mercredi 5 juin 2013

Une quinzaine de journalistes formés sur les réseaux sociaux

Du 3 au 4 juin au Centre culturel américain Une quinzaine de journalistes formés sur les réseaux sociaux Une quinzaine de journalistes des médias congolais viennent de bénéficier d’une formation en réseaux sociaux pendant 2 jours (les 3et 4 juin) au Centre culturel américain, dispensée par Renée Kaplan, une ancienne journaliste de Farnce 24. Ils ont découvert le fonctionnement et/ou approfondi leurs connaissances sur Facebook, Twitter et LinkedIn, parmi les réseaux les plus pertinents aussi bien en privé que professionnellement. Une remise à niveau des connaissances pour certains journalistes, mais une découverte du monde de ce qui a pris le dessus dans le monde professionnel pour d’autres que sont les réseaux sociaux, surtout pour les hommes et les femmes des médias. Le monde technologique évolue à un tel rythme ou vitesse que ne pas adapter son comportement ou ses activités sur cette évolution équivaut à se disqualifier soi-même dans un monde devenu très compétitif. Les réseaux sociaux, qui sont à la base de bien des révolutions qui ont marqué le monde politique ces derniers temps, particulièrement en Afrique du Nord (Tunisie, Egypte, Libye), peuvent être définis comme des outils virtuels de communication qui permettent à leurs utilisateurs de savoir ce qui se passe dans le monde, dans les pays voisins. L’importance professionnelle des réseaux sociaux est telle qu’aujourd’hui le monopole d’informer n’est plus exclusive aux seuls journalistes, comme cela était auparavant. Grâce aux réseaux sociaux, tout le monde - du moins ceux qui en sont capables et qui en ont le moyen, de plus en plus nombreux - peut apporter à autrui de l’information. La formation était subdivisée en deux volets : le volet théorique et celui pratique. Aussi, durant la formation, les professionnels des médias ont appris entre autres la différence entre Twitter et les autres réseaux sociaux, comment envoyer des informations à des amis, le pourquoi de se connecter sur Twitter, quelle cible viser, les éléments à placer dans son compte Twitter, en ouvrant un compte Twitter, quels objectifs peut-on poursuivre, à qui s’abonner, comment utiliser Twitter une fois le compte ouvert, les règles de bonne conduite sur Twitter. En bref, tout cela constitue l’ensemble des règles à suivre pour utiliser au mieux Twitter. Faire attention à ce qu’on écrit ! Comme tout réseau social, Twitter a ses risques, comme quoi tout utilisateur de ce réseau social doit apprendre que la frontière à faire entre le hors-ligne et le en ligne devient de plus en plus ténue. Aussi tout utilisateur de Twitter doit beaucoup réfléchir avant d’écrire. Ainsi, il est prudent de faire attenttion à ce qu’on tweet puisque les tweets restent ! Du vocabulaire nouveau a enrichi le bagage des journalistes : tweet, retweet, abonnement, abonné, messages (DM), mention (@), hastag (#), fil (stream). Quelle est ma communauté ? Telle est l’une des questions capitales que l’on se pose avant d’ouvrir son compte Twitter. En effet, la communauté ici représente toutes les personnes qui suivent et avec lesquelles vous partagez les mêmes intérêts. C’est sur un ordinateur que chaque journaliste s’est exercé en guise de pratique sur la théorie apprise la veille. La même démarche était suivie avec Facebook, le réseau social le plus en vogue et le plus familier chez les professionnels des médias. Cependant, quelques notions sur sa connaissance ont été ajoutées pour approfondir les pré requis. Notamment, quelques astuces pour rendre ses publications plus accrocheuses, plus intéressantes, appuyés par des éléments visuels (photos ou images, vidéos). Linkedin était par contre peu familier aux journalistes. S’il y en avait qui avait ouvert des comptes, d’autres n’en avaient aucun. Et ceux qui avaient un compte ne savaient qu’en faire. Linkedin est différent de facebook qu’il est purement à usage professionnel. Un accent particulier a été mis sur les rubriques d’identité du propriétaire du cmpte Linkedin comme son parcours qui doit reprendre le sommaire de son CV, son expérience professionnelle, ses projets, ses publications (livres, par exemple), les langues parlées, des personnes qui lui donnent une sorte de validation, les études faites, les recommandations faites en faveur de quelques personnes. Bref, toutes ces données doit présenter un CV amélioré. Plus que Facebook, Linkedin est une vitrine pour son profil professionnel. La création du compte de ce réseau social est si simple que la plupart des journalistes en ont ouvert un. Un seul conseil : pour recevoir, il faut d’abord donner ! Un principe qui invite tout simplement tout utilisateur des réseaux sociaux à être actif pour maximiser ses chances d’être C’est tout joyeux d’avoir appris comment devenir plus professionnel avec les réseaux sociaux que les participants ont reçu leurs certificats de participation. « Que Dieu bénisse l’ambassade américaine en RDC pour avoir songé à nous former sur les réseaux sociaux », souffle une journaliste au sortir du Centre culturel américain. Kléber Kungu

mardi 4 juin 2013

Francophonie: « Je vous souhaite mes condoléances les plus attristées »

« Je vous souhaite mes condoléances les plus attristées » Sans y faire beaucoup d’attention la pratique est en train de s’enraciner. Celle consistant pour certaines personnes de souhaiter le malheur à leurs amis et connaissances éprouvés. En effet, que ne cesse-t-on d’entendre de ces personnes non malintentionnées mais étourdies par les caprices du français. Lorsqu’elles apprennent le malheur qui frappe une personne et qu’elles souhaitent lui présenter, par téléphone ou de vive voix, leurs condoléances, on les entend lâcher ceci : « Je vous souhaite mes condoléances les plus attristées », à la place de « je vous présente mes condoléances les plus attristées ». « Souhaiter des condoléances » à une personne déjà éprouvée ne veut tout simplement dire la tuer moralement deux fois ! Kléber Kungu

Francophonie : « Le Rwanda appui le M23 avec 300 hommes »

« Le Rwanda appui le M23 avec 300 hommes » « Le Rwanda appui le M23 avec 300 hommes », ainsi titrait, il y a quelques semaines, à la une, un de nombreux journaux kinois. Cet « appui » que je n’appuie de quelque manière que ce soit est celui qui a l’habitude de s’appuyer avec un article, par exemple, pour être plus fort ! Cette forme est si chancelante qu’il ne mérite pas cette place. A moins de s’enrichir de ce petit « e » qui lui fait grammaticalement défaut car les verbes en – yer comme appuyer changent l’y en i devant un e muet. Kléber Kungu

Francophonie : "Que ressentiriez-vous si vos parents vous abandonnent..."

« Que ressentiriez-vous si vos parents vous abandonnent à cause des raisons économiques » Une belle phrase qui serait grammaticalement bien construite si son auteur de Raga TV n’avait pas commis la faute d’oublier la concordance de temps. Aussi devrait-il écrire cette phrase dans l’une de deux manières : soit « que ressentiriez-vous si vos parents vous abandonnaient… », soit « que ressentirez-vous si vos parents vous abandonnent… ». Dans le premier cas, si le verbe « ressentir » est conjugué au conditionnel présent, le second « abandonner » doit l’être à l’imparfait. Dans le second cas, si le premier verbe est au futur simple, le second doit être à l’indicatif présent. Ainsi veut la concordance du temps ! Kléber Kungu

Les déplacés de Mulamba: « Nous voulons vivre comme les autres peuples du monde »

Les déplacés de Mulamba à Kyung–wha Kang : « Nous voulons vivre comme les autres peuples du monde » (Kléber Kungu, de retour du Nord-Kivu et Sud-Kivu) « Nous voulons vivre comme les autres peuples du monde ». Cet appel résume les aspirations des milliers des déplacés internes et des familles d’accueil en détresse de Mulamba, un village du Sud-Kivu, situé à environ 30 km de Walungu, chef-lieu du territoire du même nom territoire, au Sud-Kivu, victimes d’incessants affrontements des miliciens Raia Mutomboki et des FARDC, qu’ils ont exprimées à la sous-secrétaire générale des Nations unies chargée des affaires humanitaires et coordinatrice adjointe des secours d’urgence, Kyung-wha Kang en viste dans cette région, alors qu’elle bouclait le jeudi 30 mai une visite de quatre jours en République démocratique du Congo (RDC) à Mulamba,. Les déplacés internes de Mulamba et les familles d’accueil des villages Nzibira, Luhago, Lutukulu, Nzulwe, Mbula Mbula, Maziba, Mahege, Shishadu, Nyamarege ont remis un mémo lu par le coordinateur du Comité humanitaire de base (CHB), Tshikala Ladislas et contenant plusieurs doléances, dans lequel elles lui ont dit qu’ils voulaient « la paix au-delà de toutes choses » et la chargaient de dire « aux grands de ce monde qu’ils veulent vivre comme d’autres peuples du monde. » Face à la situation d’insécurité qu’ils vivent depuis des années et de toutes les exactions sont ils sont victimes : des centaines de villages incendiés, des populations exterminées, des femmes violées et massacrées, assassinés en présence de leurs enfants, des enfants enrôlés de force, une jeunesse désœuvrée et déscolarisée…, ils ne savent plus à quel saint se vouer pour que leurs misères cessent. « Dites aux grands de ce monde que nous voulons vivre comme d’autres peuples du monde, nous voulons voir nos enfants aller à l’école, cultiver nos champs, avoir accès aux services sociaux de base comme d’autres peuples du monde. C’est vrai que la paix est une priorité, mais la précarité dans la quelle vivent ces populations avec des maisons incendiées, nous voulons que ce plaidoyer soit fait en notre faveur… », précise le mémo. « Que les violences sexuelles cessent » Ces populations ainsi abandonnées appellent à des projets générateurs des revenus, à la réhabilitation des routes de desserte agricole, des écoles, d’alléger les souffrances des femmes qui doivent parcourir plus de 50 km à pied pour se rendre à la maternité. Elles demandent que les droits de leurs enfants soient respectés, que les violences sexuelles cessent, que chaque ménage accède à l’eau potable. Considérant Mme Kang comme l’une des personnes devant contribuer à leur apporter cette paix à laquelle ils ne cessent d’aspirer depuis des décennies, mais qui semble de plus en plus lointaine, les déplacés et familles d’accueil de Mulamba ont souhaité que son voyage soit porte-bonheur à toutes ces populations congolaises en détresse continuelle. « Que votre voyage puisse apporter soulagement à des milliers de nécessiteux qui souffrent à travers la République démocratique du Congo », plaide le document renforcé par les déclarations de 3 femmes déplacées internes et d’un homme représentant les familles d’accueil. Une des banderoles qui surplombaient ce camp en ces termes soulignait les aspirations des déplacés internes de Mulamba en ces termes : « Plaider à notre faveur pour que cesse la guerre, les violences faites à nos filles, femmes, les assassinats et la traumatisation de nos enfants ». Quant au gouvernement congolais, elles demandent son implication pour que la paix dont elles ont grandement besoin soit rétablie. « Viol est quelque chose de terrible même en période de paix » Emue par les doléances de cette population en détresse, Mme Kang leur a rassuré que les ONG humanitaires et les Nations unies allaient continuer à leur apporter l’assistance, tout en remerciant les familles d’accueil pour leur générosité envers les déplacés internes en acceptant de partager le peu dont elles ont avec eux. « Le viol est quelque chose de terrible, même en période de paix » a reconnu Kyung–wha Kang, rappelant que les auteurs de ces crimes odieux, qu’ils soient des groupes armés ou des FARDC sont tenus responsables et, par conséquent, doivent être poursuivis par la justice. « Le gouvernement congolais a une très grande responsabilité pour que ses forces de sécurité protègent les populations au lieu de les piller ou violer. Elle a reconnu qu’il y a beaucoup de travail à faire avec le soutien de la Monusco, des acteurs humanitaires pour pousser le gouvernement congolais à faire de son armée une armée professionnelle. « Ne perdez pas espoir » En compassion avec les victimes de ces actes ignobles, Mme Kang a déclaré que les victimes de viols soient soutenues par leurs maris, leurs familles et leur communauté. Comme pour dire leur discrimination ou leur stigmatisation est de nature d’aggraver leur situation déjà malheureuse. Et pour clore son message abondamment applaudi, Kyung-wha Kang a invité ses interlocuteurs à ne pas perdre espoir et patience. «S’il vous plaît, ne perdez pas espoir, patientez, car nous sommes là pour vous appuyer, vous aider à avoir la paix », a encouragé la sous-secrétaire générale des Nations unies chargée des affaires humanitaires et coordinatrice adjointe des secours d’urgence, sous des applaudissements des déplacés et familles d’accueil. La visite au site de distribution de la ration a permis à la coordinatrice adjointe des secours d’urgence de se rendre compte de la situation difficile à laquelle sont confrontés les déplacés internes de Mulamba qui, faute de ressources suffisantes, la ration alimentaire qui leur est distribuée est divisée par deux, avec risque de n’avoir une ration que pour 5 ou 6 mois. Chaque famille a reçu pour tout comme ration 30 kg de farine de maïs, 2,25 kg d’huile végétale et 0,375 kg de sel de cuisine. C’est ICCO-Kia en partenariat avec PAM qui en assure la distribution. En guise de cadeau symbolique, les déplacés internes de Mulamba lui ont remis un panier symbolisant pour les donateurs ce que les femmes ont l’habitude d’amener aux champs et qui retourne au village rempli de vivres pour la famille. Si madame Kang peut rentrer à New York avec leurs doléances qui peuvent trouver solution auprès des décideurs, voilà elle aura rempli son rôle et sa mission ou visite aura un sens. « Nous voulons vivre comme les autres peuples du monde ». En quittant Bukavu pour Kinshasa en passant par Kisangani vendredi 31 mai, cette phrase des déplacés internes de Mulamba ne cesse de résonner dans ma tête.

Kyung-wha Kang chez Dr Mukwege

Sous-secrétaire générale des Nations unies chargée des affaires humanitaires Kyung-wha Kang chez Dr Mukwege (De Kléber Kungu, notre envoyé special au Nord-Kivu et Sud-Kivu) “ Je remercie le Dr Mukwege qui a été une très grande inspiration pour tous ceux qui essaient d’apporter une assistance aux populations congolaises qui ont souffert pendant de très longues années de conflits, particulièrement les femmes qui ont été victimes des violences sexuelles. Je me demande ce que deviendra la population sans des gens comme le Dr Mukwege envers qui je suis particulièrement reconnaissante… », a déclaré la sous-secrétaire générale des Nations unies chargée des affaires humanitaires et coordinatrice adjointe des secours d’urgence, Kyung-wha Kang, au sortir d’un entretien à huis clos avec celui qui a pour travail noble la réparation des sexes des femmes violées. Ce mercredi, Kyung-wha Kang venait de s’entretenir à huis clos pendant une quarantaine de minutes avec Dr Denis Mukwege. Un entretien appuyé par des visites guidées des différents projets de la Fondation Panzi initiée par Dr Denis Mukwege. Des projets implantés dans le quartier Panzi, d’où ils tirent leur dénomination et appuyés par plusieurs ONG internationales, dont l’Unicef, ACDI, ALT, Osisa, BCDH. La Clinique d’assistance juridique, Aire des jeux, Maison Dorcas, trois des projets de la Fondation Panzi que la sous-secrétaire générale des Nations unies en charge des affaires humanitaires et sa suite ont visités en compagnie de leur initiateur. De sa voix posée, Dr Denis Mukwege a expliqué et montré à ses hôtes le travail qu’il fait des décennies durant ou les services qu’il rend à son pays en mettant à la disposition des femmes et jeunes filles, dont la vie a été brisée par la cruauté d’autres compatriotes, sa magnanimité qui leur permet de croire encore à une vie sur terre. Ils sont de tous les âges, ces enfants abandonnés par leurs parents « Il y en a de tous les âges : bébés, préscolaires, en âge de scolarité (…). Leur avenir nous préoccupe beaucoup car ils sont abandonnés à leur triste sort. C’est pourquoi il y a des enseignants pour les enseigner en vue d’éviter qu’ils deviennent des enfants de la rue. Nous devons leur dire qu’ils sont de Bukavu, même s’ils n’ont plus de parents », annonce Dr Mukwege. Ils sont près de 130 ces enfants abandonnés par leurs parents puisque issus de viols. Nous les rencontrons en train de prendre de la bouillie, dans ce centre baptisé « Aire des jeux » où ils apprennent à jouer, pardon à vivre comme s’ils ont encore des parents. Au « Bon appétit » que leur souhaite paternellement Dr Mukwege, ils répondent joyeusement « Merci ». Oui, en arrivant, il les salue paternellement en swahili, « jambo ». Kyung-wha Kang sort de ce centre en encourageant les enseignants Ce philanthrope trempé dans un patriotisme exemplaire est fier de son travail, des résultats de ces enfants. « Ce qu’ils attendent, c’est d’être soutenus car leurs résultats sont bons », rassure-t-il. La Maison Dorcas, créée en 2003, est un centre qui héberge les survivantes de violences sexuelles désireuses de retourner à l’école, mais surtout rejetées par leurs maris, sans ressources, désireuses d’apprendre un métier pour vivre. Elles y apprennent à lire et à écrire, certains métiers pour les rendre utiles à la société, quelques notions de management des affaires. Dix ans plus tard, Dr Mukwege se réjouit que les résultats soient palpables : quelques-unes sont à l’université, il y en a qui sont devenues des infirmières et d’autres sont en Europe. Ici, c’est avec beaucoup de fierté et d’affection paternelle que Dr Mukwege prend dans ses bras l’une d’elles qui est entrée au centre à l’âge de 6 ans et aujourd’hui elle peut lire et écrire. En dix ans d’existence, le Centre a déjà encadré environ 250 pensionnaires. Réparer les préjudices subis SoigneR physiquement, économiquement les victimes des violences sexuelles, est une bonne chose. Mais il faut également réparer les préjudices subis en punissant les auteurs de ces actes ignobles. Voilà l’existence de la Clinique d’assistance juridique qui va voir jour en 2009 pour répondre aux multiples demandes des victimes des violences sexuelles qui, après avoir été soignés par Dr Mukwege à l’hôpital Panzi revenaient vers lui pour lui demander ce qu’elles devraient faire pour traduire en justice leurs bourreaux qu’elles venaient parfois de retrouver. Le travail de sensibilisation est tel qu’aujourd’hui le travail avance avec beaucoup espoir, même si le phénomène ne faiblit pas : il y a plus de 1 200 demandes en justice introduites, dont 606 dossiers introduits, 180 jugements rendus, 180 dossiers clôturés par réconciliation, voilà le bilan dressé par Maître Thérèse Kulungu, coordinatrice des projets à la Clinique d’assistance juridique en 4 ans d’existence de cette structure juridique de la Fondation Panzi devant Kyung-wha Kang. Sur place, la coordonnatrice du projet Clinique d’assistance juridique a montré un de père, le colonel Doms, et son épouse et sa fille violée à l’âge de 5 ans, alors qu’elle a aujourd’hui 7 ans, et dont le bourreau est en prison. Aujourd’hui, il y a 200 survivantes à qui l’on va remettre de kits pour réparation…. La Clinique dispose de 2 volets : juridique (concernant la sensibilisation) et judiciaire avec 8 antennes installées à travers la province animées par des para juristes. Dr Denis Mukwege et sa Fondation mènent un combat sur plusieurs fronts pour vaincre le phénomène dégradant de viols, mais qui a encore de beaux jours devant lui. La raison, Dr Mukwege l’évoque : c’est l’absence de paix. « Nous avions fait un plaidoyer pour la paix. Aujourd’hui, l’Accord d’Addis-Abeba est la dernière chance pour la population congolaise de retrouver cette paix que nous avons manquée depuis bientôt 20 ans que nous sommes dans un cycle de violences qui n’en finit pas », regrette-t-il au sortir de l’entretien avec Kyung –wha Kang. « La solution, c’est la paix » « Lutter contre la violence sexuelle, on l’a fait pendant au moins 15 ans à soigner les conséquences et malheureusement on s’aperçoit qu’aujourd’hui on est en train de soigner des enfants issus du viol qui sont elles-mêmes violées à leur tour. Donc, ce que nous avons fait n’a pas été négligeable, mais ce n’est pas cela la solution. La solution, c’est la paix », ajoute le « réparateur des femmes violées ». Le retour de la paix est l’affaire de tous les Congolais, des administrés aux dirigeants, de tous les bords, de toutes tendances politiques. « Notre engagement, nous tous, que ce soit la société civile, l’opposition, la majorité présidentielle, nous devrions travailler pour que cette paix arrive. Ce serait irresponsable, quelle que ce soit la personne de ne pas travailler pour que cet Accord puisse donner des fruits escomptés qui sont la paix. Si on a la paix, la violence sexuelle va s’arrêter certainement. Parce qu’on constate que le nombre de femmes violées augmente lorsqu’il y a des troubles dans la région », reconnaît-il. Dr Mukwege, tout imbu de volonté et de patriotisme puisse-t-il être, se sent tout de même découragé, déprimé lorsque les viols deviennent comme héréditaires, de mère en fille. « Ma crainte est que si vous avez soigner une mère, vous l’avez aidée à accepter son enfant et qu’elle vienne 12 ans, 14 ans avec cet enfant qu’elle a accepté difficilement et que cet enfant soit également violée, c’est déprimant, pour moi et pour tout le staff. Nous nous demandons finalement le résultat du travail que nous faisons », déplore Dr Mukwege. Etre en mission dans l’Est de la RDC, précisément à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, sans visiter Dr Denis Mukwege pour palper le travail qu’abattent cet homme et tout son personnel, à travers la Fondation Panzi, c’est refuser d’apprécier à sa juste valeur, la valeur du réparateur des femmes violées. Voilà pourquoi entre autres la sous-secrétaire générale des Nations unies chargée des affaires humanitaires et coordinatrice adjointe des secours d’urgence, Kyung-wha Kang a consacré plusieurs heures à cet homme et à ses réalisations.

Kyung-wha Kang face aux réalités des déplacés du site de Sotraki/Goma

Sous-secrétaire générale aux affaires humanitaires Kyung-wha Kang face aux réalités des déplacés du site de Sotraki/Goma (De Kléber Kungu, envoyé spécial à Goma) La sous-secrétaire générale des Nations unies chargée des affaires humanitaires et coordinatrice adjointe des secours d’urgence, Kyung-wha Kang, est à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, depuis mardi 28 mai où elle a visité les déplacés du site de transit de Sotraki, à l’ouest de Goma, au quartier Kecero. Plus de 5 000 déplacés internes sont hébergés provisoirement dans ce site en pleine construction. Les humanitaires s’y attèlent : Unicef, Handicap International, Médecins Sans Frontières (MSF), Croix-Rouge de la RDC…, accompagnés des déplacés eux-mêmes, sont en train d’installer le nécessaire. C’est à 11h06 ( heure de Goma) que la délégation de Kyung-wha Kang atterrit à l’aéroport de Goma avant de se rendre au site des déplacés internes de Sotraki. Une marée humaine, composée de femmes, d’hommes (de tous âges), d’enfants nous y accueillent. On s’y croirait dans un terrain de football non clôture d’un village où, après un match de football, les supporters envahissent l’aire de jeu… D’un coin à l’autre du site, sous la conduite de Ocha/Goma, la sous-secrétaire générale des Nations unies chargée des affaires humanitaires et sa délégation se mettent à visiter le site, se faisant expliquer, par chaque responsable, le travail en train de se faire. Au passage, d’un signe maternel, mais aussi humanitaire, Kyung-wha Kang ne manque pas, entre deux explications, de caresser un enfant. Question de redonner l’espoir de vivre à une population qui en a perdu. Quoi que de plus sécurisant, de plus humain que ce geste, quoique d’apparence anodine, plein de chaleur, d’humanité, de réconfort moral pour des déplacés qui n’ont d’humain que le physique : le moral étant ébranlé par d’incessants déplacements et errances forcés à travers la province, pardon, à travers leur propre territoire ! Ici, ce sont des enfants, des jeunes filles et jeunes garçons qui puisent de l’eau : les humanitaires ont installé deux sortes de pompe munie de six robinets, là c’est un vieux, la barbe blanche, la soixantaine, qui peine à soulever une pioche pour creuser… Ils se relaient, au gré des forces de chacun. Près d’un hangar, trois hommes, dont l’un la soixantaine, se reposent, fatigués, sans doute affamés, le regard ailleurs ! Le commerce y est également florissant : plus loin, quelques jeunes filles vendent des braises mises dans des sachets noirs – qui n’ont de braise que le nom et la couleur, sinon c’est de la poussière, pour la cuisson de la nourriture, alors qu’à deux mètres, une maman, assise sur quelques branchettes d’arbres de la grandeur du doigt d’un enfant, s’affaire à souffler sur un feu d’où sort plus de la fumée que de la flamme, son bébé dans ses bras, en train de téter goulument. Lui du moins à quoi se mettre sous la dent. Ses parents n’en ont pas, depuis plusieurs jours. Il y en a qui n’ont pas mangé depuis…10 jours. Comme ce déplacé, Baseme Horinuse, 35 ans, marié et père de 2 enfants, venant de Kibati. La vue de ces Blancs signifie l’argent, nourriture. C’est cette chanson que ne cesse de nous fredonner quelques déplacés. Pardon, il faut avoir les yeux fermés pour ne pas voir cela. Il ne suffit pas que les affamés vous les disent. Pour ces déplacés qui, selon, Buanabuchero Désiré, 26 ans, ont fui, comme lui vers 3 heures du matin, ce lundi là, de leur village Mutaho, alors que la voix lugubre de Sultani Makenga commençait à tonner par des armes, abandonnant tout. Ils n’ont malheureusement pas l’occasion de raconter leur calvaire à la coordinatrice adjointe des secours d’urgence. Les humanitaires les font à leur place : plus de 5 000 déplacés, hommes, femmes, enfants, sans nourriture, dormant à belle étoile, aux côtés de quelques bêtes qu’ils ont pu amenées dans leur fuite. Mais Kyung-wha Kang a les yeux pour voir ce calvaire, la misère d’une population aux abois, un cœur pour sentir ce déchirement, ce désespoir moral… C’est avec beaucoup de peine que je fais quelques photos : un clic rapide et je détourne vite mon regard de cette misère : des enfants affamés en train de souffler dans un foyer pour activer la cuisson d’un repas de misère; des femmes, la main au menton, l’air très triste me regardent avec envie…Un échantillon de toute cette mer de misère qui baigne le site de Sotraki… La coordinatrice adjointe des secours d’urgence et sa forte délégation quitte les déplacés qui se réjouissent du moins de faire encore l’objet de l’attention de la communauté internationale dont ils attendent beaucoup pour mettre fin à ce cycle interminable des guerres, des violences...