lundi 10 septembre 2012
Plus de 2500 personnes violées en 6 mois
Nord-Kivu
Plus de 2500 personnes violées en 6 mois
Plus de deux mille cinq cents personnes ont été violées entre janvier et juin 2012 dans la province du Nord Kivu, selon le rapport de l’ONG Heal Africa présenté lundi 10 septembre à Kinshasa. De ce nombre, 30% sont des enfants.
Le directeur programme de cette structure, Jean-Robert Likofata, s’est étonné que les victimes se comptent de plus en plus parmi les mineures et que les auteurs soient des civils.
Jean-Robert Likofata a ajouté que la ville de Goma a enregistré plus de cas de violences que d’autres provinces.
« Quand nous voyons uniquement à l’hôpital Heal Africa à Goma, la tendance est encore plus grave ! 70% des cas des violences sexuelles enregistrés à l’hôpital de Goma concernent des filles mineures. L’autre fait ce que les acteurs des viols sont de plus en plus devenus des civils », a-t-il déclaré.
Trois facteurs sont à la base de l’aggravation de cette situation, a fait remarquer le communiqué de l’ONG Heal Africa. Selon ce rapport, cette augmentation est due à l’abus de pouvoir, à l’impunité et à l’échec de la réinsertion des ex-démobilisés.
En effet, les militaires ont souvent été accusés de viol. Le lieutenant colonel Maï-Maï, Sadoke, âgé d’une trentaine d’années a été poursuivi en 2010 pour viol massif sur 154 femmes à Walikale, toujours au Nord-Kivu. Un record fort déplorable !
En 2007, deux mille neuf cents cas de violences sexuelles ont été enregistrés à Goma. Le Fonds des Nations unies pour la population (FNUP) avait dénoncé le manque d’impunité des auteurs de ces violences sexuelles.
Le Nord-Kivu n’est par la seule province où des cas des violences sexuelles sont enregistrés. En Province Orientale par exemple, la société civile de Basoko et Yahuma a recensé plus de cent cas de viols sur mineures entre avril et août 2012 dans ces deux territoires du district de la Tshopo.
A tout prendre, c’est généralement dans des provinces à forte insécurité, principalement les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et Orientale que le nombre des cas de viols va croissant. Cependant, les villes comme Kinshasa et d’autres centres urbains sont aussi frappés par cette sorte de phénomène.
A Kinshasa, par exemple, il ne se passe pas un seul jour sans qu’on n’enregistre un cas de viol dans les quartiers des communes de cette capitale. L’obscurité due au manque de courant électrique dans la plupart des quartiers de la capitale, l’impunité dont bénéficient les auteurs de viol, la corruption qui gangrènent l’appareil judiciaire…restent les principales causes.
Kléber Kungu
Francophonie : au secours, le français est en péril !
Francophonie : au secours, le français est en péril !
Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC) va abriter du 12 au 14 octobre le 14ème sommet de la Francophonie. « Les pays ayant le français en partage», selon l'expression consacrée depuis 1970, vont se réunir de nouveau, cette fois-ci, à Kinshasa, capitale d’un pays francophone le plus peuplé au monde. Au total 75 Etats et gouvernements de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), dont 56 membres et 19 observateurs.
Ces pays, dont la RDC, partagent entre autres valeurs, le français. Mais de quelle manière, dans ce pays qui va accueillir le 14ème sommet de la Francophonie ?
Aujourd’hui, cet outil de communication est fort en danger ; il est en péril. Ses utilisateurs le massacrent. Dans le parler comme à l’écrit, la langue de Voltaire subit des massacres à grande échelle. Les massacres sont tels que la sonnette d’alarme mérite d’être tirée. Mon initiative procède de cette volonté. Surtout dans un pays où le parler a pris le dessus sur l’écrit, où on lit de moins en moins, sinon, pas du tout, où ceux qui ont l’habitude de communiquer en parlant passent ou se font passer pour les meilleurs communicateurs du monde, en estimant que ceux qui écrivent – le monde médiatique en est fort marqué ! – sont des sous communicateurs, le français n’a pas de vie assez longue…
Nous nous sommes donné le plaisir, pardon le devoir, d’en recenser quelques-uns que nous nous en allons mettre sur la place publique, pardon sur la place de la Francophonie. Pour que celle-ci nous aide à sauver cette belle langue, malheureusement si capricieuse et si truffée de pièges qu’il faut beaucoup de vigilance et de connaissance pour les découvrir et les contourner.
Le problème est si important qu’à dater de ce jour, L’Observateur s’engage à ouvrir une rubrique qui va étaler, une fois la semaine, l’étendue des massacres que subit la langue que nous francophones partageons ensemble.
Chaque locuteur – qui a choisi le français comme langue officielle ou qui a eu la chance de naître, sans le vouloir, dans un pays francophone, a le devoir de pérenniser la durée de sa vie.
Stendhal assurait que le premier instrument du génie d’un peuple, c’est sa langue. Tout le monde parle, mais tout le monde ne sait pas comment il parle, s’il parle bien ou non. Quel bon usage ou tout simplement quel usage notre époque fait-elle de la langue française, ce magnifique outil poli par les ans et les poètes, et mis à la disposition de tous, comme l’eau courante ?
Cette réflexion sur l’état de la langue, on peut la faire en grammairien, en sociologue, en sémiologue – en un mot : en savant. On peut aussi la faire en honnête homme, amoureux des charmes de la langue française, de ses mots et de ceux qui les manient, sans autre considération que celle du bon langage, qui permet de comprendre, d’être compris et éventuellement d’adoucir le cours du monde.
C’est en « amoureux des charmes de la langue française, de ses mots et de ceux qui les manient, sans autre considération que celle du bon langage, qui permet de comprendre, d’être compris et éventuellement d’adoucir le cours du monde » que nous voulons apporter notre pierre pour colmater les brèches que nous ne cessons d’ouvrir dans l’édifice appelé français.
Kléber Kungu
Gombe : Coup circuit etumbi cabine
Coup circuit etumbi cabine (Le coup circuit endommage la cabine, NDLR). A première vue, sans beaucoup d’attention, cette courte phrase lue sur Kin Makambo, l’émission phare sur Molière TV, le 21 août 2012, on la croirait parfaite. Que non. Une fois les yeux bien ouverts et l’attention soutenue, la faute saute aux yeux : le rédacteur de ce titre a voulu dire court-circuit – deux mots intimement reliés par un trait d’union, au lieu de Coup circuit qui n’existe pas encore !
Le dégât causé est d’autant plus dangereux et profond que Kin Makambo est l’une des émissions les plus suivies par les Kinois. Heureusement, l’analphabétisme aidant de la majorité de ceux qui ont fait de Kin Makambo leur émission de prédilection, il y a plus de chance que cette faute soit passée inaperçue. Sinon, elle a eu pour effet de jeter beaucoup de doute dans la mémoire de ceux qui maîtrisent peu la langue de Voltaire.
Molière TV a donc le devoir de réaliser une autre émission pour nettoyer la mémoire de ses téléspectateurs qu’elle a court-circuitée en y bourrant beaucoup de « coup circuit » !
Kléber Kungu
dimanche 9 septembre 2012
Paie de fonctionnaires de l’Etat à Yahuma : dénonciation de l’opération retour
Province Orientale
Paie de fonctionnaires de l’Etat à Yahuma : dénonciation de l’opération retour
Les agents et cadres de la Fonction publique de Yahuma, en Province Orientale dénoncent ce qu’ils appellent « opération retour » dans leur paie. Ils ont révélé au député national, Patrick Bombelosanda, élu de Yahuma pour le compte du PPRD, qu’une somme de 3 000 FC est déduite chaque mois sur leurs salaires par les comptables qui assurent leur paie.
Dans le cadre des vacances parlementaires, le député Patrick Bombelosanda s’est rendu dans sa circonscription électorale pour écouter les différents problèmes de ses électeurs ainsi que leurs attentes.
Au cours d’une rencontre organisée à cet effet dans la chapelle de l’Eglise catholique locale, à laquelle plusieurs personnalités ont pris part, dont l’Administrateur du territoire assistant, en charge de l’administration et questions financières, du chef de bureau, des agents et fonctionnaires de l’Etat, ainsi que les forces vives de Yahuma, l’élu de Yahuma a appris une litanie de dénonciations.
Cette occasion a permis au député Patrick Bombelosanda Baluma d’apprendre des révélations accablantes sur le calvaire qu’endurent les agents et fonctionnaires, parmi ses électeurs. Selon les agents et fonctionnaires de l’Etat de Yahuma, à chaque paie, des ponctions de l’ordre de 3 000 FC sont faites sur le salaire de chaque agent et fonctionnaire.
Ceux-ci ont accusé les comptables d’Etat de pratiquer l’opération retour qui consiste à envoyer à Kinshasa un pourcentage important de la somme totale ainsi collectée.
Usant de la prudence et par souci de disposer des preuves, l’élu de Yahuma a dû faire filmer cette rencontre dont il a ramené à Kinshasa des supports audiovisuels (CD) à faire passer à la RTNC.
Le député national Patrick Bombelosanda a également appris de la population que le coût de la réhabilitation de l’Hôpital général de référence de Yahuma ne reflète pas la réalité. En effet, selon ceux qui ont été chargés de réaliser la réhabilitation de cet hôpital, les travaux ont coûté…1 million de dollars qu’ils ont coûté.
Au nombre de dénonciations faites par la population de Yahuma, il y a également la paie trimestriel d’une pension l’INSS de moins de un dollar aux retraités.
A ce sujet, le député Patrick Bombelosanda a promis d’interpeller toutes les personnalités concernées par ce dossier par des questions orales pour tirer cette situation au clair.
Auparavant, l’élu de Yahuma a rendu compte à ses électeurs l’essentiel de ce qu’a été la session parlementaire du mois d’avril. A la grande satisfaction de ceux qui l’ont envoyé plaider leur cause à l’Assemblée nationale.
Retenez que le député Patrick Bombelosanda est un ancien fonctionnaire de l’Etat. Une raison de plus de mieux connaître les mauvaises pratiques qui gangrènent la Fonction publique et, par conséquent, d’être plus regardant sur ce secteur.
Kléber Kungu
Lutte contre la LRA : Dominic Ogwen n’est pas mort
Contrairement à ce qui a été publié dernièrement
Lutte contre la LRA : Dominic Ogwen n’est pas mort
Alors qu’il était donné pour mort depuis le 27 août, Dominic Ogwen, le numéro 3 de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) est bien vivant. Il a pu échapper à la capture en République de Centrafrique par l'armée ougandaise qui l’a déclaré jeudi 6 septembre.
Le colonel Felix Kulayigye, porte-parole de l'armée ougandaise, a déclaré que les troupes ougandaises qui traquent la LRA dans les jungles de République centrafricaine avaient affronté de près mardi Dominic Ogwen, qui est recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité.
Cependant Dominic Ogwen a survécu au combat mais l'un de ses combattants a été tué et un autre a été blessé dans l'affrontement.
L’officier ougandais a promis de poursuivre la traque autour de Dominic Ogwen jusqu'à ce qu'il ait été capturé ou tué, notant qu'il s'agissait de la deuxième escarmouche entre les escouades en moins d'un mois.
Ces affrontements avec ce rebelle à la solde de Joseph Kony, le numéro de la LRA surviennent alors que des reportages récents indiquent que la LRA aurait enlevé 55 personnes en RCA.
L'officier haut gradé de la LRA Caesar Acellam avait été capturé par les troupes ougandaises en mai de cette année, à la frontière entre la République démocratique du Congo (RDC) et la RCA.
Cependant, le chef de la LRA, Joseph Kony, recherché par la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, est toujours en cavale, en dépit de la pression de la traque qui est faite sur ses hommes.
L'armée ougandaise, soutenue par les troupes américaines, traque les rebelles de la LRA dans le nord-est de la RDC et en RCA.
L'Union africaine a promis de déployer en début de cette année une force régionale comprenant 5 000 hommes pour traquer cette troupe qui sème le chaos le long des frontières de RDC, de RCA et du Soudan du Sud.
Pendant plus de vingt ans jusqu'en 2006, la LRA a semé le chaos dans le nord de l'Ouganda, tuant des dizaines de milliers de personnes, enlevant plusieurs centaines d’autres, surtout les femmes, en faisant d’elles d’esclaves sexuels, et des porteurs, mutilant d’autres et faisant plus de deux millions des sans-abri.
Suite à l’intensité de la traque exercée sur eux, les hommes de Joseph Kony ont fui le pays par le Soudan du Sud et sont désormais retranchés dans les jungles de RDC et de RCA, en oéprant par petits groupes ; une tactique qui leur est très avantageuse.
Kléber Kungu
Force neutre : (peut-être) encore trois mois d’attente
Kampala II
Force neutre : (peut-être) encore trois mois d’attente
Verra le jour ou ne verra pas le jour ? Bien des Congolais se posent – avec raison – cette question au regard de ce qui vient de se passer à Kampala, capitale de l’Ouganda où s’est tenu, durant deux jours (les 7 et 8 septembre) le sommet des chefs d’Etat de la Conférence internationale sur la région des Grands lacs. Les Congolais, ceux de l’Est en particulier, doivent encore attendre trois longs mois pour voir – peut-être – le déploiement de la Force neutre internationale à la frontière entre la RDC et le Rwanda et dont la mission est de lutter contre les groupes armés actifs dans cette partie de l’Afrique comme les rébellions du Mouvement du 23 mars (M23) et des FDLR.
Le communiqué final rendu public à l’issue de Kampala II indique que les présidents de la sous-région ont demandé à leurs ministres de la Défense de se réunir « très vite pour travailler à l’opérationnalisation de la force internationale neutre, en vue de la déployer dans un délai de trois mois ».
Les chefs d’Etat des Grands lacs ont approuvé la proposition de leurs ministres de la Défense qui avaient suggéré au cours de leur rencontre à Goma en août dernier de placer la force neutre sous le mandat de l’Onu et de l’Union africaine.
Le comité des ministres de la Défense élargi aux 11 pays de la CIRGL doit convoquer une réunion dans un bref délai. Les moyens financiers, techniques et logistiques seront déployés sous un mandant de l’Union africaine et des Nations unies.
Les quatre pays de la CIRGL qui, eux siègent au Conseil de sécurité de l’Union africaine, (Angola, Congo Brazzaville, Kenya et Tanzanie) ont reçu mission de saisir cette instance sous la coordination de l’Ouganda.
Une requête sera introduite par le président en exercice de la Conférence internationale des pays de Grands Lacs, l’Ougandais Yoweri Museveni, auprès des Etats africains et partenaires régionaux et internationaux en vue d’obtenir un appui financier et logistique.
A la question humanitaire, après la promesse d’un million de dollars pour la contribution de l’Ouganda, La République démocratique du Congo vient de souscrire avec le même montant, pendant que la Tanzanie, le Kenya viennent de décider de contribuer avec un demi million des dollars chacun. Ces fonds seront gérés par une agence humanitaire compétente, précise la déclaration de chef d’état membre de la CIRGL sur la situation sécuritaire de l’Est de la RDC au cours du troisième sommet qui a tiré ses rideaux ce samedi 8 septembre tard dans la nuit.
Naissance incertaine
Une force dont la naissance reste encore très incertaine, d’autant plus que les questions cruciales, notamment celles relatives au financement et à la constitution de cette force internationale restent encore sans réponse. A ce jour, seule la Tanzanie vient de s’engager à contribuer avec ses troupes aux effectifs de cette force qui sera déployée au Nord-Kivu et Sud Kivu, deux provinces les plus chroniquement instables en raison de nombreux groupes armés qui y pullulent.
Au sujet du financement de cette force, Abou Moussa, représentant spécial du secrétaire général de l’Onu pour l’Afrique centrale, reste très évasif lorsqu’il affirme que les gouvernements de la sous-région vont certainement contribuer, ajoutant que ces dirigeants « vont aussi faire le tour d’un certain nombre de pays africains qui seraient prêts à les aider », concluant qu’« Il est évident qu’ils vont également se tourner vers l’Union africaine et l’Onu pour un appui financier.»
Il n’y a aucun doute que, si la plupart des pays membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs – en tout 11 pays – avaient approuvé à l’unanimité, au cours de Kampala I, l’idée de déployer cette Force à la frontière entre la RDC et le Rwanda, lorsque viendra le moment de passer à l’acte, c’est-à-dire de mettre la main à la poche pour financer cette Force et de contribuer à la constitution de cette Force d’au moins de 4 000 hommes, beaucoup de temps va s’écouler sans qu’un seul dollar ne tombe dans la caisse et que les effectifs requis pour permettre le déploiement de la Force.
Par ailleurs, le président ougandais, Yoweri Museveni, a été chargé de discuter avec les rebelles du M23 qui sont aux prises avec les militaires congolais depuis le mois de mai dernier dans la province du Nord-Kivu. Entre temps, un nouveau sommet des chefs d’Etat des Grands lacs a été programmé dans un mois.
Lors de Kampala I, les 7 et 8 août derniers, les discussions sur les modalités pratiques du déploiement de cette force avaient achoppé sur sa nature et sa composition. Les discussions étaient difficiles entre la RDC et le Rwanda. Kigali voulait une force régionale, alors que Kinshasa plaidait pour une force internationale qui agirait sous un mandat modifié de la Mission de l’Onu pour la stabilisation en RDC (Monusco) qui est présente dans le pays depuis plus d’une décennie.
A tout prendre, Kampala II, comme Kampala I, a une nouvelle fois échoué samedi 8 septembre à définir les contours de cette force tant attendue pour être déployée dans l’est de la RDC en proie à une nouvelle poussée de violences depuis avril.
Comment parler d’un succès lorsque seuls trois présidents ont répondu samedi 8 septembre présents à l’invitation de leur homologue ougandais Yoweri Museveni : le Congolais Joseph Kabila, le Tanzanien Jakaya Kikwete et le Sud-Soudanais Salva Kiir, dont le pays n’est encore qu’un futur membre de la CIRGL Le grand absent ayant été le Rwandais Paul Kagame, dont le pays est accusé par la RDC et l’Onu de soutenir militairement les mutinerie du M23 qui affronte l’armée régulière congolaise depuis le printemps dans l’est de la RDC, région chroniquement instable.
Comment être optimiste quant à l’avenir de cette Force pour lequel communiqué de la CIRGL publié à l’issue de la réunion en apportait encore peu d’éléments, sinon qu’elle serait déployée “sous un mandat de l’UA et des Nations unies”.
Suspicions
Le sommet de Kampala II s’achève alors que plusieurs militaires des forces spéciales rwandaises qui se sont retirés du territoire de Rutshuru au Nord-Kivu sont accusés par la Société civile de cette province de se rallier au M23.
Selon le vice-président de la société civile du Nord-Kivu, Omar Kavota, ces militaires rwandais se seraient relocalisés vers d’autres villages et se seraient ralliés aux rebelles du Mouvement du 23 mars (M23).
« Plusieurs témoignages renseignent que ces troupes auraient quitté Rutshuru pour se relocaliser vers d’autres localités comme Bunagana, et d’autres seraient partis à Ishasha », a-t-il déclaré Omar Kavota.
Les militaires congolais et de l’armée rwandaise ont quitté vendredi 31 août les villages de Katwiguru, Kiseguro et Kaunga dans le territoire de Rutshuru. Certaines positions abandonnées par les militaires rwandais ont été occupées par le M23 à Kiseguro.
Omar Kavota exprime aussi beaucoup d’inquiétude sur de nouvelles alliances du M23 avec certains combattants locaux de Rutshuru, dont un groupe armé dénommé Maï-Maï M23 basé sur l’axe Kiwanja-Ishasha. « Nous sommes également alertés du renforcement des effectifs des éléments rwandais en appui au M23 dans plusieurs localités », a-t-il prévenu.
Aussi le vice-président de la société civile invite-t-il l’Union européenne et les Etats-Unis à prendre des sanctions contre le Rwanda « de manière à l’amener à abandonner son soutien au M23 ».
Le retrait des troupes rwandaises déployées à Rutshuru intervient au moment où Kinshasa accuse Kigali de soutenir le M23. Ces troupes étaient déployées depuis février 2011 pour la traque des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), un groupe rebelle rwandais opérant sur le sol congolais.
Beaucoup d’analystes avisés restent sceptiques quant la concrétisation de cette belle idée de déployer une Force dans la partie orientale de la RDC. Car, se disent-ils, si vous-mêmes vous n’êtes pas à mesure de défendre votre territoire, quel garantie avez vous que les autres viendront combattre pour vous? Ils croient qu’il ne faut pas être si naïfs pour croire qu’un pays peut accepter facilement d’envoyer ses propres enfants mourir pour les autres.
Mettre en place une armée républicaine, disciplinée, dissuasive, parce que bien équipée, bien rémunérée reste la seule voie de sortie à cette problématique. Qui semble coller à la peau congolaise puisque datant de plusieurs années. Le recrutement en cours peut-il apporter la solution ? Il ne faudra pas cependant que la hiérarchie militaire tombe dans le piège de la quantité au détriment de la qualité. Kinshasa est plein de désœuvrés, dont les enfants de la rue et les kuluna. Il ne faudra pas que, faute de mieux, qu’elle recoure à cette catégorie de jeunes pour vite remplir les rangs des FARDC.
Lors de son tout récent séjour dans la Région, à Kinshasa et à Kigali, le vice-Premier ministre belge et ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, parlant de la situation en RDC et au Rwanda, a lâché quelques petites phrases, parfois peu diplomatiques, qui doivent nous interpeller. En voici quelques-unes : A propos des mutins : « il faut mater les mutins ». « Il faut les reconvertir, ailleurs que dans l’armée » , et à propos de l’armée congolaise : « A force d’intégrer les indisciplinés, c’est l’indiscipline elle-même que l’on intègre »
Attendant la tenue de Kampala III le 8 octobre 2012, mais la naissance et le déploiement de la Force, les Congolais, particulièrement ceux de l’Est, doivent encore prendre leur mal en patience.
Kléber Kungu
jeudi 6 septembre 2012
10 miliciens du MRPC tués par les FARDC à Djiba
Ituri/Province Orientale
10 miliciens du MRPC tués par les FARDC à Djiba
Les militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont tué dix éléments du Mouvement de résistance populaire du Congo (MRPC), une nouvelle milice de l’Ituri, dans des combats qui les ont opposés dans la nuit de mardi 4 à mercredi 5 septembre à Djiba, à environ 140 kilomètres au Nord de Bunia dans la Province Orientale. D’autres miliciens ont été également capturés, selon le commandant de la zone opérationnelle des FARDC en Ituri, le colonel Fal Sikabwe.
Selon le colonel Fal Sikabwe, cité par radiiokapi.net, après avoir démantelé des positions des miliciens, les FARDC ont récupéré neuf armes individuelles, une lance-roquette et ses deux bombes, une arme du type PKM ainsi que 100 kilogrammes des munitions.
De son côté, Eric Dedonga, le président du Mouvement de résistance populaire du Congo (MRPC), dément toutes ces informations. Il a affirmé que les forces loyalistes sont arrivées à Djiba mardi pendant que ses hommes venaient de quitter la localité quelques heures plutôt et qu’il n’y a pas eu des combats. Il a indiqué que les militaires congolais ont tiré des coups de feu en l’air pour donner l’impression de combattre.
Ce sont des officiers déserteurs de l’armée congolaise et d’anciens miliciens qui ont créé, au mois d’août dernier, ce nouveau groupe armé dénommé le Mouvement de résistance populaire du Congo (MRPC) dans le district de l’Ituri en Province Orientale. Ils réclament notamment le départ du procureur de la République et du commissaire de district.
Les responsables militaires ont affirmé être au courant de l’existence de ce nouveau groupe armé et promis de le neutraliser.
Eric Dedonga, juriste et défenseur juridique, et Jules Musafiri, ancien milicien de l’UPC, sont respectivement le président et le chef d’état-major général de ce mouvement.
En mai dernier, avec d’autres miliciens, ils ont été les initiateurs de la Coalition des groupes armés de l’Ituri (Cogai), dirigée par le chef milicien Cobra Matata. Au MRPC, ces miliciens se sont associés à certains officiers militaires qui ont fait défection le mois dernier.
Les miliciens du MRPC accusent le gouvernement de détourner les impôts payés par certaines entreprises minières comme AGK et Mwana Africa. Ils exigent aussi une enquête sur la mort de Floribert Kisembo, un général des FARDC mort en 2011.
La Coalition de groupes armés de l’Ituri (Cogai) créée en mai dernier réclamait une amnistie en faveur de tous les miliciens opérant en Ituri et la reconnaissance de ce district comme province de la RDC ainsi que le départ du colonel Fal Sikabwé, actuel chef de la région militaire de l’Ituri, l’accusant d’avoir assassiné le général Floribert Kisembo.
Kléber Kungu
Plus de 11 millions d’élèves reprennent le chemin de l’école primaire
Rentrée scolaire 2012-2013
Plus de 11 millions d’élèves reprennent le chemin de l’école primaire
Les élèves ont repris officiellement le chemin de l’école le 3 septembre 2012 sur toute l’étendue de la RDC, même si cette rentrée n’était pas effective. Plus de 11 millions d’écoliers de 6 à12 ans, dont 46% de filles, sont inscrits à l’école primaire au titre de l’année scolaire 2012-2013.
La rentrée scolaire 2012-2013 est fixée au 3 septembre, mais la réalité sur le terrain s’est présentée autrement, d’autant plus que bien des écoles n’ont pas reçu assez d’élèves le jour de la rentrée.
Toutefois, l’enseignement congolais reste tributaire de nombreux défis. Le non-respect de l’âge officiel d’inscription (6 ans), le manque de salles de classe, l’insuffisance des manuels scolaires, la démotivation des enseignants, la précarité socio-économique des parents ainsi que l’insécurité et les déplacements répétés dans l’Est du pays constituent les principaux facteurs qui sont à l’origine de la non-scolarisation ou déscolarisation des enfants. Nombreux sont les enfants qui sont inscrits à l’école plus tard que l’âge officiel d’inscription – 6 ans – ce qui réduit leurs chances de réussite scolaire par la suite.
La rentrée scolaire est donc le moment de lancer un appel à tous les partenaires de l’enseignement, notamment les parents, le gouvernement, les entreprises privées et les communautés, en les encourageant à pleinement assurer leur responsabilité de garantir le droit à l’éducation pour tous les enfants sur le sol congolais, note le communiqué dont L’Observateur a obtenu copie.
« Les enfants sont le futur du Congo »
« L'éducation constitue un droit fondamental: chaque enfant, fille ou garçon, y a droit. Il est indispensable au développement des individus comme des sociétés, et est un des garants principaux du développement et de la prospérité des nations. » a déclaré la Représentante de l’Unicef, Barbara Bentein. « Les enfants sont le futur du Congo. L’avenir du pays ressemblera à l’éducation qu’ils ont reçue ».
A l’Est du pays, l’aggravation de la crise humanitaire a contraint plus d’ 1,1 millions d’enfants à vivre en situation de déplacement perpétuel dont 690 000 sont en âge d’aller à l’école primaire. L’occupation des écoles par des déplacés ou des groupes armés conduit à l’interruption des études ainsi qu’à la destruction et au pillage du mobilier et des fournitures scolaires. Au Nord Kivu, 258 écoles ont été pillées ou brûlées depuis avril, une situation qui met en péril la rentrée d’environ 60 000 enfants.
Ensemble avec ses partenaires l’Unicef appuie le gouvernement congolais à renforcer l’accès et la qualité de l’enseignement primaire. Ainsi, au titre de l’année scolaire 2012-2013 des kits scolaires ont été fournis pour plus de 970,000 élèves et 22,600 enseignants. L’Unicef assure la formation continue des inspecteurs, directeurs d’école et enseignants, la construction et réhabilitation des salles de classe et leur équipement en mobilier.
A travers les séances d’éducation parentale, l’équipement des Espaces communautaires d’éveil (ECE) et la formation des encadreurs l’Unicef facilite la préparation scolaire des enfants, ajoute le document.
Le gouvernement congolais a ratifié en 1990 la Convention relative aux droits des enfants (CDE). En le faisant, le gouvernement congolais s’est engagé à garantir les droits des enfants dont celui relatif à l’éducation gratuite.
Conscient du fait que les frais de scolarité constituent un obstacle majeur à la scolarisation de nombreux enfants, le gouvernement travaille sur une politique visant à éliminer cette barrière et à avancer progressivement vers la gratuité de l’école primaire, afin d’accélérer l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) et de l’Education Pour Tous (EPT). En 2011 la décision a été prise d’augmenter la part du budget de l’Etat consacré à l’éducation jusqu’à hauteur de 13% ; une avancée significative mais toujours insuffisante compte tenu des défis qui sont en jeux.
Les efforts louables du gouvernement pour élargir l’accès sont à encourager et à soutenir. Cependant, la qualité de l’éducation mérite une attention particulière afin que les efforts fournis en amont puissent produire les effets escomptés. Le taux d’achèvement reste faible avec 56,7% (Annuaire statistique 2009-2010), des nombreux redoublements et abandons, selon un communiqué de presse publié par l’Unicef le 5 septembre.
Kléber Kungu
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