Le Pr. Martial Sinda fait docteur honoris causa
Le professeur Martial Sinda, du Congo Brazzaville, a été fait docteur honoris causa par l’Université Simon Kimbangu. Il a le mérite d’être le tout premier universitaire africain à avoir soutenu une thèse sur Simon Kimbangu et le kimbanguisme. Une pléiade d’éminents professeurs ont constitué le jury chargé d’octroyer ce titre honorifique. Il s’agit du Pr. Dr. Elikia M’Bokolo (président), du Pr. Dr. Tshungu Bamesa (secrétaire), du Pr. Dr. Kabengele Munyanga (membre), du Pr. Dr. Dianne M Diakhité (membre), du Pr. Dr. Sabakinu Kivilu (membre) et du Pr. Dr. Mwene Batende (membre).
« Vous ne serez pas seulement, que dis-je, tu ne seras pas seulement le premier Africain honoré par ce grade, tu seras aussi le premier à ouvrir cette série de doctorats honoris causa que nous espérons longue et prestigieuse dans cette université », déclarait le professeur Elikia M’Bokolo, dans une présentation autobiographique en faveur de Martial Sinda.
Il a ensuite justifié le choix fait sur septuagénaire né à M'bamou-Sinda, région de Kinkala, au Congo Brazzaville en 1935. « Nous avons donné notre préférence à ceux des chercheurs qui se distinguent par leur volonté d’innovation, par leur audace, par leur refus des idées reçues et par leur souci de l’excellence. Ce sont ces chercheurs-là que nous avons invités ici et c’est ce modèle de chercheurs qu’incarne notre aîné Martial Sinda », a précisé le président du jury.
Alors qu’il n’a que 20 ans, Martial Sinda qui est à Paris pour des études, côtoyant déjà des célébrités du monde littéraire comme Léopold Sédar Senghor, va publier son premier recueil de poésie intitulé Premier chant du départ, aux éditions Seghers. Ce livre va faire l’effet d’une bombe dans un monde dominé par le colonialisme.
Premier chant du départ va valoir à son auteur des ennuis auprès de la métropole. Mais cela n’empêchera pas d’obtenir un prix colonial qui n’était pas prévu pour les Africains qu’il était. Martial Sinda devenait ainsi le premier poète d’Afrique centrale, d’Afrique noire française couronné par un grand prix.
Ce grand prix est loin de donner des ailes à ce jeune poète. Il va ainsi poursuivre sereinement « le chemin de la décision et de la maîtrise des connaissances : le voilà sur le banc de l’université. A l’époque, il n’y a qu’une seule université : la Sorbonne.
Ayant pris goût à l’écriture, Martial Sinda va réitérer l’exploit en publiant en 1972 « Le Messianisme congolais et ses incidences politiques depuis son apparition jusqu'à l'époque de l'indépendance, 1921-1961 ».
« Je suis donc très heureux, Martial, que tu sois ici aujourd’hui, vivant, à 76 ans, pour recevoir de nous, nous donc l’USK, et nous le Comité scientifique et le Comité d’organisation de cette Conférence sur Simon Kimbangu, de recevoir cet hommage de nous vivant. Je n’aime pas cette habitude africaine qui consiste à négliger des vivants, à laisser les intellectuels croupir dans la misère et l’anonymat pour les honorer avec les grands discours le jour de leur mort. Nous avons décidé que toi, de ton vivant, tu recevrais de nous, ici, à Kinshasa, dans cette salle Mama Muilu, le doctorat honoris causa de l’Université qui porte le nom de cet homme qui a occupé tant d’années de ta jeunesse et tant d’années de toute ta vie… »
La présentation biographique est si émouvante que je vois son épouse, Albertine Mambou qu’il a épousée en 1958, verser quelques larmes. Elle qui lui sert de camerawoman et de photographe au cours de cette cérémonie d’investiture.
Une série de messages laudatifs d’éminents professeurs vont encourager l’heureux récipiendaire. « L’USK a décidé d’honorer l’historien Martial Sinda qui, pendant plus de 40 ans, s’est consacré dans ses préoccupations intellectuelles et scientifiques à la défense et à la promotion africaine et congolaise », a déclaré le professeur Sabakinu Kivilu.
« Je crois que ce titre de docteur honoris causa qui va vous être octroyé par l’USK n’est pas un simple geste de courtoisie ou de travail intellectuel qui flatte l’intelligence. Il s’agit de la reconnaissance académique et politique d’une œuvre de réflexion intelligente engagée sur nos problèmes, une œuvre d’analyse du mouvement messianique… Votre œuvre nous invite à être pilote de notre destin, à sortir de cette position de copilote ou de simple voyageur dans le train vers le développement », a reconnu le professeur Kabengele Munyanga.
C’est d’une voix ferme, dénuée de toute émotion due à ce genre de circonstance que l’heureux récipiendaire, le professeur Martial Sinda va remercier ses collègues, surtout l’Eglise kimbanguiste, par son chef spirituel et l’Université Simon Kimbangu d’avoir pensé à lui. Il a insisté sur le fait que l’œuvre de Simon Kimbangu soit défendue, arguant que « le chef du village meurt, mais le village ne disparaît pas ».
Si le jeudi 28 juillet, Martial Sinda n’a pas cédé à l’émotion, qui était du reste très forte, quelques jours plus tard, le professeur Martial Sinda m’a confié ceci le lundi 25 juillet : « J’ai pleuré de joie en trouvant des bâtiments immenses. J’ai vu des bâtiments et non des huttes ». Il s’extasiait ainsi sur les grandes réalisations de l’Eglise kimbanguiste au sujet de laquelle il avait consacré beaucoup de son énergie.
A 76 ans, Martial Sinda, qui se déplace dans une bicyclette, a le ferme espoir de revenir en RDC, terre du kimbanguiste.
Kléber Kungu
mercredi 3 août 2011
Douze recommandations ont sanctionné les travaux de la Conférence internationale sur Simon Kimbangu
Recommandations
Douze recommandations ont sanctionné les travaux de la Conférence internationale sur Simon Kimbangu
1. Encourager les kimbanguistes à réinstaurer et à concrétiser l’unité de l’Eglise.
2. Créer un centre de documentation et archives à N’Kamba.
3. Faire de la date du 6 avril marquant le début du ministère de Simon Kimbangu une journée chômée et payée sur toute l’étendue de la RDC.
4. Accorder un statut particulier à la cité de N’Kamba, nouvelle Jérusalem, de manière à rehausser davantage sa valeur historique.
5. Accorder l’immunité au chef spirituel et représentant légal de l’Eglise kimbanguiste.
6. Inaugurer à Kinshasa, au coeur de la capitale de la RDC, une statue en l’honneur de Simon Kimbangu.
7. Récupérer et protéger les sites historiques de l’Eglise kimbanguistes, ses concessions, ses domaines et ses diver.
8. Introduire l’histoire de papa Simon Kimbangu et de Kimpa Vita Béatrice Ndona dans les manuels d’histoire de l’enseignement général, secondaire, supérieur et universitaire en RDC, au Congo Brazzaville et en Angola.
9. Promouvoir le développement de l’Université Simon Kimbangu en lui dotant de moyens financiers conséquents en vue de la rendre compétitive sur le plan de recherche.
10. Mettre en place un organe chargé de valider toute publication touchant à la doctrine de l’Eglise kimbanguiste.
11. Former avec rigueur des spécialistes de l’Eglise dans les domaines politique, social et économique.
12. Développer et consolider les recherches scientifiques à travers les réseaux des chercheurs ayant participé à ces assises.
Douze recommandations ont sanctionné les travaux de la Conférence internationale sur Simon Kimbangu
1. Encourager les kimbanguistes à réinstaurer et à concrétiser l’unité de l’Eglise.
2. Créer un centre de documentation et archives à N’Kamba.
3. Faire de la date du 6 avril marquant le début du ministère de Simon Kimbangu une journée chômée et payée sur toute l’étendue de la RDC.
4. Accorder un statut particulier à la cité de N’Kamba, nouvelle Jérusalem, de manière à rehausser davantage sa valeur historique.
5. Accorder l’immunité au chef spirituel et représentant légal de l’Eglise kimbanguiste.
6. Inaugurer à Kinshasa, au coeur de la capitale de la RDC, une statue en l’honneur de Simon Kimbangu.
7. Récupérer et protéger les sites historiques de l’Eglise kimbanguistes, ses concessions, ses domaines et ses diver.
8. Introduire l’histoire de papa Simon Kimbangu et de Kimpa Vita Béatrice Ndona dans les manuels d’histoire de l’enseignement général, secondaire, supérieur et universitaire en RDC, au Congo Brazzaville et en Angola.
9. Promouvoir le développement de l’Université Simon Kimbangu en lui dotant de moyens financiers conséquents en vue de la rendre compétitive sur le plan de recherche.
10. Mettre en place un organe chargé de valider toute publication touchant à la doctrine de l’Eglise kimbanguiste.
11. Former avec rigueur des spécialistes de l’Eglise dans les domaines politique, social et économique.
12. Développer et consolider les recherches scientifiques à travers les réseaux des chercheurs ayant participé à ces assises.
Les conférenciers recommandent une immunité au chef spirituel de l’Eglise
Clôture de la 2ème Conférence internationale sur Simon Kimbangu
Les conférenciers recommandent une immunité au chef spirituel de l’Eglise kimbanguiste
• 12 recommandations
• Un titre de docteur honoris causa décerné au Pr. Martial Sinda du Congo Brazzaville par l’Université Simon Kimbangu
• Un diplôme d’honneur décerné au chef spirituel de l’Eglise kimbanguiste, Simon Kimbangu Kiangani
Douze recommandations, un titre de docteur honoris causa décerné au professeur Martial Sinda, du Congo Brazzaville, le premier Noir africain à avoir défendu une thèse sur Simon Kimbangu, un titre d’honneur décerné au chef spirituel et représentant légal de l’Eglise kimbanguiste, une grande carte géographique représentant la route du calvaire du prophète Simon Kimbangu de N’kamba (Bas-Congo) à Elisabethville, l’actuel Lubumbashi, chef-lieu du Katanga, et celle ayant conduit son corps de Lubumbashi à N’kamba pour son inhumation. Voilà le bilan réalisé par la 2ème Conférence internationale sur Simon Kimbangu dont les travaux de 4 jours (24-28 juillet) tenus dans la salle Mama Muilu de l’amphithéâtre du Centre kimbanguiste d’accueil et de conférences à Kinshasa, ont pris fin le jeudi 28 juillet dans la soirée. Dans une ambiance très festive animée par la très puissante et envoûtante Fanfare kimbanguiste (Faki), devant une foule immense des fidèles de cette Eglise internationale.
C’est pratiquement tous les fidèles kimbanguistes de la ville de Kinshasa qui ont pris d’assaut le Centre kimbanguiste d’accueil et de conférences à Kinshasa pour suivre de visu ce que la centaine d’hommes de science venus de tous les coins du monde (Europe, Amérique, Afrique) ont produit durant 4 jours d’une « Conférence internationale très attendue ».
Tout oreilles et tout yeux, ils ont suivi, comme deux personnes seulement, c’est-à-dire attentivement, la lecture par le professeur Obotela des 12 recommandations faites aux uns et aux autres. Une lecture qui était régulièrement interrompue par une salve d’applaudissements pour saluer la pertinence des recommandations faites par ces hommes de science.
Lorsque le modérateur a annoncé la remise du diplôme d’honneur au chef spirituel et représentant légal de l’Eglise de Jésus-Christ sur la terre par son envoyé spécial Simon Kimbangu (EJCSK), les milliers de fidèles se sont levés comme un seul homme, sous des cris de joie. Quelques séquences de la musique de la Faki ont électrisé le Centre. Il a échu au professeur Elikia M’Bokolo, celui qui a présidé le Comité scientifique et du Comité d’organisation de la Conférence internationale sur Simon Kimbangu (CISK), de réaliser cet acte de grande portée aux yeux des kimbanguistes : la remise du diplôme d’honneur. Le cérémonial qui l’a précédé en a donné une grande valeur religieuse et symbolique. « Les jours passent, mais ne se ressemblent pas en événements », le Pr. Masamba Nkazi a Ngani, recteur de l’Université Simon Kimbangu en a annoncé préalablement les couleurs quelques minutes auparavant dans son mot d’au revoir.
Le diplôme d’honneur reçu, le chef spirituel Simon Kimbangu Kiangani va électriser l’atmosphère, déjà électrique lorsque, d’une voix calme, mais autoritaire et imposante, il va lancer en lingala ces quelques mots « magiques » : « Batata bobuaka kazaka, bamama bobuaka maputa ». Des casques et des pagnes, comme des gros oiseaux multicolores, ont surplombé une foule en délire. Une atmosphère paradisiaque a du coup envahi le Centre.
Message de paix et d’amour
« Aujourd’hui, la CISK nous a réunis. Ce qui nous divisait s’éloigne pour redevenir ce que nous étions. Le monde du mal s’éloigne. Quand un ami est en difficulté, il importe de l’aider… » C’est un message de paix, de réconciliation, d’amour, d’unité que le numéro un de l’Eglise kimbanguiste a adressé, de manière brève, à ses fidèles.
Il va enflammer une atmosphère déjà électrisée lorsqu’il demande aux musiciens de la Faki d’exécuter le morceau « Satana longua » (Satan, dehors !). Les fidèles ne se font pas prier deux fois pour reprendre en chœur ce morceau en accompagnant les musiciens. « Que Satan sorte, qu’il s’en aille. Chez nous, il n’a aucune place », lance celui que les kimbanguistes aiment appeler affectueusement « Papa ». « Dans leurs discours, les professeurs nous ont demandé d’améliorer N’Kmaba. C’est le travail de nous tous. Aimons-nous en reconnaissant Dieu. Et lorsque nous allons lui demander quelque chose, il va nous donner », conclut Papa Simon Kimbangu.
Auparavant, par son directeur de cabinet, qui a lu son mot, Simon Kimbangu Kiangani a exprimé sa reconnaissance et ses remerciements à l’endroit du président Joseph Kabila pour avoir accepté le patronage de la Conférence, pour avoir souligné le rôle joué par Simon Kimbangu, l’avoir élevé au rang de héros national et lui avoir décerné, à titre posthume, la médaille de Grand cordon des Ordres nationaux.
Il a en outre loué le travail réalisé par les hommes de science avec la CISK, qui, selon lui, « va permettre de mieux connaître Simon Kimbangu dans sa philosophie de développement intégral de l’homme noir. »
Des messages de soutien et de félicitations à l’endroit de l’Eglise kimbanguiste ont été également adressés notamment par le vice-ministre angolais de la Culture, Cornelio Caley, qui a reconnu que la tenue de cette Conférence « marque un pas de notre histoire », tout en félicitant ses organisateurs et l’USK, au nom de la ministre angolaise de la Culture et du chef de l’Etat angolais.
Quant à la Dr Sheila Walker, historienne nord-américaine et afrodescendante, elle s’est exprimée en ces termes : « Je suis très impressionnée par l’organisation de l’Eglise kimbanguiste. Je pense que les recommandations vont porter des fruits et que l’Eglise kimbanguiste va occuper la place qui lui revient dans le monde ».
La réussite de la CISK ne passe que par le suivi qui doit être fait des recommandations. Aux uns et aux autres de les appliquer pour que ce grand forum international, le second à avoir été organisé, après celui de 2006, dont bien des recommandations sont encore lettre morte à ce jour.
Kléber Kungu
Les conférenciers recommandent une immunité au chef spirituel de l’Eglise kimbanguiste
• 12 recommandations
• Un titre de docteur honoris causa décerné au Pr. Martial Sinda du Congo Brazzaville par l’Université Simon Kimbangu
• Un diplôme d’honneur décerné au chef spirituel de l’Eglise kimbanguiste, Simon Kimbangu Kiangani
Douze recommandations, un titre de docteur honoris causa décerné au professeur Martial Sinda, du Congo Brazzaville, le premier Noir africain à avoir défendu une thèse sur Simon Kimbangu, un titre d’honneur décerné au chef spirituel et représentant légal de l’Eglise kimbanguiste, une grande carte géographique représentant la route du calvaire du prophète Simon Kimbangu de N’kamba (Bas-Congo) à Elisabethville, l’actuel Lubumbashi, chef-lieu du Katanga, et celle ayant conduit son corps de Lubumbashi à N’kamba pour son inhumation. Voilà le bilan réalisé par la 2ème Conférence internationale sur Simon Kimbangu dont les travaux de 4 jours (24-28 juillet) tenus dans la salle Mama Muilu de l’amphithéâtre du Centre kimbanguiste d’accueil et de conférences à Kinshasa, ont pris fin le jeudi 28 juillet dans la soirée. Dans une ambiance très festive animée par la très puissante et envoûtante Fanfare kimbanguiste (Faki), devant une foule immense des fidèles de cette Eglise internationale.
C’est pratiquement tous les fidèles kimbanguistes de la ville de Kinshasa qui ont pris d’assaut le Centre kimbanguiste d’accueil et de conférences à Kinshasa pour suivre de visu ce que la centaine d’hommes de science venus de tous les coins du monde (Europe, Amérique, Afrique) ont produit durant 4 jours d’une « Conférence internationale très attendue ».
Tout oreilles et tout yeux, ils ont suivi, comme deux personnes seulement, c’est-à-dire attentivement, la lecture par le professeur Obotela des 12 recommandations faites aux uns et aux autres. Une lecture qui était régulièrement interrompue par une salve d’applaudissements pour saluer la pertinence des recommandations faites par ces hommes de science.
Lorsque le modérateur a annoncé la remise du diplôme d’honneur au chef spirituel et représentant légal de l’Eglise de Jésus-Christ sur la terre par son envoyé spécial Simon Kimbangu (EJCSK), les milliers de fidèles se sont levés comme un seul homme, sous des cris de joie. Quelques séquences de la musique de la Faki ont électrisé le Centre. Il a échu au professeur Elikia M’Bokolo, celui qui a présidé le Comité scientifique et du Comité d’organisation de la Conférence internationale sur Simon Kimbangu (CISK), de réaliser cet acte de grande portée aux yeux des kimbanguistes : la remise du diplôme d’honneur. Le cérémonial qui l’a précédé en a donné une grande valeur religieuse et symbolique. « Les jours passent, mais ne se ressemblent pas en événements », le Pr. Masamba Nkazi a Ngani, recteur de l’Université Simon Kimbangu en a annoncé préalablement les couleurs quelques minutes auparavant dans son mot d’au revoir.
Le diplôme d’honneur reçu, le chef spirituel Simon Kimbangu Kiangani va électriser l’atmosphère, déjà électrique lorsque, d’une voix calme, mais autoritaire et imposante, il va lancer en lingala ces quelques mots « magiques » : « Batata bobuaka kazaka, bamama bobuaka maputa ». Des casques et des pagnes, comme des gros oiseaux multicolores, ont surplombé une foule en délire. Une atmosphère paradisiaque a du coup envahi le Centre.
Message de paix et d’amour
« Aujourd’hui, la CISK nous a réunis. Ce qui nous divisait s’éloigne pour redevenir ce que nous étions. Le monde du mal s’éloigne. Quand un ami est en difficulté, il importe de l’aider… » C’est un message de paix, de réconciliation, d’amour, d’unité que le numéro un de l’Eglise kimbanguiste a adressé, de manière brève, à ses fidèles.
Il va enflammer une atmosphère déjà électrisée lorsqu’il demande aux musiciens de la Faki d’exécuter le morceau « Satana longua » (Satan, dehors !). Les fidèles ne se font pas prier deux fois pour reprendre en chœur ce morceau en accompagnant les musiciens. « Que Satan sorte, qu’il s’en aille. Chez nous, il n’a aucune place », lance celui que les kimbanguistes aiment appeler affectueusement « Papa ». « Dans leurs discours, les professeurs nous ont demandé d’améliorer N’Kmaba. C’est le travail de nous tous. Aimons-nous en reconnaissant Dieu. Et lorsque nous allons lui demander quelque chose, il va nous donner », conclut Papa Simon Kimbangu.
Auparavant, par son directeur de cabinet, qui a lu son mot, Simon Kimbangu Kiangani a exprimé sa reconnaissance et ses remerciements à l’endroit du président Joseph Kabila pour avoir accepté le patronage de la Conférence, pour avoir souligné le rôle joué par Simon Kimbangu, l’avoir élevé au rang de héros national et lui avoir décerné, à titre posthume, la médaille de Grand cordon des Ordres nationaux.
Il a en outre loué le travail réalisé par les hommes de science avec la CISK, qui, selon lui, « va permettre de mieux connaître Simon Kimbangu dans sa philosophie de développement intégral de l’homme noir. »
Des messages de soutien et de félicitations à l’endroit de l’Eglise kimbanguiste ont été également adressés notamment par le vice-ministre angolais de la Culture, Cornelio Caley, qui a reconnu que la tenue de cette Conférence « marque un pas de notre histoire », tout en félicitant ses organisateurs et l’USK, au nom de la ministre angolaise de la Culture et du chef de l’Etat angolais.
Quant à la Dr Sheila Walker, historienne nord-américaine et afrodescendante, elle s’est exprimée en ces termes : « Je suis très impressionnée par l’organisation de l’Eglise kimbanguiste. Je pense que les recommandations vont porter des fruits et que l’Eglise kimbanguiste va occuper la place qui lui revient dans le monde ».
La réussite de la CISK ne passe que par le suivi qui doit être fait des recommandations. Aux uns et aux autres de les appliquer pour que ce grand forum international, le second à avoir été organisé, après celui de 2006, dont bien des recommandations sont encore lettre morte à ce jour.
Kléber Kungu
Sheila Walker : « La culture africaine est à la base de la culture des Amériques »
Conférence internationale sur Simon Kimbangu
Sheila Walker : « La culture africaine est à la base de la culture des Amériques »
Sheila Walker, historienne et ancienne professeure dans plusieurs universités américaines, afrodescendante, a soutenu que la culture des Amériques tire son origine de celle de l’Afrique. L’esclavage et la traite négrière ont contribué dans une large mesure à influencer cette situation. En effet, 45% des Afrodescendants sont venus de l’Afrique centrale.
Tout en soutenant que la culture africaine est bien présente en Amérique, Sheila Walker signale également que la démographie de base du continent américain est africaine. « Il y a eu 500 à 600 millions d'Africains qui sont présents dans le continent ».
Dans le domaine de la technologie, Sheila Walker dément ceux qui soutiennent que les Africains n'ont rien apporté en ce sens. Pour elle, le premier transfert de technologie aux Etats-Unis est venu des Africains. Elle souligne, en ce sens, que la technologie du riz découverte sur les rives de la Sénégambie a été, par la suite, exportée aux Etats-Unis.
En outre, l’historienne a soutenu que beaucoup de noms se retrouvent aussi bien dans la langue américaine que dans les langues d’autres pays, faisant remarquer que Congo, Angola entre autres sont les noms les plus utilisés aux Amériques.
Par ailleurs, Sheila Walker a souligné l’importance des Eglises indépendantistes dans l’émancipation des Afrodescendants, tout en relevant que l’Eglise a plusieurs objectifs sociaux, économiques, politiques. Lieu de perpétuation de la tradition africaine et lieu d’entretien de la musique, voilà les deux fonctions de l’Eglise, selon Sheila Walker.
Cependant, avec la sensibilisation qu’il y a eu au sein des Afrodescendants, il s’est créé un mouvement des rassemblements depuis 1967. Cela s’est concrétisé par les nombreux festivals organisés par-ci, par-là, notamment au Congo Brazzaville Fespaco).
Soutenant son idée sur laquelle Sheila Walker est revenue, elle a déclaré qu’ « on se connaîtra sans se connaître », tiré d’un poème. « Sans venir en Afrique, sans voyager, a-t-elle avoué, je n’aurai jamais compris la société africaine aux Amériques». Dans un appel d’interpellation, elle a invité l’Afrique à comprendre « son rôle dans la création du monde atlantique ».
En termes plus clairs, les Africains doivent comprendre qu’ils ont contribué énormément dans la création du monde, contrairement aux clichés négatifs faits constamment sur eux, comme quoi, ils n’y ont rien apporté.
L’ethnologue en voie de devenir cinéaste, comme elle l’a déclaré elle-même a laissé à ses frères et sœurs Africains un message d’espoir. « Nous allons revenir pour reconstruire l’Eglise ». En attendant, elle a annoncé avoir apporté des livres.
A tout prendre, le message de Sheila Walker est une interpellation à l’endroit des Africains pour qu’ils puissent connaître ce qu’ils sont réellement, pour montrer ce qu’ils ont apporté à la culture atlantique. Les Africains ne doivent plus continuer à se minimiser car leur contribution à la marche de ce monde est grande. Comme quoi, « la culture africaine est à la base de la culture des Amériques ».
Kléber Kungu
Sheila Walker : « La culture africaine est à la base de la culture des Amériques »
Sheila Walker, historienne et ancienne professeure dans plusieurs universités américaines, afrodescendante, a soutenu que la culture des Amériques tire son origine de celle de l’Afrique. L’esclavage et la traite négrière ont contribué dans une large mesure à influencer cette situation. En effet, 45% des Afrodescendants sont venus de l’Afrique centrale.
Tout en soutenant que la culture africaine est bien présente en Amérique, Sheila Walker signale également que la démographie de base du continent américain est africaine. « Il y a eu 500 à 600 millions d'Africains qui sont présents dans le continent ».
Dans le domaine de la technologie, Sheila Walker dément ceux qui soutiennent que les Africains n'ont rien apporté en ce sens. Pour elle, le premier transfert de technologie aux Etats-Unis est venu des Africains. Elle souligne, en ce sens, que la technologie du riz découverte sur les rives de la Sénégambie a été, par la suite, exportée aux Etats-Unis.
En outre, l’historienne a soutenu que beaucoup de noms se retrouvent aussi bien dans la langue américaine que dans les langues d’autres pays, faisant remarquer que Congo, Angola entre autres sont les noms les plus utilisés aux Amériques.
Par ailleurs, Sheila Walker a souligné l’importance des Eglises indépendantistes dans l’émancipation des Afrodescendants, tout en relevant que l’Eglise a plusieurs objectifs sociaux, économiques, politiques. Lieu de perpétuation de la tradition africaine et lieu d’entretien de la musique, voilà les deux fonctions de l’Eglise, selon Sheila Walker.
Cependant, avec la sensibilisation qu’il y a eu au sein des Afrodescendants, il s’est créé un mouvement des rassemblements depuis 1967. Cela s’est concrétisé par les nombreux festivals organisés par-ci, par-là, notamment au Congo Brazzaville Fespaco).
Soutenant son idée sur laquelle Sheila Walker est revenue, elle a déclaré qu’ « on se connaîtra sans se connaître », tiré d’un poème. « Sans venir en Afrique, sans voyager, a-t-elle avoué, je n’aurai jamais compris la société africaine aux Amériques». Dans un appel d’interpellation, elle a invité l’Afrique à comprendre « son rôle dans la création du monde atlantique ».
En termes plus clairs, les Africains doivent comprendre qu’ils ont contribué énormément dans la création du monde, contrairement aux clichés négatifs faits constamment sur eux, comme quoi, ils n’y ont rien apporté.
L’ethnologue en voie de devenir cinéaste, comme elle l’a déclaré elle-même a laissé à ses frères et sœurs Africains un message d’espoir. « Nous allons revenir pour reconstruire l’Eglise ». En attendant, elle a annoncé avoir apporté des livres.
A tout prendre, le message de Sheila Walker est une interpellation à l’endroit des Africains pour qu’ils puissent connaître ce qu’ils sont réellement, pour montrer ce qu’ils ont apporté à la culture atlantique. Les Africains ne doivent plus continuer à se minimiser car leur contribution à la marche de ce monde est grande. Comme quoi, « la culture africaine est à la base de la culture des Amériques ».
Kléber Kungu
Luzolo Bambi : « Simon Kimbangu n’a jamais été un criminel »
La Conférence internationale sur Simon Kimbangu
Luzolo Bambi : « Simon Kimbangu n’a jamais été un criminel »
« En termes clairs, l’histoire universelle retiendra que Simon Kimbangu n’a jamais été un criminel comme l’a relevé le Conseil de guerre de Thysville [appellation coloniale de Mbanza-Ngungu]. C’est donc à tort qu’il avait été condamné à mort en 1921 ». Le ministre de la Justice et Garde sceaux, Luzolo Bambi, qui ouvrait la série des conférences au cours de la Conférence internationale sur Simon Kimbangu, l’a déclaré alors qu’il faisait son exposé intitulé : « Le procès de Simon Kimbangu : de la condamnation à la révision » à la 2ème journée de cette grande rencontre qui réfléchissait sur la personne de Simon Kimbangu, son œuvre et sa contribution au processus de libération de l’homme noir. Une journée qui a connu également l’exposé du Pr. Jean-Pierre Bozon « Figures, fonctions et usages des prophètes en Afrique ».
« Révision en droit judiciaire congolais et les conditions d’une révision », « pourquoi la Haute cour militaire a révisé le procès ayant condamné Simon Kimbangu » et « que retenir de l’arrêt 002 du 23 juillet » sont les trois points qui ont constitué l’exposé de Luzolo Bambi qui a consisté à expliquer pourquoi on en est arrivé à révision le procès ayant condamné à mort Simon Kimbangu et 14 de ses coaccusés à des peines diverses.
Le fondement de la révision d’un procès part du principe selon lequel la justice est rendue par les hommes et qu’elle est susceptible d’être entachée de failles, étant donné que les hommes ne sont pas des saints. Donc, les hommes qui rendent des jugements.
Il existe deux voies de recours : le recours ordinaires (opposition, appel) et les voies de recours extraordinaire (pourvoi en cassation, pourvoi en révision).
Le ministre de la Justice, ce spécialiste en droit pénal et en droit judiciaire, a expliqué que la révision était une voie de recours toute particulière, en ceci qu’elle permet de réparer, corriger une erreur judiciaire commise par une juridiction à l’endroit d’un justiciable. Il a en outre précisé qu’en droit congolais, seules les condamnations sont susceptibles de révision. A la seule condition que cette décision de condamnation soit égale ou supérieur à 2 mois.
En code judiciaire militaire, il est établi que c’est la Haute cour militaire (HCM) qui procède à la révision d’un jugement. Mais, il faut qu’au préalable apparaisse un fait nouveau, par exemple, l’innocence.
« Pourquoi avoir révisé le jugement contre Simon Kimbangu ? »
La réponse à cette question est que parce que le Conseil de guerre colonial de Thysville avait condamné un innocent. La HCM a réhabilité l’innocent, ayant constaté que Simon Kimbangu était innocent. En effet, le principe judiciaire est que lorsque la justice a constate qu’elle avait condamné un innocent, en vie ou mort, elle est dans l’obligation de l’innocenter.
Ce qu’il faut retenir de l’arrêt du 22 juillet de la HCM, c’est qu’il a annulé la condamnation du Conseil de guerre de Thysville. « En termes clairs, l’histoire universelle retiendra que Simon Kimbangu n’a jamais été un criminel comme l’a relevé le Conseil de guerre de Thysville [appellation coloniale de Mbanza-Ngungu]. C’est donc à tort qu’il avait été condamné à mort en 1921 ».
Luzolo Bambi a conclu que « l’injonction du ministre de la Justice a été l’élément déclencheur de la révision du jugement ». Et conséquemment à cette décision, il arrive que la personne innocentée en vie, ou lorsqu’elle est morte, ses héritiers peuvent réclamer des dommages-intérêts. Mais il s’avère qu’aucune juridiction en RDC n’est habilitée à accorder des dommages-intérêts à un tiers, même à titre posthume.
Le ministre de la Justice a souligné que la révision est une décision rare qu’une juridiction peut prendre. Par conséquent, la HCM qui existe depuis 1968 n’en a pris qu’au moins 3. « Cette décision à un impact dans le monde. C’est une concrétisation de la liberté de l’homme noir partout où il se trouve.
« Le gouvernement se considère très satisfait d’avoir lavé la mémoire de Simon Kimbangu », s’est réjoui son ministre de la Justice.
« Figures, fonctions et usages des prophètes en Afrique, lecture d’anthropologue »
Le professeur français Jean-Pierre Bozon, qui est versé dans la recherche sur le prophétisme et le prophète en Afrique, principalement en Afrique centrale, depuis qu’il avait 23 ans, a affirmé que « dans tous ces prophétismes et prophètes étudiés, le kimbanguisme et Kimbangu restent les plus connus de tous. Ces mouvements en Afrique ont perturbé toutes les données des colonisateurs qui faisaient tous pour réprimer de manière brutale pour enfin éviter la pérennisation ».
Il a reconnu en ces prophètes la force de mobilisation et d’activisme et que la combinaison de leurs discours et de leurs actions fait leur succès.
Ce spécialiste de la Côte d’Ivoire a fait une étude comparative du prophétisme de la RDC et de la Côte d’Ivoire, deux pays qui ont traversé des étapes d’histoires caractérisées par des guerres et des conflits.
Les prophètes étaient des inventeurs de nouvelles religions. En le faisant, ils ont créé des événements et écrit une nouvelle histoire car, en raison du prophétisme, les colonisés ne sont pas restés à la place leur assignée par les colonisateurs. Les Eglises qu’ils ont créées constituaient un canal d’expression populaire et actuellement, un patrimoine national.
Kléber Kungu
Luzolo Bambi : « Simon Kimbangu n’a jamais été un criminel »
« En termes clairs, l’histoire universelle retiendra que Simon Kimbangu n’a jamais été un criminel comme l’a relevé le Conseil de guerre de Thysville [appellation coloniale de Mbanza-Ngungu]. C’est donc à tort qu’il avait été condamné à mort en 1921 ». Le ministre de la Justice et Garde sceaux, Luzolo Bambi, qui ouvrait la série des conférences au cours de la Conférence internationale sur Simon Kimbangu, l’a déclaré alors qu’il faisait son exposé intitulé : « Le procès de Simon Kimbangu : de la condamnation à la révision » à la 2ème journée de cette grande rencontre qui réfléchissait sur la personne de Simon Kimbangu, son œuvre et sa contribution au processus de libération de l’homme noir. Une journée qui a connu également l’exposé du Pr. Jean-Pierre Bozon « Figures, fonctions et usages des prophètes en Afrique ».
« Révision en droit judiciaire congolais et les conditions d’une révision », « pourquoi la Haute cour militaire a révisé le procès ayant condamné Simon Kimbangu » et « que retenir de l’arrêt 002 du 23 juillet » sont les trois points qui ont constitué l’exposé de Luzolo Bambi qui a consisté à expliquer pourquoi on en est arrivé à révision le procès ayant condamné à mort Simon Kimbangu et 14 de ses coaccusés à des peines diverses.
Le fondement de la révision d’un procès part du principe selon lequel la justice est rendue par les hommes et qu’elle est susceptible d’être entachée de failles, étant donné que les hommes ne sont pas des saints. Donc, les hommes qui rendent des jugements.
Il existe deux voies de recours : le recours ordinaires (opposition, appel) et les voies de recours extraordinaire (pourvoi en cassation, pourvoi en révision).
Le ministre de la Justice, ce spécialiste en droit pénal et en droit judiciaire, a expliqué que la révision était une voie de recours toute particulière, en ceci qu’elle permet de réparer, corriger une erreur judiciaire commise par une juridiction à l’endroit d’un justiciable. Il a en outre précisé qu’en droit congolais, seules les condamnations sont susceptibles de révision. A la seule condition que cette décision de condamnation soit égale ou supérieur à 2 mois.
En code judiciaire militaire, il est établi que c’est la Haute cour militaire (HCM) qui procède à la révision d’un jugement. Mais, il faut qu’au préalable apparaisse un fait nouveau, par exemple, l’innocence.
« Pourquoi avoir révisé le jugement contre Simon Kimbangu ? »
La réponse à cette question est que parce que le Conseil de guerre colonial de Thysville avait condamné un innocent. La HCM a réhabilité l’innocent, ayant constaté que Simon Kimbangu était innocent. En effet, le principe judiciaire est que lorsque la justice a constate qu’elle avait condamné un innocent, en vie ou mort, elle est dans l’obligation de l’innocenter.
Ce qu’il faut retenir de l’arrêt du 22 juillet de la HCM, c’est qu’il a annulé la condamnation du Conseil de guerre de Thysville. « En termes clairs, l’histoire universelle retiendra que Simon Kimbangu n’a jamais été un criminel comme l’a relevé le Conseil de guerre de Thysville [appellation coloniale de Mbanza-Ngungu]. C’est donc à tort qu’il avait été condamné à mort en 1921 ».
Luzolo Bambi a conclu que « l’injonction du ministre de la Justice a été l’élément déclencheur de la révision du jugement ». Et conséquemment à cette décision, il arrive que la personne innocentée en vie, ou lorsqu’elle est morte, ses héritiers peuvent réclamer des dommages-intérêts. Mais il s’avère qu’aucune juridiction en RDC n’est habilitée à accorder des dommages-intérêts à un tiers, même à titre posthume.
Le ministre de la Justice a souligné que la révision est une décision rare qu’une juridiction peut prendre. Par conséquent, la HCM qui existe depuis 1968 n’en a pris qu’au moins 3. « Cette décision à un impact dans le monde. C’est une concrétisation de la liberté de l’homme noir partout où il se trouve.
« Le gouvernement se considère très satisfait d’avoir lavé la mémoire de Simon Kimbangu », s’est réjoui son ministre de la Justice.
« Figures, fonctions et usages des prophètes en Afrique, lecture d’anthropologue »
Le professeur français Jean-Pierre Bozon, qui est versé dans la recherche sur le prophétisme et le prophète en Afrique, principalement en Afrique centrale, depuis qu’il avait 23 ans, a affirmé que « dans tous ces prophétismes et prophètes étudiés, le kimbanguisme et Kimbangu restent les plus connus de tous. Ces mouvements en Afrique ont perturbé toutes les données des colonisateurs qui faisaient tous pour réprimer de manière brutale pour enfin éviter la pérennisation ».
Il a reconnu en ces prophètes la force de mobilisation et d’activisme et que la combinaison de leurs discours et de leurs actions fait leur succès.
Ce spécialiste de la Côte d’Ivoire a fait une étude comparative du prophétisme de la RDC et de la Côte d’Ivoire, deux pays qui ont traversé des étapes d’histoires caractérisées par des guerres et des conflits.
Les prophètes étaient des inventeurs de nouvelles religions. En le faisant, ils ont créé des événements et écrit une nouvelle histoire car, en raison du prophétisme, les colonisés ne sont pas restés à la place leur assignée par les colonisateurs. Les Eglises qu’ils ont créées constituaient un canal d’expression populaire et actuellement, un patrimoine national.
Kléber Kungu
Les hommes de science réfléchissent sur : « Qui est Simon Kimbangu ?»
Conférence internationale sur Simon Kimbangu
Les hommes de science réfléchissent sur : « Qui est Simon Kimbangu ?»
La Conférence internationale sur Simon Kimbangu s’est ouverte depuis dimanche 24 juillet. Durant 4 jours, ce forum où participe une centaine d’hommes de sciences va réfléchir sur des questions capitales comme « Qui est Simon Kimbangu ?», « Qu’a-t-il donc fait ? ». Les couleurs de cette méga rencontre des scientifiques venus du monde entier ont été données par le mot de circonstance du président du comité scientifique et du comité d’organisation de cette rencontre, le Pr. Elikia Mbokolo.
« Simon Kimbangu (1887-1951), l’homme, son œuvre et sa contribution au processus de libération de l’homme noir » est le thème central sur lequel des centaines d’hommes de science, venus quasi de tous les coins du monde, vont réfléchir pour dégager le travail immense que cet agriculteur doublé d’un joueur de flûte a réalisé en faveur des millions de fidèles de son Eglise à travers le monde.
« Je vous invite de regarder cette salle [salle Mama Marie Muilu, NDLR]. Il n’y a rien (pas de tôles, pas de carreaux, pas de briques, pas de fleurs…) qui ne soit le résultat des kimbanguistes, rien qui ne soit l’œuvre commune des kimbanguistes (…). Ces maçons, ces charpentiers, ces menuisiers, ces camionneurs…ont transporté, jour et nuit, ces matériaux pour construire ce bâtiment. Merci et bravo pour le travail réalisé. » Le professeur Elikia Mbokolo prononçait son mot de circonstance au cours de la cérémonie d’ouverture « de la très attendue Conférence internationale sur Simon Kimbangu » dimanche 24 juillet, sous le haut patronage du président de la République, Joseph Kabila Kabange, représentée à cette cérémonie par le vice-Premier ministre et ministre en charge des PTT, Simon Bulupiy Galati.
En invitant les participants et les invités à cet exercice visuel, le Pr. Elikia Mbokolo, qui préside le Comité scientifique et du Comité d’organisation de cette conférence, a voulu les mettre devant une évidence : « la volonté de compter sur ses propres forces », qui caractérise de manière particulière les fidèles kimbanguistes. « Quand on veut, on peut, quand on veut beaucoup, on peut beaucoup », a-t-il conclu, comme pour justifier les réalisations des kimbanguistes.
Dans un mot de circonstance qui n’avait rien de ceux que nous avons l’habitude de suivre, le président du Comité scientifique et du Comité d’organisation a invité ceux appelés à parler aux autres de Simon Kimbangu dans ce forum organisé par des hommes de science, d’en relever le niveau. Par son mot, il venait d’en donner les couleurs.
Qu’a-t-il donc fait, ce Simon Kimbangu ?
Qu’a donc fait Simon Kimbangu, ce simple paysan agriculteur doublé d’un joueur de flûte? Elikia Mbokolo a tenté de circonscrire la réponse à cette question fondamentale en partant de la célèbre prophétie de celui qui incarne et symbolise aujourd’hui la résistance des Noirs face aux injustices des Blancs. « Des Noirs deviendront des Blancs et des Blancs deviendront des Noirs » sera l’élément déclencheur du calvaire de Simon Kimbangu qui va le conduire de la prison de Thysville, aujourd’hui Mbanza-Ngungu à la mort en passant par un jugement inique de 3 jours le condamnant à la peine de mort et la prison d’Elisabethville, aujourd’hui Lubumbashi, chef-lieu du Katanga.
Le catéchiste, qui n’avait pas encore 35 ans lors de son emprisonnement, va passer 30 ans dans sa cellule d’où il sortira mort. Son message de « subversion » va continue de travailler dans l’opinion. Avant de ressurgir en explosant le 4 janvier 1959, dans la commune de Kasavubu où habitait un certain Joseph Kabila, lorsque les émeutes populaires ont déclenché l’indépendance de la RDC. La prophétie de Simon Kimbangu venait de se concrétiser.
Au passage, il a évoqué la révision du procès de Simon Kimbangu dont l’arrêt a été rendu le vendredi 22 juillet, le réhabilitant en reconnaissant qu’il n’était pas un criminel, comme l’avait signifié le Conseil de guerre de Thysville, le 3 octobre 1921. Simon Kimbangu dont l’Eglise n’a pas jamais été détruite par les colonisateurs qui l’ont interdite avant de la reconnaître le 24 décembre 1959, vient donc de sortir victorieux après plusieurs décennies d’opprobre.
Tout compte fait, Simon Kimbangu demeure l’une des grandes figures fondatrices du Congo que le pays a donné à l’Afrique et au reste du monde. D’autres figures sont aussi Kimpa Vita brûlée, Patrice Lumumba, assassiné et Laurent-Désiré Kabila assassiné également.
« Bolingo, Mibeko, Misala », la devise des kimbanguistes veut dire beaucoup de choses à la fois qui montre entre autres l’amour, le respect aux lois du pays, la prise en charge de soi.
Parler de Simon Kimbangu, de son œuvre, de sa contribution au processus de libération de l’homme noir signifie aussi écarter « beaucoup de rumeurs, trop de rumeurs, de diffamations, de diabolisation » sur cet homme dont on a aussi dit des choses heureuses.
Voilà donc une des occasions offertes aux hommes de science, aux « travailleurs de l’esprit » de répondre aux questions fondamentales comme « Qui est Simon Kimbangu ? », « Qui est finalement Simon Kimbangu ? », « Qui est le Simon Kimbangu de tous les récits qui se succèdent sur cet homme ? », « Est- il seul ? »
Après tout ce qui a été déjà dit sur cet homme, le Pr. Elikia Mbokolo s’interroge : « Qu’avons-nous encore à dire et à apprendre aujourd’hui de lui et de son Eglise ?» Un homme que la République, par son président Joseph Kabila, a reconnu comme héros national en le décorant, à titre posthume, Grand cordon Kabila-Lumumba ?
Simon Kimbangu reste à ce jour un patrimoine commun à nous tous. « Non, Simon Kimbangu n’appartient pas aux seuls kimbanguistes, aux seuls bakongo, aux seuls Africains ». Cette déclaration de l’historien Elikia Mbokolo n’a pas laissé indifférents les cœurs de toute la salle. Qui l’a accueillie par une salve d’applaudissements.
Kléber Kungu
Les hommes de science réfléchissent sur : « Qui est Simon Kimbangu ?»
La Conférence internationale sur Simon Kimbangu s’est ouverte depuis dimanche 24 juillet. Durant 4 jours, ce forum où participe une centaine d’hommes de sciences va réfléchir sur des questions capitales comme « Qui est Simon Kimbangu ?», « Qu’a-t-il donc fait ? ». Les couleurs de cette méga rencontre des scientifiques venus du monde entier ont été données par le mot de circonstance du président du comité scientifique et du comité d’organisation de cette rencontre, le Pr. Elikia Mbokolo.
« Simon Kimbangu (1887-1951), l’homme, son œuvre et sa contribution au processus de libération de l’homme noir » est le thème central sur lequel des centaines d’hommes de science, venus quasi de tous les coins du monde, vont réfléchir pour dégager le travail immense que cet agriculteur doublé d’un joueur de flûte a réalisé en faveur des millions de fidèles de son Eglise à travers le monde.
« Je vous invite de regarder cette salle [salle Mama Marie Muilu, NDLR]. Il n’y a rien (pas de tôles, pas de carreaux, pas de briques, pas de fleurs…) qui ne soit le résultat des kimbanguistes, rien qui ne soit l’œuvre commune des kimbanguistes (…). Ces maçons, ces charpentiers, ces menuisiers, ces camionneurs…ont transporté, jour et nuit, ces matériaux pour construire ce bâtiment. Merci et bravo pour le travail réalisé. » Le professeur Elikia Mbokolo prononçait son mot de circonstance au cours de la cérémonie d’ouverture « de la très attendue Conférence internationale sur Simon Kimbangu » dimanche 24 juillet, sous le haut patronage du président de la République, Joseph Kabila Kabange, représentée à cette cérémonie par le vice-Premier ministre et ministre en charge des PTT, Simon Bulupiy Galati.
En invitant les participants et les invités à cet exercice visuel, le Pr. Elikia Mbokolo, qui préside le Comité scientifique et du Comité d’organisation de cette conférence, a voulu les mettre devant une évidence : « la volonté de compter sur ses propres forces », qui caractérise de manière particulière les fidèles kimbanguistes. « Quand on veut, on peut, quand on veut beaucoup, on peut beaucoup », a-t-il conclu, comme pour justifier les réalisations des kimbanguistes.
Dans un mot de circonstance qui n’avait rien de ceux que nous avons l’habitude de suivre, le président du Comité scientifique et du Comité d’organisation a invité ceux appelés à parler aux autres de Simon Kimbangu dans ce forum organisé par des hommes de science, d’en relever le niveau. Par son mot, il venait d’en donner les couleurs.
Qu’a-t-il donc fait, ce Simon Kimbangu ?
Qu’a donc fait Simon Kimbangu, ce simple paysan agriculteur doublé d’un joueur de flûte? Elikia Mbokolo a tenté de circonscrire la réponse à cette question fondamentale en partant de la célèbre prophétie de celui qui incarne et symbolise aujourd’hui la résistance des Noirs face aux injustices des Blancs. « Des Noirs deviendront des Blancs et des Blancs deviendront des Noirs » sera l’élément déclencheur du calvaire de Simon Kimbangu qui va le conduire de la prison de Thysville, aujourd’hui Mbanza-Ngungu à la mort en passant par un jugement inique de 3 jours le condamnant à la peine de mort et la prison d’Elisabethville, aujourd’hui Lubumbashi, chef-lieu du Katanga.
Le catéchiste, qui n’avait pas encore 35 ans lors de son emprisonnement, va passer 30 ans dans sa cellule d’où il sortira mort. Son message de « subversion » va continue de travailler dans l’opinion. Avant de ressurgir en explosant le 4 janvier 1959, dans la commune de Kasavubu où habitait un certain Joseph Kabila, lorsque les émeutes populaires ont déclenché l’indépendance de la RDC. La prophétie de Simon Kimbangu venait de se concrétiser.
Au passage, il a évoqué la révision du procès de Simon Kimbangu dont l’arrêt a été rendu le vendredi 22 juillet, le réhabilitant en reconnaissant qu’il n’était pas un criminel, comme l’avait signifié le Conseil de guerre de Thysville, le 3 octobre 1921. Simon Kimbangu dont l’Eglise n’a pas jamais été détruite par les colonisateurs qui l’ont interdite avant de la reconnaître le 24 décembre 1959, vient donc de sortir victorieux après plusieurs décennies d’opprobre.
Tout compte fait, Simon Kimbangu demeure l’une des grandes figures fondatrices du Congo que le pays a donné à l’Afrique et au reste du monde. D’autres figures sont aussi Kimpa Vita brûlée, Patrice Lumumba, assassiné et Laurent-Désiré Kabila assassiné également.
« Bolingo, Mibeko, Misala », la devise des kimbanguistes veut dire beaucoup de choses à la fois qui montre entre autres l’amour, le respect aux lois du pays, la prise en charge de soi.
Parler de Simon Kimbangu, de son œuvre, de sa contribution au processus de libération de l’homme noir signifie aussi écarter « beaucoup de rumeurs, trop de rumeurs, de diffamations, de diabolisation » sur cet homme dont on a aussi dit des choses heureuses.
Voilà donc une des occasions offertes aux hommes de science, aux « travailleurs de l’esprit » de répondre aux questions fondamentales comme « Qui est Simon Kimbangu ? », « Qui est finalement Simon Kimbangu ? », « Qui est le Simon Kimbangu de tous les récits qui se succèdent sur cet homme ? », « Est- il seul ? »
Après tout ce qui a été déjà dit sur cet homme, le Pr. Elikia Mbokolo s’interroge : « Qu’avons-nous encore à dire et à apprendre aujourd’hui de lui et de son Eglise ?» Un homme que la République, par son président Joseph Kabila, a reconnu comme héros national en le décorant, à titre posthume, Grand cordon Kabila-Lumumba ?
Simon Kimbangu reste à ce jour un patrimoine commun à nous tous. « Non, Simon Kimbangu n’appartient pas aux seuls kimbanguistes, aux seuls bakongo, aux seuls Africains ». Cette déclaration de l’historien Elikia Mbokolo n’a pas laissé indifférents les cœurs de toute la salle. Qui l’a accueillie par une salve d’applaudissements.
Kléber Kungu
mercredi 27 juillet 2011
Théophile Obenga place Simon Kimbangu au rang des grands hommes
Conférence internationale sur Simon Kimbangu
Théophile Obenga place Simon Kimbangu au rang des grands hommes
A son troisième jour, la Conférence internationale sur Kimbangu, qui se tient dans la salle Mama Marie Muilu de l’amphithéâtre du Centre kimbanguiste d’accueil et de conférences, révèle, chaque jour, des choses plus intéressantes les unes que les autres. Les exposés sont d’une hauteur scientifique que le débat qui s’ensuit en est marqué. Le professeur Théophile Obenga, du Congo-Brazzaville a confirmé que Simon Kimbangu est un « grand homme », tandis qu’auparavant Walker Sheila, présidente de l’ONG Afrodiaspora aux Etats-Unis d’Amérique a démontré que la culture de l’Afrique centrale est à la base de la culture des Amériques. Lire le 2ème exposé dans notre édition de demain.
Dans une démarche scientifique intéressante, Théophile Obenga a démontré que Simon Kimbangu remplit les critères d’un grand homme. Pour le faire, il a d’abord défini ce qu’il entendait, ensuite il s’est demandé si le portrait de Simon Kimbangu pouvait correspondre à celui d’un grand homme. Pour terminer, il s’est interrogé comment la libération de l’homme noir s’est confondue avec le destin de ce prophète hors pair.
Pour cet historien de grande renommée, le monde regorge de beaucoup de grands hommes. Ceux-ci sont toujours des précurseurs et de leur vivant, ils ne sont toujours pas compris, peu compris, ou pas compris du tout par leurs semblables. Leur vie semble un échec, une vie d’insuccès. Un grand homme n’a pas de vie matérielle…
Malgré cela, ces personnages historiques portent un message invincible, d’une envergure universelle. Ce sont des anges, c’est-à-dire des messagers, des visionnaires ; ils guérissent, ils font des miracles.
Ces incompris, c’est plus tard qu’on arrive à les comprendre. C’est plus tard qu’on admire leur haute spiritualité. Leur origine sociale est souvent modeste. Plus ils sont pauvres, plus ils sont dévoués. Ils mènent une vie d’excellence, de perfection. Leur bonheur est invisible, il est intérieur. Ils incarnent le don d’esprit, de voyance : cette sublime capacité de voir.
Les grands hommes ont une vue très large, ils sentent l’appel du large. Un grand homme est saisi dans le présent par l’urgence du futur. Les urgences du présent se lient à celles du futur. Ces 2 urgences font la vie. C’est l’urgence des bâtisseurs, des créateurs, des prophètes.
L’urgence prophétique est comme un fleuve qu’aucun handicap ne peut changer de cours.
Un grand homme est un homme inspiré, un homme mystique. Il est poussé par diverses forces, dont la force divine.
Est-ce que ce portrait correspond à celui de Simon Kimbangu ?
Est-ce que ce portrait correspond à celui de Simon Kimbangu ? A cette question, le professeur Théophile Obenga n’a pas hésité de répondre par un ‘’oui’’ et d’en apporter des arguments. « Parce que les grands hommes historiques sont rares. Simon Kimbangu est l’un d’eux dans l’histoire de l’humanité. La dimension ethnique n’est plus nécessaire », a-t-il déclaré, en regrettant que Simon Kimbangu soit réduit à un simple fondateur d’Eglise par de nombreuses études menées sur lui. Ce qui est loin d’être la réalité, car l’Eglise, tout le monde peut en créer.
Simon Kimbangu est un législateur, un libérateur. Les grands hommes ont la sincérité angélique qui est leur pain. Ils ont une spiritualité avec projet. Car une spiritualité sans projet humain ne vaut rien. Il faut une spiritualité qui favorise une bonne vie, une spiritualité de libération.
Pour cet homme de science, le destin de Simon Kimbangu est intimement lié à celui de l’homme noir. Simon Kimbangu qui avait vécu toutes les brimades de l’homme blanc, a eu le destin, la passion de libérer l’homme noir.
Par son message d’interpellation, fort applaudi, Théophile Obenga a invité ses pairs de créer eux-mêmes leur propre puissance. Alors que l’occident n’a plus de ressources naturelles, l’industrie forte se trouve chez lui. Ce qui explique le pompage des ressources humaines et naturelles dont l’Afrique est victime depuis le XIVème siècle.
Il en outre fustigé le fait que les Occidentaux présentent tous les grands hommes, comme Simon Kimbangu avec des clichés, en les minimisant.
Le message de libération de Simon Kimbangu est un message de puissance. Il ne prêche par l’isolement, le rejet de l’autre, l’enfermement.
L’homme d’Etat congolais a invité les Africains à ne pas continuer à rester dans la fragilité de toute sorte : alimentaire, sanitaire, sécuritaire, environnementale. « Nous sommes des pays appauvris et surexploités » et non des pays pauvres très endettés. Plus on est fragile, plus on est exploité.
« La nature humaine, le tempérament de quelqu’un, sa propre passion, la conviction, la mission, la vision propre créent le combat. Il faut avoir toutes ces choses et Simon Kimbangu les a possédées. Voilà pourquoi il est un grand homme. Il ne faut plus le ramener au niveau du syncrétisme. Et une fois l’homme noir libéré, l’Afrique va se construire », a déclaré Théophile Obenga en guise de conclusion, sous des applaudissements nourris.
« Voilà un discours que toute l’Afrique doit écouter. Je crois que les organisateurs prendront les dispositions pour que ce discours soit entendu en Afrique et dans le reste du monde. Nous devons nous reconnaître en cet homme, de l’assumer et d’intérioriser son message », ainsi résumait le professeur Lututala Mumpasi, modérateur.
Kléber Kungu
Théophile Obenga place Simon Kimbangu au rang des grands hommes
A son troisième jour, la Conférence internationale sur Kimbangu, qui se tient dans la salle Mama Marie Muilu de l’amphithéâtre du Centre kimbanguiste d’accueil et de conférences, révèle, chaque jour, des choses plus intéressantes les unes que les autres. Les exposés sont d’une hauteur scientifique que le débat qui s’ensuit en est marqué. Le professeur Théophile Obenga, du Congo-Brazzaville a confirmé que Simon Kimbangu est un « grand homme », tandis qu’auparavant Walker Sheila, présidente de l’ONG Afrodiaspora aux Etats-Unis d’Amérique a démontré que la culture de l’Afrique centrale est à la base de la culture des Amériques. Lire le 2ème exposé dans notre édition de demain.
Dans une démarche scientifique intéressante, Théophile Obenga a démontré que Simon Kimbangu remplit les critères d’un grand homme. Pour le faire, il a d’abord défini ce qu’il entendait, ensuite il s’est demandé si le portrait de Simon Kimbangu pouvait correspondre à celui d’un grand homme. Pour terminer, il s’est interrogé comment la libération de l’homme noir s’est confondue avec le destin de ce prophète hors pair.
Pour cet historien de grande renommée, le monde regorge de beaucoup de grands hommes. Ceux-ci sont toujours des précurseurs et de leur vivant, ils ne sont toujours pas compris, peu compris, ou pas compris du tout par leurs semblables. Leur vie semble un échec, une vie d’insuccès. Un grand homme n’a pas de vie matérielle…
Malgré cela, ces personnages historiques portent un message invincible, d’une envergure universelle. Ce sont des anges, c’est-à-dire des messagers, des visionnaires ; ils guérissent, ils font des miracles.
Ces incompris, c’est plus tard qu’on arrive à les comprendre. C’est plus tard qu’on admire leur haute spiritualité. Leur origine sociale est souvent modeste. Plus ils sont pauvres, plus ils sont dévoués. Ils mènent une vie d’excellence, de perfection. Leur bonheur est invisible, il est intérieur. Ils incarnent le don d’esprit, de voyance : cette sublime capacité de voir.
Les grands hommes ont une vue très large, ils sentent l’appel du large. Un grand homme est saisi dans le présent par l’urgence du futur. Les urgences du présent se lient à celles du futur. Ces 2 urgences font la vie. C’est l’urgence des bâtisseurs, des créateurs, des prophètes.
L’urgence prophétique est comme un fleuve qu’aucun handicap ne peut changer de cours.
Un grand homme est un homme inspiré, un homme mystique. Il est poussé par diverses forces, dont la force divine.
Est-ce que ce portrait correspond à celui de Simon Kimbangu ?
Est-ce que ce portrait correspond à celui de Simon Kimbangu ? A cette question, le professeur Théophile Obenga n’a pas hésité de répondre par un ‘’oui’’ et d’en apporter des arguments. « Parce que les grands hommes historiques sont rares. Simon Kimbangu est l’un d’eux dans l’histoire de l’humanité. La dimension ethnique n’est plus nécessaire », a-t-il déclaré, en regrettant que Simon Kimbangu soit réduit à un simple fondateur d’Eglise par de nombreuses études menées sur lui. Ce qui est loin d’être la réalité, car l’Eglise, tout le monde peut en créer.
Simon Kimbangu est un législateur, un libérateur. Les grands hommes ont la sincérité angélique qui est leur pain. Ils ont une spiritualité avec projet. Car une spiritualité sans projet humain ne vaut rien. Il faut une spiritualité qui favorise une bonne vie, une spiritualité de libération.
Pour cet homme de science, le destin de Simon Kimbangu est intimement lié à celui de l’homme noir. Simon Kimbangu qui avait vécu toutes les brimades de l’homme blanc, a eu le destin, la passion de libérer l’homme noir.
Par son message d’interpellation, fort applaudi, Théophile Obenga a invité ses pairs de créer eux-mêmes leur propre puissance. Alors que l’occident n’a plus de ressources naturelles, l’industrie forte se trouve chez lui. Ce qui explique le pompage des ressources humaines et naturelles dont l’Afrique est victime depuis le XIVème siècle.
Il en outre fustigé le fait que les Occidentaux présentent tous les grands hommes, comme Simon Kimbangu avec des clichés, en les minimisant.
Le message de libération de Simon Kimbangu est un message de puissance. Il ne prêche par l’isolement, le rejet de l’autre, l’enfermement.
L’homme d’Etat congolais a invité les Africains à ne pas continuer à rester dans la fragilité de toute sorte : alimentaire, sanitaire, sécuritaire, environnementale. « Nous sommes des pays appauvris et surexploités » et non des pays pauvres très endettés. Plus on est fragile, plus on est exploité.
« La nature humaine, le tempérament de quelqu’un, sa propre passion, la conviction, la mission, la vision propre créent le combat. Il faut avoir toutes ces choses et Simon Kimbangu les a possédées. Voilà pourquoi il est un grand homme. Il ne faut plus le ramener au niveau du syncrétisme. Et une fois l’homme noir libéré, l’Afrique va se construire », a déclaré Théophile Obenga en guise de conclusion, sous des applaudissements nourris.
« Voilà un discours que toute l’Afrique doit écouter. Je crois que les organisateurs prendront les dispositions pour que ce discours soit entendu en Afrique et dans le reste du monde. Nous devons nous reconnaître en cet homme, de l’assumer et d’intérioriser son message », ainsi résumait le professeur Lututala Mumpasi, modérateur.
Kléber Kungu
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