Processus électoral
Tout le monde souhaite des élections apaisées
« Des élections apaisées », voilà le leitmotiv qui revient sur les lèvres de la plupart des Congolais épris d’esprit pacifique. Des personnes aussi bien physiques que morales ne jurent que par des élections apaisées. Pour cela, tout se fait pour que le vœu des uns et des autres se réalise : séminaires, colloques et autres formations sont mis à contribution comme moyens d’y parvenir. Tout récemment, les confessions religieuses ont lancé un appel pour des élections apaisées.
La plate-forme de chefs des confessions religieuses en République démocratique du Congo (RDC) s’est réunie le mardi 9 août à Kinshasa et a appelé les Congolais à organiser des élections apaisées. Le rapporteur de cette plate-forme, l’abbé Léonard Santedi, invite les candidats à s’engager dans les prochains scrutins sur base d’un projet de société, selon Radio okapi.net
«Les candidats devront s’en tenir au verdict des urnes. Les acteurs politiques doivent faire preuve de vertu démocratique », a lancé l’abbé Léonard Santedi au nom de tous les chefs religieux de sa plate-forme.
Pour cet homme de Dieu, le gouvernement est appelé à faire de la réussite des élections un point d’honneur et à prendre des mesures sur la transparence des sources de financement de la campagne. L’abbé Léonard Santedi appelle aussi le gouvernement à sécuriser la population et les candidats tout au long du processus électoral.
La société civile congolaise s’est également investie pour avoir des élections apaisées dénuées de toute violence. Elle s’est engagée, par conséquent, à mener une campagne pour la paix lors des prochaines élections. A ce sujet, un atelier d’information et de sensibilisation sur le mandat de la Monusco et le rôle de la société civile dans le processus électoral a été dernièrement organisé. Les participants à cet atelier ont déclaré vouloir des élections apaisées.
Les membres des ONG, associations et syndicats, qui ont participé à cet atelier, ont estimé que la paix est l’unique bien précieux qu’il faudrait préserver lors des prochaines élections, selon la même source.
Junior Tshiteya, manager de l’ONG Washiba, a affirmé que la paix est une valeur fondamentale qui fédère tout le monde et va au-delà de tous les intérêts politiques. «Les autres [formations politiques] mèneront des campagnes pour leurs candidats respectifs. Nous, nous mèneront une campagne pour la paix,» a-t-il déclaré, indiquant que les femmes allaient être les responsables de cette campagne. Tout en demandant aux femmes de se mobiliser et de prendre conscience que «c’est à elles de garantir la paix», le numéro un de l’ONG Washiba a précisé que selon la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies, les femmes demeurent « le socle préventif des conflits ».
«Nous voulons prévenir un conflit électoral et nous voulons que les femmes s’y mettent», a-t-il prévenu.
Comme ragaillardies par l’invitation de l’ONG Washiba, les femmes, réunies dans un réseau des femmes défenseurs des droits des humains, ont plaidé pour des élections apaisées. La présidente de l’ONG «Femme Solidaire pour la paix et le développement», Desy Furaha, dont le réseau s’était réuni autour de la problématique des droits des femmes en RDC, en début d’août,
a affirmé qu’en RDC, les femmes ont été les principales victimes des conflits armés, estimant que les femmes voulaient des élections pacifiques pour ne pas retomber dans des guerres civiles.
Au mois de juillet, une série d’ateliers de formation pour des élections démocratiques et apaisées avaient été organisées dans la province de l’Equateur.
La sous-section de Gemena de la section électorale de la Monusco avait organisé un atelier de sensibilisation à l’opération d’enrôlement des électeurs auquel avaient pris part cinquante personnes. Celles-ci étaient issues des associations féminines, de la société civile et des partis politiques. Les notables et les autorités administratives y avaient participé aussi.
L’atelier avait ainsi inauguré la série d’ateliers de formation et de sensibilisation sur le processus électoral organisé par la section électorale de la Monusco et sa sous-section de Gemena, en collaboration avec le secrétariat exécutif provincial de la Commission électorale indépendante (Ceni)/Equateur.
Le but de ces ateliers de formation est de préparer les acteurs politiques et de la société civile pour la tenue des élections démocratiques, libres, crédibles, transparentes, apaisées et sécurisées dans la province de l’Equateur. Ils sont organisés à l’intention du Collectif des femmes de l’Equateur (Colfeq), du Forum des partis politiques et des différentes associations des jeunes de la province.
Le Rwanda aussi pour des élections apaisées
A l’issue d’une récente rencontre à Gisenyi entre les ministres congolais des Affaires étrangère, Alexis Thambwe Mwamba et sa collègue du Rwanda, Louise Mushikiwabo, le gouvernement rwandais s’est engagé à coopérer avec la RDC pour que le processus électoral congolais ne soit pas perturbé à partir du territoire rwandais. «Le Rwanda nous a assurés de son appui pour éviter que des perturbateurs puissent, au départ de ce pays, gêner le processus électoral», a déclaré le ministre congolais des Affaires étrangères de retour d’une visite officielle à Gisenyi au Rwanda.
Au cours de cette rencontre, les deux ministres ont évoqué le point sur l’ensemble de relations de leurs pays en mettant l’accent sur les questions de sécurité dans la partie orientale du pays, les deux Kivu, à la veille des élections.
« Nous avons expliqué à la partie rwandaise que notre pays va aller aux élections, et qu’il est extrêmement important que cette partie du pays puisse participer pleinement à ces élections et que nous soyons assurés du concours du Rwanda pour éviter toute perturbation dans la région », a déclaré Alexis Thambwe Mwamba.
Entre temps, des dispositions sont en train d’être pour que ces élections se tiennent dans la paix. La communauté internationale s’implique dans cette logique en aidant la RDC à réformer sa police.
Aussi la RDC et la Grande Bretagne ont-elles mis sur pied un programme de réforme de la police congolaise. La première réunion du comité de pilotage de ce programme, tenue mardi 9 août à Kinshasa, a permis de définir les objectifs de ce programme: mettre en place une police de proximité et respectueuse des droits de l’homme et améliorer les rapports entre la police et les citoyens. Selon les experts internationaux, acteurs étatiques et non étatiques conviés à cette réunion, pour concrétiser ce projet de réforme de la police nationale congolaise, il faudra former et sensibiliser les différents acteurs impliqués dans le secteur de la sécurité et de la justice, notamment sur les notions des droits de l’homme.
Ledit programme prévoit le renforcement des capacités du ministère de l’Intérieur et Sécurité dans le domaine de la logistique, de la formation de base et de la lutte contre les violences sexuelles.
D’autres acteurs sont également visés par ce programme, notamment ceux du Parlement, de la société civile et des assemblées provinciales. Il s’agit d’un programme pilote qui concerne dans un premier temps trois provinces du pays: le Bas-Congo, le Kasaï-Oriental et le Sud-Kivu.
L’échéance de ce programme va de 2012 à 2014.
Les nombreux appels à des élections apaisées sont consécutifs au climat brumeux qui semble prévaloir lors de la campagne électorale qui a déjà donné ses couleurs. Alors que la Céni n’en a pas encore donné le coup d’envoi, certains partis politiques se sont déjà lancés dans une campagne qui risque d’être tout, sauf apaisée. Invectives, injures, provocations, diabolisation…sont déjà au rendez-vous, par des médias interposés. Comment sera la campagne électorale dont les ingrédients sont déjà réunis ? Et si les uns et les autres appellent à l’acceptation des résultats des urnes dans toute sportivité, un tel discours suffit pour éviter des contestations violentes à la publication des résultats ? D’autant plus qu’avant même le lancement officiel de la campagne électorale, les uns et les autres se disent rassurés de leur victoire, accepteront-ils de perdre ces élections qu’ils sont remportées d’avance ?
Kléber Kungu
jeudi 18 août 2011
Les tuberculeux sans médicaments
République démocratique du Congo
Les tuberculeux sans médicaments
Les malades tuberculeux sont en émoi : depuis deux mois, les centres de traitement des tuberculeux sont en rupture de stock de médicaments contre cette affection. C’est notamment le cas à Bukavu au Sud-Kivu et à Mbuji-Mayi au Kasaï-Oriental, a indiqué, dimanche 7 août, le directeur du programme national de lutte contre la tuberculose (PNLT), Dr. Jean-Paul Okyata, cité par Radio okapi.net. Une rupture due au manque d’approvisionnement de médicaments.
De son côté, le médecin coordonnateur provincial du programme contre la tuberculose du Kasaï-Oriental souligne que les anciens malades sont normalement soignés, mais la rupture de stock pénalise plutôt les nouveaux malades.
Au Sud-Kivu, la situation est plus qu’inquiétante, où 2 242 tuberculeux enregistrés entre janvier et juin 2011 ne sont pas soignés faute de médicaments. « La moitié de ces malades, non soignés, sont susceptibles de développer la tuberculose multi résistante qui nécessite un traitement prolongé et très coûteux », selon un spécialiste, cité par la radio onusienne. Selon lui, cette situation peut occasionner une grande contagion.
Toutefois, Dr Jean-Paul Okyata assure qu’une quantité de médicaments est déjà disponible:
«Il y a une semaine, on a reçu une partie des médicaments qu’on avait commandée. Nous commençons déjà à livrer les médicaments sur le terrain.»
Depuis quelques mois, la situation sanitaire en République démocratique du Congo est fort inquiétante avec la résurgence de certaines maladies jadis endiguées, comme le choléra, la tuberculose, la rougeole et la poliomyélite.
Le vendredi 4 août, des représentants de l’OMS et de l’Unicef ont tiré la sonnette d’alarme sur la situation épidémiologique de la RDC, lors d’un café de presse organisé par Ocha. Ils ont mis la presse devant une évidence : le choléra, la poliomyélite, la rougeole et ce qu’ils ont appelé d’ « autres événements de santé », notamment la méningite à Kasongo Lunda, la fièvre Ebola à Dungu, Province Orientale et la fièvre hémorragique au Katanga,font encore des victimes parmi les populations en RDC, en dépit des efforts inlassables que mènent les humanitaires et le gouvernement congolais. Les provinces les plus touchées sont la Province Orientale, le Bandundu, l’Equateur, Kinshasa (le choléra), le Bas-Congo, le Bandundu, le Kasaï occidental, le Katanga (la poliomyélite), le Sud-Kivu et le Katanga (rougeole).
Comparée à la situation de 2010 (84 cas), l’évolution de la poliomyélite de 2011 connaît une diminution avec 64 cas détectés. Les humanitaires ont déployé d’intenses activités de vaccination sur l’ensemble de la RDC.
Quant à la situation de l’épidémie de la rougeole, cette maladie s’est déclarée comme épidémie depuis mars de cette année. Des mesures de la lutte contre cette maladie ont été telles que 64% seulement de couverture ont été assurés contre 80% présenté comme le minimum de couverture attendu. Cette épidémie est notée dans 5 provinces, y compris trois autres contaminées.
Parti depuis mars 2011 de Kisangani, Province Orientale, le choléra a suivi le long du fleuve Congo, avant d’atteindre le Bandundu (avec 7 zones de santé affectées), l’Equateur (20 zones de santé affectées) et Kinshasa (18 zones de santé touchées).
Sur tout l’ensemble du pays, 4 639 cas ont été détectés pour 7% de létalité. On note aussi que cette épidémie, jadis éradiquée, est toujours en pleine évolution dans deux provinces (Equateur et Kinshasa).
En dépit du danger que représentent toutes ces maladies, particulièrement le choléra, le gouvernement semble ne pas s’occuper de la sensibilisation de la population. En effet, les efforts du gouvernement devraient être concentrés sur cette sensibilisation pour mettre la population en garde contre tout risque à prendre en cas de négligence sur les mesures hygiéniques à observer quotidiennement.
Le risque est d’autant plus grand que d’ici à quelques semaines, c’est le retour des pluies. Kinshasa et ses habitants étant ce qu’ils sont et ce qu’ils font, la crainte d’une propagation rapide des épidémies est fort à redouter.
Kléber Kungu
Les tuberculeux sans médicaments
Les malades tuberculeux sont en émoi : depuis deux mois, les centres de traitement des tuberculeux sont en rupture de stock de médicaments contre cette affection. C’est notamment le cas à Bukavu au Sud-Kivu et à Mbuji-Mayi au Kasaï-Oriental, a indiqué, dimanche 7 août, le directeur du programme national de lutte contre la tuberculose (PNLT), Dr. Jean-Paul Okyata, cité par Radio okapi.net. Une rupture due au manque d’approvisionnement de médicaments.
De son côté, le médecin coordonnateur provincial du programme contre la tuberculose du Kasaï-Oriental souligne que les anciens malades sont normalement soignés, mais la rupture de stock pénalise plutôt les nouveaux malades.
Au Sud-Kivu, la situation est plus qu’inquiétante, où 2 242 tuberculeux enregistrés entre janvier et juin 2011 ne sont pas soignés faute de médicaments. « La moitié de ces malades, non soignés, sont susceptibles de développer la tuberculose multi résistante qui nécessite un traitement prolongé et très coûteux », selon un spécialiste, cité par la radio onusienne. Selon lui, cette situation peut occasionner une grande contagion.
Toutefois, Dr Jean-Paul Okyata assure qu’une quantité de médicaments est déjà disponible:
«Il y a une semaine, on a reçu une partie des médicaments qu’on avait commandée. Nous commençons déjà à livrer les médicaments sur le terrain.»
Depuis quelques mois, la situation sanitaire en République démocratique du Congo est fort inquiétante avec la résurgence de certaines maladies jadis endiguées, comme le choléra, la tuberculose, la rougeole et la poliomyélite.
Le vendredi 4 août, des représentants de l’OMS et de l’Unicef ont tiré la sonnette d’alarme sur la situation épidémiologique de la RDC, lors d’un café de presse organisé par Ocha. Ils ont mis la presse devant une évidence : le choléra, la poliomyélite, la rougeole et ce qu’ils ont appelé d’ « autres événements de santé », notamment la méningite à Kasongo Lunda, la fièvre Ebola à Dungu, Province Orientale et la fièvre hémorragique au Katanga,font encore des victimes parmi les populations en RDC, en dépit des efforts inlassables que mènent les humanitaires et le gouvernement congolais. Les provinces les plus touchées sont la Province Orientale, le Bandundu, l’Equateur, Kinshasa (le choléra), le Bas-Congo, le Bandundu, le Kasaï occidental, le Katanga (la poliomyélite), le Sud-Kivu et le Katanga (rougeole).
Comparée à la situation de 2010 (84 cas), l’évolution de la poliomyélite de 2011 connaît une diminution avec 64 cas détectés. Les humanitaires ont déployé d’intenses activités de vaccination sur l’ensemble de la RDC.
Quant à la situation de l’épidémie de la rougeole, cette maladie s’est déclarée comme épidémie depuis mars de cette année. Des mesures de la lutte contre cette maladie ont été telles que 64% seulement de couverture ont été assurés contre 80% présenté comme le minimum de couverture attendu. Cette épidémie est notée dans 5 provinces, y compris trois autres contaminées.
Parti depuis mars 2011 de Kisangani, Province Orientale, le choléra a suivi le long du fleuve Congo, avant d’atteindre le Bandundu (avec 7 zones de santé affectées), l’Equateur (20 zones de santé affectées) et Kinshasa (18 zones de santé touchées).
Sur tout l’ensemble du pays, 4 639 cas ont été détectés pour 7% de létalité. On note aussi que cette épidémie, jadis éradiquée, est toujours en pleine évolution dans deux provinces (Equateur et Kinshasa).
En dépit du danger que représentent toutes ces maladies, particulièrement le choléra, le gouvernement semble ne pas s’occuper de la sensibilisation de la population. En effet, les efforts du gouvernement devraient être concentrés sur cette sensibilisation pour mettre la population en garde contre tout risque à prendre en cas de négligence sur les mesures hygiéniques à observer quotidiennement.
Le risque est d’autant plus grand que d’ici à quelques semaines, c’est le retour des pluies. Kinshasa et ses habitants étant ce qu’ils sont et ce qu’ils font, la crainte d’une propagation rapide des épidémies est fort à redouter.
Kléber Kungu
Le recteur Mgr Ngoy Bolia : « Donnez de la valeur à vos diplômes »
Cérémonie de collation des grades académiques à l’UPC
Le recteur Mgr Ngoy Bolia : « Donnez de la valeur à vos diplômes »
« Ce que je vais vous demander, c’est de donner de la valeur à vos diplômes par votre façon de vous comporter dans la société et de votre agir, car une chose – et la plus importante – c’est d’avoir son diplôme, une autre chose – et la plus importante - c’est de savoir faire la combinaison entre le diplôme obtenu et le savoir-faire et le savoir-être ». Le recteur de l’Université protestante au Congo (UPC), le professeur Mgr Ngoy Boliya s’adressait ainsi aux 445 lauréats gradués et licenciés des facultés de théologie, d’administration des affaires et sciences économiques, de droit et de médecine, le samedi 6 août, à l’occasion de la cérémonie officielle de collation des grades académiques 1ère session 2010-2011.
Au cours d’une grande cérémonie officielle de proclamation des résultats et collation des grades académiques 1ère session 2010-2011 organisée par l’UPC, qui a vu 445 lauréats, dont 216 gradués, 2 219 licenciés et 10 agrégés d’enseignement moyen du degré supérieur, décrocher leurs diplômes, le Pr. Mgr Ngoy Boliya, recteur de cette institution, les a encouragés à honorer et à valoriser ces ‘’papiers imprimés et signés et contresignés par le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU), Mashako Mamba, présent au cours de cette manifestation.
« Ce que je vais vous demander, c’est de donner de la valeur à vos diplômes par votre façon de vous comporter dans la société et de votre agir, car une chose – et la plus importante – c’est d’avoir son diplôme, une autre chose – et la plus importante - c’est de savoir faire la combinaison entre le diplôme obtenu et le savoir-faire et le savoir-être », a-t-il déclaré dans son mot de circonstance.
Quelques instants auparavant, le représentant des lauréats, a adressé un tel vœu à ses collègues. « Nous reconnaissons que nous nous engageons à être en tout lieu et en tout temps les porte-étendards de la science et de la conscience acquises durant notre cursus à l’Université protestante au Congo. Car, a-t-il reconnu, avoir le diplôme, c’est une chose, le défendre, c’en est une autre. »
Les professeurs, par la voix du recteur et les étudiants, par celle du représentant des lauréats, ne cessent de reconnaître la qualité de la formation dispensée à l’UPC. Les retombées sont telles que les finalistes de cette institution privée sont sur le marché de l’emploi comme des arachides devant une poule ou une souris devant un chat : ils ne traînent jamais dans le chômage.
« Nous savons que les finalistes de l’UPC ont une bonne presse et sont bien appréciés dans leurs lieux professionnels », a reconnu le recteur Ngoy Boliya. Celui-ci est convaincu de la place qu’occupe son institution dans le monde universitaire et dans l’opinion et le marché de l’emploi. Il n’hésite pas à être « convaincu que l’UPC est classée parmi les meilleures institutions de notre pays à l’heure actuelle. »
Qualité de la formation
L’appréciation que les consommateurs font des produits made in UPC procède de la qualité de la formation dispensée dans cette institution et de la rigueur, la discipline qui l’accompagnent. Le représentant des lauréats l’a reconnu sans ambages. « Dans cette ambiance de compétition, de travail et d’efforts, le moins que l’on puisse affirmer, sans l’ombre d’un doute est que devenir licencié ou gradué, surtout au sein de l’Université protestante au Congo n’est pas une sinécure. Et sans vouloir exagérer, cela relève de la croix et de la bannière. En effet, l’UPC a une tradition d’exigence de l’excellence pour décerner ses diplômes », a avoué celui qui s’exprimait au nom de ceux, comme lui, ont peiné pour obtenir le parchemin.
Cette rigueur et cette discipline qui caractérisent la formation à l’UPC peuvent expliquer le faible pourcentage des résultats de chaque année académique. Cette année académique, par exemple, « pour l’ensemble des finalistes de 2 cycles de 4 facultés, sur un effectif de 2 077 étudiants ayant pris part à l’examen de la première session, 423 [seulement] ont réussi et 1654 sont ajournés, soit 20% de réussite et 80 % d’échecs », s’est plaint le professeur Ngoy Boliya.
Un phénomène qui a encore de beaux jours devant lui. En effet, en dépit des efforts que les autorités académiques de l’UPC déploient pour l’endiguer, le phénomène reste permanent chaque année académique. « Il est malheureux de constater que chaque année, les résultats de la première session ont été toujours très faibles à ceux de la 2ème session », a-t-il déploré. Mais comment « expliquer l’écart entre les résultats de la première et ceux de la deuxième session ? Une grande question sans réponse », a constaté le recteur de l’UPC. Qui, dans un aveu d’échec, semble baisser la garde. « Il y a plusieurs facteurs qui justifient ce phénomène. Mais nous avons le regret de constater que, malgré nos efforts d’inciter les étudiants à travailler dès la première session, cette situation ne change jamais », a-t-il avoué, tout en expliquant que les étudiants finalistes, qui ont entre les mains les examens, le stage et le mémoire, préfèrent privilégier « les examens et décident de revenir en seconde session pour terminer le stage et le mémoire. Il y a peu parmi eux qui combinent les examens, le stage et le mémoire.»
Sans doute, l’UPC peut-elle se targuer d’être l’une des rares institutions à former des étudiants, non pour les diplômes, mais pour la vie professionnelle. Ce qui est loin d’être le cas dans bien des institutions de ce pays.
Kléber Kungu
Résultats en bref
Total effectif des étudiants 2010-2011 : 7 603, dont 222 (théologie), 3 808 (AFASE), 2 676 (droit) et 917 (médecine).
Total finalistes : 2 077
Total lauréats : 423
Total ajournés : 1 654
Total facultés : 4 (théologie, administration des affaires économiques et sciences économiques (AFASE), droit, médecine)
Graduat
a) Théologie : 39 candidats, 8 distinctions, 8 satisfactions et 23 ajournés
b) AFASE : 747 candidats, 13 distinctions, 87 satisfactions, 647 ajournés
c) Droit : 127 candidats, 56 satisfactions, 71 ajournés
d) Médecine : 130 candidats, 4 distinctions, 40 satisfactions, 86 ajournés
Licence
a) Théologie : 51 candidats, 14 distinctions, 21 satisfactions, 16 ajournés
b) AFASE : 301 candidats, 9 distinctions, 39 satisfactions, 253 ajournés
- Sciences économiques : 87 candidats, 2 grandes distinctions, 3 distinctions, 17 satisfactions, 65 ajournés
- Microfinance : 20 candidats, 2 grandes distinctions, 5 distinctions, 2 satisfactions, 11 ajournés.
c) Droit : 343 candidats, 16 distinctions, 86 satisfactions, 241 ajournés
Agrégation : 10 candidats agrégés en enseignement moyen du degré supérieur, 1 grande distinction, 6 distinctions et 3 satisfactions.
Trois prix de meilleurs lauréats en théologie avec 77%, en AFASE (économie monétaire) avec 85% et en droit avec 76%.
Le recteur Mgr Ngoy Bolia : « Donnez de la valeur à vos diplômes »
« Ce que je vais vous demander, c’est de donner de la valeur à vos diplômes par votre façon de vous comporter dans la société et de votre agir, car une chose – et la plus importante – c’est d’avoir son diplôme, une autre chose – et la plus importante - c’est de savoir faire la combinaison entre le diplôme obtenu et le savoir-faire et le savoir-être ». Le recteur de l’Université protestante au Congo (UPC), le professeur Mgr Ngoy Boliya s’adressait ainsi aux 445 lauréats gradués et licenciés des facultés de théologie, d’administration des affaires et sciences économiques, de droit et de médecine, le samedi 6 août, à l’occasion de la cérémonie officielle de collation des grades académiques 1ère session 2010-2011.
Au cours d’une grande cérémonie officielle de proclamation des résultats et collation des grades académiques 1ère session 2010-2011 organisée par l’UPC, qui a vu 445 lauréats, dont 216 gradués, 2 219 licenciés et 10 agrégés d’enseignement moyen du degré supérieur, décrocher leurs diplômes, le Pr. Mgr Ngoy Boliya, recteur de cette institution, les a encouragés à honorer et à valoriser ces ‘’papiers imprimés et signés et contresignés par le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU), Mashako Mamba, présent au cours de cette manifestation.
« Ce que je vais vous demander, c’est de donner de la valeur à vos diplômes par votre façon de vous comporter dans la société et de votre agir, car une chose – et la plus importante – c’est d’avoir son diplôme, une autre chose – et la plus importante - c’est de savoir faire la combinaison entre le diplôme obtenu et le savoir-faire et le savoir-être », a-t-il déclaré dans son mot de circonstance.
Quelques instants auparavant, le représentant des lauréats, a adressé un tel vœu à ses collègues. « Nous reconnaissons que nous nous engageons à être en tout lieu et en tout temps les porte-étendards de la science et de la conscience acquises durant notre cursus à l’Université protestante au Congo. Car, a-t-il reconnu, avoir le diplôme, c’est une chose, le défendre, c’en est une autre. »
Les professeurs, par la voix du recteur et les étudiants, par celle du représentant des lauréats, ne cessent de reconnaître la qualité de la formation dispensée à l’UPC. Les retombées sont telles que les finalistes de cette institution privée sont sur le marché de l’emploi comme des arachides devant une poule ou une souris devant un chat : ils ne traînent jamais dans le chômage.
« Nous savons que les finalistes de l’UPC ont une bonne presse et sont bien appréciés dans leurs lieux professionnels », a reconnu le recteur Ngoy Boliya. Celui-ci est convaincu de la place qu’occupe son institution dans le monde universitaire et dans l’opinion et le marché de l’emploi. Il n’hésite pas à être « convaincu que l’UPC est classée parmi les meilleures institutions de notre pays à l’heure actuelle. »
Qualité de la formation
L’appréciation que les consommateurs font des produits made in UPC procède de la qualité de la formation dispensée dans cette institution et de la rigueur, la discipline qui l’accompagnent. Le représentant des lauréats l’a reconnu sans ambages. « Dans cette ambiance de compétition, de travail et d’efforts, le moins que l’on puisse affirmer, sans l’ombre d’un doute est que devenir licencié ou gradué, surtout au sein de l’Université protestante au Congo n’est pas une sinécure. Et sans vouloir exagérer, cela relève de la croix et de la bannière. En effet, l’UPC a une tradition d’exigence de l’excellence pour décerner ses diplômes », a avoué celui qui s’exprimait au nom de ceux, comme lui, ont peiné pour obtenir le parchemin.
Cette rigueur et cette discipline qui caractérisent la formation à l’UPC peuvent expliquer le faible pourcentage des résultats de chaque année académique. Cette année académique, par exemple, « pour l’ensemble des finalistes de 2 cycles de 4 facultés, sur un effectif de 2 077 étudiants ayant pris part à l’examen de la première session, 423 [seulement] ont réussi et 1654 sont ajournés, soit 20% de réussite et 80 % d’échecs », s’est plaint le professeur Ngoy Boliya.
Un phénomène qui a encore de beaux jours devant lui. En effet, en dépit des efforts que les autorités académiques de l’UPC déploient pour l’endiguer, le phénomène reste permanent chaque année académique. « Il est malheureux de constater que chaque année, les résultats de la première session ont été toujours très faibles à ceux de la 2ème session », a-t-il déploré. Mais comment « expliquer l’écart entre les résultats de la première et ceux de la deuxième session ? Une grande question sans réponse », a constaté le recteur de l’UPC. Qui, dans un aveu d’échec, semble baisser la garde. « Il y a plusieurs facteurs qui justifient ce phénomène. Mais nous avons le regret de constater que, malgré nos efforts d’inciter les étudiants à travailler dès la première session, cette situation ne change jamais », a-t-il avoué, tout en expliquant que les étudiants finalistes, qui ont entre les mains les examens, le stage et le mémoire, préfèrent privilégier « les examens et décident de revenir en seconde session pour terminer le stage et le mémoire. Il y a peu parmi eux qui combinent les examens, le stage et le mémoire.»
Sans doute, l’UPC peut-elle se targuer d’être l’une des rares institutions à former des étudiants, non pour les diplômes, mais pour la vie professionnelle. Ce qui est loin d’être le cas dans bien des institutions de ce pays.
Kléber Kungu
Résultats en bref
Total effectif des étudiants 2010-2011 : 7 603, dont 222 (théologie), 3 808 (AFASE), 2 676 (droit) et 917 (médecine).
Total finalistes : 2 077
Total lauréats : 423
Total ajournés : 1 654
Total facultés : 4 (théologie, administration des affaires économiques et sciences économiques (AFASE), droit, médecine)
Graduat
a) Théologie : 39 candidats, 8 distinctions, 8 satisfactions et 23 ajournés
b) AFASE : 747 candidats, 13 distinctions, 87 satisfactions, 647 ajournés
c) Droit : 127 candidats, 56 satisfactions, 71 ajournés
d) Médecine : 130 candidats, 4 distinctions, 40 satisfactions, 86 ajournés
Licence
a) Théologie : 51 candidats, 14 distinctions, 21 satisfactions, 16 ajournés
b) AFASE : 301 candidats, 9 distinctions, 39 satisfactions, 253 ajournés
- Sciences économiques : 87 candidats, 2 grandes distinctions, 3 distinctions, 17 satisfactions, 65 ajournés
- Microfinance : 20 candidats, 2 grandes distinctions, 5 distinctions, 2 satisfactions, 11 ajournés.
c) Droit : 343 candidats, 16 distinctions, 86 satisfactions, 241 ajournés
Agrégation : 10 candidats agrégés en enseignement moyen du degré supérieur, 1 grande distinction, 6 distinctions et 3 satisfactions.
Trois prix de meilleurs lauréats en théologie avec 77%, en AFASE (économie monétaire) avec 85% et en droit avec 76%.
Au contact des cholériques de Maluku et de Kingabwa
Vendredi 5 août
Au contact des cholériques de Maluku et de Kingabwa
24 heures après le café de presse sur la situation des épidémies en RDC, un groupe de journalistes a visité deux sites de Kinshasa où sont soignés les malades de choléra –les cholériques : le Centre de traitement du choléra (CTC) de Maluku, à 80 km à l’Est de Kinshasa et celui de Kingabwa, un des quartiers de la commune de Limete. Ici et là, nous étions en contact des malades – en tout, une vingtaine. Si leur physique est touché, leur moral, par contre, est haut : leur prise en charge par des ONG – Coopi (Cooperazione internazionale) et Unicef (à Maluku) et Médecins sans Frontières (à Kingabwa), du reste gratuite, est si assurée qu’ils n’ont aucun souci. Grâce au Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (Ocha), nous avons découvert un autre monde le vendredi 5 août caractérisé par une observance stricte des règles d’hygiène à chaque instant, aussi bien par les malades, les membres du staff que par les visiteurs. Nous vous le faisons découvrir.
Après environ une heure de route, nous atteignons Maluku. C’est le docteur Charles Kalambayi Baleja, coordinateur médical Coopi, chargé du Projet d’urgence de la lutte contre le choléra, qui nous accueille. Arborant un polo blanc frappé de « Unicef » et « de Coopi », il est rassurant, face à la crainte de certains journalistes de faire leur dernier voyage à Maluku, le spectre du choléra étant manifeste. « Ne vous en faites pas. Toutes les dispositions sont prises. Voyez, nous n’avons pas de choléra ».
C’est en réalité dans une sorte de camp constitué de tentes frappées de « Unicef » que Dr Charles Kalambayi, accompagné de quelques membres de son staff, nous invite à visiter. Auparavant, comme à toute personne qui pénètre dans une zone dangereuse, il dicte les dispositions hygiéniques et ‘’sécuritaires’’ à suivre : à l’entrée et à la sortie de chaque zone ou pavillon, les visiteurs sont obligés de se laver les mains, de se faire pulvériser le dessous des chaussures à l’eau chlorée, après avoir marché sur le pédiluve (bac) contenant également de l’eau chlorée planté à chaque entrée. Je commets ma première faute et notre guide me rappelle à l’ordre. Alors que je dois me laver les mains, mon calepin sous l’aisselle, je place mon stylo à bille entre les lèvres. « Ne portez jamais quelque chose de la main à la bouche », me conseille le guide.
Nous visitons successivement la salle de tri, une sorte de réception où, une fois ici, les malades sont triés selon trois plans A, B et C dont dépend leur état de santé ou degré de maladie, de déshydratation (les plus graves sont acheminés dans C d’où ils sortent pour le B après 3 heures avant d’atteindre le A). Les trois plans sont dans la zone Isolement. On ne trouve qu’une seule malade au plan A, une voyageuse en provenance de Kwammouth pour Kinshasa, en voie de sortie. Mme Peko Bokungu, 33 ans, du village Ndombe, qui y est internée depuis 4 jours, nous raconte comment a commencé. Elle a cru, faute d’information, qu’elle souffrait de l’amibiase, avec beaucoup de diarrhée. Elle a déclaré avoir fait 5 jours de traitements individuels avant de se présenter au CTC de Maluku. Et pourtant, au cours de son voyage, on interdisait aux voyageurs de boire l’eau contaminée du fleuve et de ses affluents par, selon l’opinion, la diarrhée rouge.
La malade nous déclare que Kwammouth doit compter à ce jour beaucoup de malades, étant donné la grande ignorance de ses habitants sur le choléra. Et le Dr Charles Kalambayi nous informe que les 20 derniers malades sont des voyageurs venus du Bandundu et de l’Equateur.
De là, nous nous dirigeons à l’endroit où tout le monde est obligé de terminer sa course terrestre : la morgue, avec une capacité de 3 corps. Les journalistes sont presque étonnés de voir une morgue. Et pourtant c’est l’évidence. En effet, depuis l’installation du CTS de Maluku le 11 juillet, alors que l’épidémie a commencé le 13 juin, il y a déjà eu 85 cas, contre 6 décès, tous n’étant pas morts au CTS. Ici, nous annonce le Dr Charles Kalambayi, le principe est sacré : le mort ne sort plus jamais par la porte d’entrée.
Par la suite, notre guide nous montre l’endroit où sera érigée une tente de convalescence pour accueillir les malades en instance de sortie. Nous voici devant la salle de lavage des malades où des filles. Lorsque nous arrivons au point de gestion des déchets liquides et solides, mes confrères se mettent un plus loin, de peur de sortir de cet endroit avec ce qu’ils redoutent le plus. Le coordinateur médical Coopi, chargé du Projet d’urgence de la lutte contre le choléra nous rassure de nouveau : il n’y a rien à craindre…
Nous visitons aussi les latrines. Mes confrères observent les mêmes précautions. Fini un peu la peur lorsque nous visitons les différents dépôts de médicaments et autres intrants (chlore), les douches, le bureau administratif. Comme si le choléra ne franchit pas ces barrières…
Coopi travaille avec l’Unicef qui le finance. Cette ONG internationale se charge de la prise en charge des malades, alors que d’autres ONG comme Solidarités et la Croix-Rouge s’occupent de la sensibilisation de la population et de désinfection des bateaux en provenance des zones contaminées.
Salutations au coude au CTC de Kingabwa
Immédiatement, après le CTC Maluku, nous sommes au CTC de Kingabwa. Où nous sommes accueillis par Rodin Meldrun, de MSF, qui ne perd aucune seconde pour nous dicter les règles d’hygiène de base à observer dans son CTC. « Les choses qui touchent le sol doivent être désinfectées », dicte-t-il, arborant une sorte de gilet frappé d’insignes de MSF. « Pour le premier tour de salle, pas de caméra, pas de photo », ajoute-t-il.
Ici, toutes les dispositions nécessaires sont prises pour éviter d’attraper le choléra : l’on se salue, non les paumes de main, mais par des coudes. Les deux bras pliés se saluent au moyen des coudes pliés.
C’est le Dr Olivier Mongana, responsable de la prise en charge au CTC de Kingabwa, qui assure la visite guidée. Suivi de tout le staff de MSF, dont Patient Ligodi, le chargé de la communication.
Ici, il y a deux entrées : l’entrée du staff et celle des visiteurs. Comme au CTC de Maluku, ce sont les mêmes règles hygiéniques qui nous guident dans ce CTC de 4 blocs : Zone neutre, réception ou triage, hospitalisation et convalescence.
Les malades du CTC de Kingabwa viennent des zones de santé de toutes les communes de Kinshasa, principalement de la commune Limete, quartier qui porte le nom du CTC, de Kimbanseke (quartier Kingasani), de Masina 1 et 2, et sont observés pendant 6 heures. La fréquence d’arrivée de malades est de 8 patients par jour
A la salle d’observation, nous rencontrons deux malades : un bébé et une jeune fille. Dans la salle d’hospitalisation (isolement), qui comporte deux salles, nous rencontrons une dizaine de patients : enfants, femmes et hommes. En pleine réhydratation. Tandis qu’à la convalescence, il y a 5 patients. Au 5 août, la capacité d’accueil est 39 lits, avec une prévision de 50 lits.
Nous faisons la visite avec une discipline : ne suivre que les couloirs de cailloux aménagés dans l’enceinte du CTC.
Le CTC de Kingabwa, qui existe depuis le 23 juillet, couvre toute la ville de Kinshasa avec ses 35 zones de santé. A ce jour, il a déjà reçu 158 cas, contre 4 cas de décès.
C’est Médecins Sans Frontières (MSF), une organisation médicale humanitaire internationale, avec le ministère de la Santé, qui intervient dans la prise en charge des malades.
Pour Robin Meldrum, chargé de communication au MSF, le risque reste élevé quant à la propagation de l’épidémie à Kinshasa (précarité, promiscuité…), bien que la prise en charge soit bien assurée. Il a relevé des lacunes dans les réponses globales à donner à la problématique de choléra car, déplore-t-il, les réponses ne se font pas à 100% à Kinshasa et le long du fleuve Congo. Il ajoute que les intrants de base, notamment le SRO, le chlore, ne sont pas disponibles dans les structures de l’ouest du pays. Il souhaite également la formation du personnel médical pour bien assurer la prise en charge. Tous les partenaires impliqués dans la lutte contre le choléra, le ministère de la Santé en tête, sont appelés à bien conjuguer leurs efforts dans ce combat.
Robin Meldrum et moi nous séparons par la salutation au coude. Convaincus que chacun quitte l’autre sans se faire contaminer.
La grande crainte à avoir devant le choléra est de ne pas observer les règles qui luttent contre cette épidémie. C’est ce que le Dr Charles Kalambayi nous répète pratiquement au cours de cette visite guidée. « Nous, on se lave les mains même pendant mille fois », a-t-il déclaré. Comment ne pas prendre ces précautions qui ne coûtent presque rien lorsque le choléra est comparé à une bombe. « Nous sommes comme assis sur la mine [prête d’exploser à tout moment, NDLR] », a lâché ce jeune médecin. C’est pourquoi, pour éviter que cette bombe explose et emporte ceux qui luttent contre elle, tout est mis et tout se fait comme une montre suisse.
Les règles d’hygiène de base sont suivies à la lettre et que la visite d’un CTC est un circuit où l’on ne sort pas par où on entre et qu’à chaque étape, le respect scrupuleux de ces règles est de rigueur : lavage des mains, trempage et pulvérisation des chaussures à l’eau chlorée.
Se laver régulièrement les mains avec du savon, après les selles, bouillir l’eau à boire ou la désinfecter avec de l’eau de Javel… Bref, faire de sa propreté et de celle de son environnement une préoccupation majeure, voilà la culture que les Congolais doivent désormais intérioriser dans leurs pratiques quotidiennes. Comme on dit, les conséquences enseignent mieux que les conseils, les deux malades interrogées aux CTC de Maluku et de Kingabwa, mesdames Peko Bokungu et Pélagie, ne jurent que par l’observance stricte des règles d’hygiène à la sortie des CTC, notamment : bouillir l’eau avant de la boire, se laver les mains avec du savon après les selles, chauffer la nourriture avant de la consommer, bouillir les habits… Le gouvernement congolais doit accompagner ses administrés dans cette voie dont dépend largement leur vie.
Kléber Kungu
Au contact des cholériques de Maluku et de Kingabwa
24 heures après le café de presse sur la situation des épidémies en RDC, un groupe de journalistes a visité deux sites de Kinshasa où sont soignés les malades de choléra –les cholériques : le Centre de traitement du choléra (CTC) de Maluku, à 80 km à l’Est de Kinshasa et celui de Kingabwa, un des quartiers de la commune de Limete. Ici et là, nous étions en contact des malades – en tout, une vingtaine. Si leur physique est touché, leur moral, par contre, est haut : leur prise en charge par des ONG – Coopi (Cooperazione internazionale) et Unicef (à Maluku) et Médecins sans Frontières (à Kingabwa), du reste gratuite, est si assurée qu’ils n’ont aucun souci. Grâce au Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (Ocha), nous avons découvert un autre monde le vendredi 5 août caractérisé par une observance stricte des règles d’hygiène à chaque instant, aussi bien par les malades, les membres du staff que par les visiteurs. Nous vous le faisons découvrir.
Après environ une heure de route, nous atteignons Maluku. C’est le docteur Charles Kalambayi Baleja, coordinateur médical Coopi, chargé du Projet d’urgence de la lutte contre le choléra, qui nous accueille. Arborant un polo blanc frappé de « Unicef » et « de Coopi », il est rassurant, face à la crainte de certains journalistes de faire leur dernier voyage à Maluku, le spectre du choléra étant manifeste. « Ne vous en faites pas. Toutes les dispositions sont prises. Voyez, nous n’avons pas de choléra ».
C’est en réalité dans une sorte de camp constitué de tentes frappées de « Unicef » que Dr Charles Kalambayi, accompagné de quelques membres de son staff, nous invite à visiter. Auparavant, comme à toute personne qui pénètre dans une zone dangereuse, il dicte les dispositions hygiéniques et ‘’sécuritaires’’ à suivre : à l’entrée et à la sortie de chaque zone ou pavillon, les visiteurs sont obligés de se laver les mains, de se faire pulvériser le dessous des chaussures à l’eau chlorée, après avoir marché sur le pédiluve (bac) contenant également de l’eau chlorée planté à chaque entrée. Je commets ma première faute et notre guide me rappelle à l’ordre. Alors que je dois me laver les mains, mon calepin sous l’aisselle, je place mon stylo à bille entre les lèvres. « Ne portez jamais quelque chose de la main à la bouche », me conseille le guide.
Nous visitons successivement la salle de tri, une sorte de réception où, une fois ici, les malades sont triés selon trois plans A, B et C dont dépend leur état de santé ou degré de maladie, de déshydratation (les plus graves sont acheminés dans C d’où ils sortent pour le B après 3 heures avant d’atteindre le A). Les trois plans sont dans la zone Isolement. On ne trouve qu’une seule malade au plan A, une voyageuse en provenance de Kwammouth pour Kinshasa, en voie de sortie. Mme Peko Bokungu, 33 ans, du village Ndombe, qui y est internée depuis 4 jours, nous raconte comment a commencé. Elle a cru, faute d’information, qu’elle souffrait de l’amibiase, avec beaucoup de diarrhée. Elle a déclaré avoir fait 5 jours de traitements individuels avant de se présenter au CTC de Maluku. Et pourtant, au cours de son voyage, on interdisait aux voyageurs de boire l’eau contaminée du fleuve et de ses affluents par, selon l’opinion, la diarrhée rouge.
La malade nous déclare que Kwammouth doit compter à ce jour beaucoup de malades, étant donné la grande ignorance de ses habitants sur le choléra. Et le Dr Charles Kalambayi nous informe que les 20 derniers malades sont des voyageurs venus du Bandundu et de l’Equateur.
De là, nous nous dirigeons à l’endroit où tout le monde est obligé de terminer sa course terrestre : la morgue, avec une capacité de 3 corps. Les journalistes sont presque étonnés de voir une morgue. Et pourtant c’est l’évidence. En effet, depuis l’installation du CTS de Maluku le 11 juillet, alors que l’épidémie a commencé le 13 juin, il y a déjà eu 85 cas, contre 6 décès, tous n’étant pas morts au CTS. Ici, nous annonce le Dr Charles Kalambayi, le principe est sacré : le mort ne sort plus jamais par la porte d’entrée.
Par la suite, notre guide nous montre l’endroit où sera érigée une tente de convalescence pour accueillir les malades en instance de sortie. Nous voici devant la salle de lavage des malades où des filles. Lorsque nous arrivons au point de gestion des déchets liquides et solides, mes confrères se mettent un plus loin, de peur de sortir de cet endroit avec ce qu’ils redoutent le plus. Le coordinateur médical Coopi, chargé du Projet d’urgence de la lutte contre le choléra nous rassure de nouveau : il n’y a rien à craindre…
Nous visitons aussi les latrines. Mes confrères observent les mêmes précautions. Fini un peu la peur lorsque nous visitons les différents dépôts de médicaments et autres intrants (chlore), les douches, le bureau administratif. Comme si le choléra ne franchit pas ces barrières…
Coopi travaille avec l’Unicef qui le finance. Cette ONG internationale se charge de la prise en charge des malades, alors que d’autres ONG comme Solidarités et la Croix-Rouge s’occupent de la sensibilisation de la population et de désinfection des bateaux en provenance des zones contaminées.
Salutations au coude au CTC de Kingabwa
Immédiatement, après le CTC Maluku, nous sommes au CTC de Kingabwa. Où nous sommes accueillis par Rodin Meldrun, de MSF, qui ne perd aucune seconde pour nous dicter les règles d’hygiène de base à observer dans son CTC. « Les choses qui touchent le sol doivent être désinfectées », dicte-t-il, arborant une sorte de gilet frappé d’insignes de MSF. « Pour le premier tour de salle, pas de caméra, pas de photo », ajoute-t-il.
Ici, toutes les dispositions nécessaires sont prises pour éviter d’attraper le choléra : l’on se salue, non les paumes de main, mais par des coudes. Les deux bras pliés se saluent au moyen des coudes pliés.
C’est le Dr Olivier Mongana, responsable de la prise en charge au CTC de Kingabwa, qui assure la visite guidée. Suivi de tout le staff de MSF, dont Patient Ligodi, le chargé de la communication.
Ici, il y a deux entrées : l’entrée du staff et celle des visiteurs. Comme au CTC de Maluku, ce sont les mêmes règles hygiéniques qui nous guident dans ce CTC de 4 blocs : Zone neutre, réception ou triage, hospitalisation et convalescence.
Les malades du CTC de Kingabwa viennent des zones de santé de toutes les communes de Kinshasa, principalement de la commune Limete, quartier qui porte le nom du CTC, de Kimbanseke (quartier Kingasani), de Masina 1 et 2, et sont observés pendant 6 heures. La fréquence d’arrivée de malades est de 8 patients par jour
A la salle d’observation, nous rencontrons deux malades : un bébé et une jeune fille. Dans la salle d’hospitalisation (isolement), qui comporte deux salles, nous rencontrons une dizaine de patients : enfants, femmes et hommes. En pleine réhydratation. Tandis qu’à la convalescence, il y a 5 patients. Au 5 août, la capacité d’accueil est 39 lits, avec une prévision de 50 lits.
Nous faisons la visite avec une discipline : ne suivre que les couloirs de cailloux aménagés dans l’enceinte du CTC.
Le CTC de Kingabwa, qui existe depuis le 23 juillet, couvre toute la ville de Kinshasa avec ses 35 zones de santé. A ce jour, il a déjà reçu 158 cas, contre 4 cas de décès.
C’est Médecins Sans Frontières (MSF), une organisation médicale humanitaire internationale, avec le ministère de la Santé, qui intervient dans la prise en charge des malades.
Pour Robin Meldrum, chargé de communication au MSF, le risque reste élevé quant à la propagation de l’épidémie à Kinshasa (précarité, promiscuité…), bien que la prise en charge soit bien assurée. Il a relevé des lacunes dans les réponses globales à donner à la problématique de choléra car, déplore-t-il, les réponses ne se font pas à 100% à Kinshasa et le long du fleuve Congo. Il ajoute que les intrants de base, notamment le SRO, le chlore, ne sont pas disponibles dans les structures de l’ouest du pays. Il souhaite également la formation du personnel médical pour bien assurer la prise en charge. Tous les partenaires impliqués dans la lutte contre le choléra, le ministère de la Santé en tête, sont appelés à bien conjuguer leurs efforts dans ce combat.
Robin Meldrum et moi nous séparons par la salutation au coude. Convaincus que chacun quitte l’autre sans se faire contaminer.
La grande crainte à avoir devant le choléra est de ne pas observer les règles qui luttent contre cette épidémie. C’est ce que le Dr Charles Kalambayi nous répète pratiquement au cours de cette visite guidée. « Nous, on se lave les mains même pendant mille fois », a-t-il déclaré. Comment ne pas prendre ces précautions qui ne coûtent presque rien lorsque le choléra est comparé à une bombe. « Nous sommes comme assis sur la mine [prête d’exploser à tout moment, NDLR] », a lâché ce jeune médecin. C’est pourquoi, pour éviter que cette bombe explose et emporte ceux qui luttent contre elle, tout est mis et tout se fait comme une montre suisse.
Les règles d’hygiène de base sont suivies à la lettre et que la visite d’un CTC est un circuit où l’on ne sort pas par où on entre et qu’à chaque étape, le respect scrupuleux de ces règles est de rigueur : lavage des mains, trempage et pulvérisation des chaussures à l’eau chlorée.
Se laver régulièrement les mains avec du savon, après les selles, bouillir l’eau à boire ou la désinfecter avec de l’eau de Javel… Bref, faire de sa propreté et de celle de son environnement une préoccupation majeure, voilà la culture que les Congolais doivent désormais intérioriser dans leurs pratiques quotidiennes. Comme on dit, les conséquences enseignent mieux que les conseils, les deux malades interrogées aux CTC de Maluku et de Kingabwa, mesdames Peko Bokungu et Pélagie, ne jurent que par l’observance stricte des règles d’hygiène à la sortie des CTC, notamment : bouillir l’eau avant de la boire, se laver les mains avec du savon après les selles, chauffer la nourriture avant de la consommer, bouillir les habits… Le gouvernement congolais doit accompagner ses administrés dans cette voie dont dépend largement leur vie.
Kléber Kungu
Le parlement en session extraordinaire du 6 août au 4 septembre
Annexe de la loi électorale
Le parlement en session extraordinaire du 6 août au 4 septembre
Le Parlement sera en session extraordinaire du 6 août au 4 septembre. Ainsi en ont décidé les bureaux de deux chambres du Parlement congolais. Au cours de cette session, les deux chambres vont se pencher essentiellement sur le projet de loi portant annexe à la loi électorale et les projets de loi non encore traités.
Le projet d’annexe à la loi électorale a été adopté par le gouvernement, samedi 30 juillet. Il est destiné à compléter la loi électorale qui, jusque là, ne fixe pas la répartition des sièges par circonscription électorale.
Cette annexe à la Loi électorale se fera en deux étapes. La première étape, concernant la répartition des sièges à l’Assemblée nationale. La détermination d’un quotient électoral fixe qui a été fixé à 64 049 électeurs pour un siège, chiffre obtenu en divisant le nombre total d’électeurs enrôlés, soit 32 024 640 par le nombre de sièges à pourvoir à l’Assemblée nationale (500) : l’attribution aux provinces de sièges en divisant le nombre d’électeurs de la province au quotient électoral, l’affectation des sièges supplémentaires éventuels aux provinces ayant la décimale la plus élevée en regard du nombre de sièges obtenus jusqu’à l’obtention de 500 sièges.
Quant à la seconde étape, la répartition des sièges par circonscription électorale à l’intérieur de la province par l’attribution à chaque circonscription d’un nombre de sièges égal au nombre total des électeurs enrôlés divisé par le quotient électoral, l’attribution d’un siège d’office à toutes les circonscriptions ayant un nombre d’électeurs inférieur au quotient électoral, et l’affectation des sièges supplémentaires éventuels aux circonscriptions ayant la décimale la plus élevée en regard du nombre de sièges obtenus jusqu’à l’obtention du total des sièges attribués à la province.
Répartition des sièges par province
Par comparaison avec les élections de 2006, la répartition des sièges à la suite de la révision du fichier électoral pour les élections de 2011, se présente de la manière suivante : Sud-Kivu, conserve le même nombre de sièges qu’en 2006, soit 32, 5 provinces connaissent un accroissement de nombre de sièges. Il s’agit notamment de l’Equateur qui engrange 4 sièges, le Katanga : 3 sièges, le Kasaï occidental : 2 sièges, ex-æquo avec le Kasaï oriental, le Maniema. Par contre, 5 autres provinces enregistrent une diminution du nombre de sièges. Il s’agit de Kinshasa : 7 sièges, du Bandundu : 2 sièges, ex-æquo avec la Province Orientale, le Bas-Congo : 1 siège ex-æquo avec le Nord-Kivu. Comme qui dirait, les 13 sièges perdus par les 5 dernières provinces ont été récupérés par les 5 premières provinces.
Jamais processus électoral n’a jamais provoqué autant de revendications de la part des partis de l’opposition. Ce qui explique certainement l’organisation des rencontres et autres colloques et forums à travers le pays pour préparer les uns et les autres à affronter ces élections avec beaucoup plus de sérénité.
A Mbuji-Mayi, par exemple, il se tient un colloque pour des élections apaisées organisé à l’attention des acteurs politiques et de la société civile sur le thème « Dynamique des élections apaisées en RDC.»
A l’ouverture de ce colloque, le gouverneur du Kasaï oriental, Ngoyi Kasanji a déclaré qu’ «Il ne faut pas que les candidats se préparent à refuser les résultats des urnes», espérant qu’à travers ce colloque, « tous les acteurs comprendront les règles de jeu et nous aurons des élections apaisées au Kasaï-Oriental et tout le monde acceptera les résultats des urnes.» Selon lui, la démocratie n’est pas synonyme de l’intolérance politique
Appelant tous les acteurs politiques à l’unité, malgré leurs divergences d’opinions, Ngoyi Kasanji a affirmé que «la tolérance exige qu’un candidat présente son projet de société et qu’il respecte aussi celui de son concurrent. C’est de cette façon que nous aboutirons à la compréhension de la démocratie et les règles de jeu afférents.»
C’est la Monusco, en collaboration de la Céni, qui organise ce colloque qui intervient après des tensions observées dans la province du Kasaï Oriental ces derniers jours.
Par ailleurs, à Kinshasa, une matinée d’information est organisée pour les femmes politiques au sujet du dépôt des candidatures. En effet, c’est à partir de jeudi 4 août que la Commission électorale nationale indépendante (Céni) devrait commencer à recevoir et traiter les candidatures pour les scrutins présidentiel et législatif de novembre 2011. La veille, la Ligue des femmes congolaises pour les élections, une plateforme de réflexion, a organisé à Kinshasa une matinée d’information à l’intention des femmes politiques.
Au cours de cette matinée, il était question ’expliquer aux éventuelles candidates comment constituer un dossier valable à déposer à la Céni.
Selon Odette Disu, conseillère juridique de cette institution et l’une des oratrices du jour, le candidat doit remplir certaines conditions d’ordre administratif, juridique et financier pour que son dossier soit valable.
«La première condition, c’est d’être électeur, c’est-à-dire, d’avoir la carte d’électeur, avoir la nationalité congolaise, avoir l’âge requis, payer la caution, déterminée selon le type des élections, présenter aussi certaines pièces scolaires, telles que les photocopies du diplôme de graduat pour les élections présidentielle et législatives, ou à défaut [de ces titres], présenter un certificat de service rendu dans les domaines de la politique, de l’économie et de la culture. Il faut également quatre photos passeport, à déposer au bureau de réception et de traitement des candidatures.»
Entre –temps, alors que la Céni se dit toujours prête à organiser les élections dans le délai, appuyée par certains partis politiques de l’opposition qui ne veulent pas entendre parler d’un quelconque report du scrutin, le président du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), Azarias Ruberwa, appelle à son report, arguant que tout n’est pas encore prêt pour organiser les élections conformément au calendrier de la Commission électorale indépendante (Ceni).
C’est au cours d’une conférence de presse organisée le mardi 2 août à Kinshasa à l’occasion du 13ème anniversaire de ce parti, que le numéro un du RCD a fait cette déclaration.
«Nous nous rendons compte qu’il y a un grand retard par rapport à certaines opérations [électorales],» a-t-il indiqué. «Le dépôt des candidatures à partir du 4 août que la Céni réclame est impossible parce que c’est à peine qu’elle vient de déposer les annexes de la loi électorale.»
Me Azarias Ruberwa a affirmé que comme le Parlement est en vacances, il faudra attendre son retour pour que ledit projet de loi soit examiné et adopté. Tout ceci, a-t-il ajouté, aura des répercussions sur le calendrier électoral. Selon l’ancien vice-président de la République, les élections présidentielles et législatives devraient être organisées à la fin du mois de février.
«Si la Ceni tient à organiser les élections selon son calendrier, les conséquences seront négatives», a-t-il prévenu.
Tous les ingrédients semblent réunis pour nous attendre à des lendemains très chauds.
Dans la foulée, dans un communiqué publié le jeudi 4 août, le gouvernement des Etats-Unis s’est dit satisfait du déroulement du processus d’enrôlement des électeurs qui s’est achevé dans les délais. C’est un évènement marquant dans le cycle électoral, lequel offre, néanmoins, peu de temps pour que les élections se tiennent le 28 novembre 2011 comme prévu, note le communiqué. Garder ce processus sur la bonne voie et dans les délais prescrits dépendra d’un effort concerté. Nous encourageons les parties concernées à faire de leur mieux pour préserver la dynamique qui a été réalisée à ce jour.
« La prochaine étape importante sera l’adoption par l’Assemblée Nationale et le Sénat de l’annexe à la loi électorale qui permettra à ce processus d’aller de l’avant. Nous encourageons tous les partis politiques et les membres du Parlement à s’acquitter de cette tâche le plus vite possible », souligne le document.
Kléber Kungu
Le parlement en session extraordinaire du 6 août au 4 septembre
Le Parlement sera en session extraordinaire du 6 août au 4 septembre. Ainsi en ont décidé les bureaux de deux chambres du Parlement congolais. Au cours de cette session, les deux chambres vont se pencher essentiellement sur le projet de loi portant annexe à la loi électorale et les projets de loi non encore traités.
Le projet d’annexe à la loi électorale a été adopté par le gouvernement, samedi 30 juillet. Il est destiné à compléter la loi électorale qui, jusque là, ne fixe pas la répartition des sièges par circonscription électorale.
Cette annexe à la Loi électorale se fera en deux étapes. La première étape, concernant la répartition des sièges à l’Assemblée nationale. La détermination d’un quotient électoral fixe qui a été fixé à 64 049 électeurs pour un siège, chiffre obtenu en divisant le nombre total d’électeurs enrôlés, soit 32 024 640 par le nombre de sièges à pourvoir à l’Assemblée nationale (500) : l’attribution aux provinces de sièges en divisant le nombre d’électeurs de la province au quotient électoral, l’affectation des sièges supplémentaires éventuels aux provinces ayant la décimale la plus élevée en regard du nombre de sièges obtenus jusqu’à l’obtention de 500 sièges.
Quant à la seconde étape, la répartition des sièges par circonscription électorale à l’intérieur de la province par l’attribution à chaque circonscription d’un nombre de sièges égal au nombre total des électeurs enrôlés divisé par le quotient électoral, l’attribution d’un siège d’office à toutes les circonscriptions ayant un nombre d’électeurs inférieur au quotient électoral, et l’affectation des sièges supplémentaires éventuels aux circonscriptions ayant la décimale la plus élevée en regard du nombre de sièges obtenus jusqu’à l’obtention du total des sièges attribués à la province.
Répartition des sièges par province
Par comparaison avec les élections de 2006, la répartition des sièges à la suite de la révision du fichier électoral pour les élections de 2011, se présente de la manière suivante : Sud-Kivu, conserve le même nombre de sièges qu’en 2006, soit 32, 5 provinces connaissent un accroissement de nombre de sièges. Il s’agit notamment de l’Equateur qui engrange 4 sièges, le Katanga : 3 sièges, le Kasaï occidental : 2 sièges, ex-æquo avec le Kasaï oriental, le Maniema. Par contre, 5 autres provinces enregistrent une diminution du nombre de sièges. Il s’agit de Kinshasa : 7 sièges, du Bandundu : 2 sièges, ex-æquo avec la Province Orientale, le Bas-Congo : 1 siège ex-æquo avec le Nord-Kivu. Comme qui dirait, les 13 sièges perdus par les 5 dernières provinces ont été récupérés par les 5 premières provinces.
Jamais processus électoral n’a jamais provoqué autant de revendications de la part des partis de l’opposition. Ce qui explique certainement l’organisation des rencontres et autres colloques et forums à travers le pays pour préparer les uns et les autres à affronter ces élections avec beaucoup plus de sérénité.
A Mbuji-Mayi, par exemple, il se tient un colloque pour des élections apaisées organisé à l’attention des acteurs politiques et de la société civile sur le thème « Dynamique des élections apaisées en RDC.»
A l’ouverture de ce colloque, le gouverneur du Kasaï oriental, Ngoyi Kasanji a déclaré qu’ «Il ne faut pas que les candidats se préparent à refuser les résultats des urnes», espérant qu’à travers ce colloque, « tous les acteurs comprendront les règles de jeu et nous aurons des élections apaisées au Kasaï-Oriental et tout le monde acceptera les résultats des urnes.» Selon lui, la démocratie n’est pas synonyme de l’intolérance politique
Appelant tous les acteurs politiques à l’unité, malgré leurs divergences d’opinions, Ngoyi Kasanji a affirmé que «la tolérance exige qu’un candidat présente son projet de société et qu’il respecte aussi celui de son concurrent. C’est de cette façon que nous aboutirons à la compréhension de la démocratie et les règles de jeu afférents.»
C’est la Monusco, en collaboration de la Céni, qui organise ce colloque qui intervient après des tensions observées dans la province du Kasaï Oriental ces derniers jours.
Par ailleurs, à Kinshasa, une matinée d’information est organisée pour les femmes politiques au sujet du dépôt des candidatures. En effet, c’est à partir de jeudi 4 août que la Commission électorale nationale indépendante (Céni) devrait commencer à recevoir et traiter les candidatures pour les scrutins présidentiel et législatif de novembre 2011. La veille, la Ligue des femmes congolaises pour les élections, une plateforme de réflexion, a organisé à Kinshasa une matinée d’information à l’intention des femmes politiques.
Au cours de cette matinée, il était question ’expliquer aux éventuelles candidates comment constituer un dossier valable à déposer à la Céni.
Selon Odette Disu, conseillère juridique de cette institution et l’une des oratrices du jour, le candidat doit remplir certaines conditions d’ordre administratif, juridique et financier pour que son dossier soit valable.
«La première condition, c’est d’être électeur, c’est-à-dire, d’avoir la carte d’électeur, avoir la nationalité congolaise, avoir l’âge requis, payer la caution, déterminée selon le type des élections, présenter aussi certaines pièces scolaires, telles que les photocopies du diplôme de graduat pour les élections présidentielle et législatives, ou à défaut [de ces titres], présenter un certificat de service rendu dans les domaines de la politique, de l’économie et de la culture. Il faut également quatre photos passeport, à déposer au bureau de réception et de traitement des candidatures.»
Entre –temps, alors que la Céni se dit toujours prête à organiser les élections dans le délai, appuyée par certains partis politiques de l’opposition qui ne veulent pas entendre parler d’un quelconque report du scrutin, le président du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), Azarias Ruberwa, appelle à son report, arguant que tout n’est pas encore prêt pour organiser les élections conformément au calendrier de la Commission électorale indépendante (Ceni).
C’est au cours d’une conférence de presse organisée le mardi 2 août à Kinshasa à l’occasion du 13ème anniversaire de ce parti, que le numéro un du RCD a fait cette déclaration.
«Nous nous rendons compte qu’il y a un grand retard par rapport à certaines opérations [électorales],» a-t-il indiqué. «Le dépôt des candidatures à partir du 4 août que la Céni réclame est impossible parce que c’est à peine qu’elle vient de déposer les annexes de la loi électorale.»
Me Azarias Ruberwa a affirmé que comme le Parlement est en vacances, il faudra attendre son retour pour que ledit projet de loi soit examiné et adopté. Tout ceci, a-t-il ajouté, aura des répercussions sur le calendrier électoral. Selon l’ancien vice-président de la République, les élections présidentielles et législatives devraient être organisées à la fin du mois de février.
«Si la Ceni tient à organiser les élections selon son calendrier, les conséquences seront négatives», a-t-il prévenu.
Tous les ingrédients semblent réunis pour nous attendre à des lendemains très chauds.
Dans la foulée, dans un communiqué publié le jeudi 4 août, le gouvernement des Etats-Unis s’est dit satisfait du déroulement du processus d’enrôlement des électeurs qui s’est achevé dans les délais. C’est un évènement marquant dans le cycle électoral, lequel offre, néanmoins, peu de temps pour que les élections se tiennent le 28 novembre 2011 comme prévu, note le communiqué. Garder ce processus sur la bonne voie et dans les délais prescrits dépendra d’un effort concerté. Nous encourageons les parties concernées à faire de leur mieux pour préserver la dynamique qui a été réalisée à ce jour.
« La prochaine étape importante sera l’adoption par l’Assemblée Nationale et le Sénat de l’annexe à la loi électorale qui permettra à ce processus d’aller de l’avant. Nous encourageons tous les partis politiques et les membres du Parlement à s’acquitter de cette tâche le plus vite possible », souligne le document.
Kléber Kungu
Le choléra, la polio et la rougeole tuent encore
Situation épidémiologique en RDC au 4 août
Le choléra, la polio et la rougeole tuent encore
Le choléra, la poliomyélite, la rougeole et les autres événements de santé font encore des victimes parmi les populations en République démocratique du Congo (RDC), en dépit des efforts inlassables que mènent les humanitaires et le gouvernement congolais. Les provinces les plus touchées sont la Province Orientale, le Bandundu, l’Equateur, Kinshasa (le choléra), le Bas-Congo, le Bandundu, le Kasaï occidental, le Katanga (la poliomyélite), le Sud-Kivu et le Katanga (rougeole). Des représentants de l’OMS et de l’Unicef, en parlant de la situation épidémiologique en RDC, l’ont expliqué à la presse le jeudi 4 août dans un café de presse organisé par Ocha.
Des représentants de l’OMS et de l’Unicef ont expliqué la situation de l’évolution épidémiologique du choléra, de la poliomyélite, de la rougeole et de ce qu’ils ont appelé d’ « autres événements de santé, notamment la méningite à Kasongo Lunda, la fièvre Ebola à Dungu, Province Orientale et la fièvre hémorragique au Katanga.
Comparée à la situation de 2010 (84 cas), l’évolution de la poliomyélite de 2011 connaît une diminution avec 64 cas détectés. Les humanitaires ont déployé d’intenses activités de vaccination sur l’ensemble de la RDC.
Quant à la situation de l’épidémie de la rougeole, cette maladie s’est déclarée comme épidémie depuis mars de cette année. Des mesures de la lutte contre cette maladie ont été telles que 64% seulement de couverture ont été assurés contre 80% présenté comme le minimum de couverture attendu. Cette épidémie est notée dans 5 provinces, y compris trois autres contaminées.
Parti depuis mars 2011 de Kisangani, Province Orientale, le choléra a suivi le long du fleuve Congo, avant d’atteindre le Bandundu (avec 7 zones de santé affectées), l’Equateur (20 zones de santé affectées) et Kinshasa (18 zones de santé touchées).
Sur tout l’ensemble du pays, 4 639 cas ont été détectés pour 7% de létalité. On note aussi que cette épidémie, jadis éradiquée, est toujours en pleine évolution dans deux provinces (Equateur et Kinshasa).
C’est pourquoi, les humanitaires en appellent au renforcement des mesures de prévention et de sensibilisation pour contenir l’expansion de cette maladie dite de mains sales.
Les intervenants ont également noté ce qu’ils ont appelé autres événements de santé. Il s’agit notamment de la méningite détectée à Kasongo Lunda avec 23 cas contre 9 décès, l’Ebola à Dungu (Province Orientale) avec un cas dont le test s’est avéré négatif. Le troisième événement de santé est la fièvre hémorragique suspectée au Katanga et dont le test est en cours.
Les humanitaires ont évoqué certaines stratégies à mettre en place pour le contrôle de l’épidémie de choléra. Il s’agit de la surveillance pour détecter les cas. Ici, il importe de mieux sensibiliser la population sur sa responsabilité à informer tout cas suspect. La prise en charge des cas est la stratégie très importante. Il faudra aussi assurer la communication en sensibilisant davantage la population sur ce qu’elle est appelée à faire dans la prévention de la maladie : l’observance stricte des règles élémentaires d’hygiène (se laver régulièrement les mains…)
Dans une ville comme Kinshasa où la crasse est devenue la compagne la plus immédiate et quotidienne des Kinois au point où personne ne semble s’en émouvoir, la sensibilisation de la population doit être l’une de principales préoccupations des autorités. La négligence risque d’être très fatale pour une population qui n’observe plus, dans sa majorité, les règles élémentaires hygiéniques.
Que des pratiques devenues le lot quotidien des Congolais en général, des Kinois en particulier constituent un vecteur sûr du choléra. Observez la prolifération des restaurants de fortune appelés ‘’malewa’’ qui vendent aux clients à manger et des maladies, car sans aucune observance de règles d’hygiène. Voyez comment les mamans vendeuses des pains, des beignets, du sucre, du lait en vrac, de la grillade (poisson, viande…) exposent leurs marchandises à la merci des bestioles qui nous aident à attraper facilement les maladies des mains sales.
Notez aussi comment le Service d’hygiène, dans sa défaillance, encouragée par les autorités du pays, encourage la population à fouler au pied les règles d’hygiène qui étaient, il y a quelques années, d’une observance stricte.
C’est dire que le défi est grand que celui de mettre tout le monde au pas : le gouvernement en tête.
Kléber Kungu
Le choléra, la polio et la rougeole tuent encore
Le choléra, la poliomyélite, la rougeole et les autres événements de santé font encore des victimes parmi les populations en République démocratique du Congo (RDC), en dépit des efforts inlassables que mènent les humanitaires et le gouvernement congolais. Les provinces les plus touchées sont la Province Orientale, le Bandundu, l’Equateur, Kinshasa (le choléra), le Bas-Congo, le Bandundu, le Kasaï occidental, le Katanga (la poliomyélite), le Sud-Kivu et le Katanga (rougeole). Des représentants de l’OMS et de l’Unicef, en parlant de la situation épidémiologique en RDC, l’ont expliqué à la presse le jeudi 4 août dans un café de presse organisé par Ocha.
Des représentants de l’OMS et de l’Unicef ont expliqué la situation de l’évolution épidémiologique du choléra, de la poliomyélite, de la rougeole et de ce qu’ils ont appelé d’ « autres événements de santé, notamment la méningite à Kasongo Lunda, la fièvre Ebola à Dungu, Province Orientale et la fièvre hémorragique au Katanga.
Comparée à la situation de 2010 (84 cas), l’évolution de la poliomyélite de 2011 connaît une diminution avec 64 cas détectés. Les humanitaires ont déployé d’intenses activités de vaccination sur l’ensemble de la RDC.
Quant à la situation de l’épidémie de la rougeole, cette maladie s’est déclarée comme épidémie depuis mars de cette année. Des mesures de la lutte contre cette maladie ont été telles que 64% seulement de couverture ont été assurés contre 80% présenté comme le minimum de couverture attendu. Cette épidémie est notée dans 5 provinces, y compris trois autres contaminées.
Parti depuis mars 2011 de Kisangani, Province Orientale, le choléra a suivi le long du fleuve Congo, avant d’atteindre le Bandundu (avec 7 zones de santé affectées), l’Equateur (20 zones de santé affectées) et Kinshasa (18 zones de santé touchées).
Sur tout l’ensemble du pays, 4 639 cas ont été détectés pour 7% de létalité. On note aussi que cette épidémie, jadis éradiquée, est toujours en pleine évolution dans deux provinces (Equateur et Kinshasa).
C’est pourquoi, les humanitaires en appellent au renforcement des mesures de prévention et de sensibilisation pour contenir l’expansion de cette maladie dite de mains sales.
Les intervenants ont également noté ce qu’ils ont appelé autres événements de santé. Il s’agit notamment de la méningite détectée à Kasongo Lunda avec 23 cas contre 9 décès, l’Ebola à Dungu (Province Orientale) avec un cas dont le test s’est avéré négatif. Le troisième événement de santé est la fièvre hémorragique suspectée au Katanga et dont le test est en cours.
Les humanitaires ont évoqué certaines stratégies à mettre en place pour le contrôle de l’épidémie de choléra. Il s’agit de la surveillance pour détecter les cas. Ici, il importe de mieux sensibiliser la population sur sa responsabilité à informer tout cas suspect. La prise en charge des cas est la stratégie très importante. Il faudra aussi assurer la communication en sensibilisant davantage la population sur ce qu’elle est appelée à faire dans la prévention de la maladie : l’observance stricte des règles élémentaires d’hygiène (se laver régulièrement les mains…)
Dans une ville comme Kinshasa où la crasse est devenue la compagne la plus immédiate et quotidienne des Kinois au point où personne ne semble s’en émouvoir, la sensibilisation de la population doit être l’une de principales préoccupations des autorités. La négligence risque d’être très fatale pour une population qui n’observe plus, dans sa majorité, les règles élémentaires hygiéniques.
Que des pratiques devenues le lot quotidien des Congolais en général, des Kinois en particulier constituent un vecteur sûr du choléra. Observez la prolifération des restaurants de fortune appelés ‘’malewa’’ qui vendent aux clients à manger et des maladies, car sans aucune observance de règles d’hygiène. Voyez comment les mamans vendeuses des pains, des beignets, du sucre, du lait en vrac, de la grillade (poisson, viande…) exposent leurs marchandises à la merci des bestioles qui nous aident à attraper facilement les maladies des mains sales.
Notez aussi comment le Service d’hygiène, dans sa défaillance, encouragée par les autorités du pays, encourage la population à fouler au pied les règles d’hygiène qui étaient, il y a quelques années, d’une observance stricte.
C’est dire que le défi est grand que celui de mettre tout le monde au pas : le gouvernement en tête.
Kléber Kungu
Lutumba Simaro : « Le nom de Simon signifie pouvoir »
Clôture de la Conférence internationale sur Simon Kimbangu
Lutumba Simaro : « Le nom de Simon signifie pouvoir »
Ses parents furent des surveillants kimbanguistes. Son père l’a prénommé Simon. Lorsque sa mère a demandé aux pères catholiques de le baptiser, ils ont refusé. C’est par l’insistance de son père qu’il avait finalement été baptisé. Lutumba Ndomanueno Simaro, que nous avons rencontré le jour de la clôture de la Conférence internationale sur Simon Kimbangu, à laquelle il a été invité, nous a dévoilé un secret : pourquoi les prêtres catholiques avaient refusé de le baptiser avec son prénom de Simon. Le prénom de celui qui est à la base de l’Eglise kimbanguiste dont l’organisation et l’amour des fidèles ont marqué notre interlocuteur. Entretien.
L’Observateur : Papa Simaro, vous êtes au Centre kimbanguiste d’accueil et de conférences de Kinshasa où se déroule la Conférence internationale sur Simon Kimbangu. Pour vous, qui est Simon Kimbangu ?
Lutumba Simaro : Je vous dirai d’abord que je suis né le 19 mars 1938. Mon père et ma mère furent des surveillants kimbanguistes. Mais, moi je suis catholique. Lorsque les prêtres ont voulu me baptiser, ma mère leur a informé que je m’appelais Lutumba Simon. Ce à quoi, les prêtres ont répondu qu’ils ne pouvaient pas me baptiser avec le prénom de Simon. Mon père leur a répondu qu’il m’a fait porter les noms de Lutumba Simon, qui appartenaient à mon oncle. C’est pourquoi, il ne pouvait pas changer de nom. Deux semaines plus tard, les prêtres ont accepté difficilement de me baptiser avec les noms de Lutumba Simon. Quelle est la raison du refus des prêtres ? Durant cette période, papa Simon Kimbangu opérait des miracles. Aussi les Flamands avaient-ils peur [du prénom de Simon, NDLR]. Porter le prénom de Simon veut dire avoir du pouvoir.
Simon Kimbangu est notre prophète. Il a été envoyé par Dieu pour réaliser des œuvres. Si les Flamands en sont arrivés à l’arrêter et à l’emprisonner, c’est parce qu’ils ont eu peur de sa puissance face à leur pouvoir colonisateur.
Pourquoi vous ne vulgarisez pas la pensée de Simon Kimbangu dans vos chansons ?
Ne me posez pas cette question. Je crois que nous prions tous Jésus-Christ. Mais en auditionnant bien nos œuvres, vous suivrez à travers les chansons de Ok Jazz de l’époque que Josky avait chanté ‘’Tata Simon Kimbangu, venez me sauver’’. Avant son entrée dans Ok Jazz, le P.-D.G Verckys est venu de l’Eglise kimbanguiste où il jouait le saxophone. Et dans ses chansons, il chantait Simon Kimbangu. Ecoutez sa chanson ‘’Nakomitunaka’’, il chante ‘’d’où est venu l’homme noir ?’’. Le mal de vous les jeunes, vous les journalistes ou les chroniqueurs musicaux, vous n’allez pas dans la profondeur des chansons pour les analyser en vue de connaître la pensée de l’auteur. Ntesa Nzitani était chantre kimbanguiste, il était l’un des meilleurs compositeurs [de ce pays]. Et depuis sa mort, le timbre de sa voix n’a jamais été remplacé dans ce pays…
Revenons à Simon Kimbangu, papa Simaro, car vous commencez à nous entraîner vers le domaine musical. Le 22 juillet 2011, la Haute cour militaire de Kinshasa a innocenté Simon Kimbangu de griefs dont le Conseil de guerre colonial de Thysville l’avait accusé en le condamnant à mort en 1921. Quel était votre sentiment quand vous avez appris cet arrêt ?
Je ne suis pas sorti de vos questions. Parce qu’en citant Ntesa, Verckys, Josky, parce que vous avez demandé si nous musiciens chantons aussi le nom de Simon Kimbangu. Mais en tant que Congolais et Africain, si on a innocenté Simon Kimbangu, c’est parce qu’eux-mêmes ont compris qu’ils ont tort. Même après beaucoup d’années, ils ont été obligés de l’innocenter. Les Blancs ont voulu nous coloniser jusqu’au niveau spirituel. Nous avons abandonné beaucoup de nos coutumes à cause d’eux. Bien qu’ils nous aient apporté bien du bien, mais ils ont détruit notre pouvoir. Voici ce que mon papa, surveillant kimbanguiste a vécu à l’hôpital ex-Mama Yemo où il était allé rendre visite à un malade. Ce jour-là, la personne était très malade. Après avoir prié, mon père est rentré chez lui. Le jour suivant, il l’a rencontré en bonne santé. Selon le malade, un homme, qui n’a pas dit son nom, l’a tenu à la main. Après avoir prié, il avait dit au malade qu’il allait rentrer chez lui. Cet homme-là n’était que papa Simon Kimbangu.
Les Blancs savaient qu’ils étaient redevables envers nous les Noirs. Il fallait qu’ils lavent leurs mains sales, comme je l’avais chanté dans Eau bénite. Ils ont lavé leurs mains, Dieu leur a pardonné, nous également.
Mais bien des gens trouvent cela inutile. Que pouvez-vous leur dire ?
Je viens de vous dire tout à l’heure que je suis catholique et mes parents kimbanguistes. Chacun est libre de choisir le chemin qu’il veut suivre. Les Congolais doivent savoir une chose : Simon Kimbangu est leur prophète. En se battant, que cherchent les Arabes ? Leur prophète. Il s’agit également d’une question de génération. Il y a une différence entre votre génération et la nôtre. Le Président de la République qui s’est investi dans ce dossier [celui de la reconnaissance de Simon Kimbangu, NDLR) sait le pourquoi. Si le président de la République et beaucoup d’autres autorités de ce pays qui se rendent à N’Kamba, ce que c’est sérieux. Ceux qui n’ont pas encore compris, ils comprendront un jour. Peut-être sera-t-il trop tard.
Papa Simaro, qu’est-ce que qui vous a le plus marqué dans l’Eglise kimbanguiste ?
C’est l’organisation. Regardez l’endroit où vous m’interviewez, regardez cette concession, regardez beaucoup d’œuvres que les kimbanguistes ont réalisées et qu’ils sont en train de réaliser par rapport aux autres que je ne critique pas du reste. Aujourd’hui, l’argent est placé à l’avant-plan. « Que je devienne pasteur pour récolter beaucoup d’argent, pour qu’on m’achète une voiture Mercedes ; c’est parce que je vais utiliser des produits et que les gens vont se mettre à me suivre, les femmes vont tomber amoureuses de moi ». Est-ce qu’ils ont la véritable divinité en eux ? Christ a dit : « Ils vont venir nombreux et ils vont opérer des miracles en mon nom. Mais ce n’est pas moi. » Vous remarquez actuellement une avenue de 100 personnes avec 60 Eglises. Prier n’est pas une mauvaise chose, mais papa Simon Kimbangu n’a pas associé la religion avec la magie. Aujourd’hui, papa Simon Kimbangu mort, ses œuvres continuent. Quand un pasteur meurt, on se dispute l’argent, la parcelle qu’ils ont achetée.
Bref, ce qui m’impressionne beaucoup, c’est l’organisation et cet amour. Rendez-vous dans un lieu de deuil [et vous remarquerez cette organisation et cet amour]. Le jour où mon père était mort, des flûtistes kimbanguistes ont joué jusqu’au matin. Ils ont transporté à la main la dépouille de la maison sise sur l’avenue Isangi n° 226 jusqu’au cimetière de la Gombe. Il en était pareil lorsque ma mère était morte.
N’avez-vous jamais projeté de chanter un jour Simon Kimbangu et le kimbanguiste ?
A cet instant, je dois être franc, cette inspiration n’est pas encore arrivée. Il est encore temps. Aujourd’hui, à l’âge de 73 ans, le corps commence à s’affaiblir un peu, mais le cerveau est encore performant. Je réaliserai ce projet un jour. Mais, ce qui me fait mal, c’est que quand nous avons commencé ce métier, nous avons travaillé l’art pour l’art. Mais les musiciens actuels font de la musique de business. Ils ont beaucoup d’argent. Quand nous avons commencé, nous avions des studios d’enregistrement de 2 pistes, mono, mais tous les instruments étaient audibles. Aujourd’hui, on a des studios de 52 pistes, 60 pistes et ça coûte cher…
C’est pourquoi, il faut avoir des moyens
Oui, mais ces moyens, personne ne nous le donne. Aujourd’hui, la musique est devenue commerciale où des gens investissent pour avoir de l’argent. Allez à Matonge, il n’existe plus de discothèques. A ce jour, beaucoup de données ont changé.
Propos recueillis par Kléber Kungu
Lutumba Simaro : « Le nom de Simon signifie pouvoir »
Ses parents furent des surveillants kimbanguistes. Son père l’a prénommé Simon. Lorsque sa mère a demandé aux pères catholiques de le baptiser, ils ont refusé. C’est par l’insistance de son père qu’il avait finalement été baptisé. Lutumba Ndomanueno Simaro, que nous avons rencontré le jour de la clôture de la Conférence internationale sur Simon Kimbangu, à laquelle il a été invité, nous a dévoilé un secret : pourquoi les prêtres catholiques avaient refusé de le baptiser avec son prénom de Simon. Le prénom de celui qui est à la base de l’Eglise kimbanguiste dont l’organisation et l’amour des fidèles ont marqué notre interlocuteur. Entretien.
L’Observateur : Papa Simaro, vous êtes au Centre kimbanguiste d’accueil et de conférences de Kinshasa où se déroule la Conférence internationale sur Simon Kimbangu. Pour vous, qui est Simon Kimbangu ?
Lutumba Simaro : Je vous dirai d’abord que je suis né le 19 mars 1938. Mon père et ma mère furent des surveillants kimbanguistes. Mais, moi je suis catholique. Lorsque les prêtres ont voulu me baptiser, ma mère leur a informé que je m’appelais Lutumba Simon. Ce à quoi, les prêtres ont répondu qu’ils ne pouvaient pas me baptiser avec le prénom de Simon. Mon père leur a répondu qu’il m’a fait porter les noms de Lutumba Simon, qui appartenaient à mon oncle. C’est pourquoi, il ne pouvait pas changer de nom. Deux semaines plus tard, les prêtres ont accepté difficilement de me baptiser avec les noms de Lutumba Simon. Quelle est la raison du refus des prêtres ? Durant cette période, papa Simon Kimbangu opérait des miracles. Aussi les Flamands avaient-ils peur [du prénom de Simon, NDLR]. Porter le prénom de Simon veut dire avoir du pouvoir.
Simon Kimbangu est notre prophète. Il a été envoyé par Dieu pour réaliser des œuvres. Si les Flamands en sont arrivés à l’arrêter et à l’emprisonner, c’est parce qu’ils ont eu peur de sa puissance face à leur pouvoir colonisateur.
Pourquoi vous ne vulgarisez pas la pensée de Simon Kimbangu dans vos chansons ?
Ne me posez pas cette question. Je crois que nous prions tous Jésus-Christ. Mais en auditionnant bien nos œuvres, vous suivrez à travers les chansons de Ok Jazz de l’époque que Josky avait chanté ‘’Tata Simon Kimbangu, venez me sauver’’. Avant son entrée dans Ok Jazz, le P.-D.G Verckys est venu de l’Eglise kimbanguiste où il jouait le saxophone. Et dans ses chansons, il chantait Simon Kimbangu. Ecoutez sa chanson ‘’Nakomitunaka’’, il chante ‘’d’où est venu l’homme noir ?’’. Le mal de vous les jeunes, vous les journalistes ou les chroniqueurs musicaux, vous n’allez pas dans la profondeur des chansons pour les analyser en vue de connaître la pensée de l’auteur. Ntesa Nzitani était chantre kimbanguiste, il était l’un des meilleurs compositeurs [de ce pays]. Et depuis sa mort, le timbre de sa voix n’a jamais été remplacé dans ce pays…
Revenons à Simon Kimbangu, papa Simaro, car vous commencez à nous entraîner vers le domaine musical. Le 22 juillet 2011, la Haute cour militaire de Kinshasa a innocenté Simon Kimbangu de griefs dont le Conseil de guerre colonial de Thysville l’avait accusé en le condamnant à mort en 1921. Quel était votre sentiment quand vous avez appris cet arrêt ?
Je ne suis pas sorti de vos questions. Parce qu’en citant Ntesa, Verckys, Josky, parce que vous avez demandé si nous musiciens chantons aussi le nom de Simon Kimbangu. Mais en tant que Congolais et Africain, si on a innocenté Simon Kimbangu, c’est parce qu’eux-mêmes ont compris qu’ils ont tort. Même après beaucoup d’années, ils ont été obligés de l’innocenter. Les Blancs ont voulu nous coloniser jusqu’au niveau spirituel. Nous avons abandonné beaucoup de nos coutumes à cause d’eux. Bien qu’ils nous aient apporté bien du bien, mais ils ont détruit notre pouvoir. Voici ce que mon papa, surveillant kimbanguiste a vécu à l’hôpital ex-Mama Yemo où il était allé rendre visite à un malade. Ce jour-là, la personne était très malade. Après avoir prié, mon père est rentré chez lui. Le jour suivant, il l’a rencontré en bonne santé. Selon le malade, un homme, qui n’a pas dit son nom, l’a tenu à la main. Après avoir prié, il avait dit au malade qu’il allait rentrer chez lui. Cet homme-là n’était que papa Simon Kimbangu.
Les Blancs savaient qu’ils étaient redevables envers nous les Noirs. Il fallait qu’ils lavent leurs mains sales, comme je l’avais chanté dans Eau bénite. Ils ont lavé leurs mains, Dieu leur a pardonné, nous également.
Mais bien des gens trouvent cela inutile. Que pouvez-vous leur dire ?
Je viens de vous dire tout à l’heure que je suis catholique et mes parents kimbanguistes. Chacun est libre de choisir le chemin qu’il veut suivre. Les Congolais doivent savoir une chose : Simon Kimbangu est leur prophète. En se battant, que cherchent les Arabes ? Leur prophète. Il s’agit également d’une question de génération. Il y a une différence entre votre génération et la nôtre. Le Président de la République qui s’est investi dans ce dossier [celui de la reconnaissance de Simon Kimbangu, NDLR) sait le pourquoi. Si le président de la République et beaucoup d’autres autorités de ce pays qui se rendent à N’Kamba, ce que c’est sérieux. Ceux qui n’ont pas encore compris, ils comprendront un jour. Peut-être sera-t-il trop tard.
Papa Simaro, qu’est-ce que qui vous a le plus marqué dans l’Eglise kimbanguiste ?
C’est l’organisation. Regardez l’endroit où vous m’interviewez, regardez cette concession, regardez beaucoup d’œuvres que les kimbanguistes ont réalisées et qu’ils sont en train de réaliser par rapport aux autres que je ne critique pas du reste. Aujourd’hui, l’argent est placé à l’avant-plan. « Que je devienne pasteur pour récolter beaucoup d’argent, pour qu’on m’achète une voiture Mercedes ; c’est parce que je vais utiliser des produits et que les gens vont se mettre à me suivre, les femmes vont tomber amoureuses de moi ». Est-ce qu’ils ont la véritable divinité en eux ? Christ a dit : « Ils vont venir nombreux et ils vont opérer des miracles en mon nom. Mais ce n’est pas moi. » Vous remarquez actuellement une avenue de 100 personnes avec 60 Eglises. Prier n’est pas une mauvaise chose, mais papa Simon Kimbangu n’a pas associé la religion avec la magie. Aujourd’hui, papa Simon Kimbangu mort, ses œuvres continuent. Quand un pasteur meurt, on se dispute l’argent, la parcelle qu’ils ont achetée.
Bref, ce qui m’impressionne beaucoup, c’est l’organisation et cet amour. Rendez-vous dans un lieu de deuil [et vous remarquerez cette organisation et cet amour]. Le jour où mon père était mort, des flûtistes kimbanguistes ont joué jusqu’au matin. Ils ont transporté à la main la dépouille de la maison sise sur l’avenue Isangi n° 226 jusqu’au cimetière de la Gombe. Il en était pareil lorsque ma mère était morte.
N’avez-vous jamais projeté de chanter un jour Simon Kimbangu et le kimbanguiste ?
A cet instant, je dois être franc, cette inspiration n’est pas encore arrivée. Il est encore temps. Aujourd’hui, à l’âge de 73 ans, le corps commence à s’affaiblir un peu, mais le cerveau est encore performant. Je réaliserai ce projet un jour. Mais, ce qui me fait mal, c’est que quand nous avons commencé ce métier, nous avons travaillé l’art pour l’art. Mais les musiciens actuels font de la musique de business. Ils ont beaucoup d’argent. Quand nous avons commencé, nous avions des studios d’enregistrement de 2 pistes, mono, mais tous les instruments étaient audibles. Aujourd’hui, on a des studios de 52 pistes, 60 pistes et ça coûte cher…
C’est pourquoi, il faut avoir des moyens
Oui, mais ces moyens, personne ne nous le donne. Aujourd’hui, la musique est devenue commerciale où des gens investissent pour avoir de l’argent. Allez à Matonge, il n’existe plus de discothèques. A ce jour, beaucoup de données ont changé.
Propos recueillis par Kléber Kungu
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