mardi 4 mars 2014

FRANCOPHONIE : « Tout c’est paille ici bas »



« Tout c’est paille ici bas »

            « Tout c’est paille ici bas ». Cette phrase, je l’ai découverte sur le pare-brise d’un taxi-bus Mercedes 207 – oh ! toujours et encore ces repaires de monstruosités linguistiques. J’avoue que j’ai eu de la peine, beaucoup de peine, pour comprendre ce que cette phrase voulait dire.
            Il fallait donc faire d’une pierre deux coups : lire vite, très vite alors que le taxi-bus était en train de rouler, notre taxi aussi, et en même temps essayer de comprendre ce que signifiait cette phrase.
            Allons droit au but : que signifie « c’est paille » ? Si vous pensez qu’il s’agit de la paille, je vous demande de vous détromper. Car ce que voulait écrire le rédacteur est loin d’être cette petite feuille si ténue qu’elle a donné naissance à plusieurs expressions, dont celle-ci : « feu de paille » signifiant événement de caractère éphémère mais qui a suscité beaucoup d'activité ou d'émotion.
            Le « paille » n’est rien d’autre que le verbe « paie » (payer conjugué à la 3ème personne du singulier). L’orthographe heureuse de cette phrase massacrée devrait être : « Tout se paie ici bas ».
            Vous remarquez maintenant qu’entre la version du rédacteur et la bonne, c’est le jour et la nuit !
Kléber Kungu

jeudi 27 février 2014

Omar el-Bechir, toujours insaisissable. Pourquoi ?



Omar el-Bechir, toujours insaisissable. Pourquoi ?

            Depuis cinq ans, le président soudanais Omar el-Béchir reste insaisissable. Poursuivi pour sa responsabilité "en tant que coauteur ou auteur indirect" des crimes graves commis notamment au Darfour, dans l'ouest du Soudan, la Cour pénale internationale (CPI) a déjà émis deux mandats d'arrêts internationaux – en 2009 et en 2010 - contre celui qui continue à défier la communauté internationale. Ce qui ne l’empêche pas de circuler à travers le monde, principalement dans les pays africains, signataires ou non du Statut de Rome, fondateur de la CPI. Le président soudanais vient à nouveau de l’échapper belle lors du 17ème sommet des chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres du Marché commun de l'Afrique orientale et australe (Comesa) tenu à Kinshasa, du 26 au 27 février, où près de quatre-vingt-dix ONG avaient demandé quelques heures plus tôt au gouvernement congolais de livrer à la CPI Omar el-Béchir. Qui vient de rentrer dans son pays sans inquiétude.
            En dépit de toute la campagne menée par les ONG congolaises de droits de l’homme, appelant à l’arrestation du président soudanais et le rappel de la procureure Fatou Bensouda  lancé le 25 février, en demandant à la chambre de la Cour de rappeler à la RDC son "obligation permanente" de coopérer en vue de l'arrestation des personnes poursuivies par l'institution pénale internationale, Omar el-Béchir a pu passer sans inquiétude tout son séjour congolais, avant de rentrer dans son pays avec la même quiétude.

            En demandant à la RDC d’arrêter cet « oiseau « toujours  insaisissable, la CPI a cru que la demande était si simple et que les autorités congolaises allaient, par conséquent, exécuter immédiatement la demande de la CPI. D’autant plus que souvent classée parmi les "bons élèves" de la CPI, la RDC n’avait pas hésité d’arrêter en novembre 2013 Fidèle Babala, cadre du MLC pour l’extrader à la CPI. Un piège que Kinshasa a pu éviter.

            En se rendant en RDC, Omar el-Béchir n’était pas dupe. Il savait qu’il courait un danger de s’y rendre. Mais qu’au nom de la solidarité africaine, Kinshasa n’allait pas le livrer à la CPI. Celle-ci a certainement oublié que la RDC était tenue à respecter la position de l'Union africaine (UA) sur les mandats d'arrêt émis contre les chefs d'États en exercice. Son porte-parole, Lambert Mende, l’a souligné en admettant que c’était « une situation bien délicate » en demandant  aux ONG qui réclamaient l'arrestation d'Omar el-Béchir de "comprendre que la RDC a non seulement des obligations auprès de la CPI, mais également auprès du Comesa qui a invité le président soudanais dans la capitale congolaise".

Pas un refus « de coopérer avec la CPI",
            Tout en précisant plus loin que le geste du gouvernement congolais ne doit pas être considéré comme un refus « de coopérer avec la CPI", mais que la RDC s'aligne seulement derrière "une position claire de l'Union africaine par rapport aux mandats d'arrêts émis contre les chefs d'État en exercice".
            Ce n’est pas non plus la demande que les ONG ont adressée à la Monusco qui sera entendue.  Omar el-Béchir a eu la chance de bénéficier de la « largesse » des Casques bleus de la Monusco qui ont des dossiers plus préoccupants que l’arrestation du président soudanais.
            Pourquoi chercher à ouvrir un autre front d’insécurité dans son territoire qui en compte déjà plusieurs, en arrêtant un homme sur lequel la CPI ne parvient pas à mettre la main depuis plus de 5 ans ? En arrêtant Omar el-Béchir dans son territoire, la RDC aurait commis une grosse erreur pleine de conséquences sur le plan de relations bilatérales qu’elle n’allait pas arrêter de regretter.
            Ne pas arrêter Omar el-Béchir, c’est-à-dire accéder à la demande de la CPI, est moins dangereux pour les autorités congolaises qu’y accéder.
            Par conséquent, en laissant échapper cet oiseau traqué depuis cinq ans par la justice internationale sans pouvoir l’attraper, reste un geste empreint de moins de conséquences.
            A ce jour, Omar el-Béchir doit encore sa liberté aux autorités congolaises qu’il se doit de remercier, en attendant de tomber un jour dans les filets de la CPI. En fonction ou non.
Kléber Kungu

FRANCOPHONIE / « …Je vous appel vons appariel se faire mais… »



« …Je vous appel vons appariel se faire mais… »

            « Je données 20$+9 000 FC ches votre amie de travail. Je vous appel vons appariel se faire mais… ». C’est l’essentiel du message qu’une étudiante m’a écrit sur un bout de papier de cahier après m’avoir manqué. à mon lieu de service.
            S’il arrivait de demander à la rédactrice de lire cette phrase truffée de fautes monstrueuses, voici ce qu’elle dirait pour les deux premiers mots : « J’ai donné ». Elle serait dans le bon !
            Au « chez » qu’elle a confondu avec « ches » on devoit préférer « à ». En dehors de tout cela, c’est la dernière partie de cette phrase qui est un véritable repaire de monstruosités. Si la fille a écrit « appel » pour « appelle », c’est que dans sa tête il n’y a que les « appels » que nous avons l’habitude de voir dans des cabines téléphoniques qui pullulent dans nos quartiers.
            « Vons appariel se faire mais » !  Après avoir usé d’armes de petit calibre dans la partie précédente, l’ « assassin » du français a fini par opté pour les armes lourdes pour en finir une fois pour toutes avec cette langue. Par quel miracle « Vos appareils, c’est fermé » doit devenir « Vons appariel se faire mais » ? Par le miracle exclusif du massacre à grande échelle de la langue française !
Kléber Kungu

FRANCOPHONIE : « La vagence de Tshangu »

« La vagence de Tshangu »

            Savez-vous la vengeance du district de la Tshangu ? Réjouissez-vous que je viens de la découvrir pour vous. Elle sera tout, sauf ce que vous pouvez imaginer. La « vagence » de Tshangu sera plutôt linguistique. Par conséquent, elle sera longue et populaire.
            Un Combi, aperçu sur le boulevard Lumumba, vers le quartier1 de la commune de Ndjili, trimbalait, comme un fardeau, ces écrits blancs sur sa vitre arrière.
            « La vagence de Tshangu », il a dit, ce rédacteur anonyme ? Oui, les habitants du district ont levé l’option de prendre leur « vagence » (sur quoi ?). Tiennent-ils à prendre leur « vagence » en massacrant le français ? Si c’est le cas, ils nous trouveront sur leur chemin. Car nous aussi nous allons prendre notre vraie vengeance sur cette fausse « vagence ».

Kléber Kungu


mercredi 26 février 2014

La Libérienne Leymah Gbowee appelle à cesser la «guerre contre le corps des femmes»

Violences faites à la femme congolaise

La Libérienne Leymah Gbowee appelle à cesser la «guerre contre le corps des femmes»

            La situation de la femme congolaise, précisément celle de la partie orientale, ne cesse de préoccuper la communauté internationale. De plus en plus, des voix, féminines notamment, s’élèvent pour condamner les violences faites à la femme congolaise. Les dernières en date sont celles de Nobel Women's Initiative, une ONG de femmes prix Nobel de la paix. La Libérienne Leymah Gbowee, prix Nobel de la paix, a ainsi appelé mardi 26 février, la RDC et la communauté internationale à faire des Congolaises des acteurs clés pour cesser la «guerre contre le corps des femmes».
            Selon un communiqué de cette ONG cité par l’Agence France presse (AFP), la RDC et la communauté internationale doivent «mettre les femmes au centre des efforts déployés pour la paix et pour mettre un terme à une violence sexuelle endémique».
            Les survivantes du viol «sont des pacificatrices, et elles ont besoin de soutien pour instaurer une paix durable dans ce pays. Elles nous ont dit: "Trop, c'est trop". La guerre menée contre le corps des femmes doit cesser», souligne la co-lauréate du prix Nobel 2011.
            Lorsqu’en 2010, l'ex-envoyée spéciale de l'Onu pour les violences faites aux femmes et aux enfants, Margot Wallström, avait qualifié la RDC de «capitale mondiale du viol», la remarque avait provoqué la colère de Kinshasa.
            Aujourd’hui, Leymah Gbowee a relativisé les choses. Ce qui ne change rien dans la situation de la femme congolaise victime de violence sexuelle. «Je vois surtout que c'est la capitale des femmes fortes et de la solidarité entre femmes. Nous sommes ici pour soutenir les femmes courageuses qui ont survécu au viol ou à d'autres formes de violence sexuelle», a réagi Leymah Gbowee.

Rencontre avec 350 femmes
            C’est depuis Bukavu que le prix Nobel de la paix s'exprimait au terme d’un périple qui l'a conduite à Kigali (Rwanda) et à Bunia dans la Province Orientale, pour une mission était organisée par la Campagne internationale pour mettre fin aux viols et à la violence fondée sur le genre en situation de conflit.
            Au Congo Kinshasa, la délégation de Nobel Women's Initiative a rencontré 350 femmes revendiquant notamment «la mise en œuvre complète du Plan d'action national sur la violence sexuelle et fondée sur le genre» et «des réparations» financières pour les rescapés des violences, indique le communiqué.
            La partie orientale de la RDC vit, depuis plusieurs années, une instabilité chronique en raison de l’activisme accru de nombreux groupes armés locaux et étrangers. Les violences sexuelles demeurent en tête de liste des exactions commises très souvent par les miliciens de ces groupes armés.
            C’est au mois de novembre dernier que s’est ouvert le procès de 39 militaires auteurs présumés de viol à Minova, au Sud-Kivu. En plus de ces accusations, ces militaires étaient accusés aussi de graves violations des droits de l’homme dont des pillages et des viols massifs commis en novembre 2012 dans l’est du pays.
            En novembre 2012, ont eu lieu des viols massifs des femmes sous la menace des armes. Les viols ont fait un tel écho que les autorités congolaises n’ont pas hésité à interpeller ces militaires accusés de viols.
            C’est en 2011 que Leymah Gbowee a été récompensée en 2011, avec la présidente libérienne Ellen Johnson-Sirleaf et la Yéménite Tawakkul Karman. Elle fut surnommée la «guerrière de la paix».
Kléber Kungu

mardi 25 février 2014

Kinshasa sous un Imposant dispositif sécuritaire



Arrivée des chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres du Comesa

Kinshasa sous un Imposant dispositif sécuritaire

            Alors qu’arrivaient à Kinshasa les chefs d’Etat et de gouvernement des 19 pays membres du Marché commun de l’Afrique australe et orientale (Comesa), pour le 17ème sommet, la capitale congolaise a déployé l’avant-midi du mardi 25 février un important dispositif sécuritaire avec une forte présence des policiers et des militaires de la garde républicaine pour assurer la sécurité de ses hôtes de marque. Les travaux du 17ème sommet du Comesa, prévus pour deux jours, débutent ce mercredi 26 février à la cité de l’Union africaine dans la commune de Ngaliema.
            C’est ce mercredi que commence le 17ème sommet du Comesa qui prendra deux jours jusqu’au 27 février. Pour assurer la sécurité des chefs d’Etat et de gouvernement des 19 pays membres du Marché commun de l’Afrique australe et orientale, Kinshasa a déployé un imposant déploiement d’éléments de la police nationale congolaise et de la garde républicaine sur certaines sur certaines artères principales de la capitale, entre l’aéroport international de N’djili et la cité de l’Union africaine.
            Sur les boulevards Lumumba et Triomphal, par exemple, les polices sont déployés de part et d’autre de la route pour assurer la sécurité des chefs d’Etat. Tous les véhicules qui empruntent ces voies ne sont pas autorisés de stationner, même pour transporter les passagers, surtout lorsqu’ils roulent entre l’aéroport international de N’djili et le centre-ville.
            Plusieurs chefs d’Etat ont déjà foulé le sol congolais, parmi lesquels les présidents ougandais Yoweri Musevenu Kaguta, zambien Michael Sata, djiboutien Ismail Omar Guelleh, zimbabwéen Robert Mugabe,  soudanais Omar el-Béchir…. Le Kenya est représenté par son vice-président, William Ruto.
            Les ordres du commandant de la police, cité par radiookapi.net, aux éléments déployés sur ces artères restent sans appel : «La circulation doit demeurer fluide», a déclaré un commandant de la police.
            Ce même dispositif est aussi observé à partir de l’avenue de Libération, ex-24 novembre, jusqu’à Kitambo Magasin en passant par le boulevard du 30 juin et l’avenue colonel Munjiba. Les cliniques mobiles sont aussi déployées à différents endroits de la ville.

Forte présence de la Garde républicaine
            On note également une forte présence des militaires de la Garde républicaine à partir de Kitambo Magasin. Aucun véhicule n’est autorisé d’emprunter les avenues du Tourisme et de la Montagne allant de l’IBTP au camp Tshiatshi. Ces deux sites sont situés de part et d’autre de la cité de l’Union africaine.
            Des chars de combats sont positionnés aux entrées de chacune de ces avenues. Ce qui a entraîné de grands embouteillages dans la partie ouest de la ville, au point d’amener des centaines des Kinois à marcher jusqu’au niveau de Kintambo Magasin.
            Le Marché commun de l’Afrique orientale et australe est une organisation internationale à vocation régionale de l’Est africain dont l’objectif est de créer une union douanière entre ses vingt pays membres.
            Les participants au 17è sommet du Comesa qui se tient à Kinshasa, capitale de la RDC, vont réfléchir notamment sur la consolidation du commerce à travers le développement de petites et moyennes entreprises (PME).
            Fondé en décembre 1994  pour renforcer un accord de libre-échange en place depuis 1981Ce marché commun regroupait en 2006 une population totale de 340 millions d’habitants et a un produit intérieur brut total de 170 milliards de dollars américains.
            Le volume des transactions commerciales entre les pays membres et le reste du monde atteint annuellement 52 à 60 milliards de dollars américains entre 1997 et 2002.
Kléber Kungu

FRANCOPHONIE : « Le bonneur pas - toujours chez le voisins »



« Le bonneur pas - toujours chez le voisins »

            Ils sont à peine visibles, car déteints par l’usure du temps, et sur la vitre de derrière d’un Combi, ces écrits dont la leçon est incompréhensible. « Le bonneur pas - toujours chez le voisins », ce bout de phrase  comporte plusieurs fautes.
            Si le rédacteur de cette leçon a cru que son « bonheur » – qu’il prend pour « bonneur » car croyant naïvement que ce mot vient du mot « bon », n’est pas toujours chez le voisin en plaçant un trait d’union de trop entre « pas » et « toujours » et en mettant inopportunément un « s » à « voisin » qui n’est pourtant qu’un seul, il doit revoir sa vision des choses. En effet, le « bonheur » peut aussi être chez le voisin, pendant que le « maleur », pardon « malheur » est de son côté !
Kléber Kungu