jeudi 6 septembre 2012
Un sommet à « haut risque » sur fond de suspicions
Conférence Internationale sur les Grands Lacs à Kampala
Un sommet à « haut risque » sur fond de suspicions
Le sommet des chefs d’Etat des Grands Lacs consacré à l’insécurité dans l’Est de la RDC s’ouvre ce vendredi 7 septembre à Kampala (Ouganda) sur fond de suspicions de part et d’autre des parties en conflit. En effet, au cours de la réunion préparatoire qui s’est tenue jeudi 6 septembre dans la capitale ougandaise, les experts congolais accusent leurs homologues rwandais de refuser l’implication de l’Onu. Ce qui présage une rencontre à « hauts risques » dont l’issue paraît d’ores et déjà hypothétique quant à la chance pour les Congolais de voir la naissance et le déploiement de la Force neutre internationale.
Alors que les chefs d’Etat devraient notamment discuter du renforcement du mandat de la Monusco pour qu’elle assure la sécurisation de la frontière entre la RDC et le Rwanda, les experts congolais de la Défense ont accusé leurs homologues rwandais de refuser l’examen de la proposition des ministres de la Défense des Grands lacs, réunis en août dernier à Goma, sur l’implication des Nations unies et de l’Union africaine (UA) dans la force neutre à déployer entre la RDC et le Rwanda pour lutter contre les groupes armés actifs dans cette partie du continent.
Les représentants congolais estiment que Kigali voudrait imposer l’examen du rapport des mêmes ministres de la Défense sur le mécanisme conjoint de vérifications élargies de frontières de la RDC et du Rwanda et sur le centre conjoint de fusion des renseignements de Goma.
La réunion des experts a été suivie par celle des ministres de la Défense de 7 pays membres du sous comité de la Défense présidé par l’Ouganda qui ont siégé au complexe hôtelier de Munyonyo Les travaux ont préparé le sommet des chefs d’Etat de ce vendredi 7 septembre à Kampala.
Le secrétaire exécutif de la CIRGL, Ntumba Lwaba, a confirmé la mise en place des mécanismes de vérification conjointe élargis. II s’agit d’une surveillance militaire pour sécuriser les frontières entre la RDC et le Rwanda.
Déjà des officiers des pays membres du sous comité de la Défense de la CIRGL notamment l’Angola, la Tanzanie, le Congo Brazzaville, le Burundi et l’Ouganda sont arrivés à Goma. Ntumba Luaba a confirmé le lancement officiel de ce mécanisme de vérification est prévu la semaine prochaine.
Partenariat de la SADC
Dans la foulée, on rapporte que des contacts diplomatiques se poursuivent et que la CIRGL vient de recevoir l’offre de partenariat de la SADC (Communauté de développement d'Afrique australe (ou SADC, acronyme de l'anglais Southern African Development Community). D’ailleurs, apprend-on d’une source basée à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, citant Ntumba Luaba, son secrétaire exécutif a été invité à la réunion des ministres de la Défense. Pour lui, c’est l’opérationnalisation, l’effectivité de la mesure de surveillance. S’agissant de la force Internationale neutre, l’heure est à l’évaluation complète des besoins. Une équipe d’évaluation sera envoyée sur le terrain pour vérifier la taille du M23 et des éléments FDLR.
Quant au rapport issu des assises du 18 aout 2012 à Goma, détenu par le Président en exercice de la CIRG, le secrétaire exécutif de la CIRGL a précisé qu’il s’agit d’un rapport intermédiaire qui sera complété par les travaux de ministres de la Défense. C’est ce vendredi 7 septembre que le rapport définitif sera déposé au sommet de chefs d’Etat et des gouvernements de la Conférence Internationale sur la Paix des Grands Lacs.
Plusieurs délégations congolaises constituées à la fois des personnalités venues de Kinshasa, du Sud-Kivu ainsi que celle conduite par le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Julien Paluku Kahongya ont participé à cette réunion.
Ce deuxième sommet de Kampala fait suite aux travaux du 6 au 7 août derniers dans le même cadre de l’hôtel Munyonyo, situé à environ 10 kilomètres de Kampala-centre. L’objectif de cette rencontre est de parvenir à mettre fin aux activités du M23 soutenu par le Rwanda ainsi que de toutes les forces négatives parmi lesquelles le FDLR qui déstabilisent la province du Nord Kivu.
Les informations actualisées et urgentes en vue de s’assurer de cessation définitive des hostilités à l’Est de la RDC constituent l’une des préoccupations majeures de ce sommet tout comme l’opérationnalisation de la force internationale neutre voulue par la majorité des Etats membres.
Au cours de cette rencontre organisée sur initiative des chefs d’Etat des Grands lacs pour étudier les modalités de la constitution de la force neutre, ces ministres avaient décidé d’exclure la RDC, le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda de ladite force.
Ils avaient également déterminé la taille et les principales zones de déploiement de cette force, en décidant qu’elle compterait 4 000 hommes et qu’il y aurait une commission qui déterminerait la structure de cette force qui se déploiera dans les quatre zones à savoir: Beni, Ruwenzori, Walikale et Masisi.
Le déploiement de cette force a été approuvé par les chefs d’Etats des Grands lacs réunis en août dernier à Kampala. Il est consécutif à la recrudescence de l’insécurité dans l’Est de la RDC marquée ces derniers mois par la création d’un nouveau mouvement rebelle, le Mouvement du 233 mars (M23), au mois de mai dernier.
Cette rébellion est constituée des mutins de l’armée congolaise issus de l’ancienne rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP). Ils réclament l’application de l’accord de paix de mars 2009 signé par le gouvernement et le CNDP qui prévoit notamment l’intégration des combattants de cette ancienne rébellion dans l’armée et la police congolaise.
A tout prendre, la rencontre de ce vendredi reste de tous les enjeux avec tous les risques ses participants n’arrivent pas à s’entendre sur l’essentiel du sommet. Kigali qui a très mal digéré le cuisant échec diplomatique obtenu à New York après que les trois parties en conflit (Rwanda et RDC) ainsi que les experts de l’Onu ayant produit le rapport accusant le Rwanda de soutenir le M23, au cours l’oral organisé par le Comité des sanctions des Nations unies, va user de tous les moyens en son pouvoir pour tenter de compliquer la tâche des participants à la CIRGL.
Pour Kigali, l’objectif est d’user de toutes les manœuvres dilatoires pour tirer en longueur et retarder la naissance et le déploiement de la Force neutre internationale dont la RDC et lui sont exclus.
Kléber Kungu
L’UPC à l’heure des inscriptions
L’UPC à l’heure des inscriptions
Depuis le 9 juillet, l’UPC ne désemplit pas. De lundi à vendredi, l’Apparitorat central est envahi par des jeunes filles et des jeunes garçons, seuls ou accompagnés par des parents ou des amis. C’est la période des inscriptions. Qui relèvent de la Commission des inscriptions. Ce travail se fait dans un tel ordre qu’on déduit que dans cette université il n’y a aucune place pour le désordre.
Oui, tout part de cette Commission qui fonctionne dans le bâtiment de l’Apparitorat central. A l’entrée duquel se prennent les inscriptions. Elles commencent par l’achat du formulaire à la bibliothèque (1 500 FC) et débouchent sur le dépôt du dossier, en passant par le paiement à la caisse de 20 dollars de frais d’admission, l’enregistrement, la prise de photo (5 dollars) et l’attestation médicale (certificat d’aptitude physique) pour 7 000 FC. Ce document est obtenu sur place auprès d’une infirmière.
Un homme est au cœur de la Commission des inscriptions. A sa disposition, du matériel nécessaire pour bien remplir sa tâche. Deux machines imprimantes de photo : une grande, de marque Hiti et une petite, de marque Selphy, deux appareils de photo professionnels de marques Nikon et Canon. Mais surtout, une longue expérience de photographe-reporter. Un jeune garçon, Jordy l’épaule, à la grande satisfaction de ceux qui il livre l’information dans un français parfait. Le mercredi 5 septembre, Jordy étant à l’école, il est aidé par une jeune fille, Jeannie.
Le souci des autorités académiques de l’UPC est d’avoir des photos passeport de même format pour tous les étudiants de cette université.
« Vous savez où se trouve la bibliothèque ? Longez ce couloir jusqu’au bâtiment jaune ». Jean-Pierre Maludi répète régulièrement cette phrase aux nombreux candidats étudiants qui se présentent à l’Université protestante au Congo (UPC) pour se renseigner sur les conditions d’inscription.
Comme des fourmis, les candidats font des va et vient interminables entre les différents services concernés. Dès 8 heures, le travail commence. Une paire de lunettes accrochée sur son nez, l’homme qui s’occupe du service des photos, rattaché à la Commission des inscriptions, est au four et au moulin : orientation des candidats, prises de photos, contrôle de dossiers…
Tout ici se fait comme chronométré. La photo doit être estampillée UPC : le candidat étudiant se fait photographier assis sur un tabouret, un linge de un mètre carré portant deux ‘’UPC’’, en haut, à gauche forme le fond. Il est placardé au coin droit du tableau où sont affichées les différentes photos marquant les manifestations organisées par l’UPC.
Pas de tenues indécentes
Le candidat étudiant ne se fait pas photographier avec n’importe quel accoutrement : pas de chemise ou polo bras cassés. L’UPC a tout prévu pour parer au plus pressé : des écharpes de toutes les couleurs sont proposées aux candidats pour cacher les épaules nues. On profite de cette occasion pour mettre en garde les étudiants contre des tenues indécentes. « Ici, on ne s’habille pas n’importe comment. Le jour du concours et des cours, veuillez porter des habits décents », est régulièrement répété surtout aux filles qui s’affichent avec des accoutrements indécents.
J.P. Maludi fait d’incessants va et vient entre ses imprimantes et la place destinée à la photographie, distantes de trois petites mètres. Entre des sifflements doux des imprimantes vomissant des belles photos et d’autres prises, l’homme ne manque pas de travail : des explications à fournir sur l’emplacement de la caisse, de la bibliothèque, du bureau de ‘’papa Nzuzi’’ pour le cachet à mettre sur le ‘’Billet de participation au concours d’admission’’ qui sera organisé le 25 septembre, des réponses à donner à des questions qui n’en finissent pas...
Chaque jour, le travail est tel qu’il se prive le plus souvent de la pose de 12 heures. Par conséquent, la boisson sucrée et du pain d’un super marché local qu’il a l’habitude de prendre en guise de déjeuner sont sacrifiés au profit du travail.
Un travail qui, de temps à autre, est retardé par les caprices des machines. Une machine bloque ? J.P. Maludi a la solution à la minute qui suit : soit il ouvre la capricieuse pour régler la cartouche, soit il prend son petit trousseau de clé pour dépanner.
Le service est si méticuleux que le photographe n’hésite pas de refaire la prise avec le candidat. L’homme est si expérimenté qu’il arrive à réussir les photos d’une seule prise. Comme qui dirait, un coup, une flamme.
« Tu verras, Kléber, comment les candidats vont se bousculer lorsqu’on sera vers la fin des inscriptions », m’a confié J.P. Maludi, il y a deux semaines. Mercredi 5 septembre, j’en fais l’heureuse expérience. Des files interminables de candidats ne cessent de se bousculer à l’entrée de l’Apparitorat, où un garde, impassible, en régle l’entrée. Qui pour le dépôt, qui pour le certificat d’aptitude physique, qui pour l’enregistrement.
La Commission des inscriptions fait si bien son travail qu’elle présente aux futurs étudiants et à tout visiteur de l’UPC le degré de sérieux, de discipline, d’ordre et de rigueur qui caractérise cette université privée d’obédience protestante dirigée par un Comité de gestion dont le recteur, Pr Mgr Ngoy Boliya, a été reconduit pour un nouveau mandat de 5 ans lors des assises du Conseil d’administration du 20 au 21 août. En même temps, elle présente l’image de cette Alma Mater dont la devise est fort révélatrice : « Une éducation qui construit une nation ».
Tout est fait pour que les données des futurs étudiants de l’UPC soient stockées dans une banque de données pour en faciliter une utilisation ultérieure, me confie J.P. Maludi, en montrant la grande imprimante. Cet homme s’occupe également des archives des images de l’UPC.
Tout ne s’arrête pas aux seules inscriptions. Une fois celles-ci achevées, les candidats étudiants à l’Université protestante au Congo doivent passer, le 25 septembre, le concours d’admission. La dissertation française, la culture générale et les mathématiques sont les matières sur lesquelles seront interrogés les candidats de la faculté d’administration des affaires et sciences économiques (Fase) et de droit, tandis que ceux de la médecine propédeutique, en plus des mathématiques, de la chimie, de la physique, de la biologie, du français, de l’anglais et de la culture générale, seront soumis à une interview.
Ne pourra prétendre à devenir étudiant de l’UPC que le candidat qui aura réussi au concours d’admission. Et ne pourra y réussir quiconque.
Il est plus de 16 heures lorsque, comme un automate, le photographe-reporter commence à rassembler et arranger son matériel, alors que la place ‘’photo’’ est déjà vide de son monde. A chaque jour suffit sa peine, dit-on. J.P. Maludi vient de terminer son travail de ce mercredi. Le rendez-vous est pris pour ce jeudi 6 septembre pour d’autres candidats, mais certainement les mêmes questions et les mêmes réponses.
Un reportage de Kléber Kungu
dimanche 2 septembre 2012
UPC-Hôpital évangélique CBCO Sona Bata : pour un partenariat fructueux
UPC-Hôpital évangélique CBCO Sona Bata : pour un partenariat fructueux
Le recteur de l’UPC, Pr Mgr Daniel Ngoy Boliya a conduit jeudi 30 août une délégation de l’Université protestante au Congo (UPC) à l’hôpital évangélique CBCO (Communauté baptiste du Congo) Sona Bata, dans le Bas-Congo, composée du secrétaire général académique, le Pr Dr Samuel Mampunza ma Miezi, de la représentante du Bureau de liaison de l’UPC en Australie, Lucy Hoobgood-Brown (fille du premier recteur de l’UPC, Hoobgood), de la chargée des relations publiques au Bureau de liaison de l’UPC en Amérique du Nord, Linda James, et de 30 étudiants de la faculté de médecine de cette Alma Mater. Mettre les futurs médecins près des réalités des milieux hospitaliers reculés dans lesquels ils seront appelés à prester, et jeter les bases d’un partenariat fructueux entre l’UPC et l’hôpital, tel est le but de cette visite.
Une fois la délégation accueillie par le directeur de l’hôpital, le Dr Kapembe Lumbombo Amédée, les révérends Samba Paul (adjoint du secrétaire général et représentant légal de la CBCO) et Mposi Ndombasi (pasteur titulaire CBCO Kintambo), le recteur Ngoy Boliya a précisé le but de la visite à cette institution hospitalière. Il s’agit de mettre les futurs médecins devant les réalités des milieux hospitaliers reculés dans lesquels ils pourront, les jours à venir, passer leurs stages et, après leurs études, prester. Il était également question d’identifier le projet pour réhabiliter cet hôpital à travers les partenaires pour un financement via l’UPC.
Le numéro un de l’UPC a fait remarquer également qu’actuellement bien des médecins, une fois les études achevées, jettent leur dévolu sur des hôpitaux urbains au détriment de ceux installés dans des milieux reculés ou ruraux.
La visite de l’hôpital évangélique de Sona Bata ouvre la série de visites prévues l’Université protestante au Congo qui inclut entre autres les hôpitaux de Vanga dans la province du Bandundu, de l’IME (Institut médical évangélique) de Kimpese dans le Bas-Congo et de Tshikaji dans le Kasaï occidental.
Tout compte fait, la visite de la délégation de l’UPC jette les bases d’un partenariat qui permettra à cet hôpital, qui a perdu de sa splendeur d’antan, de se refaire une santé. L’hôpital de Sona Bata pourra éventuellement bénéficier, sous peu, des services des étudiants de G3 doctorat de la faculté de médecine de l’UPC lors de leur stage. L’appétit venant en mangeant, sans doute, quelques-uns de ces futurs médecins pourront-ils décider, à la fin de leurs études, de pratiquer le serment d’Hippocrate en prestant dans cet hôpital qui ne demande pas mieux que de recevoir du sang neuf parmi son personnel médical.
La visite de différents pavillons de l’hôpital évangélique Sona Bata a en effet permis à la délégation de l’UPC de se trouver devant une réalité criante : son état de délabrement actuel. Que l’absence de courant électrique et d’eau potable vient renforcer. Aussi l’hôpital évangélique CBCO Sona Bata compte beaucoup sur la réhabilitation du barrage hydroélectrique de Zongo qui pourra lui fournir du courant électrique.
Coup de peinture du recteur Ngoy Boliya
A cette occasion, la délégation, en premier, le recteur Ngoy Boliya, a donné un coup de peinture de la maternité et de sarclage du site, avant de procéder à la remise de quelques outils, dont des râteaux, des houes et des seaux.
Comme pour souhaiter déjà la bienvenue aux futurs médecins stagiaires à cet hôpital, le pasteur Mposi Ndombasi leur a adressé ces mots affectifs et d’encouragements : « Aux médecins stagiaires, bienvenue en cette terre de mission car le serment d’Hippocrate auquel vous vous préparez fera de vous des citoyennes et citoyens du monde, c’est-à-dire des personnes sans frontières.»
Sona Bata est une station fondée en 1890 par les missionnaires de l’American Baptist Foreign Mission Society (ABFMS) qui, dans le souci de prôner un salut holistique (corps, âme et esprit) intégrant aux populations congolaises, vont fonder l’hôpital évangélique CBCO Sona Bata. C’est en 1925 que le Dr Judson Colleman King débutera cette œuvre médicale qui va sauver des millions de malades de la RDC et des pays d’Afrique, en l’occurrence le Sénégal, l’Angola, la République du Congo… Celui qui fut le premier médecin va mourir et inhumer en 1936 à Sona Bata.
L’hôpital évangélique CBCO Sona Bata a la réputation d’avoir hébergé et soigné feu Président Joseph Kasavubu.
Aujourd’hui, il comprend les services suivants : l’administration (radiologie, laboratoire, banque de sang), le dispensaire (triage, dentisterie, facturation, pharmacie), la pédiatrie, la médecine interne femme, la médecine interne homme, la chirurgie femme, la chirurgie homme, l’orthopédie, les soins intensifs, le bloc opératoire et la maternité.
L’hôpital a été dirigé successivement par les médecins expatriés et nationaux suivants : Dr Glenn Tuttle (1er médecin directeur) (1928-1966), Dr Nico-Van Schutelen (1967-1973), Dr Keesvan Grootheest (1974-1977), Dr Paul Verhey (1981-1985), Dr Minuku Kinzonzi, Dr Kimpiatu, Dr Meya, Dr Bobo, Dr Nsadi, Dr Nseke et Pierre Makengo. Ce dernier, fort de sa longue expérience acquise aux côtés des médecins, est compté aujourd’hui comme un médecin.
Aujourd’hui, cet hôpital octogénaire est exténué et l’ombre de lui-même. Dépourvu de moyens nécessaires à son fonctionnement normal, il mérite d’être réhabilité pour qu’il continue à rayonner dans la province où attendent des milliers de malades. Un partenariat comme celui que l’UPC envisage de sceller avec cette institution hospitalière est de nature de lui permettre de relever ce défi.
Kléber Kungu
La tête du colonel Tshibangu mise à prix : 20 000 dollars
Kasai occidental
La tête du colonel Tshibangu mise à prix : 20 000 dollars
Le gouverneur du Kasaï-Oriental, Alphonse Ngoy Kasanji, promet une récompense de 20 000 dollars américains à toute personne qui arrêtera le colonel dissident John Tshibangu ou qui va livrer des informations devant aider à l’arrêter. Le colonel dissident John Tshibangu est recherché par l’armée congolaise depuis l’annonce de sa défection le 16 août dernier.
Le gouverneur Ngoy Kasanji, qui se dit confiant quant à l’arrestation prochaine de cet officier rebelle, a exprimé sa satisfaction sur l’implication de toute la population de sa province pour arrêter le colonel dissident, à en croire radiookapi.net.
Par ailleurs, il a déclaré également faire confiance « à la bravoure des hommes de troupes déployés sur le terrain pour dénicher ce colonel déserteur ».
Par contre, depuis l’annonce de la récompense de 20 000 dollars, du côté du dissident, on placé la barre haut en doublant la mise à toute personne qui accepterait de rallier les rangs du fuyard. Aussi plusieurs responsables militaires et policiers ont confié avoir reçu un message téléphonique, envoyé par quelqu’un prétendant être John Tshibangu, leur promettant à chacun la somme de 40 000 dollars s’ils rejoignaient le Mouvement pour la revendication de la vérité des urnes.
Le gouverneur Kasanji affirme que cette promesse est un mensonge, venant d’une personne « dépourvue de moyens ». « C’est une façon pour ce déserteur de séduire le peuple », conclut-il.
John Tshibangu s’est autoproclamé lieutenant général après avoir quitté les rangs de l’armée et créé son nouveau groupe armé avec dix-huit hommes de troupe.
Selon le gouverneur du Kasaï-Oriental, environ trois cents militaires et policiers sont déployés pour l’arrêter.
Au cours d’un forum politique réunissant les représentants des structures socioprofessionnelles et certains partis politiques, Alphonse Ngoy Kasanji a récemment appelé la population de sa province à la vigilance face à «l’infiltration des rebelles fidèles au colonel dissident John Tshibangu», dont la revendication est liée au scrutin présidentiel et législatif du 28 novembre 2011 en RDC qui, selon plusieurs missions d’observation, a été entaché d’irrégularités.
Kléber Kungu
20 ports et beachs interdits de fonctionner
Transports fluviaux et lacustres
20 ports et beachs interdits de fonctionner
Vingt postes frontaliers maritimes de Kinshasa dont huit ports et douze beachs sont interdits de fonctionner jusqu’à nouvel ordre. La mesure a été prise par le ministre des Transports et Voies de communication dans une circulaire signée jeudi 30 août. Selon ce document, vingt unités fluviales et dix-neuf chantiers et ateliers navals sont également fermés.
La décision du ministre des Transports et Voies de communication, Justin Kalumba Ngongo, est justifiée par le souci de son gouvernement de fiabiliser durablement la navigation sur les eaux intérieures de la République démocratique du Congo (RDC) afin de réduire la fréquence d’incidents et accidents des unités flottantes et d’ériger un système de navigation plus rationnalisé.
Tout est parti de l’institution, en juin dernier, de deux commissions, chargées de contrôler les bateaux, embarcations et personnel navigant, les chantiers navals, ports et beachs, dont les travaux ont été sanctionnés par des rapports.
Dans les conclusions de leurs rapports, ces commissions ont indiqué que plusieurs unités flottantes sont en ordre et peuvent continuer à naviguer, certaines unités peuvent fonctionner moyennant des corrections à apporter rapidement dans leur exploitation, et d’autres cependant doivent immédiatement stopper leurs activités jusqu’à nouvel ordre, citant les ports, beachs.
Ce travail n’a concerné que la ville de Kinshasa, dans un premier temps, sera étendu dans l’avenir à d’autres provinces du pays où les conditions de transport fluvial et lacustre sont aussi déplorables.
A l’ouverture des états généraux des voies navigables lundi 27 août, le ministre des Transports et Voies de communication Justin Kalumba a indiqué que cent cinquante-trois naufrages ont été enregistrés sur le fleuve et les rivières de la RDC entre 2008 et 2011, causant la mort de quatre mille sept cent soixante-dix (4770) personnes, soit une moyenne mensuelle de cent morts.
Il fallait donc chercher réduire cette hécatombe, sinon mettre fin à une telle situation qui n’a cessé d’endeuiller de nombreuses familles congolaises.
Voici les unités fluviales interdites de naviguer :
1. M/B Charclée de l’armateur Saf-Bois
2. M/B Izeli de l’armateur Saf-Bois
3. Mun-Nzo de l’armateur Mampuya
4. M/B Energétique de l’armateur TFCE
5. M/B NPS de l’armateur TFCE
6. KD 03 de l’armateur TFCE
7. KD 04 de l’armateur TFCE
8. KD 05 de l’armateur TFCE
9. M/B NPS de l’armateur TFCE
10. M/B Afana de l’armateur TFCE
11. M/B NP4 de l’armateur TFCE
12. M/B Cricri de l’armateur TFCE
13. M/B Beltexco I l’armateur Beltexco
14. M/B Muana Mayumbu de l’armateur Ecop
15. Barge Ecco de l’armateur Saf-Bois
16. Barge Alliance IX de l’armateur Nocafex
17. Barge Alliance XI de l’armateur Nocafex
18. Barge A3 de l’armateur TFCE
19. KD 15 de l’armateur TFCE
20. M/B Leboma de l’armateur JVL
Les chantiers et ateliers navals suivants sont interdits de fonctionner
1. Socobab
2. Legra-Metal
3. Ngusi
4. Air-Luozi
5. Mange Metal
6. Mbuta Metal
7. Guy Business
8. Booto Metal
9. Boule Boule
10. Yende Metal
11. Opoyongo
12. JP Dilukam
13. Liguagua
14. ATB Metal
15. Lota Naval
16. Alfa
17. Cometal
18. Chantier Ondika
19. Sasa Metal
Les ports et beachs suivants sont fermés
1. Port Liaki
2. Port Sico
3. Port Celco
4. Port Inflammable
5. Port Opombo
6. Port Byebi
7. Port Mango
8. Port DEM
9. Beach Barnet
10. Beach Gigal
11. Beach Bénédiction
12. Beach La Grâce
13. Beach Ewungu
14. Beach Nganda Mosolo de la Nsele
15. Beach Docteur Kango
16. Beach Yango Mbota
17. Beach Port Public de Kinkole
18. Beach Mama Yato
19. Beach Nganda Mosolo Commune
20. Beach Baramoto
Kléber Kungu
Le Père Georges Defour repose à Bukavu
Décédé à Liège en Belgique
Le Père Georges Defour repose à Bukavu
De Liège à Bukavu, le corps du Père Georges Defour repose depuis ce samedi 1er septembre à Bandari, centre dont il est initiateur.
Georges Defour, le fondateur du mouvement Xavéri et Père de l’éducation à l’Institut supérieur de développement de Bukavu a été conduit ce samedi 1 septembre 2112 à sa dernière demeure. Missionnaire d’Afrique depuis 1946 au Congo Kinshasa, précisément à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, Georges Defour est mort à Liège en Belgique. Pour avoir consacré sa vie à la formation et à l’éducation des Congolais, la volonté des tous à rejoint celle qu’avait exprimée l’illustre disparu pour être enterré à Bukavu non loin de la chapelle que lui-même avait érigée.
Une messe de suffrage a été dite dans l’esplanade de la cathédrale de la paix de Bukavu envahi par des milliers de fidèles. Trois évêques venus du diocèse de Kindu, Butembo et Goma ont accompagné l’archevêque François Xavier Maroy de Bukavu dans cette prière d’au revoir au Père Georges Defour, selon notre correspondant basé à Bukavu.
Plusieurs témoignages se sont succédé après l’homélie rappelant les actions, la vie caractérisée par la charité, la discipline et le travail prônés par ce missionnaire d’Afrique au service des Congolais depuis 1946. Le Gouverneur du Nord-Kivu reconnait trois missions dont il a été bénéficiaire du défunt. Julien Paluku l’a connu spirituellement pour avoir été baptisé par Defour mais aussi, il fut son enseignant de marque auprès de qui il a puisé la science.
L’archevêque de Bukavu a remercié les gouverneurs du Nord-Kivu et du Sud-Kivu pour s’être investis financièrement dans le processus de rapatriement du corps. Des délégations de mouvement de Xaveri venues du Burundi, du Rwanda ont, avec les autres fidèles catholiques de Bukavu et d’ailleurs, accompagné le Père Defour jusqu’à sa dernière demeure.
Le cortège à pieds s’est ébranlé de la cathédrale de la paix jusqu’à l’Institut supérieur de développement en passant par les ronds-points reconnus en ville, Feu rouge et place de l’indépendance, une distance de près de 10 km. Dans les installations de l’ISDR où le défunt a reçu les derniers hommages, le décor était planté.
Un amphithéâtre portant son nom est en plein construction en guise de mémoire. Occasion pour ses collègues enseignants et étudiants de témoigner pour la dernière fois les valeurs scientifiques de celui qu’ils ont baptisé Père de la pédagogie. Au nom des anciens de l’ISDR, Julien Paluku s’est dit touché par la disparition de ce génie irremplaçable. Auteur des plusieurs ouvrages hormis les journaux et autres publications, Georges Defour a été conduit sa dernière demeure dans une chapelle que lui-même avait construite au sein du Centre Bandari à Bukavu.
Paix à l’âme de celui qui, sa vie durant, aura rendu d’énormes services à des milliers des milliers de Congolais.
Kléber Kungu
Kigali décide de retirer environ 280 soldats
Coincé de tous côtés et par tous
Kigali décide de retirer environ 280 soldats
Le Rwanda a annoncé le 31 août le départ du contingent rwandais présent sur le sol congolais depuis 2009. Il s'agirait, selon le ministère rwandais de la Défense, de soldats qui travaillaient aux côtés des FARDC dans un bataillon conjoint. Le contingent opérait sur le territoire de Rutshuru contre les rebelles hutus rwandais des FDLR. Des opérations avaient bien été menées il ya trois ans en 2009 mais on pensait les soldats repartis depuis longtemps. Ce contingent n’a rien avoir avec les rebelles du M23 qui opèrent au Nord-Kivu et que Kigali est accusé de soutenir activement.
L’annonce de ce retrait a fait l’effet de surprise dans l’opinion congolaise et internationale parce que le Rwanda n’était plus censé disposer des troupes en RDC. Des troupes rwandaises sont effectivement entrées en territoire congolais début 2009 pour mener une lutte conjointe avec l’armée congolaise contre les rebelles hutus rwandais FDLR et elles s’étaient déjà retirées du territoire congolais, en février 2009. Visiblement donc, elles ne s’étaient pas toutes retirées.
Alors que Kigali est accusé par la RDC, l’Onu ainsi que certaines ONG de soutenir les mutins du M23, la présence des troupes rwandaises devenait problématique. D’autant plus que depuis le déclenchement de la vague de ces accusations, Kigali n’a pas jamais parlé de la présence de ces troupes, préférant nier être impliqué dans ce qui se passait au Nord-Kivu ni de près ni de loin.
En plus, après les opérations conjointes FARDC-APR (Armée patriotique rwandaise) en 2009 contre les FDLR, dans le cadre des opérations intitulées Kimia II et Umoja Wetu, il était donc difficile de croire que le Rwanda disposait toujours de troupes en RDC. En plus, il était difficile d’imaginer en même temps des troupes rwandaises travaillant avec les troupes congolaises. Ce que reconnaît d’ailleurs le Rwanda dans un communiqué de son ministère de la Défense: « L’environnement opérationnel a changé, nous avons donc négocié ce retrait avec la RDC et la Monusco ».
Côté congolais, on ne voit pas les choses de cette façon. Le porte-parole du gouvernement dit ne pas être informé « d’une présence non autorisée des forces rwandaises après la fin des opérations conjointes depuis le 25 février 2009 ».
Selon le ministère rwandais de la Défense, deux bataillons rwandais travaillent main dans la main avec leurs homologues congolais dans la région Nord-Kivu depuis plus de trois ans.
L’objectif à l’origine de cette coopération en 2009 est de combattre la rébellion hutu des Forces démocratiques de libération du Rwanda, les FDLR dont certains membres sont toujours recherchés par Kigali pour leur rôle présumé dans le génocide de 1994 contre les Tutsis.
Depuis, selon le ministère rwandais de la Défense, le Rwanda et la RDC ont continué à mener des opérations conjointes dans cette zone. Le porte-parole de l’armée rwandaise affirme que ces opérations auraient permis de neutraliser bon nombre de FDLR et de groupes affiliés et de rapatrier certains au Rwanda.
Ce brusque changement de cap peut s’expliquer par le récent regain de tension dans ce territoire de l’est de la RDC dans lequel les mutins du M23, issus d’une ancienne rébellion congolaise, affrontent l’armée régulière de Kinshasa. Une mutinerie que le Rwanda soutiendrait selon un rapport de l’ONU, ce que Kigali dément.
Kigali assure avoir "planifié et négocié" le retrait de ses soldats "depuis un certain temps". De son côté, Kinshasa affirme avoir exprimé à son voisin son "souhait" de voir ces soldats partir, entre autres pour prévenir les tentations d'alliance entre les forces spéciales et le M23.
Les troupes devraient passer la frontière ce samedi au niveau de la frontière de Moudende au nord-ouest du pays.
Le retrait annoncé des troupes rwandaises intervient alors que mercredi 29 août le Rwanda, la RDC et les experts de l’Onu ont été entendus à huit clos par le Comité des sanctions de l’Onu. Au cours de cet oral, Kigali n’est pas parvenu à convaincre l’opinion internationale lorsqu’il s’est défendu ne pas être impliqué dans la guerre de la RDC ni de près ni de loin.
Vendredi 31 août, les autorités congolaises ont par conséquent demandé à l'Onu de sanctionner des responsables militaires rwandais -sans préciser lesquels- pour leur soutien au M23.
Des questions sur ce retrait
Le départ des forces spéciales rwandaises de l'est de la RDC, où elles opéraient discrètement avec l'armée congolaise, soulève des questions sur la nature de leur mission et sur un éventuel rôle dans la rébellion du M23, présumée soutenue par Kigali.
Ces forces spéciales, dont le départ a été annoncé officiellement vendredi, faisaient partie d'un bataillon conjoint, en place depuis mars 2011. Ce bataillon était composé de quatre compagnies -deux rwandaises et deux congolaises- selon le ministère rwandais de la Défense.
Ce bataillon, "public" et "officiel" selon le ministre congolais de la Défense, Alexandre Luba Ntambo, était basé dans le territoire de Rutshuru pour combattre la rébellion hutu des FDLR tant recherchées par Kigali pour leur rôle dans le génocide de 1994 contre les Tutsi.
Selon le ministre congolais de la Défense, ce bataillon conjoint avait "succédé" aux opérations militaires congolo-rwandaises de janvier-février 2009 contre les FDLR, et les troupes rwandaises restées en RDC pour participer à ce bataillon avaient un mandat d'"observation" de la rébellion hutu.
Reste que le départ de ces soldats - dont le nombre exact n'a pas été précisé mais qui pourrait avoisiner les 280 hommes, une compagnie comptant environ 140 hommes en général - intervient alors que les relations entre Kinshasa et Kigali se sont considérablement refroidies, le premier accusant le second de soutenir les rebelles du M23 qui combat les FARDC au Nord-Kivu.
"Le gouvernement congolais accuse le Rwanda d'avoir soutenu le M23, en même temps qu'il y a les forces armées rwandaises qui soutiennent les forces armées congolaises", raille pour sa part le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, porte-parole du M23.
"A partir du moment où ces forces se sont retrouvées dans une zone que le M23 contrôlait, toutes les collaborations qu'ils donnaient, on ne pouvait pas les observer de notre côté correctement", a expliqué Alexandre Luba Ntambo.
Selon Jason Luneno, député national à Goma "ces militaires rwandais qui participaient aux opérations de début 2009, beaucoup d'entre eux étaient restés, s'étaient enrôlés dans les FARDC", et "très, très vite" ont soutenu le M23 quand les combats avec l'armée ont commencé.
Pour Thomas D'Aquin Muiti, président de la Société civile du Nord-Kivu, les militaires rwandais qui soutiennent le M23 sont venus directement du Rwanda.
Tout compte fait, la pression exercée sur le Rwanda après la publication du rapport onusien l’accusant de soutenir le M23 a finit par porter des fruits, ayant poussé le Rwanda à céder. Mais ce retrait ne suffit pas – et c’est cela la ruse des Rwandais – pour dire qu’il est lavé de toutes les accusations qui pesaient sur lui quant à son soutien aux mutins du M23.
Il appartient aux autorités militaires congolaises de veiller au grain et de continuer de faire pression et sur le Rwanda et sur le Conseil de sécurité en exigeant des sanctions contre cet agresseur qui est à son énième coup.
A ce jour, dans l’attente de la formation et du déploiement de la Force neutre internationale sur la frontière entre le Rwanda et la RDC, consécutifs aux récentes décisions de principe de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, la présence de ces troupes sur le sol congolais ne se justifie plus. Car un mécanisme nouveau a été mis en place par la CIRGL en vue de combattre les forces négatives dans la région.
Kléber Kungu
Coincé de tous côtés et par tous
Kigali décide de retirer environ 280 soldats
Le Rwanda a annoncé le 31 août le départ du contingent rwandais présent sur le sol congolais depuis 2009. Il s'agirait, selon le ministère rwandais de la Défense, de soldats qui travaillaient aux côtés des FARDC dans un bataillon conjoint. Le contingent opérait sur le territoire de Rutshuru contre les rebelles hutus rwandais des FDLR. Des opérations avaient bien été menées il ya trois ans en 2009 mais on pensait les soldats repartis depuis longtemps. Ce contingent n’a rien avoir avec les rebelles du M23 qui opèrent au Nord-Kivu et que Kigali est accusé de soutenir activement.
L’annonce de ce retrait a fait l’effet de surprise dans l’opinion congolaise et internationale parce que le Rwanda n’était plus censé disposer des troupes en RDC. Des troupes rwandaises sont effectivement entrées en territoire congolais début 2009 pour mener une lutte conjointe avec l’armée congolaise contre les rebelles hutus rwandais FDLR et elles s’étaient déjà retirées du territoire congolais, en février 2009. Visiblement donc, elles ne s’étaient pas toutes retirées.
Alors que Kigali est accusé par la RDC, l’Onu ainsi que certaines ONG de soutenir les mutins du M23, la présence des troupes rwandaises devenait problématique. D’autant plus que depuis le déclenchement de la vague de ces accusations, Kigali n’a pas jamais parlé de la présence de ces troupes, préférant nier être impliqué dans ce qui se passait au Nord-Kivu ni de près ni de loin.
En plus, après les opérations conjointes FARDC-APR (Armée patriotique rwandaise) en 2009 contre les FDLR, dans le cadre des opérations intitulées Kimia II et Umoja Wetu, il était donc difficile de croire que le Rwanda disposait toujours de troupes en RDC. En plus, il était difficile d’imaginer en même temps des troupes rwandaises travaillant avec les troupes congolaises. Ce que reconnaît d’ailleurs le Rwanda dans un communiqué de son ministère de la Défense: « L’environnement opérationnel a changé, nous avons donc négocié ce retrait avec la RDC et la Monusco ».
Côté congolais, on ne voit pas les choses de cette façon. Le porte-parole du gouvernement dit ne pas être informé « d’une présence non autorisée des forces rwandaises après la fin des opérations conjointes depuis le 25 février 2009 ».
Selon le ministère rwandais de la Défense, deux bataillons rwandais travaillent main dans la main avec leurs homologues congolais dans la région Nord-Kivu depuis plus de trois ans.
L’objectif à l’origine de cette coopération en 2009 est de combattre la rébellion hutu des Forces démocratiques de libération du Rwanda, les FDLR dont certains membres sont toujours recherchés par Kigali pour leur rôle présumé dans le génocide de 1994 contre les Tutsis.
Depuis, selon le ministère rwandais de la Défense, le Rwanda et la RDC ont continué à mener des opérations conjointes dans cette zone. Le porte-parole de l’armée rwandaise affirme que ces opérations auraient permis de neutraliser bon nombre de FDLR et de groupes affiliés et de rapatrier certains au Rwanda.
Ce brusque changement de cap peut s’expliquer par le récent regain de tension dans ce territoire de l’est de la RDC dans lequel les mutins du M23, issus d’une ancienne rébellion congolaise, affrontent l’armée régulière de Kinshasa. Une mutinerie que le Rwanda soutiendrait selon un rapport de l’ONU, ce que Kigali dément.
Kigali assure avoir "planifié et négocié" le retrait de ses soldats "depuis un certain temps". De son côté, Kinshasa affirme avoir exprimé à son voisin son "souhait" de voir ces soldats partir, entre autres pour prévenir les tentations d'alliance entre les forces spéciales et le M23.
Les troupes devraient passer la frontière ce samedi au niveau de la frontière de Moudende au nord-ouest du pays.
Le retrait annoncé des troupes rwandaises intervient alors que mercredi 29 août le Rwanda, la RDC et les experts de l’Onu ont été entendus à huit clos par le Comité des sanctions de l’Onu. Au cours de cet oral, Kigali n’est pas parvenu à convaincre l’opinion internationale lorsqu’il s’est défendu ne pas être impliqué dans la guerre de la RDC ni de près ni de loin.
Vendredi 31 août, les autorités congolaises ont par conséquent demandé à l'Onu de sanctionner des responsables militaires rwandais -sans préciser lesquels- pour leur soutien au M23.
Des questions sur ce retrait
Le départ des forces spéciales rwandaises de l'est de la RDC, où elles opéraient discrètement avec l'armée congolaise, soulève des questions sur la nature de leur mission et sur un éventuel rôle dans la rébellion du M23, présumée soutenue par Kigali.
Ces forces spéciales, dont le départ a été annoncé officiellement vendredi, faisaient partie d'un bataillon conjoint, en place depuis mars 2011. Ce bataillon était composé de quatre compagnies -deux rwandaises et deux congolaises- selon le ministère rwandais de la Défense.
Ce bataillon, "public" et "officiel" selon le ministre congolais de la Défense, Alexandre Luba Ntambo, était basé dans le territoire de Rutshuru pour combattre la rébellion hutu des FDLR tant recherchées par Kigali pour leur rôle dans le génocide de 1994 contre les Tutsi.
Selon le ministre congolais de la Défense, ce bataillon conjoint avait "succédé" aux opérations militaires congolo-rwandaises de janvier-février 2009 contre les FDLR, et les troupes rwandaises restées en RDC pour participer à ce bataillon avaient un mandat d'"observation" de la rébellion hutu.
Reste que le départ de ces soldats - dont le nombre exact n'a pas été précisé mais qui pourrait avoisiner les 280 hommes, une compagnie comptant environ 140 hommes en général - intervient alors que les relations entre Kinshasa et Kigali se sont considérablement refroidies, le premier accusant le second de soutenir les rebelles du M23 qui combat les FARDC au Nord-Kivu.
"Le gouvernement congolais accuse le Rwanda d'avoir soutenu le M23, en même temps qu'il y a les forces armées rwandaises qui soutiennent les forces armées congolaises", raille pour sa part le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, porte-parole du M23.
"A partir du moment où ces forces se sont retrouvées dans une zone que le M23 contrôlait, toutes les collaborations qu'ils donnaient, on ne pouvait pas les observer de notre côté correctement", a expliqué Alexandre Luba Ntambo.
Selon Jason Luneno, député national à Goma "ces militaires rwandais qui participaient aux opérations de début 2009, beaucoup d'entre eux étaient restés, s'étaient enrôlés dans les FARDC", et "très, très vite" ont soutenu le M23 quand les combats avec l'armée ont commencé.
Pour Thomas D'Aquin Muiti, président de la Société civile du Nord-Kivu, les militaires rwandais qui soutiennent le M23 sont venus directement du Rwanda.
Tout compte fait, la pression exercée sur le Rwanda après la publication du rapport onusien l’accusant de soutenir le M23 a finit par porter des fruits, ayant poussé le Rwanda à céder. Mais ce retrait ne suffit pas – et c’est cela la ruse des Rwandais – pour dire qu’il est lavé de toutes les accusations qui pesaient sur lui quant à son soutien aux mutins du M23.
Il appartient aux autorités militaires congolaises de veiller au grain et de continuer de faire pression et sur le Rwanda et sur le Conseil de sécurité en exigeant des sanctions contre cet agresseur qui est à son énième coup.
A ce jour, dans l’attente de la formation et du déploiement de la Force neutre internationale sur la frontière entre le Rwanda et la RDC, consécutifs aux récentes décisions de principe de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, la présence de ces troupes sur le sol congolais ne se justifie plus. Car un mécanisme nouveau a été mis en place par la CIRGL en vue de combattre les forces négatives dans la région.
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