jeudi 4 avril 2013

Francophonie: Hommage au DCMP et à toute la famille sportive congolaise « endeuillées »

Hommage au DCMP et à toute la famille sportive congolaise « endeuillées » Une banderole de Doppel étalée au rond-point pont Cabu présente ce message aux Imaniens en particulier et aux Congolais : Hommage au DCMP et à toute la famille sportive congolaise endeuillées. Tout en compatissant au malheur qui a frappé la grande famille sportive de Daring Club Motema Pembe avec la mort accidentelle des trois de ses joueurs, je compatis également au malheur qui ne cesse de frapper la grande famille francophone congolaise en particulier avec des fautes grammaticales qu’elle n’hésite pas à étaler haut. Pourquoi l’épithète « endeuillées » est à cette forme – féminin pluriel-, alors que le sujet auquel elle est censée s’accorder « DCMP et toute la famille sportive congolaise » est au masculin pluriel ? Kléber Kungu

Kigali confirme son soutien à la rébellion

Accueil et relocalisation des rebelles du M23 en fuite au Rwanda Kigali confirme son soutien à la rébellion Près de 700 rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) ont dû se réfugier à la mi-mars en territoire rwandais à la suite de l’offensive menée depuis le 9 mars contre eux par les hommes de Sultani Makenga. Le Rwanda vient de délocaliser les six cent quatre-vingt-deux rebelles de sa frontière avec la République démocratique du Congo (RDC), dans un centre d’internement dans le district de Ngoma, à une centaine de kilomètres à l’Est de Kigali. Pour la ministre rwandaise chargée des réfugiés, Séraphine Mukantabana, « la décision de les délocaliser émane de l’application des conventions internationales (…) qui disent que les réfugiés doivent être à plus de 50 km de la frontière.» Pour certains analystes politiques, l'accueil que Kigali a réservé à ces rebelles du M23 a fait resurgir les soupçons de soutien à la rébellion dont le Rwanda a toujours été accusé aussi bien par la RDC, les ONG tant nationales qu’internationales que par la communauté internationale. Séraphine Mukantabana a tenté de contrecarrer ces soupçons en affirmant que soin pays a simplement répondu à un principe humanitaire. Elle a précisé qu’à l’arrivée des rebelles du M23, les autorités rwandaises ont procédé au désarmement des militaires avant d’être soumis à une procédure d'"internement", expliquent que cet accueil et ce désarmement prouvaient que son pays n'avait rien à voir avec les rebelles du M23, contrairement à toutes les allégations de soutien dont le Rwanda était accusé. Questions : pourquoi, ces personnes, de surcroît des rebelles armés, si elles ne bénéficiaient pas de faveur auprès de Kigali, ne pouvaient faire l’objet de plus d’attention, de suspicion, de méfiance et de restriction de la part des autorités de Kigali ? Si les rebelles du M23 ne bénéficiaient pas de plus de faveur de Kigali, pourquoi les autorités rwandaises qui redoutent de manière morbide la présence des rebelles des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda au point de les voir ou de les apercevoir partout et à tout moment, ne se seraient pas méfiées d’eux ? La ministre rwandaise en charge des réfugiés prend parti des protégés du Rwanda en avouant que ces rebelles ne sont pas « des prisonniers, [mais] ce sont des gens qui sont entrés dans un territoire en quête d'asile (...) ils ont une restriction de mouvements, mais à l'intérieur de leur camp d'"internement ils ont leur liberté », ajoutant qu'ils pouvaient recevoir des visites et allaient obtenir un soutien psychologique. Runiga et Baudouin Ngaruye à l’abri? Plusieurs ténors de ce mouvement rebelles, dont notamment Jean-Marie Runiga et Baudouin Ngayure, sont sous le coup des sanctions des Etats-Unis et de l’Onu. Pourquoi Kigali, qui est au courant de tout cela, n’agit pas pour se saisir d’eux afin de les extrader ? Sont-ils à l’abri ? Des questions que le Rwanda peut avoir de la peine à apporter des réponses claires et convaincantes à une opinion encline à faire foi au contraire de ce qu’il a l’habitude de dire ouvertement, haute et fort. Toujours selon la ministre, il est désormais demandé à ces soldats s'ils veulent ou non renoncer à leur statut militaire "de manière définitive et volontaire". S'ils y renoncent, une procédure débutera pour qu'éventuellement le Haut commissariat de l'Onu pour les réfugiés (HCR) leur accorde le statut de réfugié. Si certains refusent, ils n'auront en revanche "pas droit à l'asile dans notre pays", a assuré la ministre. "Dans ce cas, la procédure d'"internement continuera" et le Rwanda avisera de la procédure à suivre. L’émiettement de la rébellion du M23 a donné naissance à deux factions : le camp Makenga et celui de Runiga proche de Bosco Ntaganda. Les hommes fidèles à Sultani Makenga, qui s’éteint allés à Kinshasa en lui promettant la tête de Bosco Ntaganda, avaient délogé de Kibumba samedi 16 mars ceux de Jean-Marie Runiga. Ils avaient retrouvé refuge au Rwanda. Leur chef présumé, Bosco Ntaganda, avait lui aussi passé la frontière le week-end du 16 au 17 mars, avant de rejoindre, dans des circonstances non encore élucidées, l'ambassade américaine à Kigali puis d'être transféré, à sa propre demande, devant la Cour pénale internationale à La Haye, qui le recherchait pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité depuis 2006. Quid du sort des rebelles du M23 ? Au sujet du sort qui sera réservé particulièrement réservé aux membres du M23 sous le coup de sanctions de l'Onu, comme l'ex-responsable politique du mouvement Jean-Marie Runiga et l'un de ses chefs militaires Baudouin Ngaruye, la ministre a estimé qu'il était "prématuré" de se prononcer tant que ne serait pas tranchée la question, pour eux aussi, d'un éventuel statut de réfugié. Interrogée sur le sort qui serait plus En attendant que les rebelles soient éventuellement pris en charge par le HCR, le Rwanda n'exclut pas de lancer un appel à la communauté internationale pour obtenir une aide matérielle et financière, a-t-elle encore dit. Un empressement de Kigali en faveur du sort de ses protégés qui ne dit pas encore son nom. Le fait que ces hommes du M23 restent au Rwanda et l’incertitude planant sur leur sort pourraient constituer une nouvelle source de tensions entre Kinshasa et Kigali. Les autorités congolaises, mais également d’autres gouvernements et plusieurs défenseurs des droits de l’Homme, ont déjà rappelé que certains de ces rebelles font l’objet de mandats de recherche internationaux et devraient être jugés pour les violences et les abus commis depuis mai 2012 dans l’est du Congo. Kléber Kungu

mardi 2 avril 2013

Francophonie : « Baygon reste, les insectes disparaissents »

« Baygon reste, les insectes disparaissents » Ceux qui empruntent la route des Poids lourds et qui ont non seulement des yeux bien ouverts, mais aussi l’esprit bien éveillé, remarquent ceci parmi les nombreuses publicités sur les murs longeant cette voie : « Baygon reste, les insectes disparaissents ». Sans doute que le rédacteur du message – l’artiste-peintre bien entendu – a pensé que « disparaissent » est un adjectif qualificatif et que ce serait une faute très grave que de ne pas l’accorder avec le nom auquel il se rapporte : « insectes ». Sinon, comment justifier cette marque plurielle avec un « s » collé à un verbe ? A chacun de répondre. Kléber Kungu

Adoption du premier traité international sur le commerce des armes

Onu Adoption du premier traité international sur le commerce des armes L’Assemblée générale de l’Onu a adopté mardi 2 avril à une large majorité le premier traité sur le commerce international des armes classiques (TCA) en discussion depuis sept ans. La résolution a été adoptée par 154 voix pour, trois contre (Syrie, Corée du Nord, Iran) et 23 abstentions constituées de plusieurs acteurs majeurs de ce marché, dont la Russie. La résolution ouvre le traité à la signature, à partir du mois de juin. En discussion depuis sept ans, ce traité sur le commerce international des armes classiques est le premier texte majeur sur le désarmement depuis l’adoption du traité sur l’interdiction des essais nucléaires de 1996. Les 193 pays membres de l’Onu n’avaient pu se mettre d’accord par consensus jeudi 28 mars dernier à New York sur ce texte de quinze pages censé moraliser les ventes d’armes, un marché très juteux et lucratif de 80 milliards de dollars par an, apprend-on de la Libre Belgique. Chaque pays est libre de signer ou non le traité et de le ratifier. Il entrera en vigueur à partir de la cinquantième ratification, ce qui pourrait prendre deux ans, selon des diplomates. C’est-à-dire l'entrée en vigueur du TCA se fera une fois il est ratifié par au moins 50 pays. La Russie a dores et déjà indiqué qu’elle pourrait ne pas le signer. Le principe du traité est que chaque pays doit évaluer, avant toute transaction, si les armes vendues risquent d’être utilisées pour contourner un embargo international, commettre des «violations graves» des droits de l’homme, ou être détournées au profit de terroristes ou de criminels. Si c’est le cas, la transaction ne doit pas être autorisée. Vingt-trois pays qui se sont abstenus sont parmi certains des principaux exportateurs, à savoir la Russie, la Chine ou acheteurs de ces armes, dont l’Egypte, l’Inde, l’Indonésie. Par contre, l’Iran, la Syrie et la Corée du Nord avaient bloqué le texte à l’issue de dix jours de négociations. Une centaine de pays, dont la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, ainsi que de nombreux pays africains et latino-américains, ont alors proposé que l’Assemblée adopte une résolution reprenant le projet de traité et l’ouvre ainsi à la signature. Sept catégories d’armes conventionnelles concernées Le TCA ne couvre que sept catégories d'armes conventionnelles, allant du pistolet aux avions et navires de guerre en passant par les missiles, les chars, les artilleries de combat, certaines armes légères. Le traité porte sur tous les transferts internationaux (importation, exportation, transit, courtage), sans toucher aux législations nationales sur l’acquisition et le port d’armes. Les Etats-Unis, principal pourvoyeur d’armes de la planète avec 30% du marché, ont obtenu que les munitions soient traitées à part, avec des contrôles moins complets. Le texte laisse par ailleurs ouverte la possibilité que certains transferts d’armements au titre de l’aide militaire bilatérale soient exemptés, rapporte Libération.fr. Dans la présentation de la résolution, l’ambassadeur du Costa Rica, Eduardo Ulibarri, a salué «un texte équilibré et vigoureux» et a invité les délégués «à faire de ce jour un jour historique». L’ambassadeur russe Vitali Tchourkine a indiqué que son pays «allait examiner soigneusement le texte (du traité) à Moscou avant de décider de l’utilité ou non d’y adhérer». Il a critiqué «un certain nombre de lacunes» dans le texte, dont l’absence de contrôle spécifique des livraisons d’armes aux rebellions (comme en Tchétchénie ou en Syrie) ou des «critères d’évaluation du risque pas assez clairs». Quant à l’ambassadeur syrien Bachar Jaafari, il a renouvelé l’opposition de son pays, déplorant que le texte ne fasse pas référence explicitement aux «acteurs non étatiques», comme l’opposition armée syrienne. L’ambassadeur cubain Rodolfo Reyes a justifié l’abstention de son pays en affirmant que le traité «octroyait des privilèges aux principaux pays exportateurs». De partout dans le monde, des pressions sont exercées et des campagnes sont oganisées pour obtenir un traité sur le commerce des armes juridiquement contraignant. En République démocratique du Congo (RDC), des ONG ne sont en reste. C’est le cas de Femmes des médias pour la justice au Congo (FMJC), une organisation non gouvernementale des droits humains, coordonnée par Kenneth Enim Ampi, qui a organisé un campagne pour un traité sur le commerce des armes juridiquement contraignant. FMJC, comme toutes les ONG œuvrant en RDC dans le domaine des armes légères et de petit calibre (ALPC), est impliqué dans le relais de toutes les activités relatives à cette conférence. « Le traité sur le commerce des armes juridiquement contraignant, c’est le puzzle manquant pour la paix en RDC et dans le monde », peut-on lire sur l’une des banderoles de cette campagne intitulée « Contrôler les armes », une alliance mondiale de la société civile qui milite pour l’adoption d’un traité sur le commerce des armes juridiquement contraignant, initiée par Iansa, Oxfam International, WILPF, Amnesty International. Cette campagne a été relancée dans tous les Etats membres des Nations unies en marge de la 2ème Conférence diplomatique des Nations unies relative à la négociation d’un Traité sur le commerce des armes (TCA) qui s’est tenue du 18 au 28 mars à New York, aux Etats-Unis d’Amérique. L’adoption du premier traité international sur le commerce des armes obtenu, peut-on crier victoire ? Il est plutôt de s’avouer vainqueur. En effet, adopter un traité est une chose, en faire le suivi, en est une autre, plus importante, qui reste un défi difficile à relever. Kléber Kungu

De Nkunda- Ntaganda à Runiga-Makenga : même schéma, même scénario

Crise dans l’Est de la RDC De Nkunda- Ntaganda à Runiga-Makenga : même schéma, même scénario Ce qui se passe actuellement dans la partie orientale de la République démocratique du Congo (RDC), précisément dans la province du Nord-Kivu, est, sans contexte, ce qui peut être qualifié de « rien de nouveau sous le soleil ». Ceux qui ont la mémoire longue se rappellent que le schéma et le scénario qui avaient prévalu en 2009 avec le feuilleton du pasteur-militaire Laurent Nkundabatware qui combattait l’armée congolaise ressemble beaucoup à ce qui se passe actuellement avec le pasteur-bishop Jean-Marie Runiga, Sultani Makenga. A quelques différences de circonstance et de contexte près … Au début était Laurent Nkunda, chef militaire de la rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP). Qui va être durant plusieurs années la pièce maîtresse dans la guerre qui va endeuiller le Nord-Kivu. En 1998, Nkunda devient l'un des commandants du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), une rébellion soutenue par Kigali pendant le conflit régional qui secoue la RDC 2003. Après la guerre, alors que le RCD intègre le gouvernement de coalition à Kinshasa, Nkunda est promu général, mais refuse de prendre son poste, dénonçant une réforme de l'armée fantaisiste ne permettant pas "la réconciliation nationale" promise. " Après les élections de 2006 en République démocratique du Congo (RDC), Laurent Nkunda tente une nouvelle fois de déstabiliser l'Est de la RDC. A la tête de quelques milliers de soldats dissidents, le général déchu tutsi ‘’congolais’’ va défier pendant des années le pouvoir de Kinshasa, qu'il accuse de discrimination contre ses "frères" de la minorité tutsie en RDC. A la fin de l'été 2008, l'est de la République démocratique du Congo, particulièrement le Nord-Kivu, s'enflamme dans un nouvel épisode de la guerre civile qui déchire cette province frontalière du Rwanda et du Burundi depuis près de quinze ans. Le 26 août 2008, Laurent Nkunda lance une nouvelle offensive qui lui permet d'agrandir la zone qu'il contrôle dans le Nord-Kivu et d'amener ses troupes à quelques kilomètres de Goma à fin octobre. L'armée congolaise ayant abandonné la ville, la Monuc (actuellement Monusco) n'a pas pu contre-attaquer, arguant que son mandat est d'appuyer les autorités officielles congolaises dans leurs efforts pour rétablir leur contrôle sur le territoire national, mais pas de contrer une opération rebelle en soi. Nkunda renonce cependant à prendre la ville et déclare le 29 octobre un cessez-le-feu unilatéral puis demandé l'ouverture de négociations à Kinshasa. En octobre 2008, le général déchu explique, dans un entretien en anglais sur RFI qu'une prise de la ville de Goma n'est pas un objectif et qu'il cherche à entrer en pourparlers avec Kinshasa. Oh ! Ma foi, ces pourparlers qu’on appelle toujours de ses vœux ! 2009, Nkunda est arrêté Début janvier 2009, Bosco Ntaganda, le chef d’état-major chargé des opérations de Laurent Nkunda, fait une déclaration fracassante contre lui : il se rallie aux efforts de paix au Nord-Kivu. En termes plus clairs, il se rallie aux côtés de Kinshasa qu’il combat… Alors que l’opinion s’y attend le moins et comme un coup de théâtre, le 23 janvier 2009, l'inspecteur général de la police de la RDC annonce l'arrestation de Laurent Nkunda la veille au Rwanda. Le général déchu a franchi la frontière alors qu'une opération conjointe des forces congolaises et rwandaises reprend le contrôle du territoire conquis par le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) avant qu'une faction anti-Nkunda ne décide de se rallier au gouvernement de Kinshasa. Laurent Nkunda a en effet été démis de ses fonctions par un de ses subalternes le 5 janvier. Ce qui va entraîner une scission du CNDP. Le 23 janvier 2009, cet ancien allié de Kigali en RDC est récupéré vers 22 heures par le Rwanda Defence Forces (RDF, Forces Rwandaises de Défense) puis acheminé à Gisenyi, au Rwanda, où il est gardé jusqu’à ce jour. Ce stratège protestant, marié et père de quatre enfants, sait comment manier en même temps la Bible et la Kalachnikov. Sait-il qu'il "n'était rien sans l'appui de Kigali" et qu'il devrait un jour négocier un exil ou rendre compte pour les crimes de Bukavu et son implication dans la répression sanglante d'une mutinerie à Kisangani (nord-est) en 2002 ? Depuis, Kinshasa ne cesse d’adresser des demandes de l’extradition de Nkundabatware, auxquelles Kigali a réservé une fin de non-recevoir. Certains observateurs à Kigali affirment que la question de l’extradition de Laurent Nkunda divise la classe politique rwandaise tant elle pose le problème du regard des Tutsi congolais, alliés naturels des Tutsi rwandais du FPR. L'arrestation de Laurent Nkunda au Rwanda, dans un retournement d'alliance spectaculaire, va mettre fin à la crise. Provisoirement ! Mais c’est la fin du premier acte d’un long épisode contre la géante RDC. Le 23 mars 2009, le gouvernement congolais et les rebelles CNDP vont tenter d’enterrer la hache de guerre en signant un accord de paix. L’accord prévoit la libération des prisonniers, la transformation du CNDP en parti politique, les retours des réfugiés se trouvant dans les pays limitrophes de la RDC et dont sont issus la grande majorité des rebelles, l’intégration des civils membres du CNDP au sein des institutions gouvernementales ainsi que l’intégration des forces du CNDP dans l'armée congolaise. Mais la tombe dans laquelle la hache de guerre a été enterrée n’était pas trop profonde pour permettre aux démons de la guerre de sortir facilement de la tombe et relancer les hostilités. En effet, il faut attendre 2012 pour vivre un autre scenario dont les acteurs sont dans le cercle restreint du CNDP. Le deuxième acte de l’épisode vient de commencer… Et le M23 nait sous les cendres du CNDP Vers les premiers mois de 2012, le Nord-Kivu, où les bruits des bottes se sont momentanément tus, va se mettre à bouillonner comme un volcan. Un groupe d'ex-rebelles du CNDP réintégrés dans l'armée congolaise en faveur d’un accord de paix signé le 23 mars 2009 avec Kinshasa se mutinent. Le 6 mai 2012, les mutins dirigés par le colonel Sultani Makenga vont créer le Mouvement du 23 mars ou M23, en référence à la date de l’accord. Ceux qui seront connus sous le nom des rebelles du M23 vont motiver leur rébellion en revendiquant la non-application de l’accord du 23 mars 2009 par le gouvernement congolais. Les ex-membres militaires du CNDP ont été soupçonnés d'abuser de leur position dans l'armée pour contrôler le trafic de minerais. Voilà qui a conduit le Kinshasa à muter les militaires issus du CNDP dans d'autres régions de la RDC. Estimant que Kinshasa violait l’accord du 23 mars 2009, les ex-rebelles du CNDP vont se mutiner en avril 2012. Les choses vont vite évoluer administrativement chez les rebelles. Le 17 août 2012, le Congrès du M23 nomme Bishop Jean-Marie Runiga Lugerero, un ancien du CNDP et originaire du Sud-Kivu comme président du Mouvement. Donc, comme Laurent Nkundabatware, l’homme à la tête du M23, sait manier à perfection deux choses : la Bible et le kalachnikov. Le colonel Sultani Makenga est nommé chef du haut commandement militaire. Devenu rapidement général de brigade, il est chef d’état-major général de la branche armée du M23, qui sera baptisée Armée révolutionnaire du Congo (ARC). Il sera placé le 13 novembre 2012 par les États-Unis sur leur « liste noire », car tenu pour responsable « d'horreurs à grande échelle » contre les civils. Derrière toute cette organisation, se cache Bosco Ntaganda, alias « Terminator », l'un des organisateurs, sinon le véritable chef du Mouvement, un chef de guerre accusé par la Cour pénale internationale de recrutement d’enfants soldats, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Selon le rapport préliminaire du Groupe d'experts des Nations unies pour le Congo et remis en juin 2012 au Conseil de sécurité des Nations unies, le M23 aurait été créé à partir de la fusion de deux groupes de mutins dirigés respectivement, par le général Bosco Ntaganda et le colonel Sultani Makenga. Mais le rôle exact du général Ntaganda dans la création et les activités du M23 reste obscur et contesté. Celui-ci nie être impliqué dans les défections de membres du CNDP. Comme du temps du CNDP, la Rwanda est accusé de soutenir les rebelles du M23 Le Conseil de sécurité des Nations unies va montrer en détail le soutien militaire, financier et politique dont le M23 bénéficie du Rwanda, particulièrement du ministre de la Défense et du chef d’état-major de la Défense du Rwanda. Notamment l’assistance directe à la création du M23 à partir du territoire rwandais, le recrutement effectué par les Forces rwandaises de défense pour le compte du M23, l’appui logistique des Forces rwandaises de défense au M23, l’implication directe de responsables rwandais de haut rang dans la mobilisation de l’appui au M23, l’appui direct fourni au M23 par des unités des Forces rwandaises de défense lors d’opérations en RDC, le soutien au M23 par des officiels rwandais, le soutien du Rwanda à des groupes armés et à des mutineries liées au M23 et le soutien du Rwanda à des personnes visées par les sanctions, notamment le général Bosco Ntaganda. Comme à l’époque de Nkunda, le Rwanda va catégoriquement nier toutes ces allégations, arguant que ce conflit est congolo-congolais. Entre temps, les rebelles du M23 progressent, occupant l’une après l’autre les villes et cités du Nord-Kivu. En juillet 2012, le M23 contrôle deux villes, Bunagana et Rutshuru. Suite à une médiation entamée en août par la Conférence internationale sur la région des Grands lacs (CIRGL) à Kampala (Ouganda), les deux camps restent plus ou moins sur leurs positions d’août à la mi-octobre, respectant une trêve précaire émaillée d’accrochages entre le M23 d’une part et les FARDC ou la Monusco d’autre part. Il faut attendre le 20 novembre 2012 pour que Goma, le chef-lieu de la province du Nord-Kivu, tombe aux mains des hommes de Sultani Makenga. La suite est bien connue : la RDC va accuser le Rwanda de l’avoir agressé par les rebelles du M23 interposés, la communauté internationale somme les rebelles de se retirer de la ville. Les hommes de Makenga vont s’en retirer, obtenant en contrepartie la tenue de négociations avec le gouvernement. Ces pourparlers que Kampala abrite s’ouvrent le 9 décembre 2012. Le président ougandais Yoweri Museveni est le président en exercice de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Le déroulement de ces négociations en dents de scie pousse certains analystes sceptiques à ne pas croire à leur aboutissement, d’autant plus que Kinshasa refuse de répondre à toutes les revendications auxquelles le M23 tient mordicus. Alors que les pourparlers de Kampala piétinent, le 24 février, 11 pays africains, dont la RDC, signent l’accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la République démocratique du Congo et la région. Le M23 éclate en deux factions : l’une proche du chef militaire, le général Sultani Makenga, qui promet à Kinshasa d’arrêter Bosco Ntaganda - proche du président politique, Jean-Marie Runiga - tant recherché par le gouvernement congolais et surtout la CPI. Réédition du scenario avec de nouveaux acteurs Le scénario de 2009 est vite réédité avec de nouveaux acteurs en scène : Sultani Makenga, proche de Kinshasa, lui promet la tête de Bosco Ntaganda, alors que le 9 mars ses troupes lancent une grande offensive contre les hommes de Runiga, proches de Bosco Ntaganda. Mais ce schéma est plus élaboré pour faire digression. Une similitude de taille : Comme Laurent Nkundabatware, Jean-Marie Runiga sait manier la Bible et la kalachnikov. Lui est un ‘’bishop’’ à la tête de l’Eglise dénommée Jésus Seul Sauveur (JSS). Pendant plus d’une dizaine de jours, l’aile pro Ntaganda s’affronte avec celle de Sultani Makenga. Celle-ci prend le dessus, obligeant des centaines de fidèles de Ntaganda - dont des officiers supérieurs - à traverser la frontière rwandaise. Le 18 mars, Bosco Ntaganda se rend à l’ambassade des Etats-Unis au Rwanda d’où il demande son transfert à la CPI. L’offensive a été telle que les hommes de Makenga sont parvenus à déloger ceux de Bosco Ntaganda et de Runiga. Ceux-ci, près de 600 combattants, vont se réfugier au Rwanda dans la nuit de vendredi 16 au samedi 17 mars. Bosco Ntaganda, quant à lui, va, à la surprise générale, se réfugier à l’ambassade américaine à Kigali, où il va demander à être transféré à la Cour pénale internationale (CPI). Nous sommes lundi 18 mars. Les choses vont se précipiter. La CPI, qui a cherché à attraper Bosco Ntaganda depuis 2006, avec à la clé deux mandats d’arrêt internationaux, tient à se saisir le plus vite possible de cet oiseau, maintenant qu’il vient de s’offrir lui-même. Bosco Ntaganda sera embarqué vendredi 22 mars dan l’avion, escorté par des agents de la CPI. Destination : le centre pénitentiaire de Scheveningen de La Haye, aux Pays-Bas. Fin du deuxième acte. Toutes choses étant égales par ailleurs, c’est-à-dire les scénarii des commanditaires de la crise au Nord-Kivu étant égaux ou presque, le pion Bosco Ntaganda étant mis hors course, comme Laurent Nkunda en 2009, tout porte à croire fermement que le pion Jean-Marie Runiga et toutes les autres fabrications rwandaises sont aussi mis dehors de la scène. Pendant que la carte Makenga reste en course. Pour un autre acte. Dont les commanditaires savent la date du déclenchement. Mais à ce jour, plus de 4 ans après, la question de l’extradition de Laurent Nkunda vers la RDC continue de tarauder les esprits des Congolais à la mémoire longue. Demain, l’on se demandera où seront passés Runiga et consorts. Un scénario de professionnel qui consiste à placer des pions dans le jeu, avant de les retirer l’un après l’autre, chacun après avoir joué son rôle…L’accord-cadre de paix d’Addis-Abeba, appuyé par la brigade d’intervention rapide, va-t-il venir à bout de l’activisme de nombreux groupes armés qui écument la partie orientale de la RDC ? Kléber Kungu

lundi 1 avril 2013

Le M23 opposé à l'envoi d'une brigade d'intervention rapide

La peur de la force internationale gagne déjà le camp de Makenga Le M23 opposé à l'envoi d'une brigade d'intervention rapide La rébellion du Mouvement du 23 mars (M23), s’est dit opposée à l’envoi d’une force internationale dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) en dénonçant lundi 1 avril la décision du Conseil de sécurité de l'Onu de créer une brigade d'intervention pour combattre les groupes armés opérant dans l'Est congolais, dont le M23. L’idée de s’affronter à cette force internationale fait déjà très peur aux rebelles du M23. Pour le président politique du M23, Bertrand Bisimwa, on décidant de créer une brigade d’intervention rapide, l’Onu vient de lever l’option de la guerre. Au lieu "d'encourager une solution politique, en apportant un appui substantiel aux négociations politiques de Kampala" entre le M23 et Kinshasa, regrette-t-il, l'Onu choisit "de faire la guerre contre l'un des partenaires pour la paix". Quelle option la communauté internationale peut-elle lever face à des groupes armés qui n’entendent que la voix des armes ? « Désormais, les forces de l’organe de la paix feront la guerre aux groupes des citoyens qui réclament la bonne gouvernance dans notre pays y compris ceux qui sont en pourparlers avec leur gouvernement pour résoudre des problèmes de société », a poursuivi Bertrand Bisimwa, dans un communiqué publié par le M23, dont L’Observateur a obtenu copie. Pour le M23, en prenant la décision d’envoyer une brigade d’intervention rapide en RDC, « les Nations unies décident de tuer les citoyens qui réclament leurs mieux être. Dans cette situation, elles devront se préparer à faire la guerre contre le peuple congolais tout entier… », a poursuivi le communiqué. Peur de la brigade d’intervention rapide Face à la peur inspirée par la présence imminente de la brigade d’intervention rapide qui sera opérationnelle en juillet prochain, le M23 se met à distiller un discours faussement pacifique, tout en soufflant le chaud et le froid. Il a a réaffirmé « son opposition à toute logique de guerre, car celle-ci a déjà fait de nombreuses victimes parmi nos compatriotes et sacrifié des générations entières. Aujourd’hui, notre espace sert de refuge aux compatriotes qui fuient les exactions et l’insécurité dans les territoires sous contrôle du gouvernement congolais, le cas de la cité de Kitchanga dans le territoire de Masisi (…). » « Nous disons non à la guerre, oui à la paix, oui à la solution politique pour la résolution des causes profondes du conflit en RDC et oui à la fin de la misère de notre peuple », clame le communiqué. Jeudi 28 mars dernier, le Conseil de sécurité a adopté une résolution créant une brigade d'intervention chargée de lutter contre les groupes armés dans l'Est, le M23 en tête. Cette force devrait compter au total plus de 2.500 hommes, selon des responsables de l'Onu. Elle sera formée de trois bataillons d'infanterie, assistés d'une compagnie d'artillerie et d'une compagnie de reconnaissance et de "forces spéciales". Ainsi renforcée, la Mission de l'Onu en RDC (Monusco), qui a pour mandat la protection des civils, se voit désormais confier la tâche supplémentaire de "mener des opérations offensives et ciblées" - seule ou aux côtés de l'armée congolaise - pour "stopper le développement de tous les groupes armés, (les) neutraliser et les désarmer". La résolution du Conseil, initiée par Paris, s'inspire des résultats de l'accord régional d'Addis Abeba du 24 février, censé pacifier l'est de la RDC en proie à des rébellions depuis deux décennies. Depuis le 9 décembre 2012, le gouvernement congolais et les rebelles du M23 sont en pourparlers de paix très laborieux à Kampala sous la médiation du ministre ougandais de la Défense, le Dr Crispus Kayonga. Ces négociations ont été suspendues après la scission du M23 en deux factions. Les pourparlers devraient reprendre avec la branche encore active en RDC, celle du général Sultani Makenga. Des dissensions sont apparues au sein du M23 après la signature par onze pays d’accord-cadre pour le rétablissement de la paix en RDC et se sont engagés à ne pas soutenir les groupes armés. Le M23 s’est scindé en deux factions rivales, l’une dirigée par Sultani Makenga et l’autre par Jean-Marie Runiga, proche de Bosco Ntaganda. Les deux factions se sont affrontées pendant près de deux semaines dans le Nord-Kivu. Celle-ci a été défaite vers la mi-mars par l’aile Makenga. Mise en débandade, elle a fui au Rwanda. Quelque 600 hommes ont ainsi traversé la frontière, dont plusieurs officiers, se sont réfugiés au Rwanda. La présence de ces rebelles du M23 au Rwanda, signataire de l’accord d’Addis-Abeba, est une véritable épine dans l’application de cet accord, qui demande implicitement aux pays signataires de ne plus apporter de soutien aux rebelles. Dans cette débandade, Bosco Ntaganda s’était rendu lundi 18 mars à l’ambassade américaine à Kigali avant d’être transféré vendredi 22 mars, sur sa propre demande, à la Cour pénale internationale (CPI) qui le poursuit pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis en Ituri en Province Orientale entre 2002 et 2003, après avoir lancé contre lui deux mandats d’arrêt internationaux. Dans une conférence de presse co animée lundi 1er avril par les ministres des Médias, Lambert Mende, et des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda, celui-ci a révélé que "certains d'entre eux [des rebelles du M23] ont commencé à retrouver du service dans les rangs du général Makenga. Ce qui, bien entendu, est un signal très négatif". Il a accusé Makenga de « réorganiser ses unités, (…) des séminaires de conditionnement politique et moral. Ce n'est pas l'attitude de quelqu'un qui s'apprête à se démobiliser, à déposer les armes", a déploré le ministre Tshibanda. Kléber Kungu

Francophonie : « Grand Gala socioculturel et caritative »

« Grand Gala socioculturel et caritative » « Grand Gala socioculturel et caritative ». Ces écrits annonçant la nuit de remise du trophée Karibu qui récompense les meilleurs talents culturels de la RDC initiée par Karibu Awards, je les aperçois ornant de gros panneaux sur certaines artères de Kinshasa. Seulement, si la beauté de ces écrits n’appelle aucune critique, la forme, elle, est fort critiquable. En effet, comment accepter que ce « grand gala socioculturel » qui est au masculin, soit féminisé d’un coup par l’inattention coupable de son rédacteur, en lui accolant un second adjectif féminin : « caritative », le premier « socioculturel étant au masculin ? Kléber Kungu