jeudi 12 avril 2012

Académie Dannebrog RD Congo, l’espoir des jeunes talents congolais



Promotion du football en RDC
Académie Dannebrog RD Congo, l’espoir des jeunes talents congolais
Académie Dannebrog RD Congo est le nom de l’école de formation des footballeurs congolais initiée par Adam Martin Schou Mudingayi Jacko. L’Observateur l’a rencontré au terrain Météo de Binza Pigeon, en pleine séance d’entraînement avec une trentaine de jeunes joueurs pétris de talent. A la fin de la séance, l’initiateur de l’Acédémie Dannebrog RD Congo nous a livré son secret sur ce beau projet. Redonner au football congolais ses lettres de noblesse, faire comme Moïse Katumbi du TP Mazembe, assurer la relève au football congolais pour donner du tonus à l’équipe nationale de football, doter son école d’infrastructures dignes d’une école de football moderne, donner la chance - à ceux qui en ont le talent et le destin - d’aller plus loin dans la carrière de football, voilà la grande ambition de ce jeune Congolais.
« Je tente de donner la chance aux jeunes Congolais, car j’ai remarqué que la jeunesse n’est pas encadrée », nous a déclaré Adam Martin Schou Mudingayi. Ce jeune initiateur qui tient à « faire quelque chose » pour son pays, à l’instar d’autres personnes, comme Moïse Katumbi avec le TP Mazembe, veut conjuguer ses efforts avec d’autres personnes en vue de « donner à la RDC une grande équipe de football. »
C’est une entreprise très ambitieuse qu’est ce projet de la création de l‘Académie Dannebrog RD Congo qui permettra à Jaco Mudingayi « de donner aux jeunes un endroit pour jouer », car, in fine, son « rêve est d’assurer la relève au pays en travaillant avec les jeunes de 10 à 17 ans » pour que chaque année « nous soyons capable de sortir les élites qui feront la fierté de notre pays ». Au passage, il est revenu à la performance de l’équipe nationale zambienne qui a remporté la 28ème édition de « la CAN avec 6 joueurs évoluant dans le Tout Puissant Mazembe .»
Pour Jaco Adam Martin Schou Mudingayi, la performance de l’équipe nationale de Zambie, la RDC est capable de la réaliser, à condition de donner « aux jeunes la place de jouer, la chance d’avoir chacun son ballon pour bien évoluer ».
Académie Dannebrog RD Congo, dont la mission est de détecter, encadrer, former et éduquer les jeunes élites du football de la RDC, est entre des mains expertes. Jaco Mudingayi est un ancien footballeur, même s’il n’a pas atteint le niveau d’autres footballeurs congolais. Originaire de la commune de Ngaliema, à Binza, il a joué dans des équipes kinoises, successivement dans Zakama, Horizon, Pharmagros, avant de s’envoler pour la Belgique où il a évolué dans Malines, Bruges. Après, il est parti pour la France pour jouer dans Caen. Il va se retrouver ensuite au Danemark où il n’a pas eu beaucoup de chance car ayant été victime de beaucoup de blessures au genou. Sa carrière de footballeur en a eu un coup. Aujourd’hui, il a décidé de se consacrer à aider son pays. « Voilà pourquoi 30 ans après, je suis rentré pour faire quelque chose pour les jeunes », a-t-il confié.

1 500 ballons de football pour la jeunesse
Au Danemark où il vit, il vient d’arracher un contrat très intéressant avec l’équipe de Select Danemark. « Je viens d’obtenir un contrat de 1 500 ballons chaque année pour aider la jeunesse. Pour cela, je voudrais que l’équipe nationale redevienne une des plus grandes d’Afrique », a-t-il déclaré. Parmi ses sponsors, on compte Nomeco aps Danemark, AG Kobenhavn, Master sport Frederiksberg Center. Jaco Mundingayi veut que l’Académie ait au moins 3 de ses joueurs dans la sélection nationale de 2018…Excellente ambition.
Le projet qui est au stade de recrutement, est ouvert à tous les jeunes Congolais de 6 à 17 ans, pétris de compétence, de talent. L’ambition est de « sélectionner ceux qui vont se distinguer, tandis que les autres vont rester pour le social…Sachez que le football, c’est aussi le destin. Il peut arriver que tu sois un bon élément, mais si tu n’as pas chance d’aller plus loin. Nous voulons prendre ceux qui auront la chance d’aller plus loin. Ce sont eux qui feront la relève du pays… Voyez les équipes comme Barcelone, Mancester United, qui travaillent avec des jeunes pour assurer leur relève.»
Académie Dannebrog RD Congo dispose déjà d’une concession de 10 hectares situé à Kinkole, dans la commune de la Nsele. La concession abritera toutes les infrastructures de cette école de formation des footballeurs congolais.
Pourquoi le nom danois de Danneborg ? Cet ancien footballeur ambitionne de faire pratiquer le football danois dont il raffole car très offensif. « C’est un football de pression et sa meilleure façon de défendre est d’attaquer… Les jeunes Congolais sont très talentueux et très rapides sur le terrain de football. Le football est intéressant surtout quand il est offensif », nous a-t-il confié, tout souriant. En plus, Danneborg est le symbole du drapeau danois. J’ai donné ce nom car j’aime le football danois qui est offensif...
L’invitation est lancée à « tous les jeunes Congolais » qui veulent faire du football leur carrière. Quant aux Congolais en général, au gouvernement congolais, aux ONG, Jaco Mudingayi sollicite leur soutien et de lui faire confiance…
Aujourd’hui, aucun pays sérieux ne peut prétendre devenir une grande nation de football sans songer à la relève. Qui dit relève, dit formation des jeunes footballeurs. Et qui dit formation des jeunes footballeurs, dit école de formation avec les infrastructures adéquates. Adam Martin Schou Mudingayi Jacko est sur cette voie avec son Académie Dannebrog RD Congo. Au gouvernement congolais de lui prêter main forte pour que son projet réussisse. Pour le bonheur du football congolais et de tous les Congolais.
Kléber Kungu

dimanche 8 avril 2012

Roger Lumbala lâche Tshisekedi

Vive les plénières de l’Assemblée nationale
Roger Lumbala lâche Tshisekedi
A en croire des sources concordantes, 40 des 42 députés élus sur la liste de l'UDPS ont décidé de siéger à l'Assemblée nationale. Le dernier des députés à lâcher Etienne Tshisekedi est Roger Lumbala qui a décidé finalement de siéger à l’Assemblée nationale après avoir pratiqué la politique de chaise vide depuis le début nouvelle législature. De plus en plus esseulé par les siens, le lider maximo est affaibli chaque jour qui passe.
Leader du Rassemblement des Congolais démocrates et nationalistes (RCD/N), parti politique de l’opposition, issu d'une ancienne rébellion, allié de l’UDPS) et dirigeant aussi de la plate-forme dénommée Soutien à Etienne Tshisekedi (SET), Roger Lumbala a enfin décidé, vendredi 6 avril, de prendre part aux plénières de l’Assemblée nationale, en lâchant proprement Etienne Tshisekedi, leader de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), qui rejeté les résultats des élections du 28 novembre 2011 en République démocratique du Congo (RDC) et s'est autoproclamé "président élu" de la RDC.
Ce député élu de la circonscription de Mbuji-Mayi, le chef-lieu de la province du Kasaï oriental (centre), le bastion d’Etienne Tshisekedi, a donné les raisons de sa décision. Il a affirmé s'opposer à la politique de la chaise vide. La grande majorité de l'opposition en RDC est favorable à siéger, en dépit des appels au boycott du président de l'UDPS, a-t-il expliqué.
"Pour ce qui me concerne et mon parti politique, nous devons siéger parce que j'estime que la politique de la chaise vide n'a jamais payé. Je me souviens toujours de l'histoire d'Etienne Tshisekedi. Ils étaient treize parlementaires et ils ont lutté à l'intérieur. Nous, nous sommes plus de cent parlementaires. Est-ce que nous ne pouvons rien faire ? Quand treize parlementaires avaient fait quelque chose en face de nombreux parlementaires…», a déclaré Roger Lumbala.
Aujourd’hui, il s’avère que 40 des 42 députés élus sur la liste de l'UDPS ont décidé de siéger à l'Assemblée nationale, foulant aux pieds le mot d’ordre de M. Tshisekedi. Cette situation de crise risque de provoquer l'implosion du parti, divisé entre deux ailes, ironiquement qualifiées d'"UDPS matérielle" (pour ceux qui privilégient leur mandat) et d'"UDPS spirituelle" rassemblant les proches de M. Tshisekedi.

Tshisekediste
Tshisekediste plus que certains membres de l’UDPS, Roger Lumbala, le président du RCD/N, était considéré par certains observateurs comme étant le directeur de campagne d’Etienne Tshisekedi au plus fort de la période électorale. L’homme avait pris fait et cause pour Etienne Tshisekedi, en l’accompagnant dans presque tous ses voyages lors de sa campagne électorale. Il était également parmi les tous premiers acteurs politiques de l’opposition à arborer un béret (communément appelé monyéré par les Kinois) à la manière d’Etienne Tshisekedi.
Pour mieux faire et montrer sa fidélité envers Etienne Tshisekedi, Roger Lumbala a non seulement mis sa chaîne télévision, Radio Lisanga Télévision (RLTV), au service du leader de l’UDPS, mais il aussi mis sur pied une structure politique dénommée Soutien à Etienne Tshisekedi (SET). Celle-ci a fait élire au moins cinq députés nationaux, dont lui-même.
Pour préparer l’opinion nationale, Roger Lumbala n’a cessé ces derniers jours de multiplier les sorties médiatiques au cours de l’émission « Face au public » sur sa chaîne de télévision pour tenter de justifier ses dernières prises de position. Plusieurs personnes sont loin d’être convaincues par ce discours de séduction.
«Etienne Tshisekedi a annulé les législatives de novembre 2011, je crois qu’il va faire la même chose avec la présidentielle dans les jours à venir parce que les deux scrutins avaient eu lieu le même jour et dans les mêmes bureaux». Ce discours, Roger Lumbala l’avait tenu le samedi 24 mars, au cours de l’émission Face au public diffusée sur sa chaîne. «En attendant qu’il annule la présidentielle, qu’allons-nous faire pour continuer le combat politique ?» s’est-il interrogé, avant d’aligner une autre question: «Voulez-vous que je rate l’immunité parlementaire pour être arrêté comme Chalupa ou Mokia ?»

Auto exclusion
Pour Etienne Tshisekedi, les députés élus sous la bannière de l’UDPS qui ont accepté de siéger au Palais du peuple se sont autoexclus. Le président du Bureau provisoire, Timothée Kombo Nkisi, y compris.
« Tous ceux qui ont décidé de participer à ce forum se sont auto-exclus », a déclaré le président de l’UDPS, lors de la cérémonie de clôture du mois de la Femme (mars) organisée au siège du parti dans la commune de Limete.
« On ne peut pas siéger au Palais du peuple au même moment qu’on reconnaît la victoire du leader de l’UDPS à la dernière élection présidentielle », a fait observer Valentin Mubake, conseiller politique d’Etienne Tshisekedi. Pour lui, « l’expulsion de 42 députés élus de l’UDPS qui siègent au Palais du peuple contre la vision de la hiérarchie n’entamera pas l’ancrage de notre parti sur le plan national ».
Quant aux députés incriminés, la défense est simple : « la politique de la chaise vide n’a jamais payé », arguant que leur « participation aux travaux de l’Assemblée nationale ne vise qu’à rétablir la vérité des urnes, à garantir le bon déroulement de la suite du processus électoral et à obtenir la démission sans condition du bureau de la Commission électorale nationale indépendante ainsi que sa profonde restructuration ».
« La politique de la chaise vide n’a jamais payé », « Siéger à tout prix pour représenter et défendre les intérêts de ceux qui nous ont élus »… Voilà des raisons avancées par ceux qui ont décidé d’abandonner Tshisekedi seul dans sa lutte interminable. Mais comment savoir si leurs motivations ne sont pas plus de ventre que des intérêts du peuple ? Après tout, le but d’un parti politique est de conquérir, exercer et conserver le pouvoir.
Roger Lumbala est un des membres fondateurs du mouvement rebelle pro-rwandais RCD (Rassemblement congolais pour la démocratie), né fin 1998 au lendemain de la rupture entre le président LD Kabila et ses ex-parrains rwandais et ougandais. En 1999, le RCD a connu un schisme. En février 2000, Roger Lumbala a rejoint le RCD-K/ML d’Antipas Mbusa Nyamuisi avant de fonder son propre mouvement politico-militaire dénommé le "RCD-National" avec pour «fief» le territoire de Bafwasende dans la Province Orientale.
Kléber Kungu

mercredi 4 avril 2012

Les rebelles FDLR et APCLS contrôlent la cité de Pinga

Situation sécuritaire inquiétante au Nord-Kivu
Les rebelles FDLR et APCLS contrôlent la cité de Pinga
La cité de Pinga, située à la lisière des territoires de Masisi et Walikalé, au Nord-Kivu est occupée actuellement par les milices de l’Armée patriotique pour un Congo libre et souverain (APCLS) et des rebelles Forces armés pour la libération du Rwanda (FDLR) depuis dimanche 1er avril, les militaires des Forces armées de la RDC (FARDC) ayant abandonné leurs positions défensives dans cette cité pour protester contre le non-paiement de leurs soldes et le manque de ration alimentaire.
Les rebelles FDLR et APCLS venus de Mutongo, localité voisine, contrôlent la cité de Pinga aussitôt que les militaires des FARDC l’ont quittée.
Une fois dans la cité de Pinga, ces forces coalisées se sont mises à brûler le campement des forces loyalistes à Kailenge, à 3 km au Sud-Ouest de Pinga, avant d’occuper le bureau 2 des FARDC et d’autres endroits stratégiques de la cité, apprend-on.
La population civile de cette cité ne s’est pas fait prier pour s’enfuir vers la localité de Katana, à plus ou moins 1 kilomètre de Pinga, tandis que d’autres habitants ont préféré plutôt se masser tout autour du camp du contingent sud-africain de la Monusco.
De leur côté, les chefs coutumiers locaux craignent des représailles en cas de reprise de la cité de Pinga par les militaires des FARDC.
Le porte-parole des opérations Amani Leo, le colonel Sylvain Ekenge, parle d’un abandon de poste par ses militaires et rassure que les unités du 111è régiment des FARDC vont bientôt regagner leurs positions.
Pinga est une cité enclavée en proie aux difficultés sécuritaires et socio-économiques. Elle est située à cheval entre les territoires de Maisisi et Walikale, à environ 200 kilomètres au nord-ouest de Goma. Encadrée d’un bout à l’autre par les rivières Osso et Mwesso, limites naturelles entre Masisi et Walikale, Pinga est restée pendant longtemps sous contrôle des éléments FDLR et Maï-Maï.
L’administration locale sur place dépend à la fois des territoires de Maisisi et Walikale. L’enclavement de la cité rend difficile son fonctionnement. Bashali Mukoto se trouvant entre le territoire de Masisi, les groupements de Kisimba, Ihana et Husala relevant du territoire de Walikale sont les 4 groupements dont la cité est constituée.
Ces villages sont en pleine brousse et connaissent d’énormes difficultés en raison de l’absence totale de l’énergie électrique. Ici, il n’existe aucun réseau téléphonique ou de communication. Les habitants ne suivent l’actualité qu’avec des postes de radio émettant sous ondes courtes. L’unique axe routier qui relie Pinga à d’autres villages de Masisi est en mauvais état. Conséquence: la cité connaît des problèmes d’approvisionnement. D’où la flambée des prix des denrées de première nécessité sur le marché.
Sur le plan sanitaire et de l’éducation, Pinga compte quatre écoles primaires, quatre secondaires, une institution supérieure et un hôpital général de référence ainsi qu’une dizaine de centres de santé. Cette cité est habitée en majorité par deux tribus, à savoir : Nyanga et Hunde. Cette population se nourrit principalement du manioc et de la viande boucanée.
Kléber Kungu

Le Japon accorde 24,7 millions de dollars américains

Projets humanitaires 2012 en RDC
Le Japon accorde 24,7 millions de dollars américains
Le gouvernement japonais accorde une contribution de 24,7 millions de dollars américains à de nombreux projets à caractère humanitaire en faveur de la population de la République démocratique du Congo (RDC). Plusieurs organisations internationales et projets bénéficient de ce financement en 2012. Ce financement est accordé en réponse à l’urgence et à la gravité de la situation de certaines populations civiles, conformément à l’appui du gouvernement japonais en Afrique dans le cadre de la (Tokyo International Conference on African Development (TICAD), Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique.
Au moins six organisations internationales et projets sont bénéficiaires de la contribution du gouvernement japonais. Il s’agit de l’Unicef, du Programme alimentaire mondial (Pam), le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (Onudi) et du Centre de coordination de lutte anti-mines en RDC (UNMACC).
Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) arrache la grande partie du financement nippon pour un montant de 7,9 millions de dollars américains pour des activités multisectorielles en nutrition, santé, éducation et protection de l’enfance. Le cadre de la Réponse rapide aux mouvements des populations (RRMP).
Le Programme alimentaire mondial (Pam) bénéficie de 6 millions de dollars américains pour ses activités dont 5 millions seront mis en place pour l’opération d’urgence dans la Province Orientale, dont l’approvisionnement de cantines scolaires pour les enfants dans les zones les plus sinistrées par le conflit. Le reste du financement – 1 million de dollars américains – servira aux vols UNHAS (United Nations Humanitarian Air Services), service aérien humanitaire des Nations unies.
Quant au HCR, 5 millions de dollars américains lui seront octroyés pour l’opération de rapatriement des réfugiés congolais vivant en République du Congo vers la province de l’Equateur et le rapatriement des réfugiés angolais. Ils serviront également aux activités en faveur des déplacés internes au Nord-Kivu.
Quatre millions de dollars américains financeront les activités 2012 du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en faveur des populations victimes des conflits dans le Sud-Kivu et dans le Nord-Kivu et en Province Orientale.
L’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (Onudi), elle, va bénéficier de 1,3 million de dollars américains pour lui permettre de poursuivre le projet « Création d’un centre technique agri-industriel » installé à Kimpese, dans la province du Bas-Congo. Ce centre est destiné à améliorer la sécurité alimentaire et à promouvoir les petites et moyennes entreprises agroalimentaires congolaises.
Les activités de déminage et d’éducation au risque des mines à Lubutu, dans la province du Maniema et dans le territoire d’Ubundu en Province Orientale, du Centre de coordination de lutte anti-mines en RDC (UNMACC) vont être soutenues à hauteur de 500 000 dollars américains.
Kléber Kungu

mardi 3 avril 2012

Une fille malade du Sida : « Est-ce que je l’air d’être malade ?


Défilé de mode des femmes vivant avec VIH/Sida
Une fille malade du Sida : « Est-ce que je l’air d’être malade ?
« Est-ce que je l’air d’être malade ? Non ! C’est une jeune jolie fille vivant avec le VIH/sida qui pose cette question à la salle pleine comme un œuf. Celle-ci, comme un seul homme répond : « Non ! ». Il est 18 heures 30. La petite salle de réunions du Centre Nganda et ses nombreux invités piaffent d’impatience. Une patience qui dure déjà depuis une demi-heure : aucune femme vivant avec le VIH n’est visible pour le défilé de mode organisé par Médecins Sans Frontières (MSF), en collaboration avec l’Amicale des stylistes de Kinshasa (Amsty), Médecins du monde (MDM) et le Réseau national des organisations d’assise communautaire des PVV (RNOAC). MSF a pris toutes les dispositions pour faire passer les messages : le gros de son personnel sur place porte des tee-shirts noirs frappés de deux messages en blanc « Ne baissons pas les bras en 2012 ! (dos) et « VIH/Sida en RDC, l’urgence ignorée » (devant).
Notre patience va prendre fin 22 minutes plus tard lorsque les organisateurs annoncent le début de ce qui paraît un événement inédit : le défilé de mode des femmes vivant avec le VIH. ‘’Un défilé de mode pas comme les autres’’, a prévenu les organisateurs. Pour mieux faire, les organisateurs ont couplé ce défile de mode aux témoignages poignants.
Lorsque la première fille apparaît au bout de la piste, j’ai de la peine à me rendre à l’évidence : en live une PVV. Rien en elle, ni de ses gestes, n’accuse l’état malade de cette jolie fille. Je lui donne une vingtaine d’années. Lorsqu’elle lance ses dix premiers pas, qu’elle prend soin d’embellir par des éclats de sourire qui ne la quittent pas durant tout le défilé et des gestes de mannequin comme on en voit lors de nombreux défilés de mode, la salle explose de joie qu’elle manifeste par des applaudissements rythmés sur la cadence de la chanson qui accompagne les pas.
Durant près d’une demi-heure, toutes de rouge vêtues, les femmes (femmes et filles) vont défiler au cours d’une première phase du défilé de mode. A la satisfaction de la salle qui ne se lasse pas de les applaudir et de les acclamer frénétiquement. Belles, jolies, toutes souriantes, de toutes les tailles (des grandes, des sveltes, des moyennes), de toutes les grosseurs (des minces, des corpulentes, des élancées), les femmes vivant avec VIH défilent avec des gestuelles qui donnent au défilé une couleur et une chaleur festives.
Toutes gaies, sympathiques, souriantes, ouvertes, éveillées, vives, intelligentes, elles sont cela à la fois. Elles sont une douzaine, celles que je peux appeler des mannequins du VIH. Devant des caméras et des photographies, elles n’ont pas honte de se faire filmer ou photographier. Devant des invités extasiés, elles n’hésitent pas de montrer qu’elles sont des malades comme toutes les autres : quelques secondes d’arrêt ici, là, exhibant un beau corps, le regard bien ouvert, fixant droit les invités. Cela suffit pour arracher des salves d’applaudissements et des cris de joie…
Un défilé conclu par des messages. Chacun lance à la communauté nationale et internationale représentée par de nombreux responsables des ONG ayant la charge la lutte contre le VIH/Sida, un message qui fait le panégyrique des antirétroviraux (ARV) grâce auxquels elles se portent très bien. Et pourtant, elles vivent avec le VIH depuis plusieurs années (de 3 ans à 14 ans de cohabitation avec la maladie).
« Je vis depuis 5 ans avec le VIH. Avec les ARV que je prends, je suis en bonne santé. Nous avons droit à la vie »í, lance l’une d’elles.
Et lorsqu’une autre apparaît pour effectuer le défilé, la salle vibre de cris de joie et d’applaudissements. C’est une grosse femme, bien potelée, qui n’a rien d’une PVV. La tradition voulant qu’une PVV n’ait que les os sur la chair, celle-ci est corpulente ! Elle va défiler en se déhanchant, se dandinant joyeusement…Quelqu’un dans la salle baffe d’envie : « Yoka nzoto ! » (Quel beau corps !, NDLR)
19h30 : Fin de la première partie du défilé de mode. La salle applaudit frénétiquement. Intervient une courte vidéo ‘’La lutte continue’’ dont la fin est bruyamment applaudie par l’assistance. La vidéo, tournée au Centre de Kabinda, raconte le long chemin d’une femme vivant avec le VIH qui sera au courant de cette triste réalité après avoir fait un test de dépistage. Elle a souffert car, faute d’argent, elle n’a pas pu accéder aux ARV dont elle avait besoin. « Que le gouvernement congolais et ses nombreux partenaires disponibilisent les ARV pour aider les malades du Sida de s’en procurer ».
Les « mannequin » vont récidiver à la seconde partie du défilé de mode. Troquant le la tenue rouge en tissu de femme contre d’autres tenues multicolores, les femmes vivant avec le VIH/Sida vont défiler avec le même courage, la même détermination de vivre comme les autres malades. Une autre va pousser son courage jusqu’à porter une voile comme…une mariée. Un message tacitement très clair : elle a droit à la vie comme tous les autres humains de la Terre.

Cri du cœur des PVV
Au-delà du côté du défilé, c’est le cri du cœur des organisateurs auprès de tous ceux qui détiennent le pouvoir financier en les appelant à continuer à aider ces femmes à bien vivre leur vie. Ce sont les messages de ces femmes appelant la communauté à bannir la stigmatisation et la discrimination stéréotypée qu’elle leur colle en raison de leur maladie. C’est aussi les appels pathétiques de plusieurs centaines de malades à la communauté internationale, aux bailleurs de fonds, aux autorités congolaises ainsi qu’à tous les acteurs de santé de ne pas les abandonner. Ainsi que le cri de cœur de certaines ONG impliquées dans la lutte, en l’occurrence l’Union congolaise des organisations des personnes vivant avec le VIH (Ucop+) par la voix de sa secrétaire exécutive.
En janvier, Médecins Sans Frontières (MSF) a lancé une campagne « VIH/Sida en RDC : l'urgence ignorée » pour éveiller l’attention de la communauté internationale, de tous les bailleurs de fonds, du gouverneur congolais, des acteurs de santé ainsi que la communauté congolaise sur la crise humanitaire liée au VIH/Sida en RDC.
Le Dr Anja De Weggheleire, coordinatrice médicale de MSF est revenu en charge. « On estime aujourd’hui à 1,32 million le nombre de personnes vivant avec le VIH/Sida en RDC dont 350 000 qui ont besoin du traitement en ARV [antirétroviraux, NDLR] aujourd’hui, mais seulement 50 000 ayant accès au traitement, donc une couverture sanitaire de 15% seulement. A cela s’ajoute le retrait de l’engagement de certains bailleurs dans le traitement en ARV des PVV », annonce-t-elle.
« Chers représentants des bailleurs de fonds et du gouvernement de la RDC, nous malades du Sida, nous avons encore besoin de votre appui. Notre chance de survie dépend de votre engagement à soutenir les efforts de lutte contre le VIH/Sida », plaide Françoise Kahindo Kaiti, secrétaire exécutive de l’Ucop+, sous les applaudissements de la salle.
La conseillère à la prévention du Centre Bomoyi Bua Sika (BBS) qui accueille et accompagne les enfants de la rue vivant avec le VIH/Sida, pour sa part, va plaider en faveur de cette catégorie de PVV. « Nous demandons d’avoir un regard bienveillant sur les enfants de la rue vivant avec le VIH/Sida et toutes les personnes séropositives car elles ont droit à la vie », implore-t-elle.
L’intervention, mieux le plaidoyer de Clarisse Mawika, superviseur des activités de du Réseau national des organisations d'assise communautaires des PVV (RNOAC) sera très poignant. « Nous demandons aux bailleurs de fonds de se réengager dans notre pays. Nous sommes conscients que la crise mondiale met les Etats et l’effort mondial dans une situation de réduction d’efforts, mais nous venons pour leur confirmer que la situation est très grave en RDC. Nous leur demandons de considérer notre pays comme une priorité. La communauté doit savoir que l’heure est très grave, non seulement pour ceux qui sont infectés, mais pour nos enfants, nos jeunes qui sont beaucoup plus exposés par manque d’informations claires.
Il ne faut pas plus pour que la voix, le cri du cœur des uns et des autres puissent porter loin, très loin, jusqu’aux oreilles des destinataires des messages. Pour que le cœur sensible réagisse en faveur des centaines de milliers de femmes et des hommes PVV en détresse. Qui ont besoin d’espérer encore avec ce défilé de mode pas comme les autres…
Kléber Kungu

Ecoutez les PVV : « Notre chance de survie dépend de votre engagement… »


Campagne « VIH/Sida en RDC, l’urgence ignorée » de MSF
Ecoutez les PVV : « Notre chance de survie dépend de votre engagement… »
Médecins Sans Frontières (MSF) a clôturé à sa manière le mois de la femme : en organisant un défilé de mode des femmes vivant avec le VIH/Sida le vendredi 30 mars au Centre Nganda dans la commune de Kintambo. Plusieurs personnes, toutes des femmes, ont pris la parole à cette occasion pour sensibiliser la communauté internationale, les bailleurs de fonds, le gouvernement congolais sur la nécessité de continuer à aider les PVV à vivre une vie normale, en leur fournissant les ARV dont elles ont grandement besoin. Elles dont la chance de survie dépend de l’engagement du gouvernement congolais et de ses partenaires « à soutenir les efforts de lutte contre le VIH/Sida.»
Françoise Kahindo Kaiti, secrétaire exécutive de l’Union congolaise des organisations des personnes vivant avec le VIH (Ucop+) sera la première à plaider en des femmes vivant avec le VIH /Sida au Nord-Kivu, elle-même PVV.
« Je suis l’une des milliers de femmes du Nord-Kivu qui vivent avec le VIH/Sida. Je suis veuve et porteuse du Sida depuis 1996 », annonce-t-elle devant une salle tout oreille, tout yeux. Elle avoue être infectée par le virus du Sida aussi simplement que le dirait un malade qui souffrirait du paludisme ! « Je suis engagée dans la lutte contre le Sida après la mort de mon mari… J’interviens pour faire connaître au monde la situation des femmes et de toutes les personnes vivant avec le VIH au Nord-Kivu»I, poursuit-elle, imperturbable.
« Nous femmes particulièrement vulnérables au VIH/Sida au Nord-Kivu suite à l’extrême pauvreté dans laquelle nous vivons. 18% des femmes vivent dans la pauvreté avec un revenu mensuel moyen de 10 à 15 dollars… Aujourd’hui, nous femmes représentons plus de 75% des patients dans le service S VIH à Goma et dans les associations, nous représentons plus de 80% des membres».
Ce que Françoise Kahindo Kaiti va expliquer est fort poignant. La situation qu’elle nous présente est fort inquiétante. « Même nous qui bénéficions des ARV, le droit de continuer le traitement se réduit chaque jour suite au désengagement, à la réduction d’appui de principaux bailleurs. Cette situation nous inquiète beaucoup. Quel est l’avenir de 22 636 personnes qui vivent avec le VIH au Nord-Kivu si seulement si 16% des PVV ont accès aux ARV, soit 3 771 personnes sur 22 636 PVV qui ont besoin des ARV au Nord-Kivu ? L’accès au dépistage se réduit de plus en plus, faute d’intrants et de financement…»
Françoise Kahindo Kaiti va implorer les représentants des bailleurs de fonds et le gouvernement congolais de continuer à soutenir toutes les femmes PVV ca « nous malades du Sida nous avons encore besoin de votre appui. Notre chance de survie dépend de votre engagement à soutenir les efforts de lutte contre le VIH/Sida ».
Les témoignages de deux filles de la rue du Centre Bomoyi Bua Sika (BBS), s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, vont présenter les conditions difficiles des enfants de la rue qui mènent une vie ballotée entre la quête quotidienne de la survie conditionnée à la prostitution et les violences subies de la part des hommes en armes et des bandits de tout genre.
Cette vie va les conduire à être infectées par le virus du Sida. Grâce aux équipes mobiles de Médecins du Monde (MdM) France, elles seront informées de leur état sérologique positif après un test de dépistage au Centre hospitalier de Kabinda. Aujourd’hui, elles déclarent être bien portantes avec le traitement des ARV. Mais elles sont inquiètes d’avoir appris que, faute de financement, les bailleurs de fonds sont incapables de continuer à leur assurer les ARV. Aussi implorent-elles les bailleurs de fonds, le gouvernement congolais de continuer à les aider, précisément le président Joseph Kabila et ses collaborateurs d’avoir un regard bienveillant sur leur sort.
Et comment ne pas être touchés par des appels des jeunes filles et des femmes vivant avec le VIH/Sida ? A l’issue de leur défilé de mode, quelques femmes vivant avec le VIH/Sida ont invité tous les bailleurs de fonds et le gouvernement congolais de « donner l’argent pour acheter des ARV en vue d’éliminer le VIH, tout en leur rappelant que la lutte contre le VIH n’est pas finie, qu’elles ont droit d’être en bonne santé. D’autres ont dit non à la stigmatisation, à la discrimination ».
Mes chères sœurs, j’ai admiré votre courage, votre volonté et votre détermination de briser le silence, de sortir de l’ombre pour témoigner de votre vécu. En cette journée de clôture du mois de la femme, le défilé de mode que MSF a organisé en votre faveur m’a placé devant une évidence : après avoir vécu en live ce défilé, j’ai conclu que les PVV, femmes soient-elles, sont comme tous les autres malades.
Kléber Kungu

70 nouvelles villes et 285 communes créées en RDC

Politique de décentralisation
70 nouvelles villes et 285 communes créées en RDC
70 nouvelles villes et communes ont été créées en République démocratique du Congo (RDC). C’est l’ancien Premier ministre Adolphe Muzito qui avait signé les décrets créant ces nouvelles entités administratives. Ces décrets concernent dix provinces du pays, à l’exception de Kinshasa. Ainsi chaque province compte aujourd’hui au moins trois villes et dix communes nouvellement créées.
Par conséquent, le district, la cité et le poste d’encadrement administratif sont d’office supprimés à la faveur d’une circulaire accompagnant tous ces décrets à la base de la création de ces nouvelles entités administratives conférant le statut de ville et de commune à certaines agglomérations des provinces.
Il s’agit du décret n° 012/11 du 18 février 2012 conférant le statut de ville et de commune à certaines agglomérations. Quant à la circulaire, elle porte le n°001/MININTERSECDAT/2012 du 23 février2012 relative à la mise en œuvre de la nouvelle organisation administrative et territoriale de la RDC. Au terme de cette circulaire, les districts, les cités et les postes d'encadrement administratif sont supprimés sur toute l'étendue de la République. La suppression des ces trois structures administratives dans la nouvelle organisation territoriale du pays entraîne ipso facto celle de leurs animateurs. Ceux-ci sont désormais mis à la disposition des ministères sectoriels compétents pour leur gestion administrative.
Pour ce qui est des élections à venir, ledit décret à son article 10 renseigne que ces dispositions n'affectent pas le découpage électoral en ce qui concerne les élections provinciales tel que prévu par la loi N°11/014 du 17 aout 2011 portant répartition des sièges par circonscription électorale pour les élections législatives et provinciales.
Le Premier ministre intérimaire Louis Koyagialo, a porté les précisions selon lesquelles ces nouvelles entités ne modifient pas la cartographie des circonscriptions électorales actuelles.
« La configuration de nouvelles entités ainsi créées ne doit pas porter atteinte aux circonscriptions électorales qui ont servi de base à l’élection des députés nationaux. Un territoire qui voit par exemple son chef-lieu élevé en commune, on ne va pas dire que la commune devient une circonscription électorale pour l’élection d’un député provincial. C’est la circonscription électorale définie par la Ceni qui servira de base à l’élection d’un député provincial », a-t-il précisé.
Voici comment se présente la répartition de nouvelles entités ainsi créées : la Province Orientale compte 18 villes et 44 communes, le Bandundu en a actuellement 12 villes et 41 communes, le Kasaï Oriental : 10 villes et 30 communes. La province du Katanga a 6 nouvelles villes et 24 nouvelles communes, l’Equateur : 5 villes et 22 communes, le Maniema : 5 villes et 19 communes, alors que le Bas-Congo est enrichi de 5 villes et 12 communes, le Kasaï Occidental compte en plus 3 nouvelles villes et 37 nouvelles communes. La province du Nord-Kivu est dotée de 3 nouvelles villes et 32 nouvelles communes, tandis que le Sud-Kivu 3 villes et 24 communes.
L’application des décrets du Premier ministre Adolphe Muzito intervient au moment où l’attention des Congolais est focalisée sur d’autres priorités que la décentralisation politico-administrative de leur pays.
Créer de nouvelles villes et de nouvelles communes sans infrastructures de base, sans routes, sans bureau administratifs, sans écoles viables, est-il la priorité d’un gouvernement qui se bat sur plusieurs fronts plus prioritaires les uns que les autres, quel dividende, quels avantages à tirer d’une telle configuration ? S’interrogent certains Congolais avisés.
Alors que les vieilles villes comme la capitale Kinshasa peinent à reprendre sa place d’antan pour se maintenir au rang des villes modernes, alors que nous sommes réputés à construire de nouvelles choses qu’à entretenir les vieilles, pourquoi prioriser la création de nouvelles entités administratives qui vont nous poser plus de problèmes que de solutions ?
Pourquoi créer des villes et des communes qui n’ont ce statut que le nom car non viables, ne respectant aucune norme urbanistique, sans eau, sans électricité ?
Voilà autant de questions qui démontrent que la création de ces nouvelles entités administratives en ce moment où le gouvernement a d’autres priorités nous paraît ne pas être à l’ordre du jour.
Kléber Kungu