Monusco.
Près de 600 rebelles congolais fuyant des combats dans l'Est de la République démocratique du Congo ont trouvé refuge au Rwanda voisin depuis vendredi 15 mars courant, parmi lesquels le chef de l'une des factions du groupe rebelle du M23, a annoncé samedi le gouvernement rwandais dans un communiqué cité par La Libre Belgique.
"Une nouvelle vague de réfugiés congolais", dont "environ 600 combattants" fuyant les combats entre rebelles du M23, a traversé la frontière dans la nuit de vendredi à samedi et est arrivée dans le "nord-ouest du Rwanda", indique ce communiqué.
Le texte explique que ces "soldats et officiers" ont été "désarmés et placés en détention". Plusieurs blessés ont reçu une assistance médicale de la Croix-Rouge. Bishop Jean-Marie Runiga, le chef de l'une des deux factions du groupe rebelle du M23, figure parmi ces fuyards, précise le texte, alors que selon l’aile Makenga il serait arrêté.
L’évolution aussi surprenante que spectaculaire des événements au Nord-Kivu donne quand matière à réflexion assorties de plusieurs questions. Pourquoi à la fin de chaque partie du scénario – celui-ci étant le deuxième – qui implique des rebelles venus déstabiliser cette partie de la RDC, c’est au voisin rwandais que revient l’étonnant rôle, mieux la difficile tâche d’arrêter l’un des pions de la mise en scène ou de la pièce du puzzle dont nous lui reconnaissons la perspicacité, la finesse, les dribbles dans le jeu ? Pourquoi, comme en 2009 avec le tandem Nkunda-Ntaganda, vers la fin de la mise en scène savamment échafaudée mais longtemps découverte par l’esprit éveillé des Congolais, les frères intimement liés dans la défense de la même cause, arrivent à se haïr au point de s’entretuer ?
En février 2009, c’est au Rwanda que Laurent Nkunda, alors leader du CNDP et pièce maîtresse dans le conflit sanglant au Nord-Kivu, avait été arrêté comme un apprenti sorcier, alors que Bosco Ntaganda devenait d’un coup allié de Kinshasa, bénéficiant ainsi des faveurs du gouvernement congolais.
Véritables tireurs de ficelle dans l’ombre
En mars 2013, les véritables tireurs de ficelle dans l’ombre de la crise du Nord-Kivu reviennent à la charge en mettant au point le même scénario, avec quelques différences près ; le contexte poussant à agir ainsi. Après avoir téléguidé l’émiettement de ce mouvement rebelle qu’ils ont aidé à mettre en place, ils ont poussé les deux factions rebelles à s’affronter, question d’atteindre l’objectif : faire disparaître le pion Runiga en simulant son arrestation, comme en 2009, Nkunda.
Et pour rester dans cette logique, la même qu’en 2009, je parie que les véritables maîtres du M23 s’arrangeront pour qu’on entende plus parler de Jean-Marie Runiga Lugerero. Il va certainement rejoindre son prédécesseur Laurent Nkundabatware dans ce rôle « ingrat » que les commanditaires leur font jouer. Ensemble, Runiga et Nkunda, Bibles en main et kalachnikov en bandoulière, vont, aidés par leur mentor, bien réfléchir pour relancer un autre scénario. Et à toutes les demandes que Kinshasa va adresser à Kigali pour extrader toutes ces personnalités qu’il vient d’arrêter, les autorités rwandaises vont réserver une fin de non recevoir. Question de faire passer le temps, beaucoup de temps : c’est la politique de l’usure du temps qui aide les esprits évasifs à vite oublier. Mais les Congolais sont loin de vite oublier. Eux dans le territoire desquels se jouent régulièrement, à des époques bien pensées, des scénarii dramatiques savamment montés quelques kilomètres seulement de leur territoire pour le dépeupler, le dépouiller de ce qu’il renferme de plus précieux.
Nkunda dans les oubliettes, Runiga sur le point de le suivre, qui sera le prochain cheval de Troie ? Bosco Ntaganda, hier allié de Kinshasa, est l’homme à arrêter à tout prix, quel sera demain le sort de Sultani Makenga qui s’évertue à paraître dans des habits innocents ?
Kléber Kungu
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